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try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125
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 try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125



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MessageSujet: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   24.07.16 18:29 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio attend dans la salle d’attente de la clinique. Droite sur sa chaise, les mains croisées sur son petit sac dur de couleur moutarde, posé sur sa jupe droite bleu marine descendant jusqu’à ses genoux. Elle respirait profondément parmi les autres malades. Clio ne se considérait pas comme étant malade. Elle n’avait pas mal à la tête, ni même au cœur. Ses oreilles n’étaient pas bouchées, son nez n’était pas encombré. Clio n’était pas malade. Elle ne savait tout bonnement pas ce qu’elle était et elle espérait qu’il parviendrait à mettre des mots dessus. Il en savait peut-être plus qu’elle. Il connaitrait plus de mots qu’elle. Puis… Puis, c’était une raison comme une autre de le revoir. Le revoir, oui. Mais sans le déranger si possible. C’était comme joindre l’utile à l’agréable. Du moins, ça l’était pour elle.

Clio passe une mèche derrière ses oreilles et pose les mains sur ses joues pour les pincer, discrètement. Et légèrement. Elle n’avait jamais les blushes et avait toujours eu du mal à choisir la « bonne couleur ». Maudite bonne couleur. De toute manière, elle se maquillait toujours très légèrement. Ses yeux se contentaient de mascara et d’un trait d’eyeliner, parfois. Elle portait du rouge à lèvres rouge, la plupart du temps. Parfois un rouge très vif, criard. Parfois un bordeaux, plus foncé, plus sensuel. Ça dépendait ce qu’elle allait faire. Et ce qu’elle avait envie d’être. Aujourd’hui, Clio ne portait pas de rouge à lèvres. Elle n’en avait pas besoin. Ce n’était pas le travail où elle s’efforçait à plaire aux clients pour s’assurer de leur retour et du bouche-à-oreille. Et ce n’était pas un rendez-vous galant. Être pétillante ou être sensuelle, elle n’en avait rien à faire aujourd’hui. Elle attendait.

Elle attendait le « Suivant » libérateur. Au secrétariat, elle avait demandé le docteur Cohen. Elle avait demandé Raleigh parce qu’elle avait confiance en lui. Parce qu’il s’intéresserait à elle. Et qu’il ne la regarderait probablement pas comme si elle était une folle furieuse. Elle ne voulait pas être une folle furieuse. Elle avait déjà suffisamment de choses à gérer sans en plus être folle. Soudain, la porte du cabinet s’ouvre. Raleigh en sort, serre la main de la personne qui la précédait dans l’attente. Elle attend qu’il s’éloigne avant de se mettre debout et d’avancer vers la porte du cabinet. Elle replace une boucle, la même boucle que tout à l’heure, derrière son oreille en souriant à Raleigh. C’était étrange, de le voir en blouse blanche. Etrange, mais pas forcément désagréable.

« Bonjour… Je garde Raleigh ou vous préférez docteur Cohen ? »




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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   24.07.16 20:41 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il toussa, cracha de nouveau du sang, agrippa les revers de la veste du docteur, et tira, les yeux agrandis par la douleur.
-Ce n’est pas… elle… haleta-t-il. Elle lui a dit… de me tuer… Mais ce crétin… n’a même pas réussi à le faire convenablement… (Il se laissa retomber.) Ensuite, elle l’a tuée… Il y a plus d’une heure… Elle a une longueur d’avance sur vous, docteur… Vous devez partir… partir…
-Rupert, au nom du ciel, ferme-la ! dit Mr Moore, dont les larmes coulaient maintenant sur ses joues.
Mr Picton sourit de nouveau, nous regarda tour à tour.
-Vous avez tous… Je veux vous remercier…
Saisissant de nouveau les revers du docteur, il murmura :
-Quand on m’enterrera… lisez les inscriptions sur les tombes… ma famille… un indice…
Sa tête roula sur le côté, la lueur consciente de son regard s’éteignit.
Le docteur posa deux doigts sur la gorge de Mr Picton, tira sa montre de son gilet, en approcha le couvercle brillant des narines ensanglantées du blessé.
-Il respire encore, annonça-t-il en se remettant à le panser. Mais à peine.
Des bruits de pas résonnèrent dans l’escalier ; Cyrus apparut avec la trousse du docteur, suivi quelques instants plus tard de Mrs Hastings.


Et dans l’histoire, Libby Hatch a déjà gagné une victoire parmi tant d’autres. Au milieu des pages d’un livre, elle a remporté ce petit trophée trop terne pour être celui dont on voudrait normalement. Au milieu des mots plaqués sur le papier dans les méandres d’une imprimerie, elle a réussi.

-Et Mr Picton ? demandai-je. Est-ce qu’il est… ?
-Mort, acheva simplement le docteur. Là où nous l’avions trouvé. Il avait perdu trop de sang.*


Dès le début c’était bizarre.
C’était comme un rêve, dérangeant, comme tous ces cauchemars qui ont l’air si réels. A un détail près. Celui-ci avait eu l’air beaucoup plus réel que tous les autres. Comme un souvenir. Un morceau oublié de quelque chose qui n’est pas prêt de le laisser tranquille. Quelque chose qui serait forcément visible.
Sa journée à la clinique s’annonce mouvementée. D’autant plus qu’une de ses patientes régulières, une fillette de neuf ans à l’asthme plus que récurrent et handicapant lui a bien sûr posé la question fatale : qu’est-ce qui ne va pas ?
Rien. J’ai juste dû travailler jusque tard hier soir.
D’accord.

Elle repart, maintenant, cette enfant. Avec sa mère, un peu plus rassurée, comme à chaque fois qu’elle vient. Avec de la chance, l’asthme de sa fille s’atténuera un peu avec le temps. Même s’il y a peu de probabilités pour que ça arrive vraiment, aux prix auxquels sont vendus les médicaments à Corb. Une sorte de contrepartie pour la gratuité des consultations, semble-t-il. Mais Raleigh n’a pas envie de tergiverser sur le moment. Il a juste envie de rentrer chez lui s’affaler dans un fauteuil. A la limite, de fermer la porte du cabinet à clef et de s’affaler dans un coin pour réfléchir à ça.
Et qu’est-ce que c’est, ça, d’abord ? Il n’en sait rien. Ça n’avait rien d’une hallucination. C’est bien la seule chose dont le médecin est sûr. Ça avait plus des allures de souvenir. Un souvenir qui décide de s’incruster au beau milieu d’un rêve banalement décousu et de rester collé dans un coin de sa tête.
Ce simulacre de souvenir est d’autant plus dérangeant qu’il lui rappelle ironiquement l’épisode du temple pourpre, la mort de Gabriel Quinn.

C’est la voix de la prochaine personne à passer qui le fait revenir sur terre. Ou plutôt, sous l’eau. C’est Clio. Il ne s’attendait pas à la revoir, encore moins ici. Il lui sourit légèrement et la laisse rentrer avant de fermer la porte du cabinet.

« Comme vous préférez. De toute façon, tout ce que nous nous dirons restera à l’intérieur de ces murs, donc… »

Il soupire un peu.

« Désolé, j’ai un peu la tête ailleurs depuis ce matin. Qu’est-ce qui vous amène ? »




HRP * extrait tiré de « L'ange des ténèbres » de Caleb Carr, éditions Pocket, texte intégral, dépôt légal d'imprimerie : juin 1999.

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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   24.07.16 22:23 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Elle répond à son sourire et entre dans le cabinet. Le blanc est souvent une couleur majeure dans les hôpitaux. Même si le blanc n’est pas une couleur. Le blanc, oui. Mais le vert aussi. Elle n’a jamais réellement compris pourquoi et elle n’est pas sûre que Raleigh ait la réponse à cette question. De toute manière, Clio n’est pas venue pour ça, tout comme elle n’est pas venue pour observer la tenue du médecin. C’est toujours aussi bizarre de le voir en blouse blanche, elle qui l’avait rencontré pour la première fois en chemise, un carton sous le bras et assis au comptoir, devant elle. Elle ne s’habituera peut-être pas à la voir en blouse blanche. Ou peut-être bien que si. Quoiqu’il en soit, elle n’était pas venue pour ça.

« Alors comme ça, tout ce que je vais vous dire restera dans ce cabinet ? Vous savez que certaines personnes seraient capables de mal interpréter vos paroles, Raleigh ? » Elle décide de rester sur Raleigh. « Certaines personnes n’ont pas de limite au niveau de la parole. Certaines personnes vont très loin… Parfois trop. »

Elle penche la tête sur le côté quand il évoque le fait d’avoir la tête ailleurs. Un sourire taquin éclot sur ses lèvres, elle plisse les yeux.

« La tête ailleurs… La dame de vos pensées ? Je me dis qu’il est possible que vous en ayez trouvé une, depuis cette première fois au bar. Après, si ce n’est pas une histoire de romance… Vous voulez peut-être en parler ? »

Inversion des rôles. Typiquement Clio. Proche des autres, toujours à l’écoute. Elle venait pour elle, au départ. Elle venait pour qu’il l’écoute elle. Pour qu’il la rassure elle. Pour qu’il lui dise qu’elle n’était pas folle à lier, que rien ne clochait chez elle. Puis, c’était une bonne raison pour le voir, aussi. Elle tâcherait seulement de ne pas le déranger. Elle venait pour elle mais elle se proposait aux autres. Le sacrifice, ça colle à la peau.

« Enfin… Si vous ne voulez pas, je comprends. Après tout, je ne suis pas médecin et ça ne me regarde peut-être pas. Au fond, je me demande si c’est même une bonne idée de vous l’avoir proposé. Peut-être que ça vous embarrasse. Je ne veux pas vous embarrasser. Je voulais juste… Bref. »

Elle se permet de s’asseoir sur l’un des sièges posés devant le bureau. Elle croise les chevilles sous la chaise, pose son sac sur ses genoux et se tient droite. Bien comme il faut.

« Mais si ça peut vous faire du bien, je suis là. Je suis toute ouïe. Vous avez l’air fatigué, Raleigh. »



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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   25.07.16 11:27 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il hausse vaguement les épaules, son sourire s’élargit légèrement. Ce ne serait pas la première à le prévenir que n’importe quoi peut être mal interprété, et ce n’est pas de sa faute s’il est tenu au secret professionnel et qu’il n’a techniquement pas le droit de parler de quoi que ce soit qui se passe dans le cabinet avec qui que ce soit. Enfin. Surtout pour les cas étranges. La bronchite chronique du petit dernier de la riche famille du niveau 1 qui peut se permettre de payer des taxes à n’en plus finir n’a rien d’extraordinaire.

« Eh bien dans ce cas-là, la dame de mes pensées et une discipline boudée par la cité pour ne pas dire qu’elle est carrément récriée et rangée au rang d’aberration qui ne mérite pas d’exister. En tout cas, en ce qui concerne le côté pathologique de la chose… »

Foutue Pelagia et sa manie de ne vouloir garder que le bon côté des choses. C’est une chance, un miracle même, que la cité ne se soit pas encore perdue avec cette drôle d’idée élevée au rang d’art de vivre. Raleigh laisse Clio s’installer, il retourne de l’autre côté de son bureau, attrape de quoi écrire, parce qu’il ne sait pas si la jeune femme a déjà un médecin traitant à qui il peut, éventuellement, aller demander le dossier pour pouvoir avoir une idée de ce qu’il se passe. Pour pouvoir mettre ledit dossier à jour, aussi.
Peut-être que Clio n’a pas de dossier médical tout court, et ce ne serait pas non plus la première.

« Si vous trouvez que j’ai l’air fatigué maintenant, vous auriez dû me voir pendant mes études. A côté, aujourd’hui, ce n’est rien. J’ai déjà passé des examens avec une tête pire que celle-là et encore moins d’heures de sommeil au compteur. Mais, ceci étant dit… »

Il attrape un stylo, ose un autre sourire puisque le précédent a disparu le temps de chercher toute la paperasse nécessaire à la suite de ce rendez-vous qui n’en est pas un. Ce n’est pas faute de l’avoir vue inscrite sur le planning du jour, pourtant. Mais il n’a pas fait attention sur le moment.
Trop occupé avec cette espèce de souvenir bizarre qui reste logé dans un coin de sa tête et se mettra sans doute bientôt à lui verser un loyer sous la forme d’impressions gênantes et autres joyeusetés de cet acabit.

« Je ne vais pas vous laisser inverser les rôles comme ça. C’est pour vous que vous êtes venue, et moi je suis là pour vous écouter. C’était bien essayé, cela étant ! Et très gentil à vous de demander. Mais, ne vous inquiétez pas, pour mon cas, ce n’est rien que quelques heures de sommeil seraient incapable de venir à bout. J’aurais d’abord quelques questions… »

Petit silence.

« Est-ce que vous êtes déjà suivie par quelqu’un à la clinique ? Un médecin traitant déclaré, ou juste celui que vous allez voir d’habitude ? Si vous êtes déjà venue ici une fois ou deux, vous avez un dossier, et il faudra éventuellement que je puisse le mettre à jour après votre départ. Ensuite, qu’est-ce qui vous amène ? »



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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   26.07.16 21:23 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Pas de dame dans ses pensées. Ou du moins, pas de dame humaine. Clio ne sait pas si elle doit s’en réjouir ou en désespérer. Est-ce que ce célibat cachait quelque chose de louche ? A moins que ce ne soit un célibat consenti ? Peut-être ne faisait-il pas ça parce qu’il ne trouvait personne mais parce qu’il ne voulait trouver personne ? Puis, rien n’obligeait quiconque à vivre avec quelqu’un jusqu’à la mort et au-delà. En plus, ça ne la regardait pas. Sauf que Clio était curieuse et qu’elle ressentait l’envie d’en apprendre plus sur cette personne. Elle aurait pu tout dire sur cette dame qui n’en était pas une. Elle aurait pu le faire, en glissant un « Alors je me permets d’accaparer vos pensées pour les prochaines minutes. » mais elle ne le fait pas. Elle sourit à la plaisanterie sur sa tête lors de ses études et des examens qui allaient avec. Elle imagine que la médecine n’est pas une mince affaire. Et si jamais Clio avait eu la possibilité de rêver à un avenir, elle n’aurait jamais eu à l’esprit de vouloir devenir médecin. Elle se serait probablement orientée vers le Droit. En réalité, elle n’y avait jamais pensé. Elle hausse les épaules.  

« Si ça vous fait plaisir, je suppose que c’est le principal. Mais pensez à vous reposer. Un médecin fatigué, trop fatigué, ce n’est pas ce qu’il y a de plus utile. Sans vouloir vous faire la morale, bien entendu. » Puis, elle réfléchit aux questions, les yeux levés au plafond. Ses lèvres se tordent en une moue tandis qu’elle tente de se rappeler. « Oui, je suis déjà venue ici. Mais c’était il y a longtemps… Peut-être trois ou quatre ans. Voire cinq. Du coup, je ne sais même pas si mon médecin traitant exerce ou vit encore, ni même si mon dossier figure encore quelque part – je suppose que oui. C’était le docteur… Le docteur… » Elle mord l’intérieur de sa lèvre, les yeux toujours rivés au plafond. C’était quoi encore, son nom ? « Läder… Läder… Le docteur Läder-quelque chose, c’est possible ? J’ai une mauvaise mémoire pour les noms. Puis, comme ça remonte à loin, en prime… »

Elle sourit, penaude. Maintenant, il lui faut répondre à la question qui fâche. Elle n’avait pas l’intention de tourner autour du pot pendant des lustres mais il y avait eu la fatigue du médecin, les documents à retrouver… Clio s’était une fois de plus oubliée au profit des autres. Elle inspire un grand coup, repose ses yeux sur Raleigh et triture le bout de ses doigts.

« Bon. Autant entamer tout de suite, alors. J’ai eu une sorte de… De vision ? Je ne sais pas si on peut appeler ça une « vision ». Ce n’était pas comme avoir des retours en arrière, comme quand on se souvient d’avoir posé ses clefs dans le vide-poches au-dessus du guéridon, ou comme avoir une impression de déjà-vu. Ce n’était pas non plus comme voir, en observateur extérieur, une scène… Ce n’était pas comme être au cinéma, si vous voulez. Je ne regardais pas un écran. Non, je regardais… Je voyais la scène. Mieux encore, je la vivais. C’était voir de mes yeux mais à travers ceux d’un autre, comme si… Comme si c’était moi en fait et… Bref, c’était bizarre. » Elle expire, inspire. « Je ne suis pas la seule à… Enfin, je crois. Un ami m’a parlé d’un phénomène semblable – ça l’a profondément retourné – juste avant que ça ne se produise pour moi. Nous sommes sortis parce qu’il voulait me montrer les baleines et… Et c’est venu. Comme ça. Sans trompette ni tambour. Je voyais… Je vivais la scène. »




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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   26.07.16 22:46 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il se souvient d’un certain docteur Läder-quelque chose, sans que ça ne lui revienne complètement non plus. Il ne fait aucun commentaire à Clio. Lui non plus n’a pas une bonne mémoire pour les noms, autrement, il se serait sûrement souvenu de la barmaid qui l’avait accueilli en lisant la liste des rendez-vous. Sans oublier la fois où il avait retiré les sutures de la chef de la branche Essence sans se souvenir que c’était elle, et sans parler de la fois où il avait reçu le bras-droit du PDG de Corb sans réussir à remettre le visage de ce dernier. Il ira voir dans les dossiers, de toute façon.
Maintenant qu’il sait qu’il en trouvera un au nom de Clio Chatterton. Le nom du médecin mystère sera inscrit quelque part, et la secrétaire s’en souviendra même, peut-être. En tout cas, si elle s’en souvient, elle s’en souviendra toujours mieux que lui.

Raleigh écoute, sans rien dire, ce que la jeune femme lui dit.
C’est bizarre. Encore plus que ça ne l’était déjà. Il avait déjà commencé à se poser des questions quand cette chose, que Clio a affublée du doux nom de vision, avait interrompu le cours normal de ses rêves. Il repense seulement à la visite de Joshua. Lui aussi, tenait un discours similaire. Sur le moment, Raleigh n’y avait pas tellement prêté attention.
Ses sourcils se froncent légèrement. Il n’écrit rien sur la feuille, le stylo reste muet entre ses doigts. C’est vraiment bizarre, et ça ramène beaucoup de petits moments auxquels il n’avait pas fait attention lors de sa propre vision. Notamment un, qui prend tout son sens, maintenant. C’est quand Clio parle d’avoir eu l’impression de vivre la scène que tout a l’air de se mettre en place.

Ça ne ressemblait pas seulement à un souvenir.
C’était un souvenir.

« Ce que je vais vous dire va vous sembler totalement… Totalement fou, peut-être. Enfin, si tant est que cette cité reconnaisse un jour la notion de folie, mais bref. »

Pelagia et son éternel défaut de la psychologie pathologique classée au rang d’ineptie inexistante et inintéressante. Peut-être la seule rancœur que le médecin tenait, en plus de celle de n’avoir pas réussi à sauver son père des ruines du temple, voire du temple tout court.

« Il m’est arrivé la même chose. Et je pense que l’ami dont vous me parlez est déjà venu me voir à ce propos, d’ailleurs, un certain Joshua… Mais, effectivement, c’était bizarre. C’est sans doute en partie pour ça que j’ai aussi mal dormi, parce que c’était comme un rêve. Un mauvais rêve, la scène n’était absolument pas des plus réjouissantes. Mais le plus étrange, c’est que vous m’avez dit avoir eu l’impression de vivre la scène…. Plus j’y réfléchis, et plus ça y ressemble. Mais le plus perturbant, c’était que c’était organisé comme un souvenir. Essayez de vous souvenir de ce que vous avez fait ce matin, automatiquement, vous allez revoir tout ce que vous avez fait, mais d’un point de vue plus spectateur. C’est comme ça qu’on se souvient, c’est le seul moment où on peut se voir de dos, même, si j’ose dire. »

Raleigh soupire doucement, pose finalement le stylo qui n’avait pas quitté ses doigts jusque-là.

« A chaque fois que j’y repense, c’est comme ça que je revois la scène. Comme un souvenir, qui tournerait en boucle. Un peu comme ce souvenir de cette chose que vous avez mal faite, et qui tourne sans arrêt dans votre tête pour vous rappeler à quel point vous avez été stupide trois secondes dans votre vie, si vous voyez ce que je veux dire. »

Diagnostic ?
Soit il n’y a rien d’inquiétant, soit ils ont trois fous à lier dans Pelagia, dont un diplômé de médecine.

« Pour résumer… malheureusement, à part cette exécrable expérience, je n’en sais pas beaucoup plus que vous. »



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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   28.07.16 20:23 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Joshua était donc passé voir Raleigh. Clio dépose une main sur son cœur, clôt les yeux un instant et soupire. Elle remercie Trab’Es en silence d’avoir décidé son ami à venir. Elle aurait voulu poser la question à Raleigh, juste pour savoir si Joshua avait écouté ses conseils. Apparemment, il l’avait fait et ça la soulageait. Apparemment, la vision qu’avait eu Raleigh n’était pas réjouissante et Clio comprenait, la sienne ne l’étant pas au départ. La fin s’achevait bien mais le début… Au début, elle avait ressenti une grande détresse, une tristesse sans fin. C’était comme si son cœur se déchirait dans sa poitrine, comme si elle saignait, de l’intérieur, comme de l’extérieur. Elle se souvient avoir retenu ses larmes, avoir avalé malgré cette boule de tristesse qui lui serrait la gorge. Mais après… Après, c’était tout autre chose.

« Je ne voyais pas de dos. Je… Je voyais dedans. Si j’avais porté les mains à mon visage, je n’aurais vu que mes mains et mes avant-bras tandis qu’un spectateur extérieur aurait vu mes épaules, mes coudes… Non. Non, je… La vision, c’était moi. Sans voir de dos. C’était moi mais j’étais… Différente. Très différente. » Elle offre un sourire nerveux au médecin. « Pour tout vous dire, je ne pense pas avoir été une femme, dans cette vision… Même si je ne suis pas allée vérifier. Mais tout semblait indiquer un sexe masculin. Des mains, douces et lisses mais à la musculature plus forte. Des cheveux plus courts – encore plus courts – mais je sentais des boucles contre ma nuque et mes oreilles. Je n’ai pas bien pris le temps de me contempler. Je… »

Clio remue sur sa chaise, un peu mal à l’aise. Elle sait qu’elle peut tout dire et, même après s’être légèrement moquée de la promesse de confidentialité en début de visite, elle sait que rien ne sortira d’ici. Qu’il soit médecin, ou qu’il ne le soit pas. Elle mordille sa lèvre inférieure, repousse une énième fois une boucle rousse derrière son oreille.

« J’étais bien trop occupée par ce qu’il se passait à l’intérieur. A l’intérieur, c’était… Je n’étais que chaos. C’était comme avoir envie de hurler, de griffer, de mordre, de détruire, de tuer, de répandre le feu et le sang sur la terre, comme avoir envie de faire souffrir les autres pour les faire payer – pour les faire tous payer. Et… Et… Et je regardais cette jeune fille, allongée et immobile dans l’herbe – il y avait de l’herbe, je n’étais même pas sous l’eau car je venais moi-même du Ciel – et c’est comme si tout se déchirait en même. » Elle soupire, tord ses lèvres. « Je pensais déjà avoir ressenti ça, après avoir découvert les infidélités de mon fiancé mais… Mais non, même pas. C’était… C’était pire encore. Dans mon cœur, il y avait comme un gouffre. »




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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   28.07.16 22:10 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Raleigh continue de réfléchir, en écoutant Clio parler, détailler petit à petit la vision qu’elle a eue. Ou tout du moins la manière dont elle s’est présentée, car pour ce qui est des détails et de l’éventuelle histoire affichée par la susdite vision, il n’en sait encore rien. Etait-il le seul à avoir revécu la scène comme un souvenir ? Ou était-ce simplement le fait de souvenir de la vision qui créait cette espèce de distorsion tout ce qu’il y a de plus normale ? Il n’en sait rien. Il sait juste qu’il y a quelque chose, quelque part, qui biaise son point de vue, littéral, sur ce qu’il avait vu. Ou même revu.
C’est ça, le détail le plus gênant. La scène lui avait tout de suite donné l’impression d’être revue. Comme s’il l’avait déjà tournée plusieurs fois dans sa tête.
Et il y avait celle de Joshua.
Et il y a ce que dit Clio. L’histoire de gouffre, qu’il se représente très bien parce qu’il y a toujours cette marque, comme si quelqu’un s’était amusé à lui passer le cœur à l’emporte-pièce, depuis l’attentat du temple et la mort de son père. Avec le temps, il avait fini par s’habituer à le ressentir, parfois pour rien.

Raleigh pianote machinalement sur le bois du bureau, au moins aussi mal à l’aise que Clio. Qu’est-ce qu’il peut lui dire ? Il n’a aucune idée de pourquoi ils ont eu ces visions. Il n’a aucune idée de pourquoi, à chaque fois, le sujet de la vision semble être assez funèbre.
Plus il se repasse la scène, plus il repense au visage de Gabriel Quinn. Ça n’a rien d’agréable.

« Je regardais quelqu’un mourir, littéralement entre mes mains. »

Drôle d’entrée en matière, s’il en est.

« Je n’étais pas seul, en plus, dans cette… vision, ou quoi que ce puisse être d’autre. Il y avait d’autres personnes, autour de moi, et de cet homme que j’essayais de soigner tout en sachant que ça ne servait plus à rien parce qu’il baignait littéralement dans son propre sang. Mais j’essayais quand même. Avec les moyens du bord, des morceaux de chemises en guise de bandages. Et cet homme il… il n’arrêtait pas de parler. Comme s’il ne pouvait juste pas s’en empêcher. Il parlait, et il parlait. Et c’était presque comme si je pouvais sentir l’odeur du sang, je savais que j’en avais sur la quasi-totalité de mes vêtements, je le sentais jusque sur mes coudes, et… Et je continuais d’essayer, au milieu du bruit. Il y avait quelqu’un en train de pleurer. Quelqu’un que je connaissais bien, ça, j’en étais sûr. Son visage m’était plus que familier. Je le connaissais suffisamment bien pour dresser son portrait, psychologique, et parfois me poser des questions sur… son cas. »

Peut-être que c’est le souvenir de Gabriel qui biaise tout. Peut-être que c’est lui qui rend la scène aussi vivace à chaque fois qu’il la rejoue dans sa tête.

« Je savais que cet homme allait mourir. Je m’y étais résigné dès l’instant où j’avais commencé à essayer de le sauver. Et… j’ai l’impression que c’est ça, le pire, dans toute cette histoire, c’est que je savais que ça ne servait à rien d’essayer de le sauver. Pourtant j’ai continué. Même quand il a perdu connaissance. Je me revois encore mettre ma montre à gousset à côté de son nez pour vérifier s’il respirait toujours. J’ai essayé de rassurer les gens qui étaient autour de moi, de leur laisser un espoir alors que ça ne servait à rien. »

Raleigh finit par soupirer.

« Et ça ne fait qu’une chose, c’est me rappeler le temple. L’attentat. Cet adolescent que j’ai essayé de sauver, exactement de la même façon, en sachant que ça n’allait servir à rien sans secours dignes de ce nom qui arriveraient sous peu. Et je savais que j’allais avoir l’impression qu’on m’avait passé le cœur à l’emporte-pièce, et je savais que je ne réagirais pas, parce que j’y étais déjà habitué. »

Il avait regardé un homme mourir, dans ses propres rêves.
Et il l’avait regardé dans les yeux.



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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   29.07.16 22:59 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio avait raconté ce qu’elle avait ressenti et non ce qu’elle avait vu. Elle avait vu cette femme. Si belle, si douce. Une beauté immatérielle, presque surréaliste. Une beauté divine. Et elle était là, pâle, les lèvres bleuies. Allongée dans une herbe si verte. Elle n’avait pas vu sa poitrine bouger. Ce n’était pas comme si elle dormait. Du moins, comme si elle dormait réellement. La mort planait autour de cette personne que Clio ne reconnaissait pas mais que l’Autre, celui dans à travers lequel elle voyait, la connaissait. Et à en croire la douleur qu’elle avait ressenti dans son cœur, dans son être, cette personne lui était proche.

Elle écoute Raleigh. Lui aussi avait vécu une apparence intense. Il avait assisté de près la mort de quelqu’un. Clio ne peut que compatir, elle ne savait pas ce que ça faisait de tenir un cadavre. Elle avait bien tenu sa mère quand celle-ci planait entre la vie et la mort. Quand Vivian était trop droguée que pour faire quoi que ce soit. Quand Vivian agonisait dans la douceur de l’Essence. Mais de cadavre, jamais. Clio n’avait côtoyé aucun mort. Et jamais elle ne souhaiterait en côtoyer. Alors, elle écoute le récit de Raleigh, le récit de cette mort, du sang. Clio n’a pas envie de vomir. Elle est juste… Peinée, pour lui. Plus qu’elle ne l’est pour sa propre histoire. Puis, il y a l’expérience personnelle qui déboule sur le tapis. Clio pince les lèvres dans une moue compatissante et peinée. Elle tend la main, la dépose sur celle de Raleigh qu’elle presse entre ses doigts.

« Je suis désolée. »

Elle lui offre un piteux sourire, presse un peu plus fort sa main avant d’ôter la sienne. Elle ne sait pas quoi dire. Clio n’était pas au Temple. Vivian n’était pas au Temple et si Adam y avait été, sans doute Clio n’en aurait-elle rien eu à faire. Clio n’avait perdu personne ce jour-là mais elle aurait pu se perdre, elle. Elle avait prévu d’assister à l’inauguration de la sculpture en l’honneur des dieux qu’elle vénérait. Elle n’avait pas pu y aller, Geoff l’avait coincée au boulot. Elle avait pourtant essayé de parlementer, Geoff n’avait rien voulu entendre. Il avait menacé de la renvoyer et Clio n’avait pas les moyens de trouver un nouvel emploi.

« Donc… Nous en sommes tous au même stade ? Nous sommes complètement perdus, tous ? Est-ce que vous pensez que… Que nous sommes les seuls ? Je n’ai demandé à personne dans mon entourage. Il n’y a eu que Joshua… Et vous. Je ne sais pas pourquoi, j’ai tout de suite pensé à vous. Cela me semblait… Normal. Je pense que c’est parce que vous êtes médecin. »




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Dernière édition par Clio Chatterton le 04.08.16 18:22, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   31.07.16 16:31 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Raleigh rend son sourire à Clio, sans rien ajouter. L’expérience n’avait pas été agréable, mais ça ne lui servirait à rien de rester bloqué dessus. Il a encore une foule de choses à faire, auxquelles pensées, et depuis que la journée a commencé, il n’a pas éprouvé d’autres visions de ce genre. Ce n’était sans doute que passager, sans compter qu’il n’était pas un cas isolé. Quelque chose dans l’air de la cité ? Si c’est le recycleur, c’est à Aronde de régler le problème, mais c’est fort peu probable. Pourquoi chaque cas est si éloigné d’un autre ? Pourquoi tout a l’air d’appartenir à un bout de passé personnel ? Là, ce sont des questions qui dépassent de loin son entendement.
Il ne chasse pas la main de Clio de la sienne. C’est un contact agréable, le genre qu’il aurait aimé avoir quand la nouvelle de la mort de son père s’était vaguement répandue entre ses connaissances et ce qu’il reste de sa famille.

Il soupire un peu, hausse légèrement les épaules et s’autorise de s’affaler légèrement contre le dossier du fauteuil du bureau, rompant de fait le contact avec Clio.

« Malheureusement, je ne suis pas ce genre de médecin… »

Pelagia et ses travers, encore et toujours. Il ne la laissera certainement pas s’en tirer à si bon compte avec toute cette histoire et le manque flagrant de logique dont la cité fait preuve en n’admettant l’existence que d’un côté de l’esprit humain, le côté sain, tout en sachant qu’elle hébergeait quelques personnes qui ne méritaient pas le surnom d’équilibrées.
Il a de nouveau un sourire, à moitié désabusé, plus peiné qu’autre chose. Il ne sait pas. Il a beau avoir expérimenté lui-même la chose, il ne sait pas. La seule constante est peut-être que rien de ce qu’ils ont vu, tous les trois, n’avait l’air d’être réjouissant.

« Honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser. Pour ainsi dire, nous sommes des cas isolés. Il n’y a qu’une seule constante, c’est le « sujet » des visions. Ca ne vient certainement pas de l’air, autrement, il y aurait plus de gens touchés, et les symptômes persisteraient jusqu’à ce que le problème soit réglé. D’autant plus que nos visions ont été assez éloignées de celle de Joshua en termes de temps. Je ne sais pas si nous sommes les seuls, je n’ai entendu personne d’autre parler de quoi que ce soit de similaire. »

Ceci dit, être des cas perdus est un qualificatif un peu fort.

« Mais au milieu de tout ça, il y a quand même une bonne nouvelle. Nous sommes capables de réfléchir, aussi bien sur ce qui nous est arrivé que sur d’autres choses, nous pouvons nous en souvenir, nous sommes toujours capables de tenir des discours cohérents, construits et logiques, et notre perception n’est pas altérée. Enfin, sauf si vous voyez actuellement des petites méduses au plafond, auquel cas il faudra peut-être revoir le reste… »

Raleigh sourit légèrement. Non. Il n’y a pas de petites méduses au plafond. Mais ni lui, ni Clio, ni Joshua n’ont souffert d’hallucinations, ou en tout cas, si la vision en est une, elle n’a été que passagère. Idiopathique, même, s’il veut rester dans le dictionnaire du médical. Il ne sait pas ce qui l’a provoquée. Mais elle est passée, et ce n’était pas l’instant préféré de sa vie.

« Donc, pour autant que nous le sachions, nous correspondons toujours aux critères de sanité d’esprit de la ville, ce qui pourra toujours nous servir pour plus tard. »

Comme pour créer un asile de fous. Autant avoir toute sa tête pour se lancer dans une entreprise de cet acabit.

« Le plus simples que nous ayons à faire est de ne pas nous inquiéter et de reprendre nos vies en essayant de ne pas trop y penser. Tant qu’il n’y a pas récidive ou d’autres symptômes, il n’y a pas de raisons de se pencher sur la question, d’autant que cette cité manque cruellement de bases en la matière. »



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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125   04.08.16 18:23 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Ils étaient donc aussi paumés l’un que l’autre, séparés par le large bureau. Paumés, sans la moindre piste et hantés par le souvenir de leur propre vision funèbre. Autrement dit, ils n’étaient pas dans la merde. L’un comme l’autre ne savaient si d’autres personnes – autres que Joshua et eux – avaient été touchés. Clio n’avait pas pensé à demander à son entourage et personne ne semblait l’avoir évoqué à l’Opale. Ils ne savaient même pas si ça venait de l’air, de l’eau, de la nourriture, des vapeurs dispensés par Aronde, par Corb – que sais-je, encore ? Raleigh avait émis la suggestion de ne plus y penser à partir du moment où de nouveaux symptômes ne faisaient pas apparition. S’il devait y avoir de nouveaux symptômes, quels seraient-ils ? Aurait-elle des boutons, de la fièvre ou encore des maux de ventre ? Devait-elle craindre quelque chose en particulier ? Clio ne demande rien. De toute manière, médecin ou non, Raleigh n’est pas plus avancé qu’elle sur cette affaire.

« Bon. Dans ce cas, je suppose que cela ne sert à rien que je reste. D’autres personnes ont davantage besoin de vous. »

Clio ouvre le sac à main qu’elle gardait sur ses genoux et ses mains partent à la recherche d’un morceau de papier. Elle en trouve un, chiffonné, vestige d’un emballage de chewing-gum. Elle déplie la chose, la lisse entre des doigts, avant de la déposer sur le bureau.

« Permettez… » Clio s’empare d’un crayon gris disposé dans un po rempli de stylos et de crayons. Elle griffonne quelques chiffres, essayant d’être la plus claire possible. Clio avait toujours eu une belle écriture. Enfin, elle glisse le papier en direction de Raleigh.

« Mon numéro. Au cas où vous auriez envie d’en reparler à quelqu’un. A moins que vous n’ayez envie de discuter d’autres choses, c’est comme vous le sentez. Mais n’y voyez surtout pas une obligation quelconque. » Elle se lève, referme son sac et lisse quelques plis sur sa jupe avant de tendre la main à Raleigh, en souriant. « Bon, eh bien… Au revoir, Raleigh. »




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MessageSujet: Re: try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125    par Contenu sponsoriséCiter Editer Supprimer 

 
try to catch the deluge in a paper cup ▬ Raleigh / Septembre 125
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