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La Danse | Abraham | Avril 125
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 La Danse | Abraham | Avril 125


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MessageSujet: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 0:35 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Joli rouge à lèvres. Suivit d’une mince silhouette qui lui paraissait familière. L’artiste, après son repas avec Siobhan, se renseigna auprès de son serveur, lui posa des questions, découvrit que sa muse récurait des couverts et remplissait des plateaux dans une plonge. Un remerciement, quelques billets pour régler la note et Azores prit un instant pour regarder le papier. Une écriture toute petite, toute ronde. Douce et délicate, comme Abraham lorsqu’il se sentait serein.

Elle retourna chez elle et posa le papier en aplat sur sa table. Ce dernier demeura là le reste de l’après-midi, elle n’y retoucha pas. En temps normal, elle serait restée cachée dans son appartement, à l’abri de tous, du monde extérieur, mais ses pas la ramenèrent en ville. Azores effectua quelques achats, l’esprit léger. Au détour d’une rue, elle s’était retournée face au bâtiment pour avaler une gorgée d’Enflammée. Les yeux clos, elle prit un temps pour savourer le coup que lui donnait l’Essence. Une grande inspiration, puis elle continua sa route.

Enfin de soirée, elle retourna au restaurant. Plutôt que de s’y rendre en tant que cliente, elle demanda à un serveur de la rediriger vers la porte des employés. La voila, dans la ruelle, un sac fait d’un épais coton qui dissimulait une large boite. Elle fut saluée par quelques employés qui terminaient leur quart de travail, mais ses yeux vides réagirent seulement quand le temps attendu Abraham surgit.

Tout d’abord, aucune exclamation. Aucun son, parce qu’Azores Lullaillaco préférait les jeux de regards aux paroles. Un pas, deux pas vers lui, son nez se leva pour qu’elle puisse regarder son visage un instant, sans que sa vue ne soit obstruée par le chapeau qu’elle portait sur sa tête rousse. Ses lèvres étaient rouges, comme au moment où elle avait reçu le papier, étirées timidement.

Sa main vint se poser sur le torse d’Abraham.

« Je t’ai trouvé. » Fit-elle d’un ton neutre, mais avec une pointe d’engouement.

Oh, elle avait bien demandé à un ou deux artistes du niveau 3 qu’elle connaissait s’il avaient vu passer un jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux aussi sombres, aux allures perdues stagnant entre la délicatesse et la passion. L’un d’eux, si, mais de là à le connaitre ou savoir où il habitait, non.

Vive, elle lui donnait le paquet qu’elle tenait dans ses mains avant de s’exclamer :

« Pour ce que nous allons faire ce soir, mon cher et tendre, tu auras sans doute besoin de cela ! »

Une paire de chaussures. Pas la plus chère que l’on retrouverait au Premier Niveau, ni la moins dispendieuse à portée de tous, des souliers modestes mais de bonne qualité, qui claquaient bien contre le plancher s’il l’on désirait… danser !

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 2:09 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Ce soir, Abraham termine son travail au Blue Velvet tard dans la nuit. En sortant, il se retrouve nez à nez devant Azores, qui l'attendait pour passer de nouveau la nuit ensemble. Avec une idée en tête.

LA DANSE

Abraham piquait du nez, les mains dans l'eau chaude devenue tiède par habitude. Le restaurant avait fermé depuis plus d'une heure et il était resté avec les derniers pour tout finir de nettoyer et ranger. De corvée pour nettoyer les verres, étant l'un des moins maladroit de l'équipe, il était passé en dernier après avoir nettoyé l'immense salle du côté du niveau 2. Le Blue Velvet est un cabaret bien plus grand qu'on pourrait y penser. Et Abraham avait bien envie de se fumer une clope dehors avant de partir. Terminant le travail en dernier, il rangea ses affaires dans son casier et garda la chemise de son service, une chemise blanche simple avec Blue Velvet en bleu marqué en petit sur le côté de la poitrine gauche. Le reste ne consiste qu'en un simple jean sombre et sa veste en cuir habituelle.
Tout le monde était déjà sorti, se dirigeant vers la porte du personnel, Abraham baissait la tête pour retrouver son paquet de clope mais surtout son briquet qui avait la fâcheuse manie de disparaitre à chaque fois. Relevant la tête, un petit sourire en coin, fier d'avoir tout retrouvé, il sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine lorsqu'il aperçu à quelques pas de lui, juste en face, la silhouette fine et élancée d'Azores. Elle restait calme, ne disait rien, vêtue d'une magnifique robe rouge tirant plus sur le ton foncé et le marron. Abraham n'arrivait pas à trouver les mots pour la définir, à la place il resta bouche bée, hésitant. Mais ce fut elle qui fit le premier pas, dans les deux sens du terme. Elle s'approcha de lui et le regarda, posant après un instant sa main sur son torse. « Je t’ai trouvé. »
Abraham souriait bêtement, gêné, mais à la fois peu surpris de la revoir. Il l'avait cherché, en écrivant ce petit mot discrètement durant son service, après avoir entendu les quelques conversations des garçons autour de lui parler d'elle, la Conseillère, présente au niveau 1 du Blue Velvet en compagnie d'une autre femme. Le papier était passé grâce à un serveur un peu plus habile que les autres et à qui Abraham faisait bizarrement confiance. C'était l'habitué du cabaret, celui qui ne sert que les tables les plus importante à seulement deux trois ans de plus que Abraham. Ça laisse rêveur. Joli rouge à lèvres étaient les mots, petits, légèrement penché, écrit de sa main gauche sur du papier à carnet du Menu. Et ce soir là, elle était venue le chercher.

▬ « Pour ce que nous allons faire ce soir, mon cher et tendre, tu auras sans doute besoin de cela ! » Et elle lui tendit un paquet mystérieux dans les mains.
Toujours hésitant, il finit par poser une clope entre ses lèvres, les pinçant, rangeant en même temps le reste pour avoir les mains libres. Attrapant le sac en coton il l'ouvrit : une large boite ? Il l'ouvrit elle aussi et se rendit compte qu'il s'y trouvait une magnifique paire de chaussures. Pour lui, en tout cas, elle devait valoir assez cher. Pas non plus la peau des fesses, mais ça reste des chaussures auxquelles il faut prendre grand soin et garder pour un long moment. Et avec de grands talons, c'est la première chose qui lui sauta aux yeux d'ailleurs. « C'est mon cadeau de fiançailles ? » Répondit-il simplement avec un petit clin d’œil et un sourire dissimulé derrière la cigarette. Dans la famille Land, la femme offre des chaussures au mari et le mari lui offre un beau bijou, de préférence des boucles d'oreilles. C'est pas demain la veille qu'Abraham pourra offrir un cadeau de ce nom à cette femme.

▬ « Tu as prévu de faire quelque chose ? » Finit-il par lui demander après lui avoir fait une bise timide sur les lèvres.
Ils n'étaient plus que tout les deux, dans un coin de la ville, derrière le cabaret. Abraham s'était permit. Tout comme il se permit enfin de la fumer cette vieille cigarette sèche, crachant une légère fumée, le filtre devenant rouge du rouge à lèvres d'Azores qu'il avait récupéré sur sa bouche.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 3:11 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Il était bavard, très bavard. Abraham ne se contenait plus, à un point où il ne disait rien du tout. Azores n’en fut pas gênée, et débuta leur échange. Oh, elle pourrait rester là, silencieuse, à le regarder lui, mais surtout ses yeux noirs. Le bord de son chapeau en cloche tombait au ras de ses yeux et, pour observer le garçon plus grand qu’elle, elle devait incliner légèrement sa tête vers l’arrière.

Azores avait révélé une partie de son plan. Comme à son habitude, elle ne disait pas tout, laissait les sous-entendus faire leur chemin dans l’esprit de son interlocuteur. Elle avait cru que les chaussures suffiraient à le faire tilter, qu’il comprendrait aussitôt qu’elle l’amenait danser –pour se rattraper de cette pitoyable danse de leur première rencontre. À la place, il amena une toute autre question qui fit plisser le nez de l’artiste. Pas par contrariété, mais par amusement. Aussitôt, dans un élan naturel qui n’avait pas nécessité de réflexion, elle acquiesça avec un petit hochement de tête. Évidemment qu’il s’agissait d’un cadeau de fiançailles.

« J’espère qu’elles sont à ta taille. »

Les mains libre de son paquet qu’elle avait abandonné au jeune homme, elles joignit celles-ci dans son dos, alors qu’un bref baiser venait se plaquer sur sa bouche. Qu’ils soient en public ou cachés dans une ruelle derrière un cabaret, ce n’était pas l’artiste qui éprouverait de la timidité, de la honte ou de l’inconfort face à sa relation avec Abraham. Pour une fois qu’elle revoyait un homme, qu’elle tissait une relation qui s’étendait plus que sur une seule nuit.

Joignant ses gestes à la parole, elle répondit finalement à son compagnon.

« Nous descendrons d’un niveau, tu enfileras tes nouvelles chaussures et ensuite nous irons danser ! »


Elle avait détaché les deux syllabes du dernier mot pour y mettre de l’emphase. Un instant, la fumée de la cigarette vint jusqu’à son nez et ses traits se crispèrent. Plutôt que de s’en plaindre, elle se déplaça où l’air était encore pur et attrapa le bras d’Abraham pour l’amener avec elle. Les rues s’étaient presque vidées. Presque, puisque la vie de nuit de Pelagia débutait. Il y avait de jeunes personnes, majoritairement de ceux qui ignoraient encore les responsabilités de la vie et qui venaient dépenser leur argent durement gagnée durant la journée. Ils portaient peu attention aux autres, mais ne se montraient pas sauvages pour autant.

Ils arrivèrent près de bâtiment bas d’un étage mais très étendu. Une grande salle remaniée qui était ni trop vide ni trop pleine et où la musique jouait assez fort pour être entrainante, mais pas pour empêcher ceux qui désiraient se parler de s’entendre. Se mettant un peu à l’écart, juste avant d’entrer, elle désigna la fameuse boite.


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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 3:47 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Ce soir, Azores a apporté une boite avec à l'intérieur des chaussures de danse avec talons. Elle veut danser avec Abraham et n'attends pas plus pour l'emmener avec elle dans l'inconnu.

LA DANSE

Ils échangèrent de brefs regards. Abraham essayait de ne pas montrer de fatigue face à Azores, ni un manque important d'Essence dans le sang. Mais c'était difficile, il parlait très peu, souriait bien moins souvent que les deux dernières fois et il se montrait assez distant, la clope au bec gênant même au passage la maîtresse sans qu'il ne s'en rende compte. Puis. Il se réveilla lorsqu'elle prononça le mot "danse". Le niveau 2 ? Enfiler les chaussures ? Danser ?
Abraham avait la tête tournée bien en face du visage de son artiste, qui se prit malheureusement la fumée dont il avait raté l'inspiration. Toussant un petit peu, il était surprit, vraiment surprit. « Attends. Quoi ? » Mais il n'eut pas le temps de bien comprendre ce qu'il se passait que déjà il se faisait tirer le bras, entrainé par la femme dans les rues de Pelagia. Durant tout le trajet, ma foi trop court, Abraham essayait de détourner l'attention d'Azores, lui posant tout un tas de questions répétées et inutiles.
Tu es sûre ? Où va t-on ? Je vais porter ces chaussures ? Pour finalement arriver à point nommé. Face à un bar à musique, ou plutôt le Blue Velvet en plus petit, une sorte de bar After du quartier Est comme on en trouve un peu partout. Mais élégant et avec de la bonne musique qui s'entend même "dehors". Azores vit au quartier Nord, un endroit avec plus aucune trace de vie dans les parages dès deux heures du matin. Ici, c'est une toute autre histoire. Certes, quatre heures du matin il n'y a pas foule, mais on rencontre beaucoup de jeunes qui viennent faire la fête ou se détendre, et même quelques couples. Et même lui avec Azores. Elle lâcha d'ailleurs son bras pour lui montrer du doigt la boite. Abraham termina sa clope rapidement et l'envoya voler en l'air jusqu'à une poubelle à quelques mètres d'eux, un peu plus à droite et il aurait raté son coup.

▬ « J’espère que ça te fait plaisir de trainer ton fiancé aussi tard pour le faire danser. Ahlalala. » Disait-il en riant entre deux bouts de mots, enfilant déjà ses nouvelles chaussures pour voir si elles allaient. Et elles lui allaient comme un gant, un peu serré au niveau de l'arête dorsale, mais c'est surement voulu par ce style de chaussures. « Je les aimes beaucoup ... Mer.. Merci. » Tout de suite changeant d'attitude, il baissa les yeux puis ramena de nouveau ses lèvres pour lui déposer un baiser. Le haut de sa tête vint même taper contre le bord du chapeau de l'artiste, le faisant tomber au passage. Abraham eu juste le temps de le réceptionner avant qu'il ne tombe pour de bon. Un petit rire, petit sourire et il le replaça sur la tête de la maîtresse, prenant le temps de bien l'ajuster alors qu'ils ne vont pas tarder à entrer dans le bar en musique. Ce petit moment d'égarement, il baissa son regard vers celui d'Azores et ne put s'empêcher de sourire à nouveau, sans dire un mot. Juste un petit jeu entre eux.

▬ « Madame. » Lâcha t-il finalement alors que son regard finissait par plonger totalement dans le sien. Proposant même au passage son bras. « Et si on y allez ? »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 4:43 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Azores se mit à toussoter, le surprise du fumeur lui envoya de quoi tuer ses poumons.  Sa main blanche vint se mettre un poing  devant sa bouche et elle tonna quelques coups avant de s’écarter légèrement.  Abraham essaya tant bien que mal d’obtenir de la rousse plus d’informations.  Hélas, elle demeurait muette, ne se tournant vers lui que pour échanger de courts regards, des battements de cils charmants ou un sourire amusé.  Il découvrirait le tout lorsqu’ils seraient arrivés !  

« Si cela ne me plaisait pas, je ne le ferais pas. » Fit-elle en chantonnant.  

Il changea de pair de chaussures, elle l’épia se tortiller pour les enfiler, les attacher.  Azores avait pensé lui prendre des vêtements confortables, mais ne voulait pas qu’il se sente insulté.  Alors elle n’avait pris que des chaussures, de quoi garder confortable ses petits petons.  Un présent parfait, en soi.  

Ils ressemblaient à un jeune couple tout ce qu’il y avait des plus ordinaires.  La demoiselle qui attend son amoureux à la sortie de son travail, échangent un baiser, lui offre un présent, se regardent tendrement.  C’était comme s’ils vivaient un instant de calme au centre d’une tempête.  Que tout était mis de côté et qu’ils ne se souciaient que d’eux-mêmes.  Le reste n’était pas important, Azores ne pensait pas aux conséquences, lorsqu’elle était avec Abraham.  Néanmoins, elle était prête à assumer celles qui arriveraient, comme toujours.  

Son chapeau tomba quand leurs lèvres entrèrent en contact.  Les yeux de la Maitresse d’Art s’écarquillèrent en voyant son accessoire être rattrapé juste avant de toucher le sol.  Et revint le moment où ils se dévisageaient.  Azores le faisait toujours, scellait ses mots pour ne regarder que le noir de ses pupilles.  Un sourire amusé fendit à nouveau ses lèvres.  

« Nous ne sommes pas encore mariés, alors je suis Mademoiselle. »

Azores prit le bras de son compagnon et entra finalement dans le bar dansant.  Elle abandonna la boite avec les vieilles chaussures ainsi que son chapeau dans un vestiaire et amena le jeune homme parmi les humains, ceux qui fêtaient sans lendemain, qui se laissaient aller pour tout oublier.  L’artiste, même s’il s’agissait de son idée, n’aimait pas les attroupements.  Seule, elle prenait sa place, mais entourée, elle se faisait petite, discrète.  En dehors de ses performances, elle n’attirait pas beaucoup l’attention, et c’était tant mieux.  

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 5:29 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Les chaussures de danse aux pieds, Abraham et Azores sont enfin prêt à dompter la Night.

LA DANSE


▬ « Tu es trop vieille pour te faire appeler Mademoiselle. »

Et c'est sur ces belles paroles qu'Azores lui prit le bras et qu'ils entrèrent dans le bar. L'intérieur était assez basique, et rempli de monde. Peu de lumières étant présentes, ils mirent un temps fou avant de trouver les vestiaires (payant, toujours) et rejoindre la salle. Une odeur étrange couvre presque le bruit sourd de la musique. Et Abraham comprend de suite pourquoi tant de monde se retrouve serrés : face à eux, une longue piste de danse où amoureux et solitaire viennent y danser sur de la vraie musique. Musique de vrais musiciens installés à côté et jouant des airs connus de Pelagia. Au début un peu retissant à aller plus loin, prêt à faire demi-tour ou se cacher derrière la maitresse, il finit par vite trouver ses marques, habitué à tant de bruit et de monde dans les soirées qu'il fait. Déjà il oubliait presque Azores au son de la musique que jouait trompettiste et pianiste. Tenant toujours la femme contre lui pour ne pas la perdre, ils restèrent debout un long moment à regarder ceux qui étaient en contre bas : Le bar est principalement en sous-sol, un bref sous sol avec un escalier qui le sépare du vrai niveau 2. Le bras d'Abraham se mit à glisser, ses mains allant jusqu'à frôler les doigts de l'artiste. Abraham souriait, n'arrivant pas à lâcher ce sourire idiot sur son visage :

▬ « OK. Je t'offre quelque chose à boire, j'en ai marre que ce soit toujours toi qui donne tout. » Dans l'euphorie du moment il ne pensa pas à ce qu'il faisait, mais il entraina la femme avec lui. Le bar n'était pas très loin, et après deux légères bousculades suivit d'excuses brèves, Abraham arriva devant le comptoir, demandant déjà ce qu'il voulait avant même de voir le visage du serveur : « Un Rhum Enflammé s'il te plait ! » Et le garçon, une fois retourné, lâcha un bref OK puis s'empressa de le préparer.
Et voilà qu'il était comme un fou, à sautiller sur place et à se frotter les mains d'impatience le temps qu'Azores se décide. Le choix était vite fait aussi, un jus d'orange.

▬ « Tien, regarde c'est magique. » Le verre arrivait que déjà Abraham montrait comment ça fonctionnait : principalement de la liqueur de rhum, avec du rhum pur sur le dessus pour faire une fine couche. Et un autre petit verre de shot d'Enflammée à côté. Attrapant le briquet du serveur plutôt que le sien, avec une paille, il alluma la flamme sur la couche de rhum qui s'enflamma, puis déposa la paille dans son verre pour y boire tout le contenu le plus rapidement possible. Le liquide était chaud et crémeux, le genre de chose qui passe tout seul. Abraham attrapa au passage le shot et le bu cul sec avant de tout rendre en expirant un gros bol d'air. « Ça fait du bien. » Bien sûr, le gout de l'Essence est bien différente de celui qu'il avait eu le temps de boire chez Azores le premier soir. Celui-ci était du faux, une copie, sans doute. Comme pas mal dans ce genre de bar du niveau 2, c'est pire au niveau 3. On mélange ça avec n'importe quoi. Quelque chose de tout sauf bon pour le corps. Peut être que finalement si cette femme, à ses côtés, en train de boire son jus d'orange est aussi en forme depuis tout ce temps c'est peut être parce qu'elle ne boit que de la bonne Essence.
Abraham se surprit en train de la fixer longuement, essayant d'imaginer le corps qui se trouve sous cette robe, puis finit par cligner des yeux en balançant sa tête de l'autre côté, vers la piste. Une question vint à se poser, de façon totalement aléatoire dans sa tête. Alors il tenta une approche, se collant contre elle, le dos sur le bar, les coudes posés.

▬ « Les gens risquent de te reconnaitre ? C'est jamais gênant ce genre de situation pour se créer des liens ? » Abraham ... tu fais parti de ce genre de lien. Ce genre de lien qui, si il est repéré avec l'une des membres du Conseil, va engendrer une sacrée rumeur autour de son Niveau.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 16:19 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Elle qui donne tout. Simplement parce qu’elle possédait les moyens, et pas lui. Azores vivait de manière simple mais avec le salaire d’une Conseillère du gouvernement de Pelagia. Si ses collègues avaient les moyens de se payer le Niveau 1, elle, qui ne vivait pas de manière aussi luxueuse, devait avoir de bonnes économies –qui partaient rapidement dans ses consommations éternelles de drogues. L’artiste se fit entrainer, les doigts accrochés à la main d’Abraham, pour ne pas s’égarer, puis vint se poser près du comptoir. Le garçon prit sa commande, le rhum enflammé semblait lui tenir particulièrement à cœur. Elle, elle était ennuyeuse. Elle ne buvait pas d’alcool, pas avec l’Essence. Elle hérita donc d’un jus d’orange, qu’elle sirotait à la paille de manière innocente.

Abraham laissa la magie opérer. Une flamme au creux de son verre de rhum, le contenu pris cul sec. Il n’avait pas savouré, mais ce n’était pas grave. Les substances faisaient effets au creux de son ventre, l’attitude du garçon changerait bientôt. Elle le faisait toujours lorsqu’il consommait. Azores aussi, plus jeune, beaucoup plus jeune, changeait quand l’Essence coulait dans son corps. Elle ne se souvenait plus comment, mais elle était loin de demeurer la même. Quelque chose lui disait que si elle devait purifier son sang de la drogue, elle n’aimerait pas la femme qu’elle serait.

Il se rapprocha et en fit de même. Sans se tenir trop coincée, elle avait une épaule qui pesait contre la sienne. Une proximité qui leur permettait de parler sans crier. Ses yeux assombrit parcourent la salle de fête. L’on discutait dans un coin, dansait dans l’autre. Un mini orchestre créait de la musique entrainante, les musiciens jouaient avec passion et amenaient un maximum de personne à se déhancher. Seuls ou accompagnés. Sa tête s’inclina vers Abraham en entendant ses mots, et puis ses yeux se tracèrent un chemin jusqu’à lui.

Lâchant son jus d’orange, elle inspira : « Si je me présente, ils me reconnaitront. » Car son prénom, particulier, sortait du lot. Il était facile de l’associer au Conseil, ils n’avaient pas besoin de s’en souvenir. « Si j’enlève tous mes vêtements et me plante un couteau dans le bras, ils me reconnaitront aussi. » Qui d’autre pourrait en faire autant, sans peur, dans le seul but de l’Art ? « Sinon, je ne suis juste une rousse parmi tant d’autres. » Et Asrase savait que c’était une couleur commune, à Pelagia.

Une fois son jus d’orange terminé, elle le redonna au barman non sans que celui la juge pour sa consommation très… sage. Elle attrapa la chemise d’Abraham au niveau de son torse et le tira vivement pour l’obliger à se tenir droit, à ne plus s’écraser contre le comptoir. Tenant son bras, elle se faufila parmi les invités vers un coin où l’on dansait, mais pas au centre de tous, juste sur le bord. Des doigts sur son épaule, les autres qui s’enroulaient avec ceux du garçon, elle ne bougea pas avant qu’il ne se mette à mener ce qui s’apprêtait à être une danse.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   10.01.16 17:01 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
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Les chaussures de danse aux pieds, Abraham et Azores sont enfin prêt à dompter la Night.

LA DANSE

Abraham voulait peut être oublier quelque chose. Oublier que ça faisait bien une semaine qu'il n'avait pas prit d'Essence. Mais il ne voulait pas parler de ses soucis avec elle, ses soucis de santé. Elle ne comprendrait peut être pas, ou alors tout simplement elle n'est pas obligée de le savoir. Lui et elle sont comme deux âmes perdues dans la nuit, le jeune homme n'est même pas sûre que tout soit réel. Le lendemain il se réveille avec l'impression que tout ceci était faux. Comme ce bras de femme qui se colle au tissu de sa chemise blanche Blue Velvet. « Si je me présente, ils me reconnaitront. » C'est vrai qu'Azores est un prénom très connu à Pelagia. On parle de la maîtresse d'art par son nom et ses représentations artistiques très particulières. En y pensant, juste avant de la rencontrer, il ne savait même pas réellement à quoi elle ressemblait. Juste une femme dans la trentaine et à la chevelure rousse et aux vêtements extravagants. Rien de bien original, le physique d'Azores est simple, ce qui peut être un avantage pour se fondre dans la masse. Abraham en sait quelque chose. Alors il acquiesça juste, un bref sourire sur le visage. Oui, une rousse parmi tant d'autre. Un brun parmi tant d'autres.
Deux personnes adossés au comptoir, dont l'une boit un jus d'orange à la paille et l'autre cligne de l’œil droit, un peu prit par l'effet de son verre. Le médecin avait dit, pas d'effort. Très peu. Juste assez pour faire son boulot sans trop pousser, si une moindre gêne, arrêter de suite et le revoir. C'était très clair. Mais Abraham ne voulait pas y penser. C'était inévitable de ne pas ignorer ce conseil, mais il en avait envie. Ce soir ça irait bien, ce soir c'était pas le soir pour faire une crise. L'ambiance, la musique, la soirée, les gens autour de lui, Azores. Rien ne pouvait l'empêcher de passer une sale soirée, surtout que le boulot avait été épuisant et qu'il avait besoin, entre Seisyll et sa mère qui lui colle au dos, se détendre. Tien, son Patron, lui aussi il ignorait ses recommandations quand à sa relation avec la maîtresse d'art ... Mais Abraham n'avait pas oublié : Swann et Azores ont un lien, ils étaient amis. Et Swann et Seisyll étaient amis aussi, de très bons amis.

La maîtresse le réveilla de ses pensées, l'obligeant à se redresser alors qu'il glissait sur le comptoir comme un homme qui aurait bu un peu trop vite. Elle le tirait par la chemise pour l'entrainer avec elle. Alors sans un mot, il la suivit, partant dans la foule et aussi dans un coin tranquille de la piste. Abraham sentait qu'elle voulait être seule pour pouvoir oublier tout le temps d'une, voir deux, danse. Elle posa une main sur son épaule, et l'autre dans sa main à lui, tiède et sèche. Abraham la regardait sans un mot, riant intérieurement de la voir se positionner comme sur un air de valse, alors que les musiciens jouent de la musique plutôt Danse Jazz. Elle avait l'air d'avoir envie de ça et il n'allait pas l'en empêcher, même si elle semblait vouloir qu'il mène la danse. Alors il posa sa main sous son omoplate, la serrant un peu plus contre lui pour que les mouvements se suivent mieux, sinon les bras se balancent et le dos se courbe, surtout au moment de tourner. Ce qu'il veut, c'est tout le contraire, son dos à lui doit rester droit tandis que le sien doit faire ressortir le ventre. Leurs bassins doivent se frôler. Le début des pas étaient laborieux mais Abraham n'avait pas besoin d'expliquer à sa partenaire comment faire, chacun prit le même rythme que l'autre pour finalement se suivre parfaitement.

▬ « Je dois l'admettre, tu suis bien le rythme. » Tout deux dansaient lentement, faisant des pas ni trop courts ni trop petits, tournoyants sur eux même, essayant de ne pas bousculer certaines personnes passant à côté d'eux.
C'est amusant de les voir, danser une jolie valse, tandis que les autres sautillent sur place et font de grands gestes entrainants. Abraham et Azores casse ce rythme, et pourtant le jeune homme lui parle d'un "bon suivi du rythme". Non, ça fait un moment qu'il n'écoute plus la chanson et se retrouve dans une bulle avec seulement elle et lui.

▬ « Je t'apprendrais le charleston. » Disait-il, un petit rire aux lèvres, le regard plongé dans le sien.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   13.01.16 18:53 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Leur danse était beaucoup plus calme que le rythme de la musique. Azores n’en avait pas conscience, elle suivait les pas dicté par le garçon. S’il accélérait, elle irait plus vite, s’il demeurait à un état de valse elle ferait de même. L’artiste possédait un rythme légèrement maladroit : elle ne dansait pas de valse. Membre du Conseil, certes, mais issue et demeurée au Niveau 2, elle ne s’était pas encombrée de ces connaissances qui font bonnes impressions tout là-haut. Ce n’était pas très important, de toute façon, car Abraham la faisait danser avec adresse, mais de manière tout aussi hasardeuse.

« Je connais le charleston. » Répondit-elle en répondant à son rire.

Lâchant l’une de ses mains, s’écartant légèrement de lui, elle se mit à faire quelques pas, à sautiller des bases de charleston. Ce n’était pas mauvais, mais l’on devinait aisément pourquoi elle était peintre et pas danseuse. Comme il s’agissait d’une danse rapide et instinctive, elle éprouvait de plus en plus de facilité au fur et à mesure que ses jambes bougeaient. Elle faisait du sur place, mais décida de se déplacer, d’amener Abraham avec elle dans sa danse en ne lâchant pas sa main.

Dans une valse, le mouvement se devait d’être égal et précis. Tout était calculé, c’était une danse de scientifiques. Azores n’était pas une scientifique. Elle échappa les doigts d’Abraham pour faire un tour sur elle-même et quelques pas seules. Ensuite elle s’arrêta. La musique, elle continuait. Il n’y avait pas de silence entre les chansons et les musiciens enchainaient sans stopper. Les danseurs s’adaptaient au rythme, il y avait de tout dans la salle. Ceux qui n’ont pas peur de sauter, et ceux qui ne font que bouger pour le plaisir. Danse de sauvage.

« Je suis certaine que tu peux m’en apprendre davantage ! »

Et que ces chaussures seront bien utiles ! Aller Abraham, danse ! Azores suivra jusqu’à ce que l’un d’eux tombe.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   15.01.16 22:44 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
La Valse sous un air de Jazz, c'est peut être pas une si mauvaise idée. Surtout quand on mélange la Valse avec Le Charleston et tout autres choses ...

LA DANSE


▬ « Je connais le charleston. »

La voix d'Azores se démarquait de la musique. Abraham arrivait à l'entendre parmi tout ce son d'instruments et le brouhaha alentours. Comment ? Va savoir, il arrivait même à savoir si elle était proche de lui rien que par son odeur. Bientôt ce sera simplement avec ses pas. En parlant de pas, les chaussures d'Abraham semblait avoir était faite pour la danse et il le remarquait. Laissant la maîtresse d'art danser à sa guise, il ne jugea pas le courage qu'elle avait à se démarquer des autres pour gesticuler et faire quelques pas improvisées de la fameuse danse. Elle n'était pas nulle, loin de là. Mais Abraham ne pouvait s'empêcher de rire en la voyant faire un peu tout ce qu'elle voulait, sans se soucier de rien. Il l'admirait en cet instant, rien que pour ça. Oubliant de danser lui aussi, il fut entrainé par les mouvements de l'artiste qui le relâcha ensuite pour tournoyer et danser, encore et encore. Abraham n'osait pas vraiment, sans un appui il ne pouvait pas, c'était psychologique.

▬ « Je suis certaine que tu peux m’en apprendre davantage ! » Elle s'était arrêtée de danser, le regardant toujours dans les yeux. Elle semblait heureuse, là comme elle était, mais qu'est-ce que c'est une Azores heureuse ? Est-ce que ça existe. Abraham respira fortement, mais lentement. Un instant ses battements prenaient la place de la musique, et il sentit son œil droit tiquer, rapidement. « Surem... » Un moment d'égarement avant d'être bousculé dans le dos par un jeune d'à peu près son âge qui sautillait partout, cherchant quelqu'un pour le renvoyer à l'autre bout. Abraham râla au début, essayant de ne pas tomber sur sa maîtresse, puis en se tournant pour voir le responsable, son sourire fut très vite rendu par le jeune homme aux yeux sombres. Et il lui donna un violent coup dans l'épaule, le renvoyant plus loin, avec ses amis.

▬ « Fais attention, ils commencent tous à être excités. Je voudrais pas qu'il t'arrive quelque chose. » Abraham avait dit ça calmement, sans trop chercher à jouer l'homme protecteur. De toute façon il est bien trop mauvais là dedans, il savait juste que à partir de cette heure-ci, les garçons sont joueurs avec les filles et veulent de l'approche.

Bêtement, Abraham se rapprocha d'Azores, comme pour ne pas que l'un d'entre eux se l'accapare. A quoi il pensait.
Tout en enchainant quelques petits pas de danse, suivant la musique de son côté, il tourna la tête en direction de l'orchestre. La trompette venait de réveiller son oreille et il était fasciné par l'instrument. Pas de piano ce soir là, pas de piano souvent. C'est comme si cet instrument voulait lui échapper. Sans regarder la maîtresse, faisant du sur place en faisant parfois une danse étrange rappelant celle d'un poulpe, il lui lança, comme ça :

▬ « Est-ce que tu sais jouer d'un instrument ? » Abraham joue du piano. Enfin il en jouait, à l'époque où il fréquentait la petite chorale du Temple de Juve. C'était il y a longtemps. Mais il n'a pas oublié comment placer les mains sur les touches, comment jouer deux trois petits trucs pour rendre le son encore plus agréable.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   19.01.16 1:42 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Azores ne possédait aucune notion du temps. Ainsi, lorsqu’elle s’arrêta de danser pour regarder Abraham dans les yeux, pour admirer ses prunelles noires, elle ne prit pas conscience du temps qu’elle passa, là, immobile, devant lui, au milieu de l’atmosphère agitée de la place dansante. Quand le garçon fut bousculé, elle le va prestement les mains devant elle, comme pour le retenir, ou bien se protéger de sa chute. Le perturbateur fut renvoyé au loin, Azores n’y porta pas très attention. Elle se tenait près du jeune homme, l’artiste n’aimait pas quand tout bougeait trop. Elle aimait les danses, mais pas l’encombrement. Les musiques, mais pas le bruit.

« Abraham, tu es le plus grand danger. »

Cela aurait pu être un reproche à ses actes passés, mais non. La Maitresse d’Art avait un sourire au visage, des yeux moins vitreux, davantage réveillés. Elle lui prit aussitôt une main, dansa plus lentement, suivant le poulpe qui faisait du surplace. Heureusement, elle savait se débrouiller, même si elle ne faisait pas de grands et larges mouvements. Azores était une femme introvertie, renfermée sur elle-même, et malgré l’absence de gêne, cela était visible dans sa manière d’agir.

« Non. »

Azores n’avait jamais su avoir la concentration nécessaire pour jouer d’un instrument. Désynchroniser ses doigts pour le piano, appuyer fort sur les cordes d’un violoncelle. Elle n’y arrivait pas. L’artiste était talentueuse, ses peintures renommées, mais son sens du rythme très lacunaire feraient pleurer n’importe quel amateur de musique. Taper des mains en tempo ? Jamais. Des mots vinrent pour s’ajouter, répondre par une question. Et lui, savait-il jouer d’un instrument ? Le son n’eut pas le temps de quitter ses lèvres qu’elle sentit que derrière elle, l’on prenait de la place. Une grande inspiration, Azores n’arrêta pas de danser. Ses doigts serrant légèrement ceux de son partenaire, elle se retourna et se recula vers lui, suivant la musique.

Puis, cet instant passé, Azores se remit face à Abraham et continua de danser. Passant sous son bras, elle fit un tour sur elle-même, contourna le garçon et revint se placer devant lui. Sa seconde main attrapa celle qu’elle tenait déjà, peu à peu, l’artiste se déplaçait, obligeant le poulpe à en faire de même. De la grande salle ils se retrouvèrent dans un lieu moins fréquenté, plus calme, mais d’où l’on entendait toujours la musique. Ses pas s’arrêtèrent nets, et elle fit à nouveau face à Abraham. Ses sourcils froncés, contrariés, pensifs. Elle attrapa le visage pâle du garçon et se rapprocha tout près de lui. Très près.

« Il y a quelque chose de triste dans tes yeux, Abraham. »

Une affirmation, mais sans question. Tout comme avec Siobhan, Azores ne s’avança pas à demander. Elle se posait là, ouverte, prête à écouter. Et là voila, à nouveau, fixant de près les yeux du jeune homme, comme si elle le transperçait, voulait voir plus loin.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   19.01.16 17:57 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Certes, Abraham n'est pas dans son état. Mais ça ne fait rien, la danse continue ...

LA DANSE

Non. Et c'était tout. Et ils dansèrent encore un bon moment. Abraham n'était pas dans sa forme, si l'Essence ne coulait pas dans ses veines, il serait déjà effondré, prêt à dormir une journée entière. A la place son corps bougeait, d'une bien belle façon, mais son esprit ne suivait pas. Bien moins bavard, beaucoup trop rêveur. C'était lui qui suivait la maîtresse. Lui toucher les mains, se rapprocher d'elle, lui faisait un effet bizarre. Pas celui dont on penserait, pas vraiment. Plus une sensation étrange, une sorte de mal être caché dans un bien être. Celui d'être avec une femme qui profite de l'instant et accepte de danser à ses côtés. Mais aussi être avec une femme qui connaissait Swann, qui connaissait surement Seisyll, et qui était simplement au Conseil. Cette femme voyait presque tout les jours Saül. Elle était l'une des responsables de tout ce qui se passait à Pelagia. En tout cas dans la tête d'Abraham, elle était de ceux qui avait fait de la ville sous-marine ce qu'elle était aujourd'hui. Abraham, tu es le plus grand danger. Cette phrase restait au fond de sa tête alors qu'il aidait Azores à tourner sur elle même. Et ils se déplacèrent, se retrouvant dans un coin un peu plus calme. C'était pas plus mal, Abraham voulait de l'air. Les yeux ailleurs, il ne fit pas attention à son artiste qui s'était stoppée face à lui. C'est quand elle lui attrapa le visage de ses mains froides qu'il se réveilla enfin, un peu surpris, leurs visages proches l'un de l'autres. Elle avait le regard différent, presque expressif. Le jeune homme levait les sourcils, ne cachant pas son étonnement quand elle lui fit remarquer que quelque chose de triste s'était caché dans le fond de ses yeux.
Abraham se sentait idiot. Une partie au fond de lui se sentait triste d'avoir été aussi peu démonstratif ce soir-là. Mais en même temps il savait que ça n'atteindrait pas Azores. Qu'est-ce qui peut bien l'atteindre de toute façon ?

- « J'ai fais des heures supp' ce soir. Je suis fatigué. »

Son visage se laissait se poser dans les mains de la maîtresse, comme celui d'un enfant qui a besoin de se reposer. La musique se calma, plus détendue. Les gens commençaient à s'inviter à danser une valse, tandis que ceux qui avaient un coup en trop, partaient de la piste pour reprendre un verre et démarrer une partie de carte. Abraham et Azores ne bougeaient pas. Ils pourraient rester un bon moment comme ça si ils le pouvaient. Mais les couples commençaient déjà à se former autour d'eux. Abraham lâcha un petit sourire, pour rassurer l'artiste, ses yeux passaient du sol à ses yeux, timides. « On doit souvent te dire que fixer les gens comme ça c'est mal élevé. Ou alors que c'est gênant. Ou stressant. Ou effrayant. » Encore un petit sourire.
Abraham ne lui laissa pas le temps de répondre, si toutefois elle voulait lui répondre. A la place il l'enlaça de ses bras, la serrant tout contre lui pour ensuite poser sa joue sur son épaule. Son dos était légèrement courbé, mais Azores n'avait pas non plus un grand écart de taille. Pour une fois, être petit c'est plutôt pratique. Abraham approcha ses lèvres de l'oreille de la maîtresse, et il fit exprès de prendre une étrange, comme cassé, d'un de ses monstres dont on a peur quand on est petit :

- « Je ne te lâcherai pas, tu es sous mon emprise ... je vais te mangeeer. » Un gamin.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   24.01.16 2:19 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Fatigué. Elle aussi l’était, mais différemment. Sur ses paumes elle sentait la peau douce d’Abraham se glisser davantage. La tête lourde, elle le soutint, sans contenir les mouvements frénétiques de ses doigts qui, sous sa concentration, se faisaient moins agités. La musique, moins endiablée, laissa place à d’autres occupations que la danse. Les gens circulaient, bougeaient, s’animaient, mais la Maitresse d’Art demeurait sur place avec le jeune homme qui lui servait de compagnon.

Mal élevé. Gênant. Stressant. Effrayant. Cela fit sourire Azores qui ne daigna pas détourner les yeux, préférant les garder rivés sur Abraham malgré tout. Ses lèvres s’entrouvrir pour parler, mais les bras du garçon l’entourèrent fermement, et elle se retrouva serrée tout contre lui. Ses bras, coincés, ne tentèrent pas de se dégager mais ses doigts se mirent à pianoter, à gigoter sur la peau de l’homme ou dans le vide. Elle sentit son souffle chaud s’écraser dans son oreille et les mots qui l’accompagnaient lui fit échapper un petit rire. Tout bas, elle poussa un son de détresse sur le ton de l’humour. Prisonnière, capturée par le très vilain Abraham !

« Mais que va-t-il m’arriver ! » Susurra-t-elle en laissant tomber sa tête vers l’arrière, dégageant ses cheveux par la même occasion.

Elle eut un aperçu du plafond. Rudimentaire, l’on y voyait le filage des installations de la salle, une partie de tuyauterie. Rapidement, elle se repositionna, réussit même à dégager une main pour aller la glisser dans les cheveux sombres du garçon.

« Alors, ce que nous pouvons faire, c’est rentrer et aller nous reposer. » Une seconde, deux secondes. « Les chaussures t’appartiennent, tu pourras les essayer n’importe quand ! »

Légèrement, elle prit soin de s’écarter d’Abraham. À nouveau elle croisa son regard, suffisamment longtemps pour que ça soit gênant, mais elle ne s’y attarda pas, distraite par une pointe d’action qui se déroulait derrière lui. Et à nouveau sur le jeune homme. Un mince sourire vivait sur ses lèvres. Elle attendait quelque chose. Elle attendait le verdict du garçon. S’il venait avec elle, elle lui prendrait la main et le guiderait. S’il désirait partir de son côté… elle le suivrait probablement un moment, éternisant le temps qu’elle passerait avec sa muse.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.02.16 18:55 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Certes, Abraham est fatigué. Mais la nuit continue de s'écouler. Azores propose de rentrer, et lui offre les chaussures. Abraham, lui, va simplement offrir le verre. Pour une fois.

LA DANSE

Tandis que Azores jouait le jeu et faisait semblant d'hurler un bref "mais que va t-il m'arriver", Abraham fit lui aussi semblant de la mordre en ouvrant la bouche, ses deux canines naturellement pointues frôlant sa peau. Et il se rappelait. Il se rappelait la fois où il l'avait mordu. Calmement, Azores s'écarta un peu de lui pour le regarder. Mais les yeux d'Abraham restait rivés vers le cou de la maîtresse, il devenait pensif. Est-ce qu'elle avait eu mal ? Apparemment non. Aucun d'eux n'en avait reparlé, Abraham simplement parce qu'il avait oublié, et Azores ... Surement aussi. En tout cas la peau avait bien cicatrisé depuis, rien ne se voyait. Comme si rien ne s'était passé. Et eux deux se revoyaient comme si rien ne s'était passé. « Alors, ce que nous pouvons faire, c’est rentrer et aller nous reposer. »
Abraham jusque là silencieux leva enfin les yeux vers ceux de l'artiste. Rien chez lui ne laissait paraitre qu'il allait lui répondre, au contraire il continua de l'écouter. Les chaussures lui appartiennent. Abraham resta un moment à sourire, amusé et à la fois content que cette femme lui offre ce genre de cadeau. En réalité il n'avait pas très envie de partir. Son cœur lui disait de rester là, encore une heure voir deux.

▬ « Je t'ai déjà dit que quand un Land se marie, il se voit offrir de la part de sa fiancée des chaussures ? Et lui, doit lui offrir un bijou. De préférence des boucles d'oreille ? »

Le jeune homme continuait de sourire, son œil droit clignant rapidement.
Et quand il lui lança un rapide je pars payer attends moi à l'entrée près du vestiaire, il ne pensa pas que dans sa phrase d'avant il avait précisé Land. Surement l'Essence dans son sang, surement la fatigue, ou surement l'un de ces moments où il oublie qui il a en face de lui. Azores pour lui est une femme comme une autre, une amie avant tout, voir une amante si ils décident de coucher de nouveau dans le même lit ce soir. Mais si elle connait son nom en entier, rien ne peut être aussi moins rassurant que ça.
Pour le moment Abraham s'avance devant le comptoir et lève la main pour présenter deux doigts : « Rhum Enflammé et Jus d'orange. » Et il sortit son porte-feuille avec les Pels. Sa boisson était cher contrairement à la maîtresse. C'était presque à lui qu'il se faisait plaisir.
Tout en arrivant au vestiaire pour reprendre sa veste en cuir et sa boîte à chaussure contenant les siennes, vieilles et mal cirées, il rejoignit les pas de la maîtresse qui l'attendait. Jusqu'ici il ne l'avait vu que dans le noir de la salle de danse, à peine visible entre deux trois rangées de lumières. Le couloir était lumineux, pour qu'on puisse s'y retrouver. Et Abraham regardait la femme reprendre elle aussi ses quelques affaires, notamment son chapeau.

▬ « Est-ce que vous auriez une feuille de papier et un stylographe s'il vous plait ? » Abraham avait demandé ça simplement à la personne s'occupant du vestiaire. Elle cligna des yeux et partit chercher quelque chose dans les affaires du bar. Elle revint très rapidement avec de quoi écrire sur une petite feuille. « Merci, je vous rend le stylo de suite. »

Calmement, il fit un mouvement de la main à Azores pour qu'elle puisse se retourner. Un homme normal, accompagnant la maîtresse d'art Azores Lullaillaco du Conseil de Pelagia, n'aurait jamais fait une chose pareil. Mais Abraham ne s'empêcha pas d'utiliser le dos de la femme comme support pour inscrire quelque chose dessus. Et il prenait tout son temps, le bouchon du stylo pincé entre ses lèvres comme une clope. Une fois le tout terminé, il reboucha le stylographe et le rendit à la jeune femme qui devait avoir à peu près son âge.
Un instant pour regarder ce qu'il avait mit sur la feuille, déjà un peu ébouriffée, et il la tendit à la maîtresse. Dessus ? Un dessin. Le dessin d'une rapide oreille, aux fausses très mal dessinés, portant une sorte de boucle d'oreille en forme de goutte, tombante, avec quelques petits motifs peu précis, un peu au style rococco.

▬ « Ce sera tes boucles d'oreilles. » Abraham lâcha un petit sourire. Une seconde. Deux secondes. « Où allons nous maintenant ? »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   11.02.16 4:23 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Les dents doucement placées contre son cou lui ravivèrent des souvenirs. D’étranges souvenirs qui ne lui inspiraient pas la peur… ou peut-être que si, mais Azores était une femme qui aimait trembler, frissonner. Puis vint une histoire. Une jolie histoire. Des chaussures contre un bijou pour des fiançailles. Elle l’ignorait, mais que le garçon lui apprenne cette tradition lui fit baisser les yeux. Ces petits mots étaient venus la chercher, et son sourire se mettait à vibrer, incapable de s’arrêter sur une expression.

L’artiste ne releva la tête qu’au moment où Abraham s’enfuit pour payer leurs consommations. Elle pensait le faire, mais il était rapide et elle lente. Ainsi, molle, elle le vit se faufiler entre les danseurs et les corps réchauffés. A son tour, seule, elle rejoignit les vestiaires. Elle se perdait entre les personnes déchainées, se glissaient entre deux amis qui discutaient, contournait un homme qui avait tenté de l’interpeler. Au vestiaire, elle demanda ses choses ainsi que celles d’Abraham et tint le tout dans ses bras. Le temps s’arrêta et elle demeura immobile, le regard dans le vague, une expression neutre. Elle avait remis son chapeau cloche sur sa tête, écrasant ses boucles contre sa peau pâle.

Elle se retourna. Elle ne lui demanda même pas pourquoi. Elle devait se méfier… elle se méfiait, de lui comme de tous, mais lui faisait dos sans poser de question. Azores pouvait imaginer toutes les actions horribles que pouvait poser le garçon, mais elle les acceptait. Ainsi allait la vie et elle n’allait pas se retenir, pas comme le faisait Siobhan. Dans chaque petite joie se trouvait une part d’ombre. L’artiste l’embrassait, cette part d’ombre.

Un dessin apparut dans ses mains. Il était flou, fait à la va vite avec les inspirations du moment. Azores avait les yeux vides de tout, son bras venant machinalement appuyer la feuille dessinée contre son oreille, comme si elle venait de mettre la boucle à son lobe. Et là, elle regardait Abraham, lentement un sourire revint sur ses lèvres.

« Elles sont magnifiques. »

Car elle n’était pas une femme matérielle, une femme qui possédait beaucoup de bien précieux. Elle avait vu l’intention, et elle se souvenait encore de la petite histoire de fiançailles. Elle plia précautionneusement le papier, prenant soin de ne pas faire de trace sur le dessin de la boucle d’oreille, et le glissa dans son manteau, dans une poche près de son cœur. Ses mains attrapèrent ensuite les doigts d’Abraham et elle les embrassa tendrement, comme si elle le faisait pour la dernière fois. Azores se sentait étrange, moins agitée par l’Enflammée qui s’estompait, plus blême également. Elle sentait les effets qui diminuaient, sa tête s’était alourdie mais, main dans celle du jeune homme, elle l’entraina avec lui.

« Chez moi. » Chantonna-t-elle de sa voix cassée.

Ils remontèrent et se retrouvèrent dans la rue. D’autres stagnaient aux alentours de l’endroit, mais eux s’éloignèrent rapidement pour rejoindre le quartier où résidait Azores. Elle déverrouilla la porte, amena Abraham avec elle. Ses gestes étaient nerveux et ses yeux avaient du mal –davantage qu’à l’habitude- à faire le focus sur quoi que ce soit. Elle rejoint la table de sa cuisine, y posa ses doigts pour en sentir la texture de bois vernis.

« Nous avons les mêmes initiales. »

Abraham Land. Azores Lullaillaco. Elle avait deviné, il était de la famille Land. Elle ne s’y attarderait pas, et elle ne chercherait pas plus loin que ce qu’il lui révèlerait. L’artiste déboutonne son manteau et le retira rapidement. Elle laissa le garçon seul et trottina jusqu’à sa chambre, laissant tomber son chapeau sur le chemin.

Une fois dans la pièce, elle ouvrit un tiroir de l’un des meubles avec brusquerie et attrapa une petite bouteille dont elle cala le contenu. Parfait. Le liquide n’était pas encore au fond de sa gorge qu’elle se sentait déjà mieux.

Le contenant retourna s’enfermer dans le tiroir rejoignit Abraham aussi vite qu’elle l’avait quitté. Ses mains se mirent à le toucher et se faufilèrent jusque dans son dos, Azores avait posé sa joue contre son torse et elle le serrait contre elle. La Maitresse d’Art soupira, et ses doigts pianotaient contre les omoplates de révolutionnaire.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   16.02.16 2:34 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



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Avril 125.
Abraham dessine les plus belles boucles d'oreilles du monde pour Azores. Elle les acceptes, et ils s'en vont chez elle. Rien de plus rien de moins.

LA DANSE

Azores souriait.
Abraham ne savait jamais si c'était sincère quand quelqu'un lui souriait. En général, à Pelagia, pas mal de choses sont fausses. Pas cette femme. Ou alors il se fait avoir en beauté et ce serait pas la première fois. Non, vraiment. Azores a l'air de sourire vraiment, très sincèrement. Elle sourit assez peu pour rendre l'un de ces petits sourires uniques. Abraham la regarde fixement, elle lui répond. Et il profite de ce bref instant pour l'admirer, avant qu'elle n'enlève son dessin près de son oreille comme si elle tenait vraiment entre ses doigts le petit bijou. Elle rangea la feuille tout en prenant soin de bien la plier et la plaça dans l'une des poches de son manteau. Abraham réajusta le col de sa veste en cuir avant de sentir la main de la maîtresse toucher la sienne. Elle y déposa un baiser, et la jeune fille qui s'occupait du vestiaire les regardaient d'un drôle d'air :à la fois surpris et à la fois ébahit par ce qui se déroulait sous ses yeux.
La maîtresse avait dit Chez moi et tout un tas  de questions se posaient à présent dans la tête d'Abraham. Qu'est-ce qu'ils allaient y faire ? Dormir, oui, surement. Mais elle avait dit ça si brusquement que sa tête était devenue aussi rouge que la fille du vestiaire qui ne pouvait pas vraiment se douter de la relation assez peu banale qu'il y avait entre les deux. Une relation à la fois simple et compliquée mais dans laquelle Abraham ne pensait pas à assouvir ses besoins naturels d'homme.
Et en un temps assez record, ils se retrouvèrent au quartier Nord de Pelagia, étant restés au Niveau 2. Face à cette maison qu'il connaissait que beaucoup trop à son goût. La maison d'une conseillère. Après être passé sur le seuil de la porte et être entré dans la première pièce ouverte sur la cuisine, il avait déjà comprit pourquoi Azores avait été aussi vite pour rentrer. Une bouteille d'Essence fut vite écoulée, Abraham avait comprit quand elle était partit brusquement jusque sa chambre en y laissant son chapeau sur le sol. Il se retenait de dire quelque chose, mais au fond de lui si il n'était pas aussi fatigué, il se serait jeté sur elle pour l'arrêter. Lui va bientôt faire le sevrage, dans sa tête de jeune de vingt-trois ans, il avait espoir qu'elle en fasse autant. Mais qui est-il pour contrôler la vie de cette femme ? Personne. Et fatigué, c'était bien le cas puisqu'il ne prêta même pas attention lorsqu'elle lui fit remarquer qu'ils avaient les mêmes initiales. Il lâcha un bref c'est vrai avant de la voir partir vers sa chambre. Il ôta sa veste et attrapa le chapeau de l'artiste pour y déposer le tout sur un canapé installé là sans réel utilité. Un peu à la Azores. C'était à cet endroit qu'il l'avait retrouvé la seconde fois qu'ils s'étaient vus, quand il avait été récupéré sa veste en cuir, bien habillé, bien coiffé. Elle semblait travailler sur quelques petites choses, et certains documents y trainaient ça et là. Abraham posa son regard discrètement sur ce qui trainait, avec ce regard d'anarchiste espion essayant de récupérer quelques informations. Mais à peine s'était-il rapproché de la petite table que la maîtresse était revenue.

Elle n'avait pas remarqué ses yeux volants sur ses feuilles, et heureusement. Elle s'attarda plus sur sa chemise, posant ses mains tout contre lui, jusqu'à les poser dans son dos, se rapprochant de lui en soupirant tranquillement.
Abraham soupira aussi pour la rejoindre, un soupir presque de soulagement, comme si ils étaient enfin tranquilles. Et c'était le cas, un silence apaisant rattrapa bientôt les bruits des quelques tissus se frottants et des pieds sur le sol. Azores sentait l'Essence a des kilomètres, elle en avait bel et bien prit. Abraham ne parla pas de son soucis au cœur, pas ce soir, pas maintenant. A la place il attrapa la maîtresse comme il l'avait fait la première nuit, telle une princesse et à la place il l'emmena jusque dans sa chambre. La laissant vivre sa vie, il s'en alla dans les toilettes pour s'y voir un instant. Il se soulagea de son rhum enflammé, du moins c'est ce qu'il espérait, se déshabilla et passa un peu d'eau chaude sur son corps, ainsi que son visage qu'il regardait en silence face au miroir réparé depuis le temps. Qu'est ce qui a bien pu arriver à ce miroir ? Des cernes, des yeux sombres, une barbe de deux jours, une sale tronche, des cheveux ébouriffés et mal coiffés. Abraham ressemble bien à un gars de La Compagnie, si elle l'a pas choppé avant. Il pose son regard sur son torse, toujours légèrement imberbe et avec des bleus. Qu'est-ce qu'il est moche. Et pourtant Azores s'en contre fiche. Au contraire elle semble bien aimer ta sale gueule. Abraham finit par lâcher un petit sourire. Il boit de l'eau, longtemps, puis décide de revenir dans la chambre de la maîtresse en laissant ses affaires trainer dans la salle d'eau. Là, il le retrouve dans son lit, pas encore endormie. Elle porte un pyjama et Abraham est ... totalement nu comme un poisson.

▬ « J'y pense. Ça te dérange pas que je dorme à poil à côté de toi ? » Comme si ça la gênait et comme si vous ne l'aviez jamais fait.

Avec Azores c'est drôle, tu es entre l'amant, la muse et l'ami de toujours. Peut être un peu le confident, même si elle semble être comme lui de ce côté, à ne jamais raconter sa vie même au plus proche camarade.
Et se faufiler dans la couverture, à côté de la conseillère en art de Pelagia, c'est comme coucher avec la plus belle étoile de toute la ville sous-marine. La femme la plus convoitée. Bien que la plus discrète du Conseil quand on y réfléchit bien. Abraham restait pensif. Il repensait à Seisyll et ce qu'il avait dit sur elle. D'un côté, cet homme à la cane et au coté assez bourru, n'avait pas dit du mal d'elle ... et ils se connaissaient. Abraham aurait aimé raconter quelque chose, lui dire finalement à peu près tout. Ce qu'il fait de ses journées, ce qu'il est vraiment, ce qu'il compte faire. Mais il ne la connait que depuis quelques temps, et avec seulement trois soirées, rien de plus.

▬ « Comme elle était ? » Abraham pose sa tête contre l'oreiller, le corps face à celui de l'artiste, yeux dans les yeux. « La Azores qui ne prenait pas d'Essence ? »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   19.02.16 2:10 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

La joue blottit contre lui, elle le tenait mollement, mais à la fois avec une poigne ferme.  Azores n’avait pas fermé les yeux pour profiter de son étreinte, mais ils étaient baissés vers le vague, et l’artiste se sentit étrangement apaisée par ce contact.  Puis Abraham bougea, se déplaça et ses pieds quittèrent le sol.  Sans sourciller, elle se laissa porter, bras non pas autour du cou du garçon mais posées de manière lasse contre les plis de sa robe.  Elle atterrit finalement sur le lit et glissa qu’au moment où le jeune homme quitta son champ visuel.  

Elle défit les boutons de son vêtement et le laissa tomber par terre.  Elle échangea son soutien-gorge pour une robe de nuit légère et, par instinct, elle vérifia qu’elle possédait toujours une petite fiole d’essence près de son lit.  Il y avait sur sa table de chevet une lampe un peu spéciale qui ne s’allumait plus et un petit cahier à dessin dont le crayon roulait sur le sol suite à une chute.  L’artiste n’y porta pas attention pour le moment et s’assied sur son lit, poussa une couverture pour mettre ses jambes en-dessous.  

Abraham apparut devant elle complètement nu, mais ce ne fut pas pour cela qu’elle sourit à nouveau.  Il ne s’était pas enfui, pas encore !  Un hochement de tête négatif, elle l’autorisa à demeura vêtu de rien du tout, et de la rejoindre dans son lit modeste.  Sa tête de lit ne possédait pas de fioriture en or et en diamant, et les épaisseurs de tissus sous lesquels ils se cachaient n’étaient pas faites de soie ou de taffetas.  Rien que du coton, épais et doux.  Il s’installa aisément, comme il le ferait avec une relation proche, une maitresse réconfortante.  Azores se cala un peu plus et une main vint toucher le torse dénudé du garçon.  Ses épaules ainsi que ses jambes étaient recroquevillées, une partie de son visage se perdait dans l’oreiller, mais des doigts gardaient un contact avec sa muse, comme si elle avait peur qu’il s’évapore.  

La Azores qui ne prenait pas d’essence.  

Elle était loin, celle-là, et personne ne la connaissait suffisamment pour lui poser la question.  La Azores qui ne prenait pas d’Essence, elle datait d’il y a vingt ans, bientôt.  L’artiste ne se rappelait pas de beaucoup de chose, et elle avait peur de se souvenir ce qu’elle était avant.  De l’époque où la naïveté l’avait amené à faire des choses insensées, où toutes les actions se justifiaient si on l’appelait de l’art.

Ses yeux sombres s’étaient agrandis de surprise, mais elle ne souriait plus.  Ses traits durcis jouaient encore la sévérité et l’égarement.  Azores n’accordait plus d’importance au passé.  Les actions ayant déjà été posées ne peuvent être effacées, s’en soucier serait ridicule.  Elle ne faisait que vivre dans le présent, sans se préserver du futur.  Et maintenant, tout de suite, elle avait repoussé l’épaule d’Abraham pour l’envoyer sur le dos.  Se surélevant à l’aide d’un coude, elle tenait sa mâchoire pour ne pas qu’il bouge la tête.  Elle le dévisagea, ses lèvres bougèrent sans créer de son, comme si elle tentait de se rappeler.  Ses yeux vitreux cherchaient, loin.  C’était une question qui la contrariait, qui la perdait.  

« Elle n’était pas moi. »
Fut tout ce qu’elle répondit, embrassant rapidement la bouche prise en otage d’Abraham.  

La Maitresse d’Art retomba sur son oreille, ses boucles rousses éparpillées sur le coton pâle des draps.  Ne posant plus aucun geste, le regard dans le vide, vers le plafond, n’ayant que sa poitrine qui se soulevait comme signe de vie.

« Ce n’est pas important. »

Ce n’était plus important, depuis longtemps.  Pourtant, c’était précisément ces petites péripéties qui avaient fait d’elle la masochiste à l’esprit hors de son corps qu’elle était aujourd’hui.  C’était ce qui l’avait forgée, qui l’avait poussé à garder Abraham dans ses bras alors qu’il avait tenté à plusieurs reprises de la menacer.  

« Sais-tu, Abraham, à quel moment un homme se montre le plus véritable ? » Murmura-t-elle, consciente ce que n’était pas la première fois qu’elle lui posait cette question.  

Comme si elle voulait changer de sujet, mais en réalité, Azores était en plein dedans.  C'était plein de sens, une manière détournée et surtout tordue de répondre à sa question.  

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.03.16 1:02 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



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La question d'Abraham était tombée d'elle même.
Et même quand il la termina de la poser, ses lèvres se fermèrent brusquement, comme pour ne pas montrer qu'elles s'étaient ouvertes. Il remarqua le regard devenu sombre et lointain de la maitresse. Certes, il était souvent lointain, mais cette fois-ci c'était bien plus profond que d'habitude. Et elle ne souriait plus. Sans tout de suite répondre, elle le posa sur le dos et s'aida de son coude pour l'observer de haut, lui tenant le bout de la mâchoire pour ne pas qu'il bouge. Et Abraham ne bougeait pas, seulement ses yeux, pour que son regard soit toujours porté sur le sien.  « Elle n'était pas moi. » Fut sa seule réponse avant de l'embrasser et de le lâcher et de se coucher sur le dos, comme lui. Tout deux regardaient en silence le plafond comme un vieux couple qui n'aurait plus rien à se dire. Abraham pensait, au fond de lui. Un truc du genre "ou plutôt tu n'arrivais pas à être complétement toi", mais il ne connaissait pas son passé comme elle ne connait pas le sien. Alors, il s'était enveloppé dans un mutisme. Mutisme qui disparut lorsqu'elle préféra passer rapidement à autre chose, dire que ce n'est pas important et reposer cette fameuse question ...

▬ « Sais-tu, Abraham, à quel moment un homme se montre le plus véritable ? »

Le fait est que Abraham avait deux réponses en tête.
Mais que Azores cherchait une troisième réponse. Qu'il n'avait pas. Alors Abraham restait silencieux, écoutant les bruits extérieurs, le bruit de l'eau bien présent quand on laisse le silence s'installer dans une pièce si proche de l'enveloppe en verre. Il était là, couché sur le dos, dans le lit d'une conseillère, nu comme un verre, les cernes creuses sous ses yeux sombres, les poils de la barbe repoussants. Et puis il lâcha : « Quand il est amoureux. » Et c'était sortit à nouveau tout seul, surement par la fatigue.
Abraham avait les paupières à demi-close, mais parce qu'il pensait. Sa main s'approcha de sa bouche et il se mangea quelques morceaux de chairs près de l'ongle, par nervosité.

▬ « Mon père en amitié c'était quelqu'un de bien. Intelligent, drôle, charismatique. Il a d'ailleurs charmé ma mère comme ça. Et puis il est tombé amoureux, et là ... Mon père est devenu différent. Paranoïaque, jaloux, possessif. » Et violent. « Et je vais surement reproduire le même schéma. »

Le même schéma de l'homme que tu as toujours détesté. Mais en même temps aimé. Parce que c'est lui qui a fait ta culture générale, tes quelques connaissances en art et en littérature. C'était un révolutionnaire bien avant toi qui ne voulait pas que tu deviennes n'importe qui. Mais c'était aussi un homme qui buvait trop et qui était beaucoup trop malheureux et surement trop faible pour résister aux injustices.
Abraham se tourna finalement pour être plus près de l'artiste, il se mit même carrément sur le ventre, la tête sur le côté pour pouvoir toujours la regarder. « Tu as été amoureuse ? » Lui, non. Enfin si peut être.
Au final il y a beaucoup de choses qui font qu'un homme se montre véritable. Et pourtant ça reste rare qu'il le soit.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.03.16 2:08 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Quand il est amoureux.  

Abraham, encore une fois, avait répondu à cette question avec des mots doux.  Quand il regarde une femme dans les yeux, quand il est amoureux.  Azores avait froncé les sourcils et regardait dorénavant le jeune garçon.  Elle ne s’attendait pas à une telle répondre, et elle en cherchait le sens.  L’artiste eut droit à une toute petite parcelle de vie, une minime confidence qu’elle chérirait jusqu’à ce que l’Essence lui fasse oublier.  Son père, son père.  Un pilier dans la vie d’un enfant.  Un pilier paranoïaque, jaloux, possessif.  

Cette révélation ne nécessitait pas de réconfort, de pitié.  Azores n’allait pas tapoter la tête du garçon en lui disant qu’il n’était pas comme cela, qu’il ne suivrait pas une telle voie.  D’abord car elle ne saurait se croire elle-même, ne connaissant pas Abraham suffisamment, et ensuite parce qu’elle n’était pas ainsi.  Si vraiment il avait besoin de quoi que ce soit, il se devait de le prendre, non pas de l’attendre.  

Il bougea.  Les paupières de l’artiste s’agrandirent quand elle sentit le bras du révolutionnaire effleurer le sien.  Cherchant une réponse à cette nouvelle question, elle quitta sa position lasse et s’assied.  Une main se glissa sous la couverture et vint caresser la peau d’Abraham.  Ses doigts creusaient avec douceur entre ses os saillants et Azores se perdit un moment avant de revenir à la réalité.  

« L’amour est une idée à laquelle j’avais adhéré il y a de cela très très longtemps. » Trop longtemps pour qu’elle s’en rappelle totalement, était-ce lorsqu’elle avait quatorze ans ?  Ou bien seize ?  Dix-huit ?  À quel âge avait-elle accédé à son poste, déjà ? « C’est compliqué, c’est surfait. »

Comme à peu près tout, aux yeux de la Maitresse d’Art.  Elle oscillait entre deux extrêmes : un détachement las ou une passion inconditionnelle.  L’amour était-ce d’être soi-même heureux face à la joie d’autrui ?  Était-ce posséder une complicité et une fusion sans égale ?  Ou peut-être était-ce cette peur que l’aimé ne nous regarde plus ?  Tout ça, ou rien du tout.  L’amour n’avait aucune définition, pour Azores.  L’artiste ne s’associait pas à tous ces amoureux qu’elle observait.  

« Je ne crois pas que l’amour rende un homme véritable.  L’amour est comme la tristesse, elle s’efface avec le temps.  L’homme amoureux pourrait être le plus paranoïaque, jaloux, possessif et se montrer peureux et suppliant s’il est confronté à la mort. »  

Et sa main remonta vers les épaules frêles d’Abraham, sans aucune malice ni menace.  Une inspiration, un soupir.  

« L’amour est une création humaine, elle est conditionnelle et limitée. »  Et Azores n’était pas une femme conditionnelle et limitée, au contraire.  Ses yeux vinrent se poser sur ceux de l’homme, ses doigts dansant toujours sur son dos, jusqu’à ce qu’elle se penche et se servent de ses omoplates pour appuyer sa tête rousse.  Comme le ferait une personne amoureuse, avec ses conditions et ses limites.  

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.03.16 2:56 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



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LA DANSE

Elle s'était assise.
Et puis elle lui caressa le dos. Abraham ne disait plus rien, petit sourire satisfait d'avoir le droit à des caresses d'une femme sur le dos. Un peu il allait s'endormir comme ça, comme un enfant. C'est peut être ça le bonheur ? Bientôt il lui demandera d'enlever sa robe de chambre parce que c'est surfait.
Elle s'arrête dans ses caresses. L'amour, elle l'a adhéré il y a un temps. Elle trouve ça compliqué et surfait. Abraham, la tête toujours posée sur le côté de l'oreiller, lâcha un petit sourire. Surfait. Oui, il peut pas dire le contraire. C'est peut être pour ça qu'il n'a jamais vraiment connu le vrai amour, celui qui vient pas t'emmerder, qui est pas compliqué, et triste à la fin. Le jeune homme s’apprêtait à s'endormir lorsque l'artiste continua de lui parler. Elle ne croyait pas que l'amour rende un homme véritable. Abraham pensait plus au sentiment. Azores, c'était plutôt une idée. L'amour et la tristesse, ça s'efface avec le temps. Pour une fois il pensait le contraire, pour lui ça ne s'en va jamais réellement ... à moins d'oublier, mais on finit par devenir fou.
La main de la maitresse d'art revient vers ses épaules, il frissonne. L'amour est une création humaine, lui dit-elle. Ou plutôt une manière très maladroite de définir quelque chose que l'on ne connait pas. Conditionnelle et limitée. Voilà, c'est exactement ça. Tout le contraire d'elle en fin de compte. Azores n'est pas l'amour et pourtant ...

▬ « Tu te souviens au moins qu'on a couché ensembles la première fois ? » Tu te souviens. Soudain Abraham avait peur de ses pertes de mémoires. Parce que Azores pouvait oublier son ancienne vie, et très facilement les choses.

Et puis il l'interrompit. Se relevant d'un bond, quitte à être agenouillé sur le lit. « Idée, complications, surfait, vérité, tristesse, paranoïa, jalousie, possessivité, peur, mort, conditionnel et limité ... L'amour. » Abraham était là, le petit doigt levé vers ... vers le plafond. Nu, essayant de ne pas se casser la figure sur un matelas. Il attendait une réaction qui venait trop lentement selon lui.

▬ « Azores ! Il faut que tu peignes ! Maintenant ! »

Et il sortit du lit, précipitamment, glissa sur sa chemise Blue Velvet, se rétama la figure sur le sol, se releva en s'aidant de la porte de la salle de bain, continua de courir jusque la porte de la chambre vers l'atelier. Il attendit une réaction de la maitresse puis lança : « Je vais te préparer le jus d'orange ! » Et il fonça dans la cuisine, ratant la première marche, se cassant la figure dans le salon de tout son long, se relevant en riant bêtement, courant jusqu'au frigidaire, attrapant l'éternel jus d'orange pour le verser dans un verre. Au moins elle ne boira pas d'Essence.

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.03.16 3:48 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Elle s’en souvenait, mais elle n’eut pas le temps de lui répondre. La faisant brusquement reculé, il se leva avec un entrain qu’elle croyait endormi, pointant un doigt vers le plafond. Azores, quant à elle, s’était à nouveau appuyée sur ses coudes, attendant patiemment de voir quelle folie venait d’atteindre Abraham. Il énuméra bien des mots, cita ses paroles sans leur sens. Elle ne réagissait pas, car elle continuait de le regarder, lui maintenant lancé dans une toute nouvelle idée.

Il faut que tu peignes ! Maintenant !

Quelle drôle d’idée. Il le faut. Comme il faut boire et manger pour survivre. Falloir. L’artiste adopta un air suspicieux qui se durcit en voyant le jeune homme trébucher au sol. Pourquoi le fallait-il, maintenant ? Avec davantage de précaution, elle posa ses pieds au sol et se traina lentement vers la salle principale. Il était là, en effet, en train de remplir un verre de jus d’orange.

Là tout de suite, elle ne possédait pas d’incontrôlable envie de coucher de la couleur sur une toile. Pourtant, lorsqu’elle regardait Abraham, sa muse, elle avait la capacité de créer tout un monde. Un univers entier juste en voyant le torse du garçon prend un nouveau souffle, une réalité un peu plus stable que celle dans laquelle elle vivait juste en voyant son œil qui clignait sans arrêt. Lasse, elle se détourna de lui et se dirigea vers son espace d’atelier. Il y avait un chariot, qu’elle pouvait bouger là où elle désirait, et sur celui-ci était posé divers pinceaux et peintures. Azores déboucha le pot de pigments rouges, et son arme possédait un manche en bois donc le bout était serti d’un poil mou et clair.

Et un instant plus tard, elle se retrouvait aux côtés d’Abraham. Les mains pleines, elle ne daigna pas prendre le jus d’orange qu’il venait de lui servir avec tant d’attention. Azores trempait la pointe de son pinceau dans la couleur et fit un pas de plus pour se rapprocher de l’homme. Suffisamment près pour se demander lequel de ses yeux elle devait regarder. Et son arme vint rencontrer la peau pâle et abimée de sa muse, une longue marque pourpre mais froide se dessinait au fur et à mesure qu’elle descendait sa main maitresse. À son deuxième mouvement, elle retraçait sa clavicule.

Elle utilisa son pinceau pour refaire quelques veines sur l’un de ses bras. Certaines lignes recopiaient les traits du garçon, accentuant ceux-ci, d’autres étaient créées et imaginées. Un petit cercle sur chacune de ses côtes gauches, des arabesques sur sa hanche. Toujours en rouge. Azores posa un genou par terre pour se mettre plus basse, et peignit sur la cuisse droite, baissa la tête pour se rendre jusqu’aux pieds. Malgré tous ces embellissements, elle le préférait au naturel. Pire, elle préférait ses yeux noirs. Et maintenant Abraham était tout de blanc, de rouge et de noir.

Elle s’arrêta et, une absence plus tard, elle se rendit compte que son pinceau était tombé au sol. Elle le reprit et se releva.

« Je me rappelle au moins qu’on a couché ensemble la première fois. Je me rappelle que la seconde fois, tu le regrettais. La troisième fois ressemble à la première, mais j’espère que la quatrième fois, tu assumeras. » Menton levé vers lui, Azores continue. « S’il y a une quatrième fois. »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   06.03.16 4:35 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



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LA DANSE

Abraham sentit la présence de la maîtresse revenir vers lui. En se retournant, il eut à peine le temps de lui proposer le jus d'orange que déjà elle peignait en direction de son torse, sur sa clavicule gauche. Un rouge pourpre, assez froid, tantôt comme des veines sur son bras, des traits de son visage, des traits abstraits, des cercles sur son côté gauche, au niveau des côtes, des formes sur sa hanche, des formes de sa cuisse jusqu'à son pied. Puis elle s'arrêta, le pinceau était tombé au sol. Elle semblait s'être stoppé.
Elle peignait à la fois lentement mais surement, aussi surement qu'elle en avait oublié le pinceau. Elle le reprit et se redressa sur ses pieds assez rapidement, Abraham eu le temps de reculer sa tête pour ne pas prendre celle de la maitresse sur son menton. Elle répondait finalement à sa question, oui elle se rappelait. Et puis elle espérait que la quatrième fois il assumera. La première fois, son cœur s'arrêta. Puis la deuxième fois, Si il y a une quatrième fois, son cœur se mit à battre tellement fort qu'il avait peur qu'elle l'entende de là où elle était.
Non, bien sûr, elle ne cherchait pas à faire de remarques en disant ça, c'était simplement la vérité et la vérité est souvent mal perçue parce que justement elle est vraie. Et quoi de plus douloureux que la vérité après tout ? Abraham cligna de l’œil droit en la regardant bien en face. Pour lui, si il détournait ne serait-ce que le regard, ce serait foutu. «

J'ai ... » Ses lèvres restèrent en suspend et il n'arriva pas à trouver les mots. Il avait beau continuer d'essayer, il avait été prit au dépourvu et c'était comme si Azores lui avait flanqué un magnifique coup dans les bijoux de familles. Impossible de respirer convenablement, et chaque recoins de sa peau recouverts de peinture le brulait, psychologiquement parlant. Il se sentait mal d'avoir mal agit, de nombreuses fois, mais peut être qu'un jour elle comprendra. Surement même. « J'ai peur. »
Il avait dit ça calmement mais ses mains tremblaient lorsqu'il remplit ses mains de cette drôle de texture qu'était la peinture. Cette étrange pigmentation qui tenait parfaitement pendant plusieurs années. Ses dix doigts devinrent pourpres et il laissa les traces qu'il déposa sur le visage de la maîtresse former des lignes. Un peu comme des plumes ou quelque chose dans le genre, beaucoup moins bien dessinés.

▬ « J'ai peur alors c'est pourquoi je ne peux pas te promettre qu'il y aura une quatrième fois. » Et de toute façon qu'est-ce qu'une promesse entre eux deux ? C'est très aléatoire. Si jusqu'ici ils se sont revus trois fois c'est un peu par la force du hasard mêlé à peut être une petite envie derrière.
Abraham baissa le regard et attrapa l'une des bretelles de sa robe de nuit pour y faire découvrir l'un de ses seins. Il y dessina le contour puis regarda sa poitrine d'homme, plate et pas franchement musclé. Non, plutôt, il regarda entre. Et tout en portant sa main en direction de celle de l'artiste, il la frôla tout en demandant faiblement :

▬ « Comment est-ce que tu représenterais un souffle au cœur ? »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   17.03.16 21:40 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Il avait peur.  Cette mention fit incliner la tête de l’artiste sur le côté.  Celle-ci s’arrêta de peindre, demandant d’un regard intrigué la suite de ces propos.  Elle ne bougea pas, et Abraham mit ses doigts dans ses pigments rouges, à la manière d’un enfant.  Puis ce fut elle qui devint une sorte de toile, Azores ferma les yeux par réflexe mais les rouvrit rapidement, sans éprouver de gêne quant à la peinture qui se retrouvait étendue sur ses joues.  

Ce ne fut pas le reflet de son regard ou un pli dans ses lèvres qui démontrèrent la brève déception qui traversa son esprit, mais sa tête qui se baissa, leur contact visuel qui se rompit.  Son bras qui tenait son pinceau sur laissa tomber le long de son corps.  Oh, Azores était humaine, elle ne le formulerait pas clairement, ni même le penserait de cette façon au creux de sa tête, mais ne plus voir le garçon l’attristerait.  Elle pensait rarement à lui lorsqu’il n’était pas là mais, durant l’instant présent, tout de suite, l’idée de ne plus le revoir n’attisait rien de positif.  

Abraham mentionna un souffle au cœur, mais n’obtint peut être pas la bonne réaction de la Maitresse d’Art… tout simplement car elle ignorait de qui il s’agissait.  Pour ses oreilles, cela ressemblait à une figure de style.  Son pinceau se posa sur la poitrine du jeune homme et, lentement, de manière lascive, elle se mit à y dessiner une spirale, un souffle.  

« Les Dieux lient ensemble deux âmes, trois âmes, pleins âmes ! » Si ça se trouve, Abraham ne croit même pas à l’Âme.  Ou du moins pas comme elle. « Et ces âmes se retrouvent toujours.  Parfois elles s’affrontent, parfois elles jouent ensemble, mais elles ne s’ignorent pas. »

Azores déposa son pinceau sur son comptoir ainsi que son petit pot de pigment et vint toucher la peinture presque sèches sur la peau de son sein blanc.  

« Alors si nous ne nous revoyons pas ici, à Pelagia, peut-être nous reverrons-nous ailleurs.  À la surface, qui sait ! »

Elle referma ensuite sa peinture, la rapporta où elle l’avait prise.  Azores s’aperçu qu’il y avait un verre de jus d’orange, là, juste là et trottina pour aller à sa rencontre et le caler d’un coup.  Elle marmonna, de manière audible :

« Je ne vis pas pour hier ni pour demain.  Maintenant, immédiatement, tu es là, toi. »

L’artiste s’écarta, et elle le regarda dans son ensemble.  Elle s’appuya contre le comptoir, battait des cils avec énergie alors que ses doigts heurtaient la surface comme des pattes d’araignées.  

« Montre-moi un souffle au cœur. »

Peu importe ce que c’était.  

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   18.03.16 19:51 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Qu'il est dommage de mourir sans avoir vécu ! A. Karr

LA DANSE

Azores ne disait rien.
Mais son silence parle toujours. Elle leva sa main, pinceau coincé entre ses doigts, et dessina une spirale sur la poitrine de l'homme, plus jeune. Abraham aurait fait la même chose, cette spirale, cette sorte de souffle léger et envoutant. Et pourtant ce n'est pas du tout ça. En réalité lui même ne sait pas vraiment ce qu'il a, ce que c'est que cette maladie. Azores non plus apparemment.
Les Dieux, les Âmes. Abraham ne croit pas en les dieux. Mais il retint ce qu'elle dit, comme à chaque fois. Un jour, une artiste lui a dit je veux peindre une âme. Azores parlait, lentement, de sa voix légèrement grave sur quelques intonations. Parfois elles s’affrontent, parfois elles jouent ensemble, mais elles ne s’ignorent pas. Abraham avait comprit le sous-entendu avant même qu'elle continue de parler. Avant même qu'elle lui dise que si ils ne voyaient pas ici, ils se verraient ailleurs. Mais ce dont il ne s'attendait pas, ce fut ses derniers mots. À la surface, qui sait ! Abraham restait silencieux, mais une question se posait au fond de lui : pourquoi on ne laisse personne sortir de Pelagia ou y entrer ? Pourquoi personne ne dit rien ? Alors que tout le monde au moins une fois à penser à cet ailleurs, ce monde inconnu plus loin que l'océan ?

Abraham se réveille au son du verre de jus d'orange qui se soulève. Azores boit une grande gorgée et s’apprête à ranger ce qu'elle avait dérangé. Mais elle s'arrête en chemin : Je ne vis pas pour hier ni pour demain. Maintenant, immédiatement, tu es là, toi. Le toi résonne encore dans sa tête alors qu'elle lui demande bien spécifiquement de lui montrer un souffle au cœur. Abraham pourrait l'écouter lui parler des heures durant, lui raconter encore ses histoires de dieux et d'âmes, son passé, ses peintures, sa façon de voir les choses, l'extérieur, un livre qu'elle pourrait avoir lu. Abraham aime écouter les histoires d'une femme qui perd peu à peu la mémoire à cause de l'Essence. Et qui sait ce qu'elle pourrait bien lui raconter si elle n'en buvait pas autant et si ça ne rentrait pas dans son cerveau comme un ver dans une pomme.

▬ « Te montrer un souffle au cœur ? ... Tu sais, il y a certaines choses difficiles à montrer parfois. » Lui répondit-il finalement en souriant, les yeux baissés vers les doigts de l'artiste qui pianotait la surface du comptoir tout près d'eux. « Souffle au cœur c'est le nom que l'on donne à une insuffisance cardiaque, c'est comme si le sang n'entrait pas correctement, et le battement permettant d'évacuer ce qui est mauvais pour le cœur, se met à faire un bond de travers. Parfois ça s'entend. Parfois ça se ressent. Et c'est désagréable. » Abraham n'avait pas précisé jusqu'ici qu'il avait cette anomalie, et ni la cause de tout ça. « L'Essence bien évidemment. »
Abraham resta silencieux. Habituellement quand il est avec quelqu'un, il cause, il est même plutôt bavard, c'est lui le premier qui vient aux devants. Mais pas avec Azores, peut être parce qu'il se dit que plus il lui parlera, plus elle répondera des choses censées, des choses intéressantes, et à chaque fois son cœur risque le rebond. « On va dire qu'il m'est déconseillé de boire de l'Essence et même de tomber amoureux. » Lentement, il porta ses doigts près de ses lèvres sèches et craquelées, tapotant celles-ci comme la maîtresse tapotait le comptoir. Il réfléchissait brièvement. « C'est pour ça que quand tu m'as demandé à quel moment un homme se montre le plus véritable, je t'ai répondu quand il est amoureux. Peut être parce que la mort c'est stupide, on ne sait pas pourquoi les hommes sont immortels. Pour moi ils disparaissent, ne reviennent plus. L'amour c'est la même chose, c'est quelque chose que l'on a crée, une idée. L’amour est une création humaine, elle est conditionnelle et limitée. Et pourtant je pense que c'est à partir de là qu'on devient véritable, quand on se rend compte que les choses sont bien réelles. » Encore un bref sourire.

▬ « Azores, à quel moment un homme se montre le plus véritable ? »

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MessageSujet: Re: La Danse | Abraham | Avril 125   31.03.16 0:18 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Azores attend. Parce qu’elle aimerait savoir ce qu’est un souffle au cœur. Cela ne semble pas très grave, mais à la fois, ne fallait-il pas se méfier de l’eau qui dort ? Souffle au cœur. Cela sonne léger, calme et doux. Ce que n’était pas Abraham. Lui il est fougueux, instable, mais pas méchant. Sa tête s’incline légèrement quand il émet que cela serait difficile à montrer… Évidemment ! Il y avait des choses plus compliquées que d’autres, mais Azores était patiente, et elle pourrait prendre la nuit pour comprendre. Ses doigts résonnent contre le comptoir, comme un compte à rebours sans synchronisation. L’artiste ne possède aucune notion du temps, elle ne sait pas quelle heure il est et à quel heure elle devrait se lever le matin.

Une insuffisance cardiaque. Cela sonne des cloches, mais la Maitresse d’Art ne sait pas encore tout à fait de quoi il s’agit. Érudit, Abraham lui explique, dans un ton qui ne porte aucun jugement sur l’esprit pas aussi brillant qu’est la peintre. Il enchaine sur l’Essence… Toujours la faute de l’Essence ! N’est-ce pas ? Elle refait un pas vers lui, se rapproche mais ne le touche pas. Ses sourcils sont froncés, une once d’inquiétude et de curiosité.

Elle ne l’interrompt pas, pas encore. Ce qu’il dit fait du sens, mais pour une femme comme elle qui rebute les conditions et les limites, cela la contrarie. Serait-elle donc… Fausse ? Car elle ne peut pas être encadrée dans la réalité, elle ne serait pas réelle ? Azores s’est toujours sentie en retrait. Comme une spectatrice, à regarder les autres aller à leur vie, sans y intervenir. Sauf qu’Abraham, lui, elle avait envie de le toucher, d’agir. Mais elle se sentait incapable de lui commander quoi que ce soit. D’exiger que là, et jusqu’à la fin, il reste à côté d’elle. Ainsi n’aurait-elle pas à attendre cette quatrième rencontre dans un autre monde.

« Quand il est sur le point de mourir. » Répondit-elle, fidèle à sa réponse. La fatigue commençait à peser sur ses paupières.

Elle se retourne, suivant ses doigts qui couraient sur la surface plane du comptoir. La peinture commence à craquer sur ses joues, ainsi que sur son sein. Elle fait dos au jeune garçon, s’enferme un peu sur elle-même avec ses cheveux qui lui retombent devant le visage.

« Parce que même l’homme qui se montre le plus fort et le plus brave, peut se mettre à sangloter de peur devant la mort. »

Ses doigts se lèvent, il n’y a plus de surface horizontale sur laquelle galoper. Ses mains viennent glisser de part et d’autre de son visage, écartant les cheveux ondulés qui venaient y tomber. Azores tourne la tête, lentement, comme si elle venait de se rappeler que quelqu’un se tenait là, derrière elle. Ses mains descendent jusque sur sa bouche et ses yeux vides sont écartés.

« Veux-tu voir ton âme, Abraham ? »

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La Danse | Abraham | Avril 125
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