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La plume. — Azores / 03.125
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 La plume. — Azores / 03.125


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MessageSujet: La plume. — Azores / 03.125   08.01.16 17:34 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Il attend là, les yeux rivés sur les mots que le livre lui offre. Adossé au mur, il tient l’ouvrage à une main, les bras croisés, tuant le temps qui passe en lisant. Sa montre, ce n’est même pas la peine qu’il y jette un coup d’œil : quelque chose lui dit qu’il va attendre légèrement plus longtemps que prévu. Une ombre passe dans son champ de vision, et Gil relève machinalement les yeux l’espace d’une seconde. Un passant. Un inconnu. Son intérêt revient au livre et à ce qu’il raconte.
Aujourd’hui, il ne travaille pas. Il a bien le droit, lui aussi, une fois de temps en temps, à ne rien faire de sa journée, ou presque. Et quand c’est son père qui décide de jouer les abonnés absents, lui écope de l’entière responsabilité de la bibliothèque.

Gil lit en attendant qu’Azores arrive. C’est elle qui lui a demandé de venir, et c’est sans gaieté de cœur qu’il a marché jusqu’à l’atelier de couture. Il n’a aucune idée de pourquoi elle lui a demandé de venir, elle le lui a juste demandé. Il peut déjà se dire que ce n’est pas pour lui, il n’a pas besoin d’un énième costume de soirée. Vivre au niveau 1 lui fournit amplement d’occasions comme ça d’arborer le dernier en date, qui n’a qu’un ou deux ans, et qui a toujours l’air aussi neuf qu’au sortir de son emballage en papier de soie.
A part attendre en lisant, le fils Dylman n’a pas grand-chose à faire. Azores finira bien par arriver et lever le voile sur le mystère de sa demande.
Il se doute que ç’a un rapport avec le bal de Corb, auquel l’artiste l’a gentiment invité, et lui a gentiment accepté dans la simple idée de faire enrager son paternel un maximum, de lui confirmer ce que les ragots diraient avec un grand sourire.

Mauvaise idée. Son visage s’assombrit l’espace d’un instant.
Il aurait mieux fait de lui dire pendant qu’il en avait encore l’occasion, il aurait subi la tempête et les mots durs avec la tête droite. Tant pis, ce qui est fait est fait : son père l’apprendra par l’intermédiaire des autres.
Gil se reconcentre sur sa lecture et oublie le bruit ambiant des gens qui passent et qui parlent quand ils en ont l’occasion. Le livre est autrement plus intéressant que le trottoir. Il tourne une page, continue sa lecture.

Azores allait finir par arriver. Elle arrivait toujours, de toute façon.



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   08.01.16 18:34 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Corb n'était pas une compagnie avec laquelle elle faisait généralement affaire. Elle travaille avec Aronde, avec les artistes, aux prises de décisions du Conseil, mais pas Corb. Néanmoins, en tant que membre du gouvernement, elle avait été invitée au bal de la compagnie scientifique et elle avait trouvé un charmant jeune homme pour l'y accompagner. Au début, elle se serait abstenue de s'y rendre, préférant la solitude de son appartement aux mondanité du Niveau 1. Cependant, son avis avait changé et la voila qu'elle avait proposé a l'héritier Dylman d'être son cavalier. Il était charmant, calme, jeune et incroyablement conciliant quand elle se rendait a la bibliothèque. Azores l'appréciait, et apréciait tout autant l'aider dans sa quête pour sortir son père de ses gonts.

Plus tôt, elle l'avait également invité a la rejoindre a la maison de couture et, sage, il attendait. Sage et patient. Alors que l'artiste a l'esprit facile a égarer trouvait son chemin jusqu'a lui. Azores l'aperçut, au bout de la rue et alla le rejoindre a pas légers. Elle ne l'interrompit pas, le laissant finir sa phrase, son paragraphe, sa page. Quand l'attention du jeune homme passa du livre a la demoiselle, l'artiste étira un sourire avec ses lèvres rouges et ses paupières maquillées battirent quelques fois avant qu'elle ne s'exclame, douce :

« Bonjour, Gil. »


Comme elle le ferait a chaque fois qu'ils se trouveraient ensemble au bal, Azores prit son bras et s'y accrocha avec douceur. Elle ne révéla pas le plan de la journée tout de suite, ne faisant que l'amener avec elle dans la maison de couture. Les travailleuses étaient affairées a de larges tables plates sur lesquels étaient étendus des tissus de toutes sortes. Chacune avait sa propre machine a coudre faites de métal pour le mécanisme et de bois pour la carcasse. Il y avait celles qui coupaient, celles qui jointaient des morceaux et celle qui venait a la rencontre du faux couple improvisé. La couturière s'exclama, reconnut la Maitresse d'Art et la salua avec engouement et politesse.

Azores fit un tour vers son compagnon quand la dame partit a la recherche de sa commande. Elle levait la tete vers Gil et, lâchant son bras, ses mains vinrent se poser sur son torse.

« Je t'ai fait venir pour que tu donnes ton avis sur la robe que je porterai au bal et pour que tu portes un complet qui s'y agencera ! Ensuite nous devrons aller choisir une boutonnière et un corsage. » Ses doigts se mirent a pianoter. « Très traditionnel, je sais. »


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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   08.01.16 19:24 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Une autre ombre passa dans son champ de vision, sans vraiment le faire ciller. Pourtant, l’ombre s’arrêta, mais sans le déranger. Gil se contenta de terminer la page qu’il était en train de lire, avant de regarder le numéro de celle-ci et de le répéter trois ou quatre fois dans sa tête. Ça lui suffisait à mémoriser les petites choses comme les numéros de pages, les noms dans les registres de la bibliothèque, et les numéros des adresses. Pour le reste, il notait, apprenait au fur et à mesure.
Il baissa son livre, le refermant calmement, se détachant du mur par la même occasion et souriant, quoique plus discrètement, à l’artiste.

« Bonjour, Azores. »

Il la laissa passer son bras autour du sien sans broncher, tout comme il la laissa l’entraîner à l’intérieur de l’atelier de couture. Gil n’y était pas entré depuis un bon moment. Il n’avait jamais expressément besoin de se faire confectionner un vêtement quelconque, et les siens duraient suffisamment longtemps pour qu’il ait le temps d’y penser.
Il adressa un bref signe de tête poli en guise de bonjour à la couturière, restant un peu en retrait, les mains jointes dans son dos, ne lâchant pas son livre. Il ne la connaissait pas. Elle ne le connaissait pas. Mais si Azores l’avait traîné ici, cela voulait dire qu’ils auraient amplement le temps de discuter, pour une raison ou pour une autre. L’anniversaire de sa mère, éventuellement. Il pouvait toujours demander à lui faire confectionner une étole. En soie verte. Un vert foncé, comme les aiguilles des pins de la forêt.
Il rangea l’idée dans un coin de sa tête, laissa Azores s’approcher.

Et finalement, soupira.

« Bon sang… »

Un sourire se dessina sur ses lèvres, avant qu’un rire ne lui échappât. Il aurait dû s’en douter, venant d’Azores. Il aurait dû se douter de quelque chose.

« Es-tu certaine que ce soit nécessaire ? Pour le complet, j’entends. La robe, tu en fais ce que tu veux, mais personnellement, j’ai déjà assez d’affaires comme ça pour ne pas avoir à me racheter un lot de cintres à côté. Par contre, le corsage, tu feras ça sans moi. »

Pas spécialement envie d’y être traîné, et de toute façon, il n’y connaissait rien, ce qui lui faisait une bonne excuse pour rester en retrait.



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Dernière édition par Gil Dylman le 08.01.16 20:38, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   08.01.16 20:33 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

La femme qui était bien petite a coté du bibliothécaire mis ses poings sur ses hanches. Elle ne fut pas rébutée par ses mots, ils ne la gênèrent même pas, a vrai dire. Sa tête se pencha légèrement d'un côté et ses cheveux, dont les meches dessinaient des vagues faites au fer et réunies en une queue de cheval, suivirent le mouvement. Le temps que la couturière revienne avec la robe, Azores répondit a son compagnon :

« Tu n'as pas besoin d'acheter un nouveau complet, voyons ! Seulement une chemise. » Et elle faisait de ces yeux doux, pour ne pas que Gil se désiste, s'enfuit.

La couturière arriva avec le vêtement soigneusement recouvert d'un étui protecteur. Elle le déballa sous les yeux curieux d'Azores qui n'avait lancé qu'une idée en l'air pour laisser l'artisane du tissu faire le reste. La coupe semblait idéale, la couleur s'agencerait très bien avec sescheveux et la tenue de Gil -noir, quoi. L'artiste prit la robe et se tourna vers son cavalier, enjouée, avant de plisser le nez.

« Je vais l'essayer... et n'en profite pas pour t'enfuir ! »


Et elle partit dans une cabine d'essayage. Un court instant, plus court que ce que l'on aurait pu imaginé, avant qu'elle ne ressorte, mains sur la poitrine en train de joindre la dernière attache de son col. Une coupe droite et ajustée qui arrivait tout juste au-dessus du genou, un genre différent -évidemment Azores ne saurait porter une robe comme toutes les autres !- mais élégant. Elle revint vers Gil, les bras un peu écarter pour qu'il puisse admirer le vêtement.

« Qu'en penses-tu ? Pas de mensonge, ou je t'oblige a venir choisir ta boutonnière. »
Elle baissa la tête et attrapa entre ses doigts du tissu au niveau de sa taille qui ballonait légèrement. « Il faudra juste ajuster ici... » Et a peine eut-elle terminé sa phrase quela couturière venait, a l'aide d'une craie pâle, faire des marques pour les prochains ajustements.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   08.01.16 21:03 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil leva machinalement les yeux au ciel, laissant un nouveau soupir lui échapper. Comme si une chemise l’arrangeait plus. Il en avait déjà un bon stock, et il ne voyait pas non plus en quoi une de celles qu’il avait déjà ne conviendraient pas pour “accompagner” la robe qu’Azores s’était choisie pour le bal de Corb. Il ne voyait pas non plus l’intérêt de se faire confectionner quelque chose pour chacune de ses occasions, mais c’était sans doute dû à ce que son père lui avait souvent rabâché, de prendre soin de ses affaires pour les faire durer, et de ne pas jeter l’argent par les fenêtres non plus.
Il a tendance à partir plus vite qu’il n’arrive.

Il laissa la couturière s’occuper d’Azores, s’installant simplement sur l’un des fauteuils qui étaient là, à disposition des clients qui attendaient, avec toute la patience du monde, d’avoir leur vêtement, demandé le matin et rendu le soir. Il leva les mains à hauteur de ses épaules, signifiant sa reddition à la situation, même s’il n’avait aucune envie d’être ici, et encore moins pour servir de simili-juge au choix d’un vêtement.

« Bien, bien, je reste ici, ne t’en fais pas. De toute façon si j’essaie de m’envoler, il y aura toujours un plafond pour me retenir… »

Petite pointe de sarcasme à l’encontre de Pelagia et de ses hauts dômes de verre retenant des tonnes de pression d’eau salée au-dessus de leurs têtes. Ce n’était clairement pas dans un environnement pareil que quiconque pouvait espérer s’en aller à tire d’ailes, lui le premier. Il attendit, simplement, faisant tourner son livre entre les mains, l’ouvrant parfois au hasard pour tourner quelques pages sans lire les mots qui y étaient écrits, les coudes posés sur ses genoux.
Quand Azores sortit de la cabine d’essayage, Gil releva l’échine, et inclina vaguement la tête de côté.

« Tu veux que je sois honnête ? Vraiment ? »

Un sourire passa sur ses lèvres, et il referma le livre avec lequel il occupait toujours ses mains, finissant par le poser à côté de lui et redressant son dos.

« La couleur est jolie, et elle te va très bien. La coupe est tout ce qu’il y a de plus inhabituel, mais te connaissant, c’est tout à fait normal, donc c’est inutile que je fasse un commentaire sur ce point. »

Même si, en soi, c’était déjà fait.

« Et puis tu as de jolies jambes. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   09.01.16 11:14 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Au grand damne de la couturière qui, au moment de tracer à la craie le tissu pour les ajustement, vit la Maitresse d'Art tourner sur elle-même pour montrer l'ensemble de sa tenue à son compagnon. La dame, patiente, avait levé les mains et attendut que s'immobilise l'artiste pour continuer adéquatement son travail. Azores avait tourné la tête et murmuré quelques plates et naïves excuses, échappant un rire discret.

Et le verdict de Gil tomba. Il aurait pu être dur, beaucoup l'étaient, mais il fut doux, positif. L'artiste ne questionnait pas le bibliothécaire car elle désirait à tout prix lui plaire. Elle ne s'adaptait pas à ses gouts, se montrant triste s'il ne s'accordaient pas aux siens. Azores avait prit la liberté d'imaginer cette robe et, bien qu'elle demandait une confirmation de la part de Gil, n'en dépendait. La robe aurait pu lui déplaire qu'elle aurait gardé la même.

Tournant les hanches sur le côté, elle leva sa jambes qui vint écarte légèrement l'échancrure de sa tenue. Une fois que la couturière ait tracé a la craie et posé ses épingles à des endroits stratégiques, Azores s'avança vers le garçon, tenant entre ses doigts le pan de sa robe. Elle lui montra le biais, désigna sa couleur.

« J'ai pensé que tu pourrais porter une chemise de cette couleur. » Et s'il en possédait déjà une, tant mieux!

Azores retourna dans la cabine, saluant gaiement son cavalier avant de partir. Elle remit rapidement sa robe d'origine et, à sa sortie, laissa le doux tissu aux soins de la couturière aux yeux sombres et doucereux. S'inclinant vers Gil, elle posa une main sur son bras, l'incitant à la suivre. Elle ne le forcait pas, mais elle lui faisait signe qu'elle avait dorénavant terminé ce qu'elle avait à faire ici. Il fallait maintenant se rendre au point B de l'itinéraire de la journée, le fleuriste. L'héritier Dylman ne voulait pas y aller, mais ce n'était pas à lui de décider, malheureusement pour lui.

Une fois dans les rues, Azores prit son temps. « Comment se passent tes journées à la bibliothèque ? Penses-tu qu'un jour tu liras tout ses livres ? »  

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   09.01.16 14:18 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil considéra un instant le tissu que l’artiste lui présentait. Il avait toujours autant envie de sortir de cette boutique, même si l’idée de l’étole verte pour sa mère continuait de lui titiller le cerveau. Il faudrait qu’il pense à demander à la couturière avant de s’en aller, ou pire, de se faire traîner dehors par Azores, de devoir suivre le rythme effréné avec lequel la jeune femme avait l’habitude de composer, semblait-il.
Finalement, le bibliothécaire arqua vaguement un sourcil avec une ébauche de sourire nerveux au coin des lèvres. Azores était déjà retournée dans la cabine pour se changer, aussi haussa-t-il légèrement le ton pour être sûr qu’elle l’entende.

« Cette couleur ? Avec du noir ? Tu m’excuseras, mais là, pour le coup, je serai partisan de la très classique chemise blanche. »

Haussement d’épaules. Même si elle lui faisait faire une chemise de cette couleur, il la laisserait de côté et prendrait une blanche, comme d’habitude. C’était mieux quand le reste du costume, de la veste aux chaussures, était noir. Et si l’artiste aimait à sortir du lot le plus possible, Gil était tout de même content d’y avoir une place. Il faisait déjà suffisamment de choses dans le sens inverse du reste de Pelagia, comme essayer de déchiffrer, tant bien que mal, les plus vieux livres de la bibliothèque, écrits dans ces langues de la surface que la cité avait oubliées et délaissées depuis un bon siècle. Au moins.
Profitant d’avoir ne serait-ce que quelques secondes avant qu’Azores ne ressorte de la cabine, il se tourna un instant vers la couturière. Quelle serait la meilleure matière pour une étole ?
La soie. Bien sûr.
Est-ce que vous en auriez une vert foncé ?
Evidemment.
Bien, je reviendrais une autre fois, merci.

Et cette fois-ci, il n’oublierait pas.
Récupérant son livre, il se contenta de suivre Azores qui donnait le tempo de la journée. Il avait déjà survécu à pire. Ce n’était, d’ailleurs, pas la peine de discuter avec elle quand elle avait une idée en tête, et encore moins quand l’idée en question concernait quelqu’un d’autre.
Il rit un peu à la question de l’artiste.

« Je serai mort avant de tous les avoir lus ! Il y en a tellement que même si j’en lisais cinq par jour, je n’aurai pas fini avant de passer l’arme à gauche. »

Sans compter les nouveaux ouvrages qui finissaient toujours par arriver à un moment ou à un autre.

« Mais dis-moi, plutôt, où nous allons, maintenant. Que je sache au moins à quoi m’attendre. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   10.01.16 0:09 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Azores laissa tomber ses bras en échappant un bref soupir. Il ne l’exténuait pas, au contraire elle affichait un petit sourire. Il donnait son avis franchement ! Un petit mouvement de tête désapprobateur suivit et l’artiste murmura :

« D’accord, d’accord, allons pour une chemise blanche… mais c’est si classique, Gil ! » Finit-elle en s’exclamant, sans pour autant forcer le combat.

Talons tournés vers la cabine d’essayage, et s’y dirigea pour en ressortir aussitôt. L’héritier Dylman adressa quelques mots à la couturière, et l’artiste n’interféra pas ni ne chercha davantage d’informations. S’il désirait partager, il le ferait. Néanmoins, ce ne fut pas l’homme qui mena la marche, mais bien la demoiselle au sang imprégné d’Essence, nerveuse. Ses doigts tapotaient en tremblotants sur le bras de Gil, de manière incontrôlable mais, heureusement, discrètement.

« Y a-t-il des ouvrages qui ne soient pas écrits dans la langue de Pelagia ? » Tenta-t-elle, curieuse.

Elle n’en avait pas vu, ou du moins aucun n’étaient apparus entre ses mains. Azores se demandaient comment communiquaient les gens de la surfaces. Quels sont faisaient-ils, la cadence de leur parler. Elle aimerait comprendre mais, hélas, le Pelagra était bien particulier, avec ses tournures de phrase uniques.

« Je ne sais pas, où aimerais-tu aller ? » Chantonna-t-elle. « Sais-tu danser ? Je suis certaine que si ! » Azores portait beaucoup d’estime pour le bibliothécaire, un peu à la façon d’un enfant, bien qu’elle soit son ainée. « Oh, regarde, un fleuriste… » Ses yeux furent accrochés par les étalages de fleurs mais, quand elle se tourna à nouveau vers Gil, se fut avec un air plein de questions. Elle lui laissait le choix. Ou du moins, elle lui laissait un peu le choix.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   10.01.16 0:21 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Etre classique, il s’en fichait bien. Il avait l’habitude d’être classique. Ça évitait pas mal de problèmes, comme se poser mille et une questions pour la tenue du jour, par exemple. Il ne se cassait pas la tête à ce point, il se contentait d’avoir l’air en tous points présentable. Et ça n’avait encore jamais dérangé personne non plus, jusqu’ici. Mais Azores comme lui étaient bornés, et même s’ils écoutaient l’avis de l’autre, ce n’était pas pour autant qu’ils en tenaient compte et appliquaient les conseils donnés.
Gil la laissait mener la marche, gardant son livre dans la main dont le bras n’était pas accaparé par l’artiste. Il aurait le temps de le finir plus tard dans la journée. Il lisait vite. Il avait l’habitude.

En guise de réponse à Azores, il hocha la tête.

« Il y en a certains, oui. Mais ils sont indéchiffrables. Certains mots ressemblent aux nôtres, mais à tous les coups, ce sont de faux-amis, et personne n’a encore eu la bonne idée d’éditer et d’imprimer un dictionnaire Pelagra-Surface. Ce serait une bonne idée, pourtant, je trouve. »

Un bref rire lui échappa en même temps qu’un sourire s’affichait sur ses lèvres. La question sonnait un peu bête dans sa tête, tout enfant du niveau 1 qu’il était, élevé dans les règles de l’art de la haute et baigné depuis suffisamment longtemps dans l’univers impitoyable du gratin et de ses soirées mondaines pour savoir y survivre décemment.

« Bien sûr, que je sais danser, au niveau 1, on y échappe rarement. Et tu sais très bien que mon très cher père passe son temps à m’inviter à toutes les soirées mondaines qui passent à portée de ses oreilles juste pour me rappeler d’où je viens. Ou pour empiéter un maximum sur mon temps privé, va savoir. Je n’ai pas envie d’aller lui poser la question. »

Ou son père ne faisait que son devoir en rappelant le sien à son fils. Gil haussa les épaules. Où avait-il envie d’aller ? Chez lui. De retourner chez lui, terminer ce livre dans le calme et la tranquillité en compagnie de Lâcheur qui, au choix, squatterait ses jambes ou essaierait de jouer avec ses doigts pendant qu’il tournerait les pages. Comme d’habitude, le chat mettrait les griffes, et il le gronderait. La bestiole irait bouder dans un coin, avant de revenir se lover contre son maître en ronronnant, l’air de rien.
Son sourire s’élargit un peu, et il regarda Azores.

« Parce que tu penses vraiment que je vais croire que cette fleuristerie a atterri par hasard sur notre route ? »

Il secoua un peu la tête.

« Admets-le, tu l’as fait exprès. C’était prévu. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   11.01.16 23:09 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Ce que disait Gil, l’artiste le savait déjà. Néanmoins, elle l’aimait l’entendre confirmer, affirmer que personne encore, malgré toutes ces années de ville sous-marine, personne ne s’était essayer à traduire l’un des ouvrages de la surface. C’était dommage, ils ne viendraient jamais à connaitre la culture de l’haut delà.

La question suivante n’était que d’usage. Les enfants du premier niveau apprenaient la danse, mais ils n’y excellaient pas pour autant. L’héritier Dylman, néanmoins, ne semblait pas maladroit. Il se déplaçait discrètement et pas sur ses talons, léger avec ses longues jambes.

Un fleuriste apparut, comme ça, par magie. La Maitresse d’Art possédait d’étranges pouvoirs et elle affichait un large sourire très amusée. Elle bougeait la tête en battant des cils, tentant de faire croire –faussement- à son innocence. En guise de réponse, elle ne fit qu’hausser les épaules, elle ne l’avouerait jamais ! Mais bien sûr, elle savait qu’ils se dirigeaient vers la rue où se trouvait un marchand de fleurs.

« Ce n’est pas si mal, tu sais ! Et puis tu pourrais prendre un bouquet pour ta mère. »

Madame Dylman, elle l’avait aperçue quelques fois, très peu de fois. L’ombre du patriarche prenait trop de place pour voir ceux qui erraient autour. Elle semblait douce, discrète, une parfaite petite épouse de premier Niveau. Forcément… forcément ! Elle apprécierait quelques fleurs ! Ah, pauvre Gil qui se fit entrainer très malgré lui dans la boutique. Il y avait une odeur légère, des arômes de fleurs qui se mélangeaient.

Azores les observa, s’arrêtait pour regarder une plante en pot, salua le fleuriste présent. Elle lui fit part de ce qu’elle désirait, de la date du bal et de l’heure à laquelle elle viendrait prendre la boutonnière et, ce qui devait être un corsage, termina en bracelet. L’artiste revint vers son compagnon. Les yeux levés vers lui, elle lui dicta, de manière délicate néanmoins :

« Tu devrais choisir des Amaryllis. Il y a de jolies cymbidium, n’y a-t-il pas une demoiselle chère à ton cœur à qui tu pourrais en offrir ? » Un nouveau sourire, amusé et plein d’attentes. Où était l’amoureuse de Gil Dylman ! Ce n’était pas une drôle d’artiste qui ravirait son cœur, à tous les coups.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   12.01.16 13:41 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Traîné dans la fleuristerie, Gil n’avait pas d’autre choix que de suivre sans broncher, se contentant de râler mentalement. Azores avait déjà tout décidé d’avance, c’était prévisible. Il était aussi assez amusant de voir qu’elle faisait mine de nier, qu’elle incriminait le hasard, tout comme il était assez agaçant, d’un certain point de vue, de voir qu’elle refusait d’admettre sa responsabilité dans l’histoire.
Gil ne s’en formalisa pas. Il regardait autour de lui, les fleurs plus ou moins étalées sur les murs. Oui. Prendre un bouquet pour sa mère serait une bonne idée, à part qu’il ne se voyait pas tellement aller frapper à la porte de la maison familiale juste pour ça. Surtout qu’il y avait un fort risque que ce soit son père qui lui ouvre ladite porte. Tout compte fait, l’idée ne semblait plus aussi bonne que ça.

Un léger rire lui échappa.

« J’ai beau avoir passé mon enfance au milieu des encyclopédies, je ne comprends absolument rien de ce que tu me racontes. »

Quoique. Il voyait quand même ce qu’étaient les amaryllis, mais c’était bien les seuls parmi les noms qu’Azores venait de lui citer.
Un sourire étira ses lèvres, et il regarda Azores, joignant ses mains dans son dos, l’une d’elles tenant toujours le livre. Ses doigts pianotaient machinalement sur la couverture. Il aurait peut-être dû s’attendre à une question du genre venant de l’artiste. S’il y avait bien une personne, autre que ses parents, qui allait s’intéresser à la question, c’était bien elle.

« Qui te dit qu’il y en a une ? Et puis même, si je fréquentais quelqu’un, tu crois vraiment que je vais partager ça avec le monde entier ? Bon, d’accord, Pelagia entière, le monde est un peu trop haut au-dessus de nos têtes pour qu’ils entendent ça un jour. »

L’important était surtout de garder sa relation avec Alba loin du feu des projecteurs et des yeux du niveau 1 le plus longtemps possible. Les questions qui allaient s’ensuivre de la découverte du jeune couple demandaient un certain temps de préparation mentale pour éviter de répondre avec tout le cynisme dont il était capable.

« Quant au bouquet pour ma mère, je t’avoue que je crains surtout que ce soit mon père qui ouvre la porte. Je peux toujours dire que c’est pour lui, mais il risque de ne pas apprécier comprendre que je suis simplement en train de me moquer de lui. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   18.01.16 2:13 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Haussement d’épaules. Malheureusement, Gil ne pouvait pas tout savoir. Oh, il en savait beaucoup ! Beaucoup plus qu’elle, d’ailleurs, mais il n’avait pas les encyclopédie d’imprimés dans sa tête. Elle s’arrêta près d’une plante verte qu’elle s’abstint de nommer, Elle possédait plusieurs teintes symétriquement distribuées sur ses feuilles. Un Calathea, si elle ne se trompait pas. Un petit mouvement de main vendeur, un sourire, en sa direction, pour inciter Gil dans le choix d’un présent à offrir.

« Évidemment que tu ne le partagerais pas, c’est pour cela que je te le demande. »

S’il le criait sur tous les toits, ça ne serait pas intéressant. Yseult et Saül se voyaient dans le plus grand des secrets, peu de personnes savaient pour leur relation, plusieurs s’en doutaient. Azores se trouvait dans la confidence, aussi muette qu’un petit poisson. La maitresse ne le sut jamais, l’amant le découvrit à la mort de sa bien-aimée. L’artiste savait décidemment très bien garder les secrets.

« Tu pourrais lui prendre des oiseaux du paradis et des lys. Certains lys sentent le pipi de rongeur, tandis que d’autres ont une odeur de vanille, choisis bien. »


Elle pouvait parler de la mère, de l’amour secret de Gil. Azores ignorait s’il entretenait une relation avec quelqu’un, dans son esprit volage, elle se disait que oui. Ne se comportait-il pas comme un véritable gentleman avec une femme qui le trainait avec elle pour son plus grand désintérêt ? Elle posa une main sur son bras et s’exclama :

« Mais tu te moques déjà de lui. » Ses doigts vinrent sur sa poitrine pour se désigner elle-même. « En étant mon cavalier pour le bal de Corb. » Ses yeux se promenaient un peu partout. « Il y a une invention des plus ingénieuses qui existe, qui se nomme… hmm… Un livreur. Qui se déplace à ta place. » Grand sourire.

Mais elle ne s’attarda pas plus longtemps. Peut-être que Gil ne désirait tout simplement pas acheter quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   18.01.16 17:49 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil sourit, ricane presque, et s’approche d’un plan de fleurs qui lui disent vaguement quelques choses. Petites, bleues, sans prétention. Des myosotis, si sa mémoire est bonne. Du coude, il agace légèrement Azores en la narguant.

« Et je partagerai encore moins l’information avec toi, tiens. »

Là-dessus, ceci dit, il était sérieux. Il avait promis à Alba, il se l’était promis, de ne le dire à personne dans un premier temps, puis ensuite seulement d’en informer ses parents. C’étaient les premiers concernés, voire même les seuls si on réfléchissait bien, et il semblait légitime qu’ils finissent par atterrir dans la confidence. Le niveau 1 tout entier ne tarderait pas à savoir, c’était ce qui agaçait le bibliothécaire.
Il voulait protéger la petite bulle qu’il avait créée juste avec Alba, le plus longtemps possible.

Son sourire s’élargit légèrement, et un léger rire lui échappa.

« Evidemment, pourquoi crois-tu que j’ai accepté ? Tant que j’ai une occasion de l’embêter, je ne vais pas me gêner pour la saisir. Mais, si possible, d’assez loin pour qu’il ne me le fasse pas regretter dans l’instant. »

Stieg Dylman avait toujours été de ces hommes dont la voix porte, parfois même trop loin. Et pour avoir plusieurs fois subi ses remontrances, littéralement nez à nez, Gil tenait suffisamment à ses tympans pour réitérer l’expérience le moins possible. Ses oreilles avaient déjà littéralement sifflé de ressortir d’une de ces discussions animées avec son père.

« Mais je crois que j’ai déjà une idée pour ma mère, alors je vais laisser les fleurs tranquilles. Je serais capable de les oublier, elles, en plus. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   19.01.16 18:16 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Myosotis. Ne m’oublie jamais.
Azores s’arrêta aussi pour les regarder, mais se fit attaquer par un coude dont elle attrapa rapidement le bras. L’artiste, à l’intention de son compagnon, lui tira la langue de la manière la plus adulte possible. Elle ne s’élança pas plus loin, son but n’était pas de forcer Gil à parler, ni qu’il se sente inconfortable en sa présence. Face au garçon, elle écarta les bras de manière théâtrale, pourtant, elle ne s’exclama pas bien fort.

« Et maintenant, tu devras expliquer au grand Stieg Dylman comment tu t’es retrouvé avec moi ! » Ses bras retombèrent, son air allait de l’amusement à la douceur. « Mais ne poussons pas trop loin –même si cela serait très amusant- car sinon il croira que tu veux tout quitter pour devenir un artiste. »

Puis elle hocha la tête, cessant finalement de le pousser à faire ce qu’il ne désirait pas –mais pas trop, elle tenait à sa compagnie. Azores se dirigea vers le comptoir où opérait le fleuriste et commanda boutonnière et bracelet. Elle énuméra les fleurs qu’elle préférerait voir, puis la date ainsi que le paiement.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   20.01.16 11:55 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil laissa Azores à ce qu’elle avait à faire, sachant pertinemment que ça ne lui servirait à rien d’interférer. Elle avait, de toute façon, sans doute déjà choisi depuis longtemps et avait juste profité d’avoir la fleuristerie sur son itinéraire, déjà tout trouvé, pour faire comme si elle n’avait rien préparé à l’avance. Gil jouait le jeu, c’était plus simple, ça évitait quelques discordances de points de vues et éventuellement quelques mots échangés un peu trop durement.
Plus tranquille à l’extérieur, Gil sortit de la boutique et attendit simplement que l’artiste ait terminé de régler les derniers détails nécessaires à la prochaine soirée. Le bal de Corb. Ça ne lui disait rien, mais il ne suivait pas non plus l’actualité du niveau 1 avec beaucoup d’attention.

Il attendit, reprenant son livre pour passer les quelques minutes qu’il avait devant lui, et referma l’ouvrage quand la silhouette d’Azores passa dans son champ de vision.

« A moins que tu aies prévu quelque chose, je te propose de profiter d’être dehors pour aller boire un café. Qu’est-ce que tu en dis ? »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   25.01.16 18:29 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Croire qu’Azores préparait ses choses à l’avance était bien naïf. Elle faisait une liste exhaustive de ses tâches de la journée et l’exécutait mollement, sans grande discipline. La fleuristerie était dessus, aujourd’hui, et elle avait rapidement fait son choix de fleurs. Ce n’était pas difficile, pas comme la disposition des éléments d’une peinture, l’éclairage sur le visage de son modèle, la sens d’une performance artistique. C’était beaucoup plus mécanique, froid. Gil pouvait interférer, s’interposer entre son choix de fleurs, de la couleur de celles-ci, mais il ne me fit pas. Il sortit, et attendit.

Puis Azores apparut à ses côtés, lui glissa doucement qu’elle se chargerait de prendre les décorations au moment de la soirée, qu’elle le rejoindrait chez lui. Et par Asrase ! Il se devait d’être prêt.

« Je te suivrai où tu iras. »

Et à nouveau, Azores attrapa le bras de Gil comme si elle était sa cavalière et le laissa les mener au café qu’il désirait. Ses yeux vitreux s’abaissèrent sur le précieux bien que trainait le garçon, un joli livre. Ecartant une boucle rousse de son visage, elle ajouta :

« Quel est le sujet de ton livre ? »

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   30.01.16 12:14 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil eut un bref regard vers le livre. Ce n’était pas un livre tout ce qu’il y avait de plus banal. De ce qu’il savait, il était arrivé de la surface, il y avait longtemps, et Pelagia avait, rareté, pris le temps de le traduire. Ce n’était pas commun, et les livres dans ce cas de figure se comptaient largement sur les doigts de deux mains, maximum. Mais la curiosité du bibliothécaire allait souvent là où celle des autres s’arrêtait : il avait déjà essayé de lire, sans succès, des romans de Pelagia et n’avait pas apprécié le caractère étriqué des intrigues qui s’y installaient. Pelagia était trop petite pour les grandes aventures comme ceux de la surface savaient si bien les raconter.

« C’est un roman. A la base, il vient de la surface, il a sans doute été amené avec les premiers arrivants de la cité. Le plus étrange, c’est qu’il a été traduit. »

Un sourire désabusé passa sur son visage. Au final, ce n’était pas si étrange que ça. Il suffisait de le lire pour comprendre ce qui avait plu à Pelagia dans cette histoire.

« C’est l’histoire d’un misanthrope notoire qui a décidé de passer sa vie dans son sous-marin et de ne jamais retourner sur terre. Ca doit être pour ça qu’il a été traduit, ça devait plaire aux éditeurs de vendre l’histoire d’un homme qui n’a pas envie de revoir la surface… »

En plus de garder des personnes captives, mais ça, Gil se contenta de le penser. Il gardait son cynisme pour lui, évitait de donner aux gens de quoi parler dans son dos tant que ça ne l’arrangeait pas, ou que ça ne l’amusait pas. Finalement, il haussa les épaules.

« Personnellement, je le trouve beaucoup plus intéressant que tous les romans qui sont écrits directement ici. Il se passe plus de choses, l’univers est beaucoup plus fourni, moins enfermé. »

Finalement, ils atteignirent le café et Gil tint la porte à Azores, la laissant rentrer avant de la suivre.

« Qu’est-ce que tu aimes, comme livres ? Je ne t’ai jamais posé la question, avant, alors que tu viens quand même assez régulièrement à la bibliothèque, mais je doute que ce soit uniquement pour venir me dire bonjour. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   05.02.16 18:18 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Azores hocha la tête. Un livre de la surface, comme c’était intéressant ! Elle-même faisait beaucoup plus de recherches qu’elle ne prenait le temps de lire un ouvrage d’aventure. Elle n’aimait pas avoir de sensations par l’entremise de mots sur une page, elle préférait vivre ses expériences par elle-même, au péril de sa vie et de sa raison s’il le fallait. L’histoire qu’il décrivit avant, cependant, quelque chose de palpitant. Vivre toute sa vie dans un sous-marin ? L’artiste pourrait le faire. Il y aurait, dans le fond de sa tête, toujours assez d’imagination et de créativité pour ne pas avoir à interagir. L’ennui, oh l’ennui, finirait par la frapper.

Elle entra dans le café et dirigea ses pas à une place libre, plutôt en retrait. Azores attendit que son compagnon s’asseye en face d’elle puis ses yeux partir se promener en réfléchissant.

« Je ne lis pas beaucoup de roman. J’aime les encyclopédies, avec de grandes illustrations colorées. J’aime les livres qui m’apprennent des choses, même si je ne suis pas très brillante. »

Et elle ne disait pas ça sur le ton d’un manque de confiance. Azores savait plein de choses, pour la plus part inutiles. Elle ne connaissait pas les chiffres de l’économie par cœur, la théorie sur l’eau salée et l’eau de mer, quelques mots de physique mais pas la base. Durant sa jeunesse, elle n’avait pas été une très bonne élève. Elle manquait terriblement de concentration.

Quand la serveuse de présenta, la Maitresse d’Art lui commanda un simple jus d’orange. Il ne restait plus qu’à laisser Gil choisir.

« Mais je lis aussi des livres pour me renseigner pour mes futures performances. Je ne bois pas de bleu de méthylène sans en connaitre les conséquences. » Sourire.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   06.02.16 18:18 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil passa tranquillement commande auprès du serveur, avant de reporter son attention sur Azores qu’il écoutait parler. Son sourire s’élargit, et il réprima un rire légèrement moqueur, en profitant pour poser Vingt-mille lieues sous les mers sur la table, laissant l’illustration de la couverture vieillie tournée vers le plafond du café.

« Plus j’entends parler de ce que tu fais ou comptes faire, moins je m’étonne de ce que tu montes comme projets un peu fous… Du bleu de méthylène, sérieusement ? C’était quoi la finalité de ton projet en avalant du bleu de méthylène ? Quoique, non, ne dis rien, je ne sais pas si j’ai vraiment envie de savoir. »

Le serveur amena finalement leurs commandes. Gil le remercia, d’un bref signe de tête, et ramena la tasse de chocolat chaud vers lui, plongeant la cuiller dedans pour touiller, machinalement, poussant légèrement le roman pour lui éviter de se retrouver avec une tache quelconque sur la couverture, chose que son père lui ferait sans doute payer au centuple. Il ne voulait pas prendre le risque.

« Parfois je me dis que je m’ennuie, à la bibliothèque. Après je t’écoute parler de tes performances artistiques et, là, je me dis que je suis bien, à la bibliothèque. Moins de risques de me prendre quelque chose sur la tête sans qu’il n’y ait quelqu’un d’autre d’impliqué, si tu vois ce que je veux dire… »

Il souriait toujours, un peu moqueur. Il n’avait jamais vraiment compris tous les choix qu’Azores pouvait faire pour ce qui était de ses nouvelles « œuvres » ou performances artistiques, jugeait même certains complètement insensés pour ne pas dire fous.

« Qu’est-ce que tu as prévu pour la prochaine fois ? Que j’évite de venir. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   15.02.16 22:41 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

« Quand je le dis ainsi, cela semble horrible… mais j’approche ce genre de choses d’un œil différent que le tien. »

Elle n’en dit pas davantage, Gil n’était pas prêt à se lancer dans un long débat, de grandes explications qui ne feraient pas de sens à un garçon rationnel comme lui. Azores s’exprimait de manière beaucoup trop décousue pour être bien comprise. Loin d’elle l’idée de prendre le bibliothécaire pour un petit d’esprit, au contraire elle l’appréciait beaucoup, mais elle n’approfondirait le sujet que le jour où Gil le désirera.

Azores prit son traditionnel jus d’orange. Elle le sirota longuement avant de plisser les yeux sous les paroles de son compagnon. Pas de manière insultée, mais amusée. Lâchant sa paille, elle fit un sourire malin, moqueur, pour lui répondre.

« Et de mon côté je t’imagine entouré de piles de montagnes de livre, entouré de toutes ces histoires et aventures qui n’attendent que ton œil de lecture exigent et je trouve cela absolument magnifique. »

Cela semblait sarcastique, cela ne l’était pas. L’artiste attaqua à nouveau son jus d’orange et débuta ses réflexions. Azores était une femme du présent, peu prévoyante et encore moins tournée vers le passé.

« Je l’ignore. J’y pense encore. Je verrai ce que ma muse m’inspire. J’ai lu dernièrement quelque chose à propos du poids de l’âme, dans le corps… »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   16.02.16 18:01 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil arqua un sourcil en reposant sa tasse sur la coupelle, elle-même posée sur la table, et regarda Azores, mi-amusé, mi-intéressé.

« Le poids de l’âme ? Vraiment ? »

La question l’intriguait, d’une certaine manière. Ni vraiment religieux, ni vraiment athée, il n’assistait que rarement aux cultes mais accordait à la religion le crédit d’être importante pour certaines personnes, et s’il y avait bien une notion que la religion effleurait avec gentillesse, c’était celle de l’âme. Une idée qui méritait peut-être d’être approfondie mais que Pelagia ne toucherait sans doute pas.
Il inclina légèrement la tête de côté.

« Et quel serait ce poids, justement ? Ca peut poser pas mal de questions, comme idée, après tout, personne n’est jamais vraiment mis d’accord sur quel point du corps était le siège de l’âme, et la cité ne s’attaque pas à certains sujets, qu’est-ce qu’il se passerait si tu tombais dans… disons le politiquement incorrect ? Quoique, venant de toi, ça ne m’étonnerait pas. »

Le bibliothécaire souriait légèrement. Lui non plus ne faisait pas toujours dans le politiquement correct et encore moins dans le relationnellement correct, gardant les ponts coupés avec son père et n’hésitant pas à recaler, tout sourire, les prétendants aux discussions des soirées mondaines du niveau 1.

« Par contre, je t’avoue que je ne vois toujours pas la finalité artistique… »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   05.03.16 16:07 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Et Gil sembla s’animer. L’âme, Azores pensait qu’il balayerait l’idée d’un revers de main –comme à peu près toutes ses idées, ils n’étaient pas amis à cause de ses folies- mais il préféra s’y plonger un peu, curieux. L’artiste hocha la tête d’affirmation, sirotant son jus d’orange.

« J’ignore quel est le poids, mais j’ai discuté avec des employés de Corb et il semblerait qu’il y aurait quelque chose… Qui ne serait ni sang, ni muscle, ni chair, ni organe qui ait un poids. »

Elle ne pouvait en dire davantage, car son esprit, trop désordonné, n’avait sur rangé l’information. Elle cligna des yeux, tendant son doigt pointé vers le creux de la gorge de Gil.

« L’âme est juste ici. Certains pensent qu’elle siège dans le cœur ou le cerveau, mais elle n’a aucune raison d’y être. J’ai fait mes propres expérimentations, et je l’ai sentie là. »

Et pour ce qui était du politiquement correct, la Maitresse d’Art ne fit qu’hausser les épaules. Ce n’était pas un détail dont elle se souciait. Azores était une femme qui intriguait, choquait, frappait, ce n’était pas en demeurant parfaite et irréprochable que l’on atteignait les extrêmes. La finalité artistique, peu la voyait. Il pouvait y en avoir aucune et Azores deviendrait l’égocentrique la plus tarée de tout Pelagia, mais ce n’était pas le cas.

« Mais pour toi, Gil, qu’est-ce que l’art ? De jolies choses ? Des images qui t’évoquent de la douceur dans tonventre ou un pincement au cœur ? L’art n’est pas comme les autres domaines, on ne peut mettre un nom précis dessus, une définition. L’art est une idée. »

Comme l’était la sécurité, mais elle tut cette partie. Jadis, elle l’avait prononcée et, en tant que Conseillière de Pelagia, cela n’avait pas été en sa faveur.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   06.03.16 13:27 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil sourit un peu plus, et laissa Azores parler, l’écoutant attentivement. Quand elle pointa le doigt vers sa gorge, il croisa néanmoins les bras et la regarda. Curieux de nature, il estimait que le doute était permis pour à peu près tout en ce bas monde, certains détails exceptés, comme sa relation avec son père – revenant décidément souvent dans un coin de sa tête – sur laquelle il restait des plus butés.

« Tu as dû remarquer que j’étais quelqu’un de plutôt classique, notamment en art. Oui, honnêtement, je préfère largement les tableaux de peintures classiques à tes performances artistiques, et j’attends aussi que l’art me fasse rêver tout en restant borné à certaines limites. Mais malheureusement, on ne peut pas être ouvert à tout, et j’admets, sans vouloir t’offenser, que la plupart de tes recherches me laissent… hermétique. »

Il haussa vaguement les épaules, ne décroisant pas les bras. L’attitude fermée n’était pas volontaire, juste réflexe, et ses doigts pianotèrent légèrement sur sa manche.

« Ceci dit, tu m’as dit que tu avais fait tes propres expérimentations concernant l’âme et que tu l’avais ressentie plutôt au niveau de la gorge, alors que certains pensent qu’elle se situe au cœur ou au cerveau. Ces personnes ont peut-être aussi fait leurs propres expérimentations sur le sujet et trouvé qu’elle était là, ou ils l’ont ressentie à cet endroit-là, donc à ce moment, je pense qu’on peut se poser la question : est-ce que c’est une notion purement universelle ? »

Dans sa tête, la question se posait là et demandait à obtenir une réponse qui soit satisfaisante. Après tout, et si l’âme existait vraiment ? Elle pouvait n’être qu’une fumisterie religieuse pour que les gens surveillent un tant soit peu leurs comportements et se tiennent correctement en société, pour qu’ils aient bonne conscience.

« Peut-être que ça dépend simplement des gens, peut-être qu’elle ne prend pas place au même endroit pour chacun. »



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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   12.03.16 3:19 par Azores LullaillacoCiter Editer Supprimer 

Oui, Gil Dylman était classique. Et pour cela, elle ne le jugeait pas. Elle ne jugerait personne de l’être, d’ailleurs. Azores n’imposait pas son mode de pensée aux autres, mais ne cesseraient d’essayer de pousser un peu plus, d’ouvrir une porte sur une nouvelle perspective. D’ailleurs, sirotant son jus d’orange, elle approuvait ses dires. Sur un ton amusé, elle tendit une main pour attraper celle du jeune homme.

« Ta franchise est la raison pour laquelle j’apprécie autant ta compagnie. »

Même s’il n’était pas d’accord avec elle ou parlait peu. N’était-ce pas une bénédiction d’avoir un ami qui savait demeurer lui-même ? Azores avait beaucoup de mal à les trouver, à cause de son poste au placé. Évidemment, elle ne faisait pas l’effort de les chercher, elle préférait de loin la solitude, même si le spectacle faisait partie de sa vie.

« Qui n’aimerait pas la peinture ? C’est le meilleur de tous les domaines ! » S’exclama-t-elle avec un rire.

Évidemment, Azores était une peintre à l’origine. Ses créait beaucoup plus de tableaux qu’elle n’exécutait de performances. Néanmoins, le dessin académique l’avait lassé depuis de nombreuses années déjà, ses toiles, différentes les unes des autres, devaient faire ressurgir une idée, une émotion.

L’âme située à des endroits différents dans le corps de chacun. Azores ramena sa main et prit un instant pour creuser cette idée, terminant son verre. Trop de choses, trop de chemins qui se formaient. Cela envahiraient son esprit jusqu’à ce que de l’Endormie vienne corrompre son corps. L’artiste plissa le nez.

« Et penses-tu que l’emplacement de l’âme puisse déterminer la nature de la personne qu’elle habite ? Si c’est le cas, certains de mes collègues ont leur âme dans le… » Reniflement. « …pied. » Petite blague, petit sourire.

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MessageSujet: Re: La plume. — Azores / 03.125   10.04.16 15:02 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil haussa vaguement les épaules, ne montrant pas plus que d’intérêt que cela pour la conversation. L’âme. C’était une notion étrange mais que le monde entier ; enfin, entier, si les poissons s’en souciaient ; semblait vouloir creuser de toutes les manières possibles et imaginables, à part peut-être en suivant l’idée qu’elle n’existait peut-être pas. Le bibliothécaire n’avait pas décroisé les bras, mais écoutait attentivement Azores, cherchant quelque chose à répondre.
Un vague coup d’œil à ce qui les entourait suffit à lui fournir les mots qu’il cherchait. Il eut un vague sourire à la plaisanterie de l’artiste.

« Je n’en sais rien. Si ça se trouve, ça n’existe pas. Si ça se trouve, tu n’as ressenti quelque chose que parce que tu cherchais quelque chose. Va savoir, ce n’est pas spécialement le genre de raisonnement que les gens affectionnent en général, mais qui sait ? Tu peux avoir raison comme tu peux avoir tort, malheureusement, je crois qu’on n’aura pas vraiment l’occasion de le savoir. »

Décroisant les bras, il reprit sa tasse qui avait considérablement refroidi, termina de boire le chocolat qui se trouvait dedans avant de ramener le livre vers lui.

« Mais à part ces recherches sur l’âme, qu’est-ce que tu fais de ta vie ? Ne me dis pas que tu ne fais rien, je sais que tu es beaucoup moins routinière que moi. »

Il eut un sourire.



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La plume. — Azores / 03.125
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