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Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]
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 Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]



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MessageSujet: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   22.01.16 18:04 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 


Début Mai 125
Certaines décisions étaient difficiles à prendre. Cornéliennes, même s'il fallait les qualifier. Teddy faisait face à un choix qui s'y apparentait, vraisemblablement. Choisir entre la mort et la trahison n'avait, à-priori rien de sorcier, car après-tout que valait la loyauté et les jolis principes face à la survie primaire. L'épuisement brillait cependant dans ses yeux rougis et sa peau émaciée semblait plus pâle qu'à l'ordinaire. Sans doute que le manque, de sommeil et de nourriture, avait motivé sa décision.

Tadeusz s'arrêta un instant devant les vitrines reluisantes d'une épicerie pour regarder son visage et ses cheveux. Exténué, il porta difficilement une main contre ses pommettes pour en essuyer du plat de la main les tâches de cirage qui traînaient encore çà et là sur ses joues, constellations crasseuses sur une peau aux accents ivoire. Quand il frotte les étoiles, elles éclatent et s'étalent de l'arête de son nez jusqu'aux confins de sa bouche et ses recoins les plus solaires.

- Un désastre. C'est un désastre, s’énerva-t-il, les yeux plissés dans une colère humide. Ce genre de colère qui menace de tout faire éclater en larme de poussière sur le sol. Ses doigts s'agitent, le mouvement est imprécis et tremblant, car ils ont tenu toute la journée durant une brosse à cirer des chaussures de dame et d'hommes pressaient qui, pour le remercier lui jetaient morgue et piécettes au visage. Quelque chose de trop maigre et de trop insultant pour pouvoir en tirer ne serait-ce qu'un sourire et du pain. Fortune et bonheur ne font certes pas bon ménage avec la mendicité.

Le visage rouge ; de colère, bouffis par sa fierté et des larmes de dignité que l'on ravale quand on est un grand bonhomme comme lui ; mais rouge aussi d'avoir frotté la cire, il se força à prendre une inspiration et reprendre la route à défaut de pouvoir reprendre bonne contenance. Le propriétaire de l'épicerie ne semblait pas très content de voir un petit jeune traîner sa devanture. Peut-être craignait-il que sa pauvreté n'amène d'autres pouilleux et qu'ensemble, ils ne se décident à investir la boutique pour détrousser ses clients et s'enfuir avec le tiroir-caisse. Comme si la pauvreté pouvait se lire sur les coutures et les patchworks de ses vêtements rapiécés et son pantalon élimé. Et dire qu'il avait tenu à être présentable. À croire qu'il y avait tout un monde entre les résidents du niveau un et celui du niveau trois. Et pourtant, pensa-t-il, nous ne sommes pas si différents.

Droit et le menton fier, il remontait la ruelle, les poings serrés et le menton droit. Ses cheveux longs et ondulés à cause des nattes de la veille, retenus dans une queue-de-cheval haute, marquait par son balancement le caractère décidé et fier de sa démarche. S'il voulait bien une chose, c'est que quiconque l'apercevant dans la ruelle ne le prenne pas en pitié. Car s'il y a bien une chose qu'il détestait, c'était la pitié hypocrite des mieux lotis et des plus riches de la société. Il préférait ceux qui avaient hontes et qui se refusaient de le regarder droit dans les yeux. Ceux-là ont l'honnêteté de se montrer contrarié par sa présence et la contrariété est préférable au sentiment misérable qui l'assaille quand une âme chagrine ne lui tende la main pour lui offrir l'aumône.

Subrepticement, il s'approchait de sa destination. Aussi ralentit-il le pas, car ce n'était pas l'envie qui le motivait, mais la nécessité. Il ne savait pas ce qu'il n'espérait pas trouver - car c'est de cela qu'il s'agissait - dans cet endroit. Le dénommé Seisyll faisait-il vraiment semblant de gérer l'endroit ou feignait-il de n'être qu'un de ces soiffards habituels qui hantent se genre d'endroit ? Il ne possédait que pour lui son imagination fertile, car il n'avait pas expérimenté le goût âcre de l'alcool et seul l'ombre d'un père ivre de chagrin ne faisait écho à son jeune esprit.

Plus qu'à quelques enjambées faiblardes de l'établissement, Teddy se demanda alors si l'endroit était gardé par un molosse qui rejetait les avortons dans son genre qui n'ont du reste, même pas les poils sous le menton et la stature pour prétendre de manière crédible être adulte. Si tel était le cas, comment devait-il s'annoncer ? Prétendre, vouloir, rencontrer le patron ne devait pas suffire. Il prit la peine de réfléchir un instant et s'arrêta juste en dessous de l'enseigne du bar. Il farfouilla méthodiquement dans sa sacoche pour y trouver un morceau de papier griffonné par Abraham dans l'espoir de trouver une quelconque recommandation cachée derrière ou entre les lignes. Mais seule l'adresse, écrite de manière fort élégante, s'étirait sur le papier blanc, soigneusement plissé. Tadeusz fit claquer le bout de sa langue contre son palais et retint un soupir. Il ne lui restait plus qu'à espérer que le nom de son ami suffirait à le laisser passer.

Teddy jeta un dernier regard en arrière et se lança finalement, après quelques secondes à peser le pour et le contre. La faim l'emporta et il s'avança vers la porte du bar qu'il poussa. Maintenant, il ne pouvait plus retourner en arrière. Il lui faudrait alors peut-être travailler directement pour l'homme qui aura imprimé son poing contre sa pommette. Ou plus sûrement pour l'homme qui avait commandité cette déculottée et qui, par la même occasion, mis le blondinet au chômage. Sans se soucier alors des conséquences de cette cessation brutale d'activité. Car des coups et des remontrances, il en avait reçu d'anciens clients et junkies qui avaient retrouvé sa trace. Comme s'il y pouvait quelque chose. Son regard azur se promena un instant sur la salle et les clients, Juve en soit remercié l'homme de main n'était pas les parages. Ni aucun vigile ou quoi que ce soit qui y ressemble pour lui demander ce qu'il pouvait bien faire là.

Penaud, il ne savait pas trop quoi faire. S'accouder au bar et commander de l'eau plate - en espérant qu'elle soit gratuite tout en lorgnant sur les cacahuètes ? Aller faire le tour des tables pour demander si quelqu'un avait vu ce Seisyll? Ou laisser traîner ses oreilles pour en savoir plus ? La dernière solution lui semblait la plus sérieuse, aussi s'installa-t-il à une table, côté banquette, les mains contre le rebord et les yeux rivés sur les quelques clients. Attendre. C'était ce qu'il lui semblait le plus sage.

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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   17.06.16 1:47 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Nuage de tabac qui virevolte en volute au-dessus de sa bouche. Il y a eu la rechute. Puis il y a eu ses deux appuis pour le secouer un peu et le remettre dans place, tout poids mort qu’il est, avec sa jambe qui n’est pas plus utile pour marcher qu’un archet pour jouer du piano, il reste visiblement utile quand il faut représenter plus que présenter .Sans compter du passage à l’hôtel des Parias où il a constaté que non, Wanda n’avait pas changé, que oui, il ne pouvait toujours pas la sacquer , que oui (bis) , les mois à venir à La Compagnie allait être particulièrement compliqué , que oui (ter), il était « en grève » , gros mots dans l’univers Pélagien, parce que quand tu es « en grève » tu ne bosses pas . C’était un résumé assez concis de la situation. Décidément, cette année 125 avait commencé de manière assez active, si on parlait aussi du Moineau Rouge qu’il avait fallu décourager de rentrer dans le petit business des faux papiers (Seis se souviendrait d’ailleurs toujours de la tête de Light quand il lui avait annoncé que oui, il n’était plus réduit à faire le serveur mais qu’il allait pouvoir enfin tabasser quelqu’un avec son aval). Même sous l’égide de la Compagnie, même avaler par cette dernière, et parce qu’il se retrouve assis entre deux chaises et que de par son état de boiteux, la chose est d’autant plus inconfortable. Il n’est pas encore l’heure pour lui et ses deux fidèles de faire des étincelles. Trop tôt, pas encore prêt. Besoin de voir venir .Il suffit d’attendre tapis dans l’ombre pour espérer voir la situation changer et s’améliorer ou alors descendre dans les abysses, au plus noir des heures sombres de Pelagia.
 
 
Alors Seisyll était redevenu Seis, encore. Seis le tenancier de bar qui n’aime pas se tenir derrière le zinc. Seis le seul patron qui préfère faire la vaisselle des verres lui-même parce que maniaque qu’il est, ça ne serait pas assez bien fait par autrui. C’est ce qu’il fait d’ailleurs en ce moment, perché sur sa chaise de bar, devant l’évier du zinc alors qu’une employée, étrangère à Aldebaran, à la Compagnie et à tous ses méfaits, sert et discute avec les rares clients de cette fin d’après-midi. Ils arriveront plus tard, les poulpes de nuit, les poissons lamproie, prêt à s’enfoncer dans les faux abysses des quartiers chaud pour trouver la compagnie d’un soir. Un arrêt dans un mouvement, comme figé à la manière d’une statue de marbre. Tu l’appelais la « fête perpétuelle » cet univers de nuit. Cet univers qu’il t’arrivait d’aquareller, blottit presqu’invisible dans un coin, les scènes qui passaient et se déroulaient à la manière d’un ruban de taffetas d’arlequin devant tes yeux clairs. Alors à la fin du défilé, quand le quartier des fêtes s’endormait enfin, dans la courte accalmie entre la fin des travailleurs de nuits et le début des travailleurs matinaux, il fallait venir te chercher, te blottir ensommeillé toi et ton carnet de croquis, ton sac et ta palette d’aquarelle pour te ramener à l’atelier. Ça aurait pu durer comme ça cinq, dix, quinze, vingt, cent ans que jamais, au grand jamais Seisyll ne serait permis de se lasser de ça. Comment aurait-il pu de toute façon. Eclair de tristesse au fond de son regard bleu outre-mer. Jamais de larmes, elles sont interdites par son éducation, appartiennent au faible. Lui n’a pas le droit aux épanchements de sentiments. Retour au monde réel et à ses verres qu’il essuie consciencieusement pour les faire briller, lustrant leurs bords.
 
 
Combien de temps son esprit s’est-il envolé ? Cinq minutes ? Dix minutes ? Qu’y-a-t-il de changer depuis ce temps. Rien. Quasiment rien. Il y a toujours les mêmes poivrots. Ici les seuls excès permis sont ceux de l’alcool. Un trop plein d’Essence vous invite à prendre la porte et la poudre d’escampette. Il y a toujours ce même type un peu lourd qui drague la serveuse. Elle ne semble pas demander son aide cependant. Elle est nouvelle, peut-être qu’elle ne sait pas qu’il suffit d’un signe de sa part et le gros lourd dégage. Peut-être veux-t-elle faire ses preuves. Ou peut-être est-ce agréable à ses yeux et qu’elle trouve le type mignon et agréable. Si, une chose a changée. La tête blonde d’enfant un peu perdue, assise sur un coin de banquette. Seis fronce les sourcils et glisse de sa chaise, récupérant sa canne. Il écrase sa cigarette au fond d’un cendrier avant de boitiller jusqu’à l’être frêle, fronçant les sourcils.
 
 
«« On sert pas d’alcool aux gosses ici.  Suis-moi. »


 
Parce qu’il a bien compris que ce n’est pas un simple gosse mais probablement un gosse des rues un peu perdu. C’est connu, le patron de l’Opale propose des jobs d’une journée aux gamins contre rétribution en nature, à comprendre un repas chaud. Il fait passer le gosse à la chevelure d’or dans la cuisine sans utilisation, cherchant l’assiette que lui a préparé Nine, assiette à laquelle il n’a presque pas toucher, assiette qu’il met donc sous le nez de l’enfant à qui il ne donne pas plus de treize ans. Il lui pose un verre d’eau devant lui ainsi qu’une fourchette puis tire deux chaises, une pour son hôte et une pour lui, attendant qu’il attaque la chose avant de lui parler. C’est qu’il doit faire envie à quelqu’un avec un appétit normal, ce pavé de saumon  avec sa sauce blanche à l’aneth, sa julienne de légumes et sa grosse portion de riz. Personne n’a expliqué à Nine que mettre beaucoup dans une assiette quand on est face à quelqu’un qui ne mange plus, c’est une très mauvaise idée, ça le dégoute plus qu’autre chose d’ailleurs. Preuve étant, Seis ne s’est gardé que les bâtonnets de carottes qu’il trempe allégrement dans un pot de sauce, assit sur sa chaise, son verre de cherry posé devant lui, dégageant sa bonne odeur de cerise.
 
 
« J’ai pas de boulot aujourd’hui. Demain, si tu te pointe à 16h, j’en aurais probablement. Je rétribue en repas chaud, pas d’argent. C’est pour moi. Comme ça je sais où ira l’argent théorique que tu gagnes en travaillant pour moi. C’est comme ça. A prendre ou à laisser. Comment tu t’appelles et qui t’envoie. Juste pour savoir.»

 
 
Ses carottes terminées, il s’allume une nouvelle cigarette, le fixant de son regard froid, le détaillant peu à peu.

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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   25.06.16 0:35 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Tadeusz restait épinglé. Les oreilles grandes ouvertes, attendant que la rumeur après laquelle il courait vienne s'y nicher sagement. Au lieu de cela, ce sont des rires grossiers et autres éclats joyeux de vies qui lui sont inconnus qui lui parviennent. Un instant il est tenté de faire semblant. De jouer les habitués. De devenir une ombre, un élément de décor si bien assorti que personne, non personne, ne viendrait lui tirer les oreilles où lui reprocher sa récente cessation d'activité. Le bouter hors de là, lui reprocher de ne pas y être à sa place.

Ses doigts s'envolent, un court instant, papillons délicats, pour palper sa peau aux accents trop bleus pour être honnête. Trop blanche pour donner de lui l'image d'un garçon soigné et soigneux, plein de vie et en bonne santé. Et la faim, la faim, elle est là, elle dévore sa peau, affamée et béante. Ses joues sont un peu plus creuses qu'à l'accoutumé et la cire sur ses joues n'arrange rien. Et il y a toujours la faim. Elle ne lui laisse aucun répit depuis un mois maintenant. Au début il a cru qu'elle l'attendait à chaque recoin sombre des ruelles, chaque intersection, mais là, depuis qu'il n'a plus de quoi s'acheter sa pitance quotidienne. Il sait.

Elle est là, quelque part, c'est dans sa peau, dans son estomac. Un truc béant et furieux, lancinant et dévastateur. C'est dans sa chair. Un parasite qui le dévore de l'intérieur.

Il se mord la lèvre. Ferme les yeux. Il inspire et expire tout le délire et la digression, celle avec qui il passe le plus de temps ces temps-ci, mais c'est ainsi. Il n'a pas faim. Non. C'est là tout ce qu'il peut jeter en pâture aux requins qui sillonnent ses entrailles. Il se saigne à blanc avec ses phrases d'auto-persuasions toutes faites. Parfaite. Parfaitement factices. Un dîner de dupe presque satisfaisant. Presque étant le mot important.

Quand il les rouvre, il se souvient de la raison de sa venue ici. Il essaie de retrouver la rumeur, de se raccrocher. Mais quelques chose, ou quelqu'un se traîne devant lui. Deux pas, trois, peut-être. Claudiquant. Une canne ou quelque chose qui y ressemble? Mais le temps qu'il comprenne, Monsieur Troisjambes se tient devant lui. Correction immédiate, deux jambes et demie. Plus une voix à faire trembler les fondations d'une vieille bicoque du niveau trois. Hébété, pris de court, sa fierté habituelle et la résistante pugnacité dont il peut faire preuve s'évade de sa bouche et forme un :

 « Oh ! H- Non ! » Trop confus pour être convainquant, si bien qu'on le traîne sans ménagement dans des cuisines. Qui sait s'il ne s'y trouve pas quelqu'un pour l'y cogner. À son tour. Cette pensée lui arrache un sourire là, mais pas résigné. Au moins, il pourrait peut-être essayé de piquer deux trois morceaux d'un rien de restes comestibles.


Pourtant une fois arrivé dans la cuisine, Monsieur Deux et demie l'abandonne un instant. Tadeusz fixe, à la fois curieux, à la fois nerveux les alentours. Et il ne voit rien. Rien ni personne. Il sent pourtant. Son nez se fronce et presque dans l'immédiat son estomac se rappelle à lui, secouant son entrailles de violentes crampes. Cruelles et limpides sont ses intentions. Il croit qu'il va manger devant lui. Qu'il va l'inviter à s’asseoir à côté de lui. L'obligeant à le regarder manger. Lui coupant à tout jamais l'envie de circuler dans le coin. C'est sans doute ce qu'il a en tête, ce cher monsieur.

Parce que, comment il pourrait en être autrement ? Après tout, la méfiance arrive avant la confiance et la cupidité avant la générosité.

 « Vous voulez que je vous regarde manger, monsieur? » Aurait-il voulu dire, la première fois, mais sa bouche s'est asséchée comme ses yeux quand ils se sont posés sur le rebord de l'assiette. Qu'ils ont refusé de voir. Pour ne pas imaginer le goût. Non. La dignité semble avoir quitté ses menottes qui tremblent de ne pouvoir se jeter immédiatement sur l'assiette. Alors il n'a rien pu dire. Rien. Pourtant, la dignité de Teddy le retient et le soutient.

Il avance alors, sans trop trébucher sur la nourriture, ou alors, discrètement. Il se hisse sur le siège et s'installe. Il attend que Monsieur Deux et demie commence à parler. Il ne fixe absolument pas chacune des carottes qu'il s'enfile indélicat. Ni le verre à l'odeur sucrée. Il ne fixe rien de tout ça, pas plus qu'il ne déglutit de faim. Et son estomac, son estomac se tient à carreau, non il ne gronde pas. Non il n'a pas faim. Non il n'est pas arrivé à la limite de la limite. Cette limite entre la pauvre folie qui s'empare des plus démunis quand on leur donne du pain et qu'on leur retire, tout de suite après. Non, absolument pas. Vraiment pas. Jamais. Jamais. Mais le mensonge ne lui a jamais sied et il n'a jamais su feindre de manière convaincante.

Maintenant que son interlocuteur à fini il attrape la fourchette. Incertain. Pas pour manger. Pas pour ça, alors que ce serait si facile. Si facile. Il déglutit encore et demande ou plutôt, redemande :

  « Vous voulez que je vous regarder manger, Monsieur ? » Il prépare sa fourchette. Hésite un instant. Il pourrait très bien planter la main inconsciente qui vole de son assiette à la bouche de l'inconnu. Ou alors.

 « Parce que je n'ai pas l'intention de vous regarder faire.

Et sans plus tarder il se met à attaquer les carottes, parce qu'au moins, il a la conviction qu'elles ne sont pas empoisonnées. Déterminé à attendre qu'il touche à tout, pour être certain qu'il ne risque rien. La question qu'il lui a adressé quelques instant plus tôt lui revient en mémoire, mais c'est compliqué de répondre, tout de suite, parce qu'il se retient d'exulter de joie à chaque fourchette. Il farfouille dans sa poche. Les indications d'Ab' s'y trouvaient et sans elles, il ne serait jamais parvenu jusqu'ici.

« Il faut que je vois un certain Seis. La personne qui m'a dit de venir ici m'a dit de ne m'adresser qu'à lui.»

Il se doutait qu'il avait en face de lui le patron. Mais après tout, il ne l'avait jamais réellement vu. Jamais. Alors il pouvait prétendre tout et n'importe quoi. Tadeusz en était conscient, mais il ne voulait pas mettre Abraham dans l'embarras en s'adressant à la mauvaise personne.

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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   14.07.16 2:13 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Seisyll fronce les sourcils en examinant ce gamin trop frêle, presque diaphane. Sa voix l’a fait trembler, lui qui ne croyait plus faire peur à personne. Quoi que. Nine fronce toujours les sourcils quand il cri et Cal fait des écarts dès que sa canne décolle trop haut du sol, trop haut pour être utilisée dans sa fonction première, celle d’appui. Quoi qu’il en soit, le gamin et lui sont maintenant dans la cuisine en face de l’assiette débordante de victuaille. Le boiteux écarte maintenant les yeux. S’il doit le regarder manger ? Mais non. Mais non triple idiot, immense crétin. C’est pour toi. Il connait des gamins des rues qui se seraient fait bien moins de cas de conscience en fixant l’assiette. Et puis de toute façon, lui ne mange plus ou juste suffisamment pour ne pas mourir d’inanition. Cela fait un sacré bail qu’il n’a plus eu faim, vraiment faim, cette envie devant un bon gâteau, une bonne pâtisserie. La salive réelle ou imaginaire devant un bon plat de poisson en sauce. Plus besoin. Plus envie. Tout est fade. Surtout la nourriture. Et ce n’est pas faute que les deux autres amènent à tour de rôle de beignet de poulpe à l’ail, son ancien plat préféré. Non même ça, ça ne lui fait pas envie. Et c’est rarement lui qui mange les assiettes qu’Antonine s’échine à lui préparer en espérant qu’au moins une un jour trouve grâce à son gout ou à défaut à son estomac. Non décidément, la nourriture est un sujet de discussion compliqué mais celle-là, on ne lui avait jamais faite. Il est à la limité de se mettre la main sur le visage mais ça ne serait pas correct.

Mais voilà qu’il repose la question. Ne pas s’énerver. Ne surtout pas s’énerver, ça ne vaut pas le coup. Seisyll s’apprête à répondre , que non, parce que ce plat est pour lui uniquement , que si ce n’est pas lui qui le mange, ce sera Cal, Abraham , les rats ou les chats mais en tout cas pas lui, Seisyll et qu’il a intérêt d’avaler cette assiette illico presto avant de disparaitre dans le décor tellement il est fin. Non, vraiment, fantôme, c’est tout sauf une vocation. Mais finalement le gamin décide de manger de lui-même, même si « se bâfrer » serait le terme le plus exact. Seisyll soupire.


« Redresse-toi sur ton siège et mange doucement, tu vas avoir une indigestion et crois-moi, c’est une mort encore plus lente et douloureuse qu’un manque d’Essence pendant deux semaines. Moi vivant, personne ne te volera ta pitance et si c’est le cas, je crois qu’il y a encore au moins 5 assiettes de ce type dans la glacière et encore, je n’ai pas compté les desserts et les restes. »



Un gamin, encore un, comme s’il n’avait pas suffisamment à faire avec les trois autres, dans leur singularité toute personnelle. Il avait jusqu’à maintenant trois individualité à gérer, il se devait visiblement d’en gérer une quatrième. Enfin ça dépendait de qui l’envoyait. Visiblement c’est bien lui que le gamin cherche, en même temps, on est dans son bar. Mais impossible de savoir qui l’envoi, non, le gamin s’entête. Il ne parlera qu’à Seis.


« Et cette personne t’as dit de chercher un homme brun barbu, la quarantaine ou plus, avec une canne et qui boite ? Voyons, gamin, dans notre monde où l’on te propose une prothèse gratuite ou presque et fonctionnelle au moindre membre qui déraille, tu as vu beaucoup d’homme assez fou pour conserver leur jambe malade et se rendre moins efficace au travail ? Je suis Seis. Qui t’envoie ? Magnus ? Mes comptes sont à jour, mes impôts payés, mes employés déclarés. Cette timbrée de Nedjerets ? Ma position n’a toujours pas changé et je veille à ce que personne ne puisse lui proposer une alternative. Je ne vois pas qui d’autres possible. Des gamins des rues qui t’ont dit que je te nourrirais à l’œil peut être. Ni faut ni vrai. Qui alors ? »


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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   30.07.16 20:30 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Cela fait des années. Des mois. Des jours. Des heures, des minutes et des secondes. Du temps, trop de temps subit ou imaginé à ne rêver de que de plats, d'entrées, de desserts. De tout et de rien, même du pain, rien de moins qu'un quignon pour satisfaire un temps le gouffre dans son estomac. Il a tellement rêvé, tellement espéré, de pouvoir simplement s'asseoir à une table et manger, parler, les deux en même temps, se faire sermonner, boire et rire, avoir le sentiment que demain il ne mourra pas, ni même de faim, ni même dans le vacarme d'un ventre qui gargouille, mais que personne, personne ne daigne entendre.

Maintenant. Maintenant dans le silence opaque d'une cuisine, d'une conversation bien que plus professionnelle que personnelle, un morceau de carotte il se sentait revivre. Revivre était le mot, car parfois, l'esprit fatigué de lutter imagine aisément mille façon d'en finir avec une existence tumultueuse ballotté au cœur même de l'océan. Les prochaines inspirations sont moins douloureuses, même lorsqu'il l'observe et que lui-même ignore s'il peut lui faire confiance. Sans doute que non, ce n'est pas prudent de l'accorder si rapidement. Mais après tout, il aurait très bien pu le tuer au lieu de lui donner à manger.

Puisqu'il ne pouvait plus se permettre de douter. Il lui remplissait le ventre gentiment. Sans même lui demander son nom. Juste parce que ? Parce qu'un gamin traînant dans la grande salle serait un manque à gagner trop important pour ce patron ? Dans un haussement d'épaules il choisit de ne pas se demander si quelque chose se cachait sous cette apparente compassion, bonté... Ce genre de choses qui n'existent que dans les dictionnaires, bien enfouis dans une tonne de mots plus dangereux où les nuances les plus terribles sont exprimées, avec toute l'insensibilité d'un homme à qui on aurait arraché ses sentiments. Il suffit de lire la définition du verbe tué pour en être convaincu et effrayé.

Tadeusz lève un œil et se met droit quand il le lui demande, sur un temps qui n'appelait aucune résistance. Le nom du mal qu'il lui prédit ne lui dit rien et pour cause ! Il n'est jamais mort une fois d'avoir trop mangé ! Ou presque mort. Sauf cette fois, quand il a risqué sa vie pour un morceau de biscuit moisi qui lui avait torturé le ventre pendant la nuit. Trois-jambes jure qu'il sera le gardien du garde-manger et que personne n'essaiera de lui enlever le pain de la bouche. Cela soulage le blondinet qui se détend légèrement, l'image même le fait sourire.

Il délaisse le plat, après avoir craqué pour le saumon et les autres légumes, la fourchette encore tremblante, irréelle. Surtout quand il lui dit qu'il y a des desserts. Des desserts. Il n'est pas certain d'avoir bien entendu et il lui faut tourner la tête pour fixer l'endroit frais dans lequel on conserve généralement les aliments. Des desserts.

 « Il y a des desserts, monsieur ? » Il marque une pause et retrouve un point précis sur le visage de Trois-Jambes qu'il n'avait encore jamais osé regardé si longtemps. Ses yeux.  « Vous voulez dire qu'il y a des desserts pour moi aussi ? » Incroyable, mais vrai. C'est qu'il n'en avait pas mangé depuis… Oh depuis trois ans. Au minimum. Encore un peu il en oublierait presque où il est. Et la raison pour laquelle on l'a convié. Aussi il fait un effort pour ne plus laisser transparaître trop d'envie sur son visage. Sa faim quelque peu contentée, son attention n'était plus uniquement concentrée sur l'assiette et le mouvement de sa fourchette à sa bouche.

Trois-Jambes s'exprime, lui donnant l'impression de le gronder gentiment. C'est vrai qu'il n'a pas vu beaucoup de boiteux dans les rues, mais cette histoire de prothèse, on ne lui en avait jamais parlé. Alors c'est vrai, ils donnent des prothèses gratuitement aux gens ?

Certes, Abe lui avait dit qu'il le reconnaîtrait ce Seis. Forcément. Qu'il n'y en avait pas deux comme lui dans l'Opale et qu'il ne serait pas difficile à trouver. Et, c'est vrai qu'il l'avait trouvé rapidement. Ou du moins, ce Seis autoproclamé l'avait trouvé de lui-même. Quel intérêt, de toute façon avait-il à se faire passer pour un autre. Surtout devant un adolescent trop maigre pour même paraître menaçant. Enfouit sous une chemise quatre fois trop grandes et pleine de cire à chaussures. Évidemment que son histoire tenait la route. Il fronçait les sourcils et fixait l'homme avec circonspection. Lui donnait-il vraiment l'impression de travailler pour Magnus ? Quant à cette Nedjerets ? Il grimaça. Plutôt mourir que travailler pour une femme. Qui qu'elle puisse être. Pouvait-il considérer Abraham comme un gamin des rues ? Il secoua la tête, les sourcils froncés pour signaler l'intensité de sa réflexion. Avant de répondre, le plus justement possible :

 « Je ne connais pas cette femme, les gens de Magnus n'ont rien à faire des gens comme moi. Je crois que votre dernière proposition est la plus proche de la vérité… Mais il n'a pas dit que je pouvais manger à l’œil. Il a dit que vous pourriez me donner du travail. Que si je le faisais correctement et honnêtement je pourrai manger. Et peut-être même avoir de quoi payer ma chambre, chez ma logeuse. »

L'adolescent redresse la tête et jette à Trois-Jambes un regard méfiant.  «Il a dit que vous étiez quelqu'un de bien. » Il marque une pause encore, pour donner un peu plus de sens à sa démarche, parce qu'il ne sait pas lui-même ce qui l'a convaincu de venir tout de même alors qu'il ne les porte pas dans son cœur.

 « Je ne sais pas si vous êtes quelqu'un de bien et je m'en fiche un peu. Tout ce que je sais c'est que Abraham est quelqu'un de bien. Avec ses problèmes d'essences, de cœur, peu importe, il est l'un des seuls à lui avoir tendu la main jusqu'à présent.  « Et que je ne veux pas lui apporter des ennuis en m'adressant à n'importe qui. Je préférai être sûr qu'il s'agisse de vous. » La méfiance est une qualité pour ceux qui vivent avec moins que rien dans les poches et dans les placards.

 « Je ne suis pas quelqu'un de trop compliqué, je crois. Discret, ça oui. Et travailleur. J'ai jamais touché aux essences, j'ai vu trop de gens bien mourir juste après une seule goutte d'essence et tout perdre de ce qu'ils avaient d'humain, alors vous pouvez être sûr qu'on ne m'y prendra jamais avec cette saleté ! Je poserai pas de question, tant qu'on ne m'en pose pas trop. Je ne suis pas doué pour chercher les ennuis, mais même quand j'en trouve je sais rester silencieux et encaisser les coups. Par contre il ne faut pas trop compter sur moi pour en donner. Tadeusz se redresse, droit et affirme avec assurance. « Je pourrai reprendre le travail d'Abe' ! Ou même juste faire la vaisselle. Sans trop casser d'assiettes. » Il pique un autre morceau de saumon, jette un nouveau coup d’œil derrière lui pour dire :  « Surtout s'il y a des desserts. Je travaillerai même mieux s'il y a des desserts. Est-ce que vous êtes sûr que j'ai le droit d'en prendre un? »

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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   09.08.16 19:56 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Monsieur. S’il n’était pas si pince sans rire, il se serait fendu d’un sourire. Monsieur. Ca fait une éternité qu’on ne l’a pas appelé Monsieur. Patron à la limite. Sinon, il n’a pas de nom, pas de d’identité propre. Ça ne sert rien, une identité à part devenir plus repérable et vulnérable. Identifiable. Il ne compte pas être chef de quoi que ce soit, à part peut-être chef par défaut d’un groupuscule composé de deux malheureux membres, miettes engloutit et parqué dans un groupe plus grand qui a eu une tête couronné. Puis qui a été décapitée. L’histoire s’est répétée, encore. Du coup, maintenant, il est légitime de se demander qui gouverne le nautilus aux armes de La Compagnie dans l’histoire de Pelagia. En tout cas, le gamin a baissé la garde. Décidément, le niveau 3 est tout sauf protecteur de l’innocence des enfants. Si ce n’est pour l’irréalité des desserts. Seis lèvre les yeux au ciel, s’appuyant doucement sur sa canne pour boitiller jusqu’à la glacière. Il en sort divers boites en ferrailles, vérifie le contenue, en jette certains. Il n’a jamais été très desserts et sucre, ça, c’était plutôt le rayon du Chat Arsase. Ça n’empêche ni Cal ni Nine ni même certains des employés extérieurs au groupe de lui en rapporter régulièrement. Doit-il comprendre que cela commence VRAIMENT à se voir qu’il considère son alimentation comme subsidiaire ? Il arrive à isoler une boite de petits choux à la crème pâtissière saupoudrés de gros cristaux de sucres, une salade de fruits « exotiques », c’est ce que dit la conserve qu’il ouvre et un peu de crumble aux fruits rouges qu’il a du entamer sous les yeux maternelles de sa chère sous fifre , histoire de la rassurer. Il dépose le tout devant le gamin qui va réellement faire une indigestion sous peu si ça continue. Mort parce qu’il a trop mangé. C’est ironique. Surtout pour lui.


Il pique quand même un chou, histoire de dire que, affichant un rictus de dégout lorsqu’il sent la crème couler le long de sa gorge. Décidément, il préfère le tabac. Au moins il donne plus ou moins l’exemple. Le gamin s’explique. Pas de nedjeret folle ou autre personnes qui pourraient être sortie d’outre-tombe ou de souvenirs, si les morts ressuscitaient, ça se saurait et le temple rouge n’aurait jamais explosé, qu’on se le dise. Pas Magnus .Si tu savais gamin, Magnus est pire qu’un serpent. L’entreprise s’insinue dans les couches les plus basses de la société, parce qu’à avoir érigé un dieu « argent », tout s’achète, même des yeux. Mais soit, bénéfice du doute .Troisième solution, sans précision sur les repas. Toujours pas de nom cependant. Le boiteux lève un sourcil. Lui. Quelqu’un de bien. Il fouille dans son esprit qui aurait pu faire une description aussi élogieuse de sa personne. Le prénom tombe bientôt. Abraham. Seis a un arrêt, un de ses « bugs » qui lui sont coutumiers. Abraham. Qu’a-t-il bien pu dire, surtout dans les termes où ils se sont quittés, avec la révélation du secret … et tout le reste. Thad continue son laïus, le barbu lui fait un signe de la main que oui, il peut prendre du dessert s’il le souhaite, qui le mangerait de toute façon. Abraham est un recruteur pour la Compagnie, après tout, il sait qui il recrute et comment ne pas faire entrer le loup dans la bergerie. Il est aussi capable de s’attaquer frontalement à un membre du Conseil et d’avoir sa figure placardé sur un avis de recherche dans la ville sous-marine, affiche qu’il avait fallu décrocher et déchirer en vitesse jusqu’à ce que Darwin oublie cet elfe farceur du niveau 3. Faire ou ne pas faire confiance. En même temps, il a terriblement besoin d’un coursier fiable et ce gamin, en bon habitant du niveau 3 connait parfaitement les dédales de la ville sous-marine et les chemins à utiliser pour rester invisible du système de sécurité. Il a besoin de ce gamin. Mais il a aussi ses « enfants » à protéger. C’est à lui de prendre la décision dans ces temps troubles. En même temps, il est attachant, ce gamin. On dirait un chat de gouttière .Un chat de gouttière sans main nourricière. Prendre une décision. Créer un pion en espérant qu’il ne se retourne pas contre lui. Qu’il ne devienne pas un valet de pique traitre.


« J’ai juste besoin d’un coursier »


finit-il par dire après son long silence

« Considère qu’à partir d’aujourd’hui, tu auras deux repas chauds et un grignotage pour le petit déjeuner fournis. Pour ton loyer … Combien tu paies ta chambre chez ta logeuse ? »




Payer suffisamment pour ne pas qu’il ait à travailler ailleurs, qu’il n’ait pas à  aller voir ailleurs pour céder à la tentation de manger à tous les râteliers.

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MessageSujet: Re: Le pain a de ça merveilleux qu'il donne l'impression de pouvoir être rassasié rien qu'avec un quignon. [Seisyll - Mai 125]   12.08.16 19:22 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Il ne regarde pas ce qu'il dépose devant lui. Non. Il dévore. Il inspire, l'impatience de ses doigts contenue sur le siège qu'il martyrise de ses ongles. Ce n'est pas très juste, non. C'est comme si Trois-Jambes était un magicien et qu'il pouvait sortir tout ce qu'il réclamait de sa glacière magique. Comme s'il y avait là-dedans un univers où la faim n'existe pas et ou la société se fiche bien de savoir d'où l'hôte provient. D'un taudis ou d'un château.

Mais Trois-Jambes n'en a que faire. Il n'en a que faire de l'estomac du petiot qui hurle et de son émerveillement. C'est comme s'il ne pouvait plus voir ce qu'il y a de merveilleux dans un vulgaire quignon de pain. Comme si l’opulence et le faste ne pouvait déjà plus l'atteindre. Le rebutait. Peut-être même que c'est pour ça qu'il grimace dans sa barbe. Ou peut-être qu'il a trop mangé déjà et que le sucre n'arrive plus à lui arracher des sourires. Même quand il a du sucre sur la barbe et que ça fait rire le bêtement le blond qui entreprend de la lui frotter pour l'enlever, avant d'essayer de saisir les plus gros morceaux de sucres soigneusement entre son pouce et son index.

Tadeusz ne fait pourtant pas de remarque, un rire en vaut cinq, de toute façon. Il fait aussi semblant de ne pas avoir remarqué sa grimace et se retient de demander si le barbu n'aime pas les desserts. Pourtant lui-même était certain qu'il apprécierait chaque bouchée. Et qu'il pourrait même avoir mal au ventre de tout manger ce qu'il lui avait amené. Il avait déjà croqué dans des fruits et savait que c'était bon. Hors de prix, mais tellement bon. Alors il n'avait pas besoin de goûter pour savoir que cette fameuse salade et ce crumble serait délicieux. Sans parler des petits choux devant lui. Pas du chou vert ou du chou de Bruxelles, mais des choux sucrés.

Il délaisse sa barbe pour reposer ses mains sur son tabouret, au plus prêt de la table.Sans jamais dévier de son visage, certain que si ses iris s'y risquaient même un peu il finirait par avoir envie de manger. L'adolescent essaie de se donner l'air plus grand et dit, fièrement :

 « Je peux faire le coursier. Je connais le niveau 3 comme ma poche ! »

Bien sûr. Qu'il peut faire le coursier. D'ailleurs il a de bonnes jambes, sait se faire tout petit aussi. Il était certain qu'il pouvait devenir le meilleur coursier de la ville. Surtout quand on lui promet un repas chaud, des desserts, et un petit déjeuner. Pour l'argent il hausse les épaules et dit :

 « Je sais pas trop. Elle prend ce que je rapporte quand je cire les chaussures. Mais c'est jamais assez. Même pas assez pour un repas. Y'a des jours quand j'arrive à gagner 10 Pels, elle me les prends et elle dit que ça sert à payer les frais supplémentaires. Je crois bien que si je lui rapporte un salaire, elle me laissera rien. Ahah.» Il rit, gêné. Parce qu'il sait pas trop quoi dire. Il se doute un peu que c'est pas très juste et qu'elle lui prendrait le dernier de ses sous si elle avait l'occasion.  « Mais c'est la seule qui pose pas de question. Et qui daigne me tresser les cheveux quand je lui demande. » Il hausse les épaules.  « Mais c'est pas très grave. Je crois qu'il vaut mieux que vous gardiez votre argent monsieur. Je continuerai de cirer des chaussures. La nourriture c'est assez. C'est assez/ »

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