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Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham
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 Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham



Abraham Land
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MessageSujet: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty09.01.16 16:50 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
En ce début de mois d'Avril, Abraham décide de trouver un travail. Par chance sa mère lui dégote un job de Plongeur à la cuisine de l'immense cabaret Blue Velvet. Par mauvaise chance, il se trouve qu'un bilan médical à jour est demandé, ce qu'il n'a pas fait depuis plus d'un an.

LE BILAN

Les portes automatiques s'ouvrirent sur un homme de haute taille, suivit d'un plus petit, Abraham, qui se rendait à Corb pour un rapide bilan de santé. Du plus loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais aimé cet endroit. Mais le fait de se retrouver là lui donnait tout de même une drôle d'impression, entre l'émerveillement de voir toute cette avancée scientifique et médicale présente en un immense bâtiment, et entre l'alarmisme de se retrouver dans un endroit qu'il connait que trop bien. L'année dernière il avait fait une crise à cause de l'Essence, produit inventé et crée par la société Corb elle même, la même qui aide chaque jours "au mieux les malades". Enfin c'est tout du moins ce qu'ils racontent. Abraham n'a pas un très bon souvenir de cette période où il avait failli perdre la vie et s'était retrouvé en désintoxication. Depuis ce moment-là il n'avait jamais rien eu d'autres que de rapides examens, et ensuite il avait été jeté dehors, totalement à l'abandon.
Les choses sont ainsi faites, il avait rencontré à cette même période Seisyll, un ancien membre d'un groupe proche de La Compagnie, patron d'un bar. Il l'a accueilli comme d'autres et s'est occupé de lui. Puis Abraham a retrouvé sa mère et c'est grâce à ces deux personnes qu'il a remonté la pente. Cherchant finalement un début de travail, il n'a rien trouvé d'autre qu'un job de nuit comme Plongeur au grand cabaret de Blue Velvet. Abraham a de suite accepté, sans savoir qu'un bilan médical était demandé. Non pas que ça le dérange, mais il n'a jamais vraiment apprécié les médecins. Encore moins son ancien médecin. Mais sa mère en connaissait un de nom, de par ses collègues de travail, un certain Docteur Cohen. C'est un bel homme, début de la trentaine, très doux et très sympathique. Forcément le médecin que l'on rêve tous d'avoir. Abraham avait de suite demandé un rendez-vous, appelant le cabinet médical et cherchant à caler une heure dans l'emploi du temps chargé. Le 11 avril, dans deux jours. C'était parfait, l'horaire un peu moins, très tôt dans la matinée, mais ça lui laissait le temps de se rendre ensuite au Blue Velvet pour donner tout les papiers avant de démarrer la semaine suivante.

Et nous en sommes là. Abraham est assit dans la salle d'attente, les bras croisés, soulevant à quelques moments ses épaules pour remettre sa veste en cuir sans bouger ses mains. Les personnes autour de lui attendent patiemment, tandis que lui tape du talon le sol avec ses vieilles chaussures éternellement mal cirées. Le reste suit l'idée d'un jeune homme qui ne se donne pas de mal pour paraitre élégant : une chemise blanche mal boutonnée, montrant la moitié d'un torse avec deux trois poils imberbes, et un jean sombre tenu maladroitement par une vieille ceinture noire. Son odeur semble plus forte que les autres, une vieille odeur de tabac ou d'Essence (au choix), mélangée à cette éternelle odeur épicée de femme. En face de lui, la porte de la salle grande ouverte sur le bureau de la secrétaire. C'est elle qui répond à tout les appels téléphoniques, note les rendez-vous, organise les plannings et vient chercher les personnes pour les emmener dans les bureaux des médecins. Un sacré boulot que Abraham admire secrètement. Ce qui peut en dégouter plus d'un dans ce boulot de dingue, passionne le jeune homme qui aime faire un tas de choses en même temps et ne tien jamais en place. Et ce job demande une mémoire, ce qu'il possède. Seisyll lui donne de temps en temps ce genre de travail, et il apprécie cette confiance qu'il lui accorde. Seisyll, pardonne moi. Abraham avait baissé la tête, prêt à s'endormir lorsque la fameuse secrétaire toucha le côté de la porte en l’appelant :

▬ « Monsieur Land, c'est votre tour. Le docteur Cohen va vous recevoir. » Elle lui fit un bref sourire avant de lui tourner le dos pour l'emmener.
Abraham regarde une dernière fois les personnes autour de lui : il est le quatrième à être arrivé ce matin là au cabinet, une vieille femme attends une canne à la main, une mère avec son petit enfant, et un homme d'à peu près son âge qui ne semble pas avoir l'usage de la parole et dont l’œil droit est aveugle. Abraham regarde ce dernier une dernière fois en marchant jusqu'à la porte, puis suit la secrétaire jusqu'à se retrouver en face de la porte. La femme toque à celle-ci et ouvre sans entrer, laissant le jeune homme y aller sans elle.
Abraham, serrant de sa main droite son poignet gauche, avança de quelques pas, observant la décoration et l'endroit avec curiosité avant de se planter bien en face du médecin. C'est vrai qu'il est pas moche.

▬ « Bonjour. » Dit-il simplement en tendant sa main moite.

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty09.01.16 18:07 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




La veille au soir, Raleigh Cohen était parti de la clinique plus tôt que d’habitude. Il avait une excuse. Il avait prévenu, soixante-douze heures à l’avance, comme il était demandé de le faire pour une absence. Le reste de la soirée, il l’avait passée dans la grande maison familiale du niveau 1, celle qu’il n’avait plus habitée depuis qu’il était sorti de la faculté, son diplôme en poche, celle qu’il n’était revenue voir que pour deux raisons : annoncer la mort de son père à sa mère, et prendre les affaires que cette dernière lui léguait au compte-goutte. Deux semaines plus tôt, elle lui avait fait la demande de revenir, une fois de plus, chercher l’un de ces cartons d’affaires qu’elle ne voulait plus voir mais qu’elle ne pouvait pas non plus se résoudre à vendre.
Et pendant des jours, Raleigh était resté à gamberger, à cogiter. A peser le pour et le contre, les yeux rivés sur le plafond de son appartement du niveau 2.
Etait-ce une bonne idée d’aller là-bas, encore, récupérer un énième carton qu’il abandonnerait dans un coin comme tous les autres ? Aucun objet n’avait encore trouvé grâce à ses yeux, et il amassait déjà cinq cartons dans un coin. Devait-il vraiment se déplacer pour un sixième ?

Mais finalement, Raleigh avait accepté. Et ne sachant pas combien de temps cela allait prendre, avait préféré prendre le début de sa soirée, rediriger ses rendez-vous du matin vers un collègue, ou deux, ou trois. Ça prenait toujours du temps. Sa mère prenait les affaires de feu son mari comme excuse pour revoir son fils qui avait tourné le dos au niveau 1. Elle préparait toujours une partie des affaires à emporter, pour ne pas avoir l’air trop suspecte, mais elle en laissait la plupart à leurs places habituelles. Pour se laisser le temps de chercher.
De rester avec son fils. De lui faire tous les reproches du monde avant de les regretter, au moment où il passerait la porte, les yeux baissés et le carton sous le bras, toujours muré dans son silence.
Et Raleigh était rentré chez lui avec ce carton, silencieux comme une tombe. Il avait abandonné la boîte dans un coin, en compagnie des autres, avait retiré son manteau, ses chaussures, et affalé dans le fauteuil de son bureau, il avait passé la nuit à réfléchir et à faire remonter de vieux souvenirs à la surface de sa mémoire.
En s’attendant à être très bientôt de nouveau contacté par sa mère pour un septième carton d’affaires qu’il abandonnerait encore une fois au milieu de ceux qu’il avait déjà.

Et au final, il n’avait pas dormi de la nuit.

Calme.
La clinique entière était calme, ce qui n’était pas étonnant pour un début de matinée. Les gens commençaient tout juste à aller travailler. Les parents et leurs enfants arrivaient en général un peu plus tard dans la journée, quand l’école terminait. Bizarrement, les gens trouvaient moins pénible de se libérer l’après-midi que le matin.
Ou dans certains cas, il fallait insister pour qu’ils se libèrent pour un rendez-vous, alors que c’étaient eux, les patients qui appelaient pour le demander. Il n’était pas si rare qu’un médecin prenne le téléphone des mains de la secrétaire, excédée, agacée, pour expliquer à la personne de l’autre côté que des créneaux, eux, ils n’en manquaient pas, et qu’ils ne pouvaient pas tout faire pour deux.

Il salua la secrétaire d’un signe de tête, ouvrit la porte de son cabinet-bureau et la referma derrière lui, attrapant la blouse qu’il accrochait toujours à la patère fixée au battant intérieur, l’enfilant à la place de son manteau qui allait, lui, retrouver le dossier du fauteuil.
Un rapide coup d’œil à la feuille des rendez-vous du matin. Pas grand’monde. Il pourrait prendre une ou deux personnes en urgence entre deux rendez-vous, certains horaires étaient étonnamment écartés. Tant mieux, pensa Raleigh. Ça lui laissait plus de temps pour penser au prochain carton qu’il recevrait.

Il n’était pas dans son bureau depuis très longtemps lorsqu’on frappa. Deux petits coups, brefs. La secrétaire. Elle frappait toujours avant de faire entrer un patient. Avant qu’elle ne referme la porte, Raleigh lui sourit, la remercia et s’avança pour serrer la main de son patient du moment.

« Bonjour, monsieur… Land, c’est bien ça ? »

Il avait jeté un rapide coup d’œil à la feuille des rendez-vous. Un nom nouveau. Un visage nouveau.

« Qu’est-ce qui vous amène ? »



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty09.01.16 22:31 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
En ce début de mois d'Avril, Abraham décide de trouver un travail. Par chance sa mère lui dégote un job de Plongeur à la cuisine de l'immense cabaret Blue Velvet. Par mauvaise chance, il se trouve qu'un bilan médical à jour est demandé, ce qu'il n'a pas fait depuis plus d'un an.

LE BILAN

Qu'est ce qui chez ce docteur tapa en premier Abraham ? Ses petits yeux verts ? Ses grandes cernes ? Ses fines mains froides ? Ou sa voix très douce ? Leurs mains se serrèrent un bref instant avant que cet homme suive les formalités de base de tout médecin : Vérification de l'identité du patient. « Oui c'est bien ça. » Puis ne recherche ce qui amène le patient dans son bureau. Sur cette deuxième question, Abraham buta un moment, ne sachant pas très bien comment formuler sa phrase. Non pas qu'il soit peu à l'aise dans ce genre d'administration, mais plutôt qu'il appréhende toujours un peu ce qui va se passer : ce n'est pas comme si il ne sentait pas l'Essence à plein nez, par sa veste ou encore son haleine. Un petit goût citronné. Et ce n'est pas non plus comme si il n'avait pas un corps couvert d’hématomes, de trace de brûlures, de cicatrices plus ou moins voyantes, ni un poids dans la moyenne ou au dessus, ni une bonne situation physique. Pour faire simple Abraham se porte mieux depuis qu'il est revenu chez sa mère, mais ce n'est pas la meilleure forme non plus.

▬ « En fait, Docteur, je viens pour un Bilan de Santé. » Légèrement fatigué, et voyant bien que tout deux ne désiraient qu'une chose : s'asseoir, il en fut ainsi.

Posé de nouveau sur une chaise, Abraham leva les yeux un instant en l'air pour regarder la décoration du plafond. C'est un drôle d'endroit, moche mais un assez drôle d'endroit. Et la pièce est plus grande que le salon de son appartement, au niveau 3. « Je vais commencer à travailler la semaine prochaine, et mon patron m'en a demandé un. Sauf ... que le mien n'est pas à jour. »
Au même moment, il ouvrit le zip de sa veste en cuir et en sortit un carnet de santé. Son vieux carnet de santé. Qui est à jour depuis le 2 février 122. Avec comme dernière remarque celle de septembre dernier, lors de son séjour en désintoxication, avec une demande urgente d'un Bilan de Santé. Abraham entremêla ses doigts entre eux et fit un bref sourire au Docteur, évitant de temps en temps son regard. Non vraiment, il a du mal avec l'administration.

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 10:56 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Raleigh hocha machinalement la tête, un bref instant. Bon. Au moins, la bonne personne avait franchi la porte du cabinet. Ce n’était pas non plus comme si ce genre d’erreurs arrivait souvent, mais pour peu que la secrétaire eût dormi autant que lui, et ils n’étaient pas non plus loin de la catastrophe. Le médecin était déjà usé par la fatigue qu’il traînait derrière lui depuis la veille, comme un boulet invisible accroché à sa cheville. Ce n’était pas non plus la première fois qu’il allait passer une journée de travail sans avoir pu se reposer.
Il le faisait assez souvent, oubliant régulièrement l’heure quand il se plongeait dans ses recherches et ses bouquins, seul, chez lui, à la lumière de la petite lampe vert et or qui avait une place inchangée sur son bureau.

Ce matin-là, sans savoir vraiment pourquoi, Raleigh avait l’impression d’avoir un enfant timide devant lui. Un enfant à qui sa mère aurait dit : vas-y seul, tu es assez grand pour ça, je t’attends dehors. Le jeune homme ressemblait à un enfant, à la seule exception qu’il n’avait pas les yeux rivés sur tous les livres de médecine qui s’étalaient derrière lui, le long des étagères, alors que tous les enfants le faisaient. Mais il ne pouvait pas non plus nier que son premier patient de la journée avait l’air perdu.
Nouveau hochement de tête de la part du médecin de Corb qui s’assit à son bureau et, attrapant son stylo dans sa poche, commença à attraper les papiers nécessaires pour faire le bilan. Les feuilles aux couleurs tristes, aux nombreuses cases à cocher, serviraient à orienter ses collègues s’il y avait besoin d’examens complémentaires.
Et une copie serait donnée au patron du jeune homme, comme celui-ci venait de préciser que le bilan était demandé par son futur employeur.

« D’accord. Vous avez votre carnet de santé ? »

Pas besoin de le demander deux fois.
Le carnet usé atterrit dans la main de Raleigh qui s’arrêta un instant sur la surface rêche de la couverture semi-rigide. Ce carnet en avait vu d’autres, ou il avait été oublié dans un endroit où il avait été malmené. Qui sait. La dernière mise à jour du carnet datait de 122. Aucune visite médicale en trois ans, ce qui faisait beaucoup, même pour quelqu’un des plus bas niveaux de Pelagia. Même les habitants du niveau 3 venaient plus régulièrement que cela chez le médecin, quitte à décimer toutes leurs économies.
Et il y avait la lettre, à la fin du carnet. Tamponnée du service de désintoxication, demandant un bilan de santé en urgence.
Raleigh releva simplement les yeux pour regarder le jeune homme. Au vu de la lettre, datée de septembre de l’année précédente, il pouvait s’avancer sans trop de risques à dire que la désintoxication n’avait pas vraiment fonctionné. L’Essence expliquait l’air perdu et nerveux du jeune homme.

Le médecin ravala son mépris pour les Essences et posa le carnet à plat sur le bureau, bien ouvert, et nota rapidement le nom du patient sur la feuille de bilan, avec les mêmes lettres en majuscule serrées qui étaient le seul moyen qu’il avait d’être lu par les autres. Personne n’avait envie de voir son écriture en minuscules, à moins d’être adepte des casse-tête.
Les pharmaciens, eux, ce n’étaient pas spécialement leur dada.
Raleigh tendit ensuite la feuille et le stylo à Abraham Land.

« Je vous laisse remplir votre date de naissance, votre adresse, et votre futur poste en tant que salarié. Une fois que ce sera fait, installez-vous sur la table d’auscultation. »

Puis il se leva, allant vers le petit plan de travail agrémenté de placards de l’autre côté de la pièce et attrapa les instruments de base pour un examen de base : prise de la tension, écoute du cœur, des poumons, température, et allaient venir les questions, d’abord anodines, puis de plus en plus gênantes. Mais nécessaires.

« Est-ce que vous avez des allergies en particulier ? »



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 13:16 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
Abraham se retrouve dans le cabinet médical du Docteur Cohen. Il lui présente son carnet de santé, non mis à jour. Une fois les quelques informations de bases écrites, ils se rendent à l'auscultation.

LE BILAN

Bien que l'envie lui prenait de regarder si le médecin réagissait à la date du dernier Bilan, Abraham se mit à préférer observer le mur à sa gauche, sans fenêtre, comme si le moindre eyes contact suffisait pour qu'il se fasse attraper par des gros muscles puis emmené dans une salle obscure de Corb. Non, le petit est tout sauf paranoïaque, qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
Le carnet fut posé sur le bureau. Abraham posa enfin ses yeux sur le médecin en face de lui, qui écrivait déjà dedans. Un peu curieux de savoir ce qu'il marquait, il se pencha pour essayer d'y voir un mot ou deux et fit un bref sourire en le voyant écrire tout en lettres capitales. Un ami à lui écrivait de la même façon, va savoir pourquoi. Il ne pensait pas que c'était simplement pour que les autres puissent mieux le dire. Et puis comme ça on écrit beaucoup plus vite. Abraham écrit petit et penché par aller plus vite, comme si il suivait un chemin de la gauche à la droite. Ce qui peut être assez drôle quand on le voit écrire, puisqu'il est gaucher. Son poignet est totalement entortillé, ce qui lui a valut petit de très peu écrire et de privilégier l'écoute. Aujourd'hui il en garde une bonne mémoire auditive.

▬ « Je vous laisse remplir votre date de naissance, votre adresse, et votre futur poste en tant que salarié. Une fois que ce sera fait, installez-vous sur la table d’auscultation. » La feuille de Bilan lui fut donné, ainsi que le même stylo sombre avec lequel le médecin avait écrit. Abraham restait assit, le dos bien droit, et commença à écrire en tournant à plus de 90° sur le côté droit son poignet pour y inscrire : 3 mars 102, appartement B-6, rue belle fleur, quartier Est, Niveau 3 et enfin Plongeur (Blue Velvet, quartier Est, niveau 1 à 3). Abraham n'aimait pas marquer son adresse, surtout qu'il n'était pas revenu chez lui depuis plus d'un mois. Si quelque chose d'important lui devait être envoyé, c'était chez sa mère. Il hésita un instant, puis posa le stylo sur la table pour aller rejoindre le médecin debout près de la fameuse table d'auscultation. Il ne s'était même pas encore assit sur elle, que le Docteur Cohen lui avait posé la première question. Prit au dépourvu, Abraham mit un temps d'hésitation puis lâcha enfin, simplement :

▬ « Non. Je me suis même habitué à l'humidité du niveau 3. Je crois que mon corps est immunisé contre toutes formes d'allergies. » On verra bien si son corps est immunisé contre d'autres choses.

Enlevant sa veste en cuir pour la poser sur un porte-manteau à côté d'eux, il ôta aussi les quelques boutons du haut de sa chemise pour anticiper le moment où il prendrait ses battements du cœur et sa respiration. S'installant sur la table tout en restant assit, il attendait la suite des questions en y répondant toujours de façon simple sans trop entrer dans les détails. Si le médecin est observateur, il remarquera même sa mauvaise manie de cligner rapidement d l’œil droit. Quelque chose qui énervait son ancien médecin, qui fait parti de ces raisons pour lesquelles il préférait éviter de faire un bilan de santé (travailler au black c'est tout aussi bien).

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 13:42 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Pas d’allergies. C’est déjà un bon début.
Même si, bizarrement, d’après ses observations, c’étaient surtout les enfants du niveau 1 qui étaient les plus sujets aux allergies. Les parents sont plus protecteurs, là-bas, ils ont le temps de surveiller leur progéniture, quand ce ne sont pas les nourrices qui s’en chargent. Le niveau 2 joue le rôle de parfait milieu entre les deux extrêmes. Et le fait de savoir, maintenant, que le jeune homme vient du niveau 3 lève légèrement le voile sur la date du dernier bilan médical. Corb ne se gênait pas pour gonfler les prix à la moindre occasion, rendant les services mêmes de moins en moins abordables. Aller chez le médecin ne devrait pas être un luxe, c’était comme ça que les choses fonctionnaient dans la tête de Raleigh Cohen.
Mais pour le reste de Pelagia, tout fonctionnait avec l’argent. Après tout, c’étaient ceux qui le possédaient, cet argent, qui venaient ensuite vanter les mérites du travail. C’était en partie pour ça que Raleigh avait quitté le niveau 1 sitôt son diplôme empoché.

Le médecin commença par sortir sa montre de sa poche, et prit le poignet d’Abraham entre ses doigts, posant son index et son majeur à la base de la main. Il commença, tout doucement, à compter les pulsations. Il allait le faire sur trente secondes, puis multiplier par deux. Il aurait le nombre de battements par minute. Ce premier détail commença par lui laisser l’arrière-goût amer de quelque chose qui cloche.

« Des antécédents familiaux particuliers ? Des maladies génétiques, des problèmes de santé spécifiques… Quoi que ce soit qui vous revienne. »

Les informations étaient notées sur le carnet de santé, bien évidemment, mais pour Raleigh, c’était aussi un moyen de vérifier le doute qu’il avait. Abraham n’était pas spécialement supposé savoir que le pouls se prenait généralement sur trente secondes avant de multiplier le résultat par deux pour obtenir le nombre de pulsations par minutes. Ce n’étaient pas le genre de choses que les médecins se tuaient à expliquer.
Sauf lui. Avec les enfants, les vrais, de moins de seize ans, qui avaient peur, pour une raison ou pour une autre, de la seringue pour la prise de sang.
Les questions allaient se faire de plus en plus personnelles, et la moindre tension se ferait ressentir. Si le pouls s’accélérait, Raleigh le sentirait aussi.

« Vous prenez toujours de l’Essence, n’est-ce pas ? »

C’était la question qui fâchait, mais le léger parfum citronné ne trompait pas non plus Raleigh qui l’avait déjà humé à d’autres reprises. C’était sa plus grande fatigue, les drogués. Il était fatigué de les voir défiler au sein de Corb, dans les cabinets des médecins, dans le service de désintoxication. Ils y restaient un moment, dans ce service, avant de repartir. Et malheureusement, la plupart y revenaient, rapidement, trop rapidement. Certains ne revenaient pas. Et d’autres ne revenaient simplement pas en vie.
Il y avait un léger changement dans les pulsations que le médecin sentait au poignet du jeune homme. Il le lâcha, nota le résultat fort peu satisfaisant sur la feuille de suivi, reposa le stylo, et se munit du stéthoscope, laissant son agacement profond pour les Essences prendre le dessus.

Il posa sans se gêner l’embout métallique et froid de l’instrument contre la poitrine du jeune homme, et écouta en silence le bruit du cœur qui lui parvenait.
Finalement, il posa l’instrument sur la table et regarda son patient d’un air grave, ne cachant pas la dureté de son visage.

« Vous avez un souffle au cœur. En général, c’est héréditaire, et ça peut ne pas poser de problèmes majeurs, mais dans votre cas, la prise d’Essence a gravement amplifié le phénomène. Il est donc important que vous ne fassiez pas de trop gros efforts, et qu’à la moindre douleur à la poitrine, vous reveniez consulter. Mais le plus important, il faut que vous cessiez définitivement de prendre de l’Essence, quelle qu’elle soit. »

C’était ça, ou amputer encore un peu plus son espérance de vie.



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 16:28 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
Durant l'auscultation, le Docteur Cohen remarque un léger soucis dans le cœur. Ses doutes semblent se rapprocher de la réalité : Abraham souffre peut être d'un problème au cœur. La cause ? Surement pas héréditaires. Mais plutôt dans le style ... effets secondaires de l'Essence.

LE BILAN

Sans un mot de plus, le Docteur lui attrapa le bras et posa son index et son majeur sur une partie du poignet où les veines étaient voyantes. Toujours dans un silence propre aux médecins qui auscultes, il regardait ailleurs, réfléchissant. Abraham ne disait plus rien lui non plus, sentant son cœur battre lentement dans sa poitrine. Puis l'homme brisa le silence en posant une question : Des antécédents familiaux particuliers ? C'était une question basique pour savoir si il y avait quelque chose qui pourrait être héréditaire sur lui. Maladies génétiques ou problèmes de santé. Abraham se mordait la lèvre. Rien du côté de sa famille, c'est sûre. Même son père n'était pas mort dans l'alcool mais plutôt à cause d'une baston qui avait mal tourné. Enfin entre ce qui se dit et ce qui se passe réellement ...  

▬ « Non ... Non, personne dans ma famille n'a eu de maladies graves ou à relever. » Mais un problème de santé, disons que ces derniers temps, Abraham ne se sentait pas au mieux de sa forme. Et l'Essence lui donnait de plus en plus d'effets secondaires qui n'existaient pas autrefois. Avant la désintoxication.
Le médecin continuait de sentir le poul, bientôt il s'arrêterait. Mais avant cela, il posa une dernière question, loin d'être agréable à entendre pour Abraham : « Vous prenez toujours de l’Essence, n’est-ce pas ? » En effet, son cœur avait fait un bon et s'était mit à battre légèrement plus fort face à la surprise. Le jeune homme ne savait pas quoi répondre à ça et finit par rester là, la bouche entrouverte, à bégayer des mots incohérents. A quoi bon ? C'est un médecin, il sait ce qu'il fait et il ne pourra pas le lui cacher. « Oui. J'en prend encore. » Voir même un peu trop.

Le docteur lâcha finalement son poignet et nota quelque chose sur la feuille de suivi. Abraham n'était pas très rassuré quand au résultat, se doutant bien qu'entre le fait de demander si une maladie quelconque le suit et si il prend toujours de l'Essence, il y a un lien. Et il sentit aussi l'agacement chez l'homme. Le phénomène de l'Essence, rarement discuté dans la sphère mais bien présente, écarte les médecins entre deux camps : ceux qui sont fatigués de voir des gens malades ou mourir d'une crise, et ceux qui sont contents de pouvoir faire du chiffre chaque mois. Ce Docteur Cohen semblait être dans le premier camp, récupérant un stéthoscope pour le lui poser sur le torse au niveau du cœur. Abraham respirait et expirait lentement et fortement. Finalement le médecin posa l'instrument sur la table et resta un instant face à lui, l'air très grave. Le garçon avait deviné le problème avant même qu'il le lui explique. Un souffle du cœur. Rien de bon en perspective, même si il ne savait pas très bien ce que cela signifiait. Au vue du regard du Docteur, c'est plutôt inquiétant. La prise d'Essence a gravement amplifié ce phénomène. Il fallait être idiot pour ne pas s'en douter, Abraham avait fait une crise lorsqu'il avait été, un mois plutôt, chez Azores et que son cœur s'était mit à battre très fortement après qu'il ait sursauté de surprise. La même chose se produisait lorsqu'on lui faisait peur, son cœur ne réagit plus normalement. Plutôt que de battre simplement très fort, il lui donne une grave douleur dans l'abdomen et l'oblige à respirer lentement pour atténuer la souffrance. « Mais le plus important, il faut que vous cessiez définitivement de prendre de l’Essence, quelle qu’elle soit. »

Abraham lâcha un long soupire, le visage fatigué, les lèvres pincées. Oui, Docteur. Mais est-ce si facile ? Il en ait accroc et il le sait très bien. Peut être pas autant que certaines personnes, peut être pas autant que Azores Lullaillaco. Mais pour lui, son corps a décidé que même une par jour c'est beaucoup trop. Son corps lui criait d'arrêter. Posant son visage entre ses mains, il se pinça la peau entre les deux yeux, passa ses doigts entre les cheveux, et tira sur sa nuque à l'aide de sa main. Que répondre à ça franchement ?

▬ « Si vous avez une autre solution que d'arrêter du jour au lendemain, je veux bien l'entendre. »
Lui qui venait simplement en consultation pour écrire un Bilan à donner à son patron. La nouvelle faisait comme l'effet d'une bombe, mais si en réalité elle ne faisait que répondre aux nombreuses questions qu'il se posait ces derniers temps par rapport aux réactions que pouvait avoir son cœur dans des situations de peur, de stress et de sursaut. « Je pense ressentir les effets secondaires de plus en plus ces derniers temps. Insomnies, douleurs, hallucinations ... » Un instant, il s'arrêta de parler, les yeux baissés sur les plis de son jean troué. Il hésitait à le dire, mais finalement : « ... Et problèmes cardiaques. » Sa main ne pouvait s'empêcher de passer et repasser dans ses cheveux ou frotter son visage. Abraham était inquiet.

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 17:24 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




« Je n’ai pas de solution miracle pour arrêter du jour au lendemain, malheureusement. Tout ce que je peux faire, c’est dénoncer l’absence de prise en charge à la sortie de la désintoxication. »

C’était sans doute la seule chose qui faisait que le nombre de rechutes était aussi élevé. Il n’y avait personne pour surveiller, médicalement parlant, ces personnes une fois qu’elles sortaient du circuit de la désintoxication. On les laissait dans la nature, libres de reprendre leurs vies en main avec l’hypothétique aide d’une famille qui espère encore, ou bien on les abandonnait tout simplement à leur triste sort qui les faisait replonger aussitôt dans l’engrenage sans fin de l’addiction.
Un engrenage dangereux. Raleigh soupira, doucement, et eut un bref haussement d’épaules signifiant son impuissance totale face au phénomène de l’addiction aux Essences et du manque de prise en charge des personnes qui en souffraient. Il ne pouvait rien faire : Corb dirigeait la fabrication de ces substances aliénantes, regardant les gens passer d’une bouteille à la désintoxication, de la désintoxication à une autre bouteille.

« Et encore plus malheureusement, même la désintoxication s’avère dangereuse dans votre cas. Vous en avez déjà fait une, vous savez ce que c’est, et il est fort probable qu’elle ait participé à l’augmentation de votre souffle au cœur, je ne vais pas vous le cacher. Vous êtes littéralement sur un fil de funambule et le moindre courant d’air peut vous faire tomber. »

Agréable métaphore pour signifier au jeune homme que, à la lumière des dernières observations médicales, il marchait à la lisière de la mort et que continuer de s’imprégner d’Essence comme arrêter se révélait dangereux pour sa santé et pouvait le conduire tout droit sur les tables froides et métalliques de la morgue dont la clinique disposait.
En silence, le médecin réfléchissait. Il y avait bien un moyen d’atténuer les effets secondaires et les problèmes cardiaques. Ce qui impliquait des médicaments. Et tout le monde savait bien que chaque médicament que la pharmacopée de Corb proposait était sur ordonnance uniquement, et moyennait en plus un paiement supplémentaire à la pharmacie. Comme si se ruiner pour voir un médecin ne suffisait pas. Ce jeune homme venait terminer son bilan de santé pour un travail.
Il n’avait certainement pas de quoi payer des médicaments en plus.

« Mais vous ne pouvez pas non plus continuer d’en prendre. Les effets secondaires ne vont faire que s’accentuer, petit à petit, jusqu’à devenir tellement gênants qu’il sera probablement trop tard. Les efforts physiques intenses vous sont déjà proscrits, absolument proscrits et j’insiste là-dessus. Vous ne devez surtout pas forcer, votre cœur pourrait ne pas résister. »

Nouveau soupir de la part du médecin, et finalement, sa voix s’adoucit.

« Entrer une deuxième fois dans le circuit de la désintoxication ne vous sera pas beaucoup plus bénéfique que de continuer votre consommation d’Essence. Tout ce que je peux faire, c’est vous prescrire des médicaments pour pallier aux effets secondaires d’un sevrage progressif, mais je veux aussi vous dire que personne ne l’a encore fait, et que je ne pourrai pas vous surveiller médicalement parlant aussi souvent que nécessaire… Je ne veux pas vous effrayer, mais votre cœur ne tiendra pas longtemps à ce rythme-là. En l’état actuel des choses, je ne vous donne même pas deux ans à vivre. »

Pas s’il continuait sur la même pente. S’asseyant sur le tabouret qui traînait là, Raleigh leva ensuite la tête vers le jeune homme, se voulant rassurant. Plus les secondes passaient, et plus il avait l’impression d’avoir un enfant perdu en face de lui.

« Je comprendrai tout à fait que vous n’ayez pas envie de le faire. Je ne suis pas vraiment sûr moi-même de vouloir le faire. Mais vous allez pouvoir être embauché en tant que plongeur, je peux au moins vous le dire. Vous n’avez pas de problème pulmonaire, et à part une tension un peu plus basse que la moyenne et votre souffle au cœur, vous êtes globalement en bonne santé. »

Pour combien de temps, c’était seulement la question que se posait le Dr. Cohen à l’instant où il parlait à son patient.



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 19:13 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
La seule chose qu'il lui reste à faire c'est d'arrêter la prise d'Essence. Le Docteur Cohen lui propose aussi une prise en charge de médicament pour atténuer les soucis au cœur, mais peu de personnes ont encore essayées. Abraham accepte alors d'au moins "essayer" ...

LE BILAN

Abraham restait assit sur la table d’auscultation, les manches de sa chemise remontées, les boutons de celle-ci presque tous enlevés, montrant un torse froid, imberbe et recouvert de quelques cicatrices notamment une un peu plus jeune au dessus de la poitrine gauche. Le jeune homme n'arrivait pas à placer un seul mot, perdu dans ses pensées, à écouter le Docteur lui parler calmement. Ses doigts étaient venus rejoindre l'autre bras pour le griffer nerveusement. Dénoncer l'absence de prise en charge, ça avait déjà été fait. Sans aucun succès. L'idée semble s'enterrer à chaque fois, Corb expliquant qu'il faisait son possible, et les personnes passant à autre chose en se disant que de toute façon il y a mieux à faire. Mais et si c'était un groupe de médecin qui d'un seul coup dénonçait le problème ? Des médecins compétents, qui savent de quoi ils parlent, comme ce fameux Cohen ?
Malheureusement plus cet homme parlait, plus Abraham s’enfonçait dans un mutisme. La désintoxication aurait participé à l'arrivée de ce souffle au cœur. Il se voyait déjà sur le fil, prêt à tomber dans l'eau et se faire engloutir. Que faire ? Les médicaments coûtent chers à Pelagia, il le sait bien et son corps s'est habitué à se protéger de lui-même. Abraham n'a jamais était vraiment malade, juste quelques fois, un jour ou deux le temps que son corps crée les anti-corps suffisants. Les seuls soucis restent ses habitudes à se battre et à se faire mal, ce qui peut parfois provoquer une infection si il ne se soigne pas de suite. C'est déjà arrivé, ça aurait pu être pire. Et maintenant il se retrouve avec un problème cardiaque à cause de l'Essence.

▬ « Mais vous ne pouvez pas non plus continuer d’en prendre. Les effets secondaires ne vont faire que s’accentuer, petit à petit, jusqu’à devenir tellement gênants qu’il sera probablement trop tard. » Le docteur avait raison et Abraham en avait pleinement conscience.
Et ne pas faire d'effort durement un moment, le temps d'arrêter cette drogue et de reprendre une vie normal ne va pas être simple. La fatigue ne va rien arranger, avec des baisses de tensions qui peuvent faire battre son cœur plus vite si d'un coup il se met à forcer. Abraham aime vivre à 200 à l'heure, constamment. « Tout ce que je peux faire, c’est vous prescrire des médicaments pour pallier aux effets secondaires d’un sevrage progressif, mais je veux aussi vous dire que personne ne l’a encore fait. » Il leva les yeux en entendant ces mots. Au point où il en était, il était prêt à faire n'importe quoi pour se débarrasser de ce problème au cœur, quitte à faire n'importe quoi et ne rien arranger. Surtout que ce ne sera pas demain la veille qu'il arrêtera de prendre de l'Essence comme ça, pour toujours. Le temps sera long avant qu'il lâche définitivement cette bouteille. « En l’état actuel des choses, je ne vous donne même pas deux ans à vivre. »

Abraham n'avait pas bougé de la table, et n'avait même pas fait un seul mouvement. Comme si son corps tout entier s'était arrêté. Le médecin s'était décidé à s'assoir lui aussi, le regardant avec ce regard qui se veut rassurant. Mais quelque chose dans la tête du jeune homme s'était passé. Et même si ces mots n'étaient pas certains et qu'il allait surement l'aider pour que tout ça ne se réalise jamais, le garçon avait envie de se mettre à pleurer. Oui, exactement comme un enfant perdu et apeuré. Parce qu'il tien à la vie et qu'il a peur de la mort. Peur de retrouver son père quelque part entre le paradis et l'enfer, si ça existe.

Le médecin lui disait que malgré tout il restait en bonne santé. Abraham se mit à rire, un faux rire, celui d'un homme à qui on dit qu'il a perdu son chien mais qu'il aura la plus belle tombe de tout le cimetière. Le problème était l'Essence : c'est simple, il doit arrêter pour que déjà la moitié du problème se résout. Ensuite il faudra voir le cas du cœur, si celui-ci tien toujours et si il peut être "soigné". Abraham ne s'y connait pas en médecine, mais il sait une chose, quand on propose quelque chose, on tente. « Je veux bien le faire. » C'était tout ce qu'il avait réussi à dire après de longues minutes de silence durant laquelle il se grattait, se mordait les lèvres, les yeux perdus ailleurs.

▬ « J'ai pas envie de crever juste pour une histoire d'effets secondaires d'Essence. C'est totalement con de mourir comme ça. Je pense que vous êtes d'accord avec moi ? »

Et quitte à reprendre les mêmes merdes que lors de la désintoxication ... Abraham est prêt à tout. Si ce médecin peut lui faire arrêter l'Essence, qu'il le fasse. Mais ce ne sera pas simple, c'est certain. Mais Abraham peut se battre, pour survivre, il peut le faire. Même si il peut changer d'avis du jour au lendemain et abandonner en reprenant de cette drogue, oubliant les conseils et le fait qu'il soit sur un fil très fin et instable. « En quoi ça consiste votre ... sevrage progressif ? »

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty10.01.16 19:53 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il y avait de quoi rire. C’était presque ironique, au fond, de lui avoir dit qu’il était en bonne santé, à part qu’il était profondément accroché à une substance dangereuse, qu’il avait un souffle au cœur dangereusement exacerbé par cette même substance et qu’il pouvait à tout moment sentir son cœur le lâcher définitivement. Mais Raleigh ne voyait pas comment il aurait pu formuler la chose autrement. Les cicatrices qu’il voyait étaient cicatrisées depuis longtemps, et les bleus ressemblaient à ceux de bagarres, comme il en avait déjà vu quand il faisait des permanences aux urgences.
Bagarre et Essence allaient souvent de pair, même si ce n’était pas toujours le cas.
Aussi le médecin ne fit aucun commentaire, tranquillement assis sur le tabouret, les mains jointes. Il y avait vraiment de quoi rire, si on prenait la situation sous le bon angle. Mieux vaut en rire qu’en pleurer, c’était bien ça qu’on disait généralement. Si c’était vraiment valable alors les veuves n’allaient pas tarder à rire de la mort de leurs maris.

Les yeux de Raleigh s’écarquillèrent légèrement quand il entendit la réponse du jeune homme. Il ne pouvait pas nier qu’il était étonné. Même si, sans doute, personne n’avait envie de mourir pour une histoire d’effets secondaires, il ne voyait pas non plus qui, à Pelagia, aurait accepté quelque chose qui n’avait encore jamais été testé et qui sortait de la tête d’un médecin dont les idées avaient tendance à déranger les bonnes œuvres de la cité. D’abord gêné, le médecin eut un pâle sourire, nerveux, qui disparut aussitôt qu’il était apparu.
Comment expliquer un procédé qu’il avait presque imaginé sur le moment ?
Non. En fait, il y pensait depuis déjà un moment. De là savoir si c’était une bonne idée, ça restait à voir. Si ce jeune homme mourait à cause de son idée, Raleigh le savait, il s’en voudrait jusqu’à la fin de ses jours.
Il se mordit la lèvre, inspira à fond.

« Ça consiste à réduire progressivement les doses d’Essence pour ne pas stresser votre organisme outre mesure, comme dans une désintoxication plus… classique, disons. L’arrêt de la prise d’Essence se ferait par paliers : chaque palier aurait sa durée et sa dose. Ça prendrait du temps, bien sûr, beaucoup plus qu’avec le système classique, mais ce serait moins pénible pour le corps. »

Et les chances de rechutes ? Bonne question. Personne n’avait encore jamais testé ça, personne n’avait encore jamais pensé à l’appliquer. En tout cas, pas jusqu’à cette foutue minute où Abraham Land avait curieusement accepté de se plier à un protocole qui n’était même pas expérimental, parce qu’il n’avait été approuvé par personne d’autre au sein du corps médical.
Les doigts de Raleigh pianotaient machinalement sur le dos de ses mains. Il n’était pas très à l’aise avec l’idée de se lancer dans un pareil procédé.

« Mais personne ne l’a encore jamais fait. Je crois bien être le seul à y avoir jamais pensé un jour, et je n’ai pas plus d’informations à vous donner, à part qu’il nécessiterait un suivi régulier que je ne suis pas en mesure de donner, et c’est pour ça que je me demande encore si c’est une bonne idée que vous vous lanciez là-dedans. Chaque visite du supposé suivi serait là pour donner la dose, et la durée du palier. Mais je ne peux pas assumer cette tâche, malheureusement. Si vous voulez vraiment le faire, je suis au regret de vous dire que vous serez en roue libre. Votre seule consigne est de diminuer progressivement les doses jusqu’à arriver à zéro, et ensuite, de faire votre possible pour ne plus jamais replonger. »

Ne plus jamais replonger impliquait de ne plus jamais sentir une seule goutte d’Essence toucher sa langue, ce que beaucoup semblaient incapables de faire une fois qu’on les relâchait dans la nature. Raleigh leva une main et se frotta machinalement la nuque. Il devait vraiment être fatigué pour penser à proposer une méthode tout droit sortie de sa tête à un patient.

« En d’autres termes, le choix vous revient entièrement, mais je ne pourrai pas vous épauler dans cette histoire. Ce sera à vous de résister quand vous verrez une bouteille d’Essence, ce sera à vous de dire non quand vous en proposera, et ce sera à vous de respecter l’engagement que vous avez pris. »



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty11.01.16 20:48 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
La méthode consiste à suivre un traitement régulier, sur plusieurs paliers avec des durées qui augmentent et des doses qui diminuent de plus en plus. Mais personne n'a encore fait ce traitement, semblant être propre au docteur Cohen. Abraham n'abandonne pas l'idée pour autant ...

LE BILAN

Les yeux du médecin s'écarquillent, il semble mal à l'aise. Abraham ne comprend pas vraiment pourquoi : est-ce que finalement c'est une mauvaise idée ? A t-il dit quelque chose de mal ? Le sevrage consiste à réduire les doses d'Essence dans l'organisme, une désintoxication plus classique en somme, par pallier à durées différentes et doses différentes, en augmentant la première et en diminuant la deuxième. Abraham ne voit toujours pas où est le problème, même si l'idée de ne plus jamais reprendre de l'Essence de sa vie lui semble impossible.
Et puis le Docteur Cohen lui expliqua que personne ne l'avait encore fait. Attends, pas encore fait ? Qu'est ce que ça signifie ? Abraham regardait le médecin assit en face de lui lui expliquer que c'était une idée de lui, pas encore vraiment expérimenté. Il serait donc une sorte de cobaye ? Mais cela semblait plus une solution de dernière minute, d'un médecin qui ne croit pas au remède de la désintoxication de Corb. Ce serait un suivi régulier, dont il ne sera pas en mesure de donner. En clair, le Docteur Cohen ne peut pas assumer cette tâche, le laissant seul avec comme seule solution : boire de moins en moins d'Essence, de plus en plus longtemps. Jusqu'à arriver à plus aucune dose.
L'homme se frottait le dos de la main, Abraham se grattait toujours le ventre du bras, tout deux étaient là sans savoir vraiment quoi faire. Mais le jeune homme malade avait déjà une idée. Une promesse de s'engager, de voir par lui-même si il assume les responsabilités et si il se sent prêt à "essayer". Plutôt réussir.

Sentant une lourde responsabilité lui arriver en pleine tronche, il laissa un temps de réflexion avant de soupirer et de dire, calmement, sans une once de nervosité dans sa voix :

▬ « Même si ça me prend du temps et même si vous n'êtes pas vraiment sûre que ça va marcher ... Je vais le faire. Je connais quelqu'un qui pourra s'occuper de doser et de me donner ce qu'il faut au bon moment, avec des rythmes de moins en moins réguliers. Il faut juste que je lui dise combien de doses et combien de temps. Vous avez une idée Docteur ? »

Cette personne est la personne avec laquelle il s'entend le moins sur la question de l'Essence. Mais l'une de ses connaissances proches qui a une sainte horreur de l'Essence : Seisyll. Après, seul le médecin Cohen pouvait déjà le conseiller, lui dire pour les premiers mois du traitement. Abraham était prêt à commencer maintenant.
Mais est-ce que ce soudain besoin va durer ? Ne va t-il pas finir par abandonner ? Si il revoit Azores malgré les interdictions de son Patron, est-ce qu'il va s'arrêter face à elle qui continue d'en prendre sans arrêt depuis quinze ans ? Il restait silencieux, puis il ne fit pas attention si il coupait la parole à son médecin ou non. Il lâcha, simplement :

▬ « Est-ce que vous pensez qu'il est possible de rester à jeun de l'Essence pendant quinze années entières, sans aucun arrêt ? » Dans son malheur, Abraham arrivait à penser à Azores et à s'inquiéter pour elle. Pour sa santé, qui soudain devenait fragile pour lui.

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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty11.01.16 21:23 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Le jeune homme avait l’air sûr de lui.
En soi, cette détermination suffisait à Raleigh, même si elle n’effaçait aucun des doutes qui s’étaient petit à petit imprimés au fer rouge dans son esprit. Il disait ne pas pouvoir faire le suivi, ce qui était vrai, mais pas seulement. Il avait aussi peur pour son poste, pour son travail – tellement important aux yeux de Pelagia ! – si quelqu’un venait à découvrir le manège d’un suivi régulier pour une méthode qui n’avait jamais été approuvée par Corb et qui ne le serait sans doute jamais.
Mais d’un autre côté, il s’en voulait de laisser le jeune Abraham à l’abandon, presque, espérant simplement qu’il avait au moins quelqu’un sur qui compter pour le rappeler à l’ordre quand il le fallait et veiller sur lui le reste du temps. Au final, le patient avait l’air moins nerveux que le médecin, ce qui donnait un côté encore plus risible à la situation. Un bref regard à sa montre lui apprit aussi que leur entrevue s’éternisait, et que le prochain rendez-vous n’était pas loin dans la liste.
Que s’ils continuaient les formalités trop longtemps, ce même rendez-vous finirait par s’impatienter, et comme souvent, déboulerait dans le cabinet au beau milieu d’une conversation on ne peut plus privée.

Raleigh soupira. C’était la dernière chose qu’il voulait subir aujourd’hui. Il réfléchissait, usant ses neurones un peu plus à chaque seconde. Il fallait qu’il trouve les bons mots, les bonnes tournures de phrases, et surtout, les bons dosages à indiquer à Abraham. Pour éviter un accident. Ses cours de chimie de la faculté de médecine lui revenaient doucement en tête, trop doucement à son goût. Il aurait aimé avoir un des médecins du service de désintoxication sous la main, pour lui demander son avis.
Même s’il n’aurait jamais osé.
Perdre son travail serait la dernière disgrâce que sa mère supporterait. Comme si avoir un fils qui s’intéressât à l’esprit humain n’était pas suffisant pour la femme de la haute cour de Pelagia.

Il arqua vaguement un sourcil. Savoir si on pouvait rester à jeun de n'importe quelle Essence pour plus de quoi, quelques heures, quelques jours, quelques semaines ? C'était la question à quelques millions de pièces.

« Honnêtement ? Je n'en sais rien. Ca ne s'est jamais vu, jusqu'ici, mais je persiste à croire que c'est possible. Il faut juste trouver le bon système, la bonne manière de désintoxiquer la personne. Corb fait son beurre sur le dos de ceux qui viennent pour être aidés, il n'y a pas vraiment d'autres choses à dire là-dessus. Donc, vraiment, je n'en sais rien. »

Finalement, Raleigh attrapa son stylo, prit une feuille sur un bloc-note et l’en détacha, avant d’écrire dessus. Ce serait mieux si les dosages étaient posés par écrit. L’encre du stylo, couchée sur la feuille, leur assurait une certaine pérennité. Il gribouilla, de son écriture capitale si reconnaissable, des dosages avec une durée entre parenthèses, rajoutant à chaque fois le petit j de « jours » pour être sûr de ne commettre aucune erreur.
Qu’aucun accident idiot arrive.
Et puis, il tendit la feuille à Abraham.

« Je vous l’ai dit et je vous le répète : je ne suis absolument pas sûr de cette technique. Les effets secondaires risquent d’augmenter au début, mais s’ils persistent, arrêtez tout immédiatement. Ils ne doivent pas durer plus de deux ou trois jours. Au moindre symptôme plus alarmant que d’habitude, vous arrêtez tout. »

Puis il attrapa la feuille de suivi médical, nota ce qu’il y avait à noter, confirma qu’Abraham était tout à fait apte à exercer le futur métier de plongeur, cocha les cases à cocher, apposa le tampon de la firme scientifique, service médical général, signa, et tendit la feuille colorée en vert, assez moche finalement, d’ailleurs, au jeune homme.

« Et s’il le faut, revenez consulter. Demandez un autre médecin, si possible. Et ne lui parlez jamais du sevrage progressif. J’insiste là-dessus : n’en parlez à personne. »

Juste histoire de brouiller les pistes, et d’assurer de rester de ce monde.



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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty16.01.16 13:33 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
11 Avril 125.
La méthode ne semble pas être mise au point. Le Docteur Cohen ne manque pas de prévenir Abraham là dessus : si le sevrage ne marche pas et que les effets secondaires sont plus longs que deux trois jours au début, il doit arrêter. Et revoir un médecin, un autre, ne serait-ce que pour se protéger ...

LE BILAN

Le Docteur Cohen arqua légèrement un sourcil à la question. Non. Il n'avait jamais vu ce cas jusqu'ici. Abraham baissa la tête, pensif. Est-ce que la maîtresse d'art lui avait menti ? Ou alors était-ce un cas très extrême et rare ? Le jeune homme n'arrivait pas à imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête et le corps d'Azores pour qu'elle tienne aussi bien cette drogue dont le médecin en parlait si mal :  Corb se fait du beurre sur ceux qui ont besoin d'être aidés. Au final il n'en savait rien, et ne semblait pas vouloir y penser. Abraham pouvait officiellement le ranger parmi les médecins qui détestés cette branche de Corb. Et qui avait le culot de dire ça dans l'un des cabinets de l'Entreprise. Soudain, Abraham réalisa qu'il ne savait quasiment rien de qui fabriquait l'Essence et où elle était produite, avec quoi, quels produits. Pourquoi n'y avait-il pas pensé ? Peut être parce qu'ici à Pelagia, l'Essence est peu cher et souvent mélangée avec d'autres choses, la rendant facilement addictive ?
Le Docteur marqua quelques petits mots sur une feuille qu'il déchira et le lui tendit. Dessus étaient marqués les premières doses et les jours à suivre. Les premiers temps étaient facile, une essence tout les deux jours. Mais pour finir par ne prendre qu'une moitié d'essence tout les mois, Abraham se voyait difficilement faire une telle chose.

L'homme se remit à lui parler. Je ne suis pas sûre de cette technique. Et il pourrait répéter ça des centaines de fois, Abraham ne voyait pas d'autres choix pour calmer ses doses et garder son cœur en meilleure santé. Mais les risques secondaires pourrait augmenter au début. Ce qui n'enchantait guère le jeune homme. Et ces effets persistent, il faudrait arrêter. Abraham n'a pas vraiment le choix. « Et s’il le faut, revenez consulter. Demandez un autre médecin, si possible. Et ne lui parlez jamais du sevrage progressif. J’insiste là-dessus : n’en parlez à personne. » Récupérant sa feuille de bilan verte moche, il se leva de la table d'auscultation qui semblait être devenue sa meilleure amie, tout en reboutonnant a chemise, et plia le bilan soigneusement en essayant de ne pas trop le déchirer, rangeant le tout dans l'une de ses poches intérieures de sa veste en cuir, l'emportant avec lui contre son bras.

Obéissant aux ordres du médecin, comme pour se protéger lui aussi de il ne savait quoi, il s'avança jusqu'au bureau du médecin pour le laisser s'asseoir. Abraham avait encore un peu de mal à réaliser ce qui lui arrivait, s'habillant de sa veste en cuir pour tapoter la poche où était rangé le bilan et le papier avec le sevrage. « Combien je vous dois Docteur ? » Était la seule chose qu'il arrivait à sortir, les yeux ailleurs, ratant presque la chaise pour s'y asseoir ensuite. Croisant les bras, toujours le regard perdu. Paumé. Il était paumé. Mais il savait que maintenant il lui restait plus qu'à penser à autre chose, se mettre à bosser sérieusement au Blue Velvet, et arrêter la consommation de cette substance.

▬ « Qui est-ce qui dirige la branche Essence de Corb ? » Quelque chose lui revenait, bref, mais il n'arrivait pas à mettre un visage et un nom. Juste un sentiment de connaissance, lointaine.

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She looked into your eyes and saw what laid beneath. Don't try to save yourself.
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Raleigh Cohen
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MessageSujet: Re: Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham   Le Bilan | 11 Avril 125, Raleigh & Abraham Empty16.01.16 17:31 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Raleigh ne prononça le prix de la consultation que dans un soupir. Ce prix était fait pour être, soit disant, abordable par tout le monde, mais il savait très bien que ce n’était pas le cas. Il eut envie de dire à Abraham que s’il restait en vie, ce serait amplement suffisant pour le payer, qu’il ne demandait rien d’autre que ça, et ce n’était pas complètement faux. Malheureusement, Corb ne se satisferait pas d’une telle explication, et les bruits de couloirs annonçaient déjà le lent déclin des finances de la firme scientifique.
Rangeant et nettoyant le matériel qui lui avait servi, le médecin réfléchissait. Avait-il fait le bon choix ? C’était la question qui lui traînait en tête, et c’était aussi la seule à laquelle il ne pouvait pas répondre. La seule question qui ne trouverait aucune réponse potable au fond de ses livres, de longues heures de réflexion. Il ne lui servait à rien de se creuser les méninges pendant des heures, il ne connaîtrait jamais la réponse, à moins qu’il ne revoie Abraham.

Mais comment, et pourquoi, il ne préférait pas se l’imaginer. La proposition qu’il avait faite au jeune homme était à double tranchant.
Ce fut à contrecœur qu’il prit l’argent du jeune homme, le rangea dans la boîte prévue à cet effet, qui partirait dès la fin de la semaine pour le service financier de Corb qui ferait la soigneuse comparaison entre le nombre de rendez-vous et de consultations effectuées et le montant se trouvant dans la boîte. Cette foutue boîte. A la moindre pièce manquante, c’était l’alerte, même si elle était tombée pendant le décompte de l’agent des finances.
Finalement, Raleigh osa relever les yeux et regarder le jeune homme.

« Une certaine Siobhán Balfe, si je me souviens bien. Je ne la connais pas plus que ça. »

Il savait juste qu’elle dirigeait le service des Essences et qu’il n’avait pas envie de la connaître simplement à cause de ça. C’était à cause d’elle que des gens comme Abraham atterrissaient au moins une fois par jour quelque part dans la clinique de Corb, dans des états plus ou moins déplorables auxquels certains ne survivaient pas.

« Prenez soin de vous. »

Fut tout ce qu’il parvint à dire avant de laisser le jeune homme partir définitivement.



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