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Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll
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 Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll



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MessageSujet: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   30.12.15 23:23 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Tourne, Tourne, roue du temps. Tout va lentement. Pas assez vite. De quoi assombrir l’air au-dessus de sa tête, la mer, comme une nuit d’hiver. Mars n’a pas été porteur de bonne nouvelle. La compagnie aurait une nouvelle tête couronnée, parait-il, un nouveau prétendant, l’héritier d’Angus. Alors, soit, ça a aiguisé sa curiosité. Jusqu’à ce qu’on lui obtienne un nom et un prénom. Ainsi qu’un semblant de curriculum vitae de la demoiselle. Rien qu’à cette annonce, Seisyll a perdu son sang-froid, a empoigné son interlocuteur par le col en manquant de l’étrangler. Heureusement, Nine était là. Nine l’a arrêté. Pas par la force, par les mots, elle a tenté de tempérer son mentor qui signifie un refus sourd et catégorique. A l’entendre, il serait prêt à faire sécession. Et qui l’aime le suive d’abord. Alors pour l’instant, il grommelle, maugrée, maudit. Son idée de sécession lui trottine toujours en tête. Il a beau avoir l’apparence d’un vieux crouton et avoir renier son appartenance de classe pour des raisons de sentiments puis d’idéologie , il y a des choses qui restent ancrés, à cause de l’éducation, de l’apprentissage et des valeurs. Il y en a une en particulier qui le gêne. Jamais, au grand jamais il n’obéira à quelqu’un qui se trouvera être son cadet. Il ne lui trouvera jamais le charisme nécessaire, ni les mots, ni le sérieux. Rancœur. Haine. Pour sa vengeance, au vu de comment les choses se présentent, il va falloir qu’il se débrouille seul, qu’il cesse d’attirer dans son maelstrom de malheur. Alors pour l’instant, Seisyll ne fait rien, il attend de voir. Voir pour agir, prévoir, se décider. Il leur a dit aux autres qu’il connait, que son choix n’engage que lui, qu’ils peuvent bien faire ce que bon leur semble. Maintenant, il a suffisamment de rancœur envers lui-même. Si l’affaire du concurrent, de l’oiseau rouge est définitivement réglée, Abraham a lui complétement disparu de la surface de la ville englouti. Introuvable dans ses planques habituelles, ses offres d’emplois adressées à lui et à lui seule se sont trouvées sans réponses. Seis ne pense qu’à une chose, l’oiseau rouge s’est vengé. Pourtant, il n’a rien perçu, entendu de la sorte. Où est donc passé ce fichu gamin. Ca le turlupine, mine de rien.


Aujourd’hui, jour de fermeture de l’Opale du Chat, il a clopiné jusqu’à son bar, deux chats cachés dans un sac de toile. Paon parce que ces escapades diurnes et nocturnes commencent à couter cher aux voisins et voisines étendant leurs chaussettes à l’air de l’extérieur pour espérer qu’elles sèchent plus vite. Et Marine qui, trop turbulente, s’est fait attaquer par Cobalt, qui en avait marre, et qui s’est retrouvée avec une jolie collerette en guise de cadeau de bon rétablissement. Alors, Seis installe et libère ses chats dans la salle impeccable, il leur installe leur caisse et de quoi assouvir leurs besoins vitaux. Lui descends son matériel du bureau à la salle, se sert un verre de limonade pour avoir l’esprit clair et s’allume une cigarette. Il commence ses comptes mensuels sans grande conviction lorsqu’on toque à la porte. Deux fois. Seis vérifie que la pancarte « Fermée » est bien dans le bon sens et retourne à ses chiffres. On insiste. Alors le boiteux signale de vive voix que l’établissement est fermé. Mais c’est qu’on insiste encore. Seisyll se lève, boitille sans sa canne jusqu’à la porte pour l’ouvrir.


« Si vous ne savez pas lire, l’établissement est fermé …. »



Il lève la tête. Dévisage. Il est surpris, tellement surpris. C’est qui ça ? Ou plutôt, qu’est ce qui s’est passé ? Seis cesse son immobilisme juste quand le chaton tente de se carapater à l’extérieur, il l’attrape au dernier moment. Mais ça n’enlève en rien la surprise.


« …. Abraham ? »



Surprise qui n’enlève en rien à la colère susmentionnée


« Mais bon sang, d’où tu sors ?! Ça t’arrive de donner des nouvelles de temps en temps ?! Où tu étais passé, par Trab ! Qu’est-ce que tu as encore trafiqué, nom de nom. »



Il le laisse rentrer, referme à clé derrière lui, se déplaçant difficilement, sa jambe refait toujours des siennes à cet anniversaire funeste. C’est pour ça que le bar est fermé, véritablement que pour autre chose. Jour pour jour, une bombe faisait disparaitre Swann dans un nuage de fumée. Il manque même de trébucher, récupérant sa canne.

« Je te donne dix minutes pour m’expliquer. Exécution. »


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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   01.01.16 19:28 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Abraham décide qu'il est enfin temps de rendre visite à Seisyll. Tard le soir, il se rend à son bar dans l'espoir de le trouver encore là bas, et seul.

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

La veille, Abraham avait pu récupérer sa veste. Mais il avait aussi passé de nouveau une nuit auprès d'Azores, désobéissant définitivement à son propre code d'honneur. En rentrant chez lui, sa mère dormait encore et n'avait rien vu de sa petite sortie nocturne chez la maîtresse du Conseil, au Grand Café, sur le haut d'un toit proche du Port, puis dans les rues du quartier. Elle n'avait rien vu non plus ce soir là quand il se décida à revoir son Patron et grand-frère, Seisyll. Toujours avec cette odeur de cerise qui le suivait, l'odeur de sa mère, Abraham enfila une chemise sombre, un vieux jean qu'il n'arrive pas à se débarrasser, et sa fameuse veste en cuir. L'odeur d'Azores présente sur cette veste prenait alors tout le dessus, une odeur épicée et qui pique le nez. Peut être que c'était psychologique et que Abraham était le seul à la sentir, par habitude. Mon dieu, habitude.
Enfonçant son petit nez dans sa veste, les mains dans les poches de son pantalon, il ne chercha pas à remettre parfaitement ses cheveux en place : ses cheveux qui en un mois avait bien poussé. Un mois. C'était le minimum de temps qui le séparait de la dernière fois qu'il avait vu Seisyll. Juste quelques petites nouvelles au début du mois de mars, puis ensuite plus rien après qu'Abraham ait croisé la route du Gardien au Conseil, un jour de marché, un peu trop par hasard. L'idée de se faire repérer par cet homme qui le recherche depuis plus d'un an pour agissements à l'encontre de la société Magnus dont il est le papa n'étant pas dans son idée, il est resté encore plus de temps chez sa mère, à se cacher et ne rien faire. Rien faire jusqu'à trouver la bonne idée de sortir la nuit, très tard, pour la seconde fois. Mais il en avait besoin. Avoir des nouvelles de La Compagnie, et avoir des nouvelles de son Patron.
Ce qu'il n'avait pas pensé jusque là, c'était qu'il n'avait donné quasiment aucune nouvelle depuis tout ce mois de mars. Et avril était arrivé depuis presque une semaine. Beaucoup de choses s'étaient passés. Seisyll comprendrait peut être si il lui explique la situation, mais est-ce qu'il pourra raconter tout ce qu'il a fait ? Les erreurs qu'il a commises et qui sont ... assez graves ? Abraham passa sa main sur son visage, étirant sa peau, se grattant la nuque, puis leva le poing en l'air pour taper deux premières fois sur la porte du Bar l'Opale du Chat. « Je sais que t'es là je vois de la lumière. » Sans hésitation, il tapa une nouvelle fois, puis encore une fois jusqu'à ce qu'il aperçoit à travers la porte une ombre arriver en peinant. C'était Seisyll, qui ouvrit la porte, agacé :

▬ « Si vous ne savez pas lire, l’établissement est fermé … ... Abraham ? »

Un petit sourire gêné en coin, Abraham leva les deux mains pour se présenter. « Oui, c'est ... C'est moi ♪ » Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Seisyll le coupa, commençant à élever la voix. D'où tu sors ? Ça t’arrive de donner des nouvelles de temps en temps ? Où tu étais passé ? Qu’est-ce que tu as encore trafiqué ? Abraham avait la douce impression d'être en face de son défunt père, qui lui n'hésitait pas en plus de ça à lui donner une giroflée en même temps.
Malgré tout il le laissa bien vite rentrer, refermant la porte derrière lui. Abraham sentit deux autres présences, et les chats ne tardèrent pas à montrer le bout de leurs nez. Paon et Marine. C'était la première fois qu'il les revoyaient depuis janvier et d'un côté il en était content. Et ils semblaient l'avoir reconnu eux aussi. Parce que depuis fin février, Abraham avait bien changé : plus de bleus, plus de visage sale, plus de vêtements délavés, plus de cheveux coiffés à ras, plus de sale tronche, moins de cernes. Il en était presque un homme normal du niveau 2 si il n'avait pas cette vieille veste qui pique le nez.

Seisyll lui donna dix minutes pour tout lui expliquer. Abraham serra des dents en se trouvant face à lui, droit mais peu fier tandis que l'autre essayait tant bien que mal de tenir sur sa jambe droite. Le jeune homme attrapa une chaise un peu au hasard et la posa tout près de son Patron :

▬ « Va falloir que tu t’assois. »

Abraham était bien éveillé, conscient, et incroyablement en manque d'Essence qu'il n'avait pas reprit depuis l'autre nuit. Sa mère fouillait dans sa chambre à des moments aléatoires, ce qui mettait Abraham dans une paranoïa qu'il ne pouvait se permettre de cacher de l'Essence dans la chambre d'amis où il y dort depuis début mars. Depuis cette journée où ...

▬ « J'ai merdé. J'ai grave merdé. J'ai eu un mois de mars chaotique et va falloir que tu prennes ton verre de Cherry pour oublier tout ce que je vais te dire maintenant. » Tout en attrapant aussi ce fameux verre, il le posa sur la table juste à côté de Seisyll qui devait déjà s'enfoncer dans sa chaise. « Tu ne m'as pas vu le jour de mon anniversaire alors que tu m'avais gentiment invité à venir boire quelque chose à ton bar. Je n'y suis pas allé et je ne t'ai pas donné de nouvelles depuis ce jour tout simplement parce que ... » Abraham restait debout, prêt à fuir si Seisyll décidait de lui donner un violent coup de canne. « S'il te plait ... Promet moi de ne pas t'énerver. » Il recula un instant, d'un pas, puis entama le début de son récit, en haussant parfois la voix pour ne pas être coupé par son Patron : « J'étais sous l'emprise de l'Essence. J'étais pas bien. Je me suis rendu au Temple de Juve pour y voir une Netjeret que j'avais déjà rencontré il y a un an. Je sais pas ce qui m'a prit j'ai ... Je me suis mis à l'agresser. J'ai rien fait je te jure ! Elle m'a arrêtée avant que j'aille plus loin. J'ai été blessé au bras et au visage. Je me suis cassé et .. ... Je suis allé voir ma mère le soir même. Elle m'a apprit la mort de mon père. J'ai discuté des heures avec elle, elle m'a accueillie chez elle durant tout ce temps. Elle m'a aidé à me laver et soigner mes blessures. Elle ne m'a pas jugée, elle m'a nourrie. Et. »

Abraham s'arrêta un instant, baissant la tête, honteux : « Faut que je te dise autre chose. Le soir où je me suis enfui du temple, avant de rejoindre ma mère, je suis resté un long moment en ville à errer comme un mort. J'ai été accosté par une femme, une belle femme, un peu plus âgé que moi. Je suis allé chez elle et on a fini par coucher ensembles. Je sais plus ce qui s'est vraiment passé mais ... » Il leva la tête, posant sa main sur sa bouche : « C'était Azores Lullaillaco. »

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   10.01.16 19:53 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Ne pas s’énerver. Seisyll se crispe sur son verre, cristallise sa colère, ses reproches. Lui qui est d’habitude dans une parfaite maitrise de lui travaille à ne pas exploser de colère, ne pas faire fuir Abraham. Il est précieux, le gamin, très précieux, les bons coursiers ne se trouvent pas comme ça sous la pierre d’un récif corallien. Peu importe, maintenant il est là et visiblement il n’a eu aucun démêlé avec personne, pas plus moineau rouge que Magnus ou encore cette autoproclamée chef de la compagnie. C’est presque rassurant. Pour le reste, Light, Abraham, même combat. Gamins, ils sont dans l’esprit de Seisyll et gamin ils resteront, même si un jour ils ont quarante ans et une famille. Bien que le style de vie de la compagnie n’incite pas à fonder une famille à côté. Une famille, c’est un point faible, un handicap, quelque chose qu’il faut cacher pour éviter qu’on les prend pour cible et ce même quand ils vous laissent complétement indifférents maintenant, que vous n’avez plus aucun contact avec eux depuis des années parce qu’ils vous croient morts. Il en sait quelque chose, lui. Qui sait, à la compagnie, qu’il a une sœur jumelle ? Selena ? Nine ? Peut-être Light ? Mais sans aucun détail. Et pourtant, il voit Light et Nine quasiment tous les jours et ils les côtoient depuis très longtemps. Qu’importe. Abe est là, Abe entre. Paon arrive en miaulant, il a reconnu l’invité, se frotte contre ses jambes en ronronnant, il a toujours apprécié Abe, le chat noir, peut-être parce qu’il a été une main nourricière pendant plusieurs semaines. Marine est plus indifférente, peut-être parce que là, tout ce qu’elle cherche à faire, c’est quitter la large main de Seisyll qui la retient prisonnière. Il a changé, Abe, de manière radicale. Il sait présenter, il ne porte plus ses haillons. Quelque chose, il s’est passé quelque chose en lui. Alors Seisyll commence à s’inquiéter, à se mettre sur la défensive. La première remarque du gamin ne le rassure en aucun point. Qu’il s’assied. Ses sourcils se froncent un peu plis tandis qu’il a enfin remis sa main sur sa canne, ce qui lui permet de se reposer sur la jambe valide. Abe materne, il fait comme Nine, Nine lui a déteint dessus. Ils sont les seuls qui, malgré son handicap, lui tende une chaise de manière assez automatique. Parce que les autres savent qu’il n’acceptera pas leur sollicitude, leur « pitié ». Il ne veut pas, sa jambe n’est pas un handicap, sa jambe est un souvenir. C’est la raison pour laquelle il souhaite la chute de la société policée de Pelagia.. Oublier. Non ça, jamais. Il n’oubliera pas, pas plus qu’il n’oubliera ce que lui contera Abraham. Abraham qui commence enfin à parler


Il a merdé. Ça, c’est bien un mot que lui utilisera mais que son interlocuteur ne donnera jamais. Soit. Ce sont des choses qui arrivent, surtout pour un gamin. Il n’a pas l’expérience, de fait, il se trompe. N’est pas humains celui qui ne se trompe jamais. Le problème, c’est plus la gravité de l’erreur. Tu t’es trompé, soit. Mais en quoi ? Seisyll repousse son verre de cherry au lieu de suivre son conseil, il a retrouvé son calme plat. Il ne s’énerve pas. Pas quand Abraham dit qu’il est retombé dans l’Essence. De mémoire d’homme, on n’obtient rien de quelqu’un qui a une addiction par la force. C’est une question de volonté et d’envie, après ensuite l’aide intervient, l’encouragement. Mais sans envie, on a rien, on obtient rien. Abraham est ensuite retourné dans les jupons de sa mère, un réflexe de petit garçon. Mais au moins Seisyll comprend mieux les raisons de son absence. La peur du sermon. Seisyll porte son verre à ses lèvres. Un ajout de la part du gamin. Il a rencontré quelqu’un. Quelqu’un avec qui il a satisfait ses envies d’hommes. Dès qu’il prononce son nom, Seisyll manque de s’étouffer bruyamment. Elle. Il aurait pu se taper n’importe qui des femmes et même des hommes, après tout, ça le regarde et il serait le plus mal placé pour émettre un quelconque jugement sur la question vis à vis des mœurs de Pelagia. N’importe qui. Mais il avait fallu que ce soit elle. Seis termine se rejeter le liquide alcoolisé, sa gorge le brule plus qu’à raison.


« Allons bon, elle prend ses amants au berceau maintenant.. Si tu ne te souviens plus, crétin, c’est qu’elle et toi étaient probablement sous emprise d’Essence… Bon sang, Abraham, tu ne pouvais pas aller faire tes affaires avec quelqu’un d’autres ? Tu es bien conscient qu’un jour ou l’autre, c’est sa mort qui arrivera sur le tapis ! Pour ce qu’elle représente et non pas pour ce qu’elle est. On est la Compagnie ! Un groupe d’Activistes ! On ne tient pas un stand de crêpe ! En plus, c’est avec elle que tu comptes combattre ton trop plein d’Essence ? Tu te moque de moi ?! C’est quoi la prochaine surprise que tu me réserves ? Etre allé claironner dans le hall de Magnus qui tu étais et l’adresse de bar ? Non. Mieux Avoir agressé Darwin dans un moment trop alcoolisé. Voir même sobre. »



Seisyll se redresse, quitte la table en renversant sa chaise, contenant tant bien que mal sa colère. On inspire. Expire.


« Tu comptes la revoir ou c’était une passade comme ça ? Histoire que je me prépare mentalement à ce que je vais faire de toi »

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   11.01.16 20:18 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Seisyll est bel et bien dans son bar, et il demande vite des comptes pour son absence. Abraham lui raconte tout, absolument tout. Voir un peu trop, quitte à mettre en colère le Patron.

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

Azores Lullaillaco. Seisyll manqua de s'étouffer, surpris. Trop surpris. La colère montait en lui, Abraham le voyait bien. C'était évident, il allait se prendre sa canne dans la figure. L'Essence fut le premier sujet engagé, Abraham écarquilla un sourcil : pour savoir que l'artiste prend énormément d'Essence, et surtout se dire que c'est une mauvaise fréquentation par rapport à ça, qu'elle ne l'aidera pas à arrêter, c'est qu'il faut un minimum la connaitre. Seisyll dans sa colère venait lui-même de se trahir. Abraham n'oubliera pas ces mots. Et non plus ceux d'un homme qui lui parle de la future mort prévue de la maîtresse, pour ce qu'elle représente, une conseillère. L'ennemi numéro 1 de la Compagnie : le gouvernement. Il se mit à parler de l'autre Conseiller, Darwin, le Gardien. Le frapper en étant ivre ? Hm. Est-ce que c'était le bon moment pour lui dire qu'il l'avait rencontré un mois plus tôt et qu'il avait réussi à échappé à une sale arrestation ?
Et au moment où il se redressait en renversant sa chaise, lui demandant en hurlant si il comptait la revoir, est-ce que c'était aussi le bon moment pour lui dire qu'il l'avait déjà revue et qu'il était allé boire un verre avec elle, passant même presque toute la nuit avec elle ? Est-ce que c'est juste une passade ? Abraham ne disait rien, baissant la tête en balançant ses bras d'avant en arrière comme un enfant qui ne sait plus quoi répondre après avoir été engueulé par l'un de ses parents. Et il ne savait pas quoi répondre, sincèrement. « Tu ne t'énerves pas ? »

Abraham avala sa salive. Seisyll lui faisait du mal à forcer sur sa jambe pour se redresser, à se mettre en colère, à tirer sur ses traces de brûlures. Et il allait surement s'énerver : « Déjà, je savais pas que c'était elle au début, je l'ai deviné que le lendemain quand c'était ... » Il passa sa main derrière la tête, frottant sa nuque nerveusement. « Trop tard. » Un moment de silence. « Je l'ai revue depuis. »

Et là, machinalement il s'écartait, comme pour essayer de fuir à son père, cet homme qui pour ce genre de chose, voir moins pire, l'aurait déjà brisé une jambe. Abraham était plutôt rapide, il était déjà à quelques mètres de Seisyll, se cachant derrière l'une des tables du bar. Il se souvenait des tableaux de Swann qu'il avait vu chez la maîtresse. Paniqué, il essayait de changer de sujet, de ramener la conversation sur Seisyll, sur son vieil ami Swann, comme pour essayer de se protéger :

▬ « J'ai vu des tableaux de Swann chez elle. Elle m'a dit qu'ils appartenaient à un vieil ami artiste, mort durant une explosion. C'était Swann. Elle connaissait Swann. Et je suis sûre que tu la connais. Tu connais Azores ! » Et il baissa la tête pour éviter un lancer de projectile, sait-on jamais, mieux vaut rester prévoyant. D'anciennes habitudes familiales.

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   13.01.16 0:26 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

La colère. Elle s’insinue encore et encore. Il en veut, il en veut terriblement au gamin. De ne pas avoir assuré ses arrières. Il s’en veut aussi. Il s’est trop confié, trop montrer, il n’a pas suivi sa sacrosainte règle. L’information, c’est le pouvoir. Il s’est trop ouvert à Abraham, il en a trop montré, il a montré ses chats, il a montré le tableau, le tableau qui causera sa perte. Nine le lui a dit. Si Magnus le retrouve, ce sera à cause de ce tableau. Ce tableau qui les représente eux. Mais après tout qui savait pour eux. Nine. Selena. Cal. C’est tout. Et c’est toujours tout. Ce n’est pas un secret que l’on confit. Ce n’est pas une chose que l’on montre. Et à part avoir été devin inspiré par les déités ou omniscient, il n’y aucune raison que quelqu’un d’autre le sache. A part si quelqu’un lit les âmes. Dans un sens, c’est un fin en soi. Que Magnus le retrouve. De faire face à son père, le regarder droit dans les yeux avec toute la haine qui l’habite. Le voir s’écrouler de son piédestal, de perdre l’image de sa famille parfaite. Sa rage. Elle gronde, sourde, fait frissonner sa jugulaire sous sa barbe. Prends garde à toi, Abe. Fait attention à ce que tu dis. Tu joues à un jeu dangereux. Ne pas s’énerver. En fait si. Il vient juste d’une société de masque qui lui a appris à masquer ce genre de sentiment. Seisyll évacue, préfère se faire mal plutôt que faire mal au gamin. Il sait être violent et il n’a plus de garde-fou pour l’empêcher de commettre l’irréparable. Il a cependant peut être muri, il s’est aguerri, elle ne s’emportera plus de la sorte, pas sur un coup de tête. Abe tente, Abe essaie, il se justifie. Il ne savait pas qui elle était au début. Bon. D’accord. Il n’est pas marqué maîtresse des arts sur son front. Par contre, il l’a revu. Seis se fige, réfléchit comme d’habitude, bancale. Il essaie de voir, prévoir. Il n’y arrive pas, trop d’impondérable, d’imprévu, il ne trouve pas de solutions à ce problème qui allait devenir par ricochet le sien, il ne voit pas le jeune homme commencer à reculer, à fuir. Qui aurait peur d’un boiteux, franchement. Surtout dans son état. Que doit-il faire. Lui faire la morale ? Pas trop le genre de la maison et puis il serait terriblement mal placé. Le problème de l’Essence est adjacent. Il l’a dit, Azores, c’est ce qu’il y a de « moins pire » dans ce gouvernement despotique. Que faire. Que faire.


Grossière erreur. Immense erreur. La chose à ne plus jamais faire maintenant. Si Swann s’avérait être le meilleur garde-fou, la meilleure armure face aux colères de la chouette, ce n’est plus le cas, c’est même carrément l’inverse. Aussi dès qu’il l’évoque, la machinerie de géant de Seis se remet en branle, rapidement. Il s’avance, sa voix est glacial, il est glacial.


« Sors immédiatement de sous cette table, tu es ridicule. »



Et il attend qu’Abraham s’exécute avant de se faire imposant, haineux, le dominant de sa voix rauque


« Elle a oublié de te donner une information à ce que je constate. Une seule petite, minuscule, information. La date. Tu vois, aujourd’hui, cela fait exactement deux ans. Deux années. Jour pour Jour. Crois-tu qu’il est judicieux d’aller convoquer les morts pour sauver ta cause ? Je ne pense pas. »


Ses mots se hachent, se scindent, Il se tait. Connait-il Azores, ne la connait-il pas ? Peu importe, là n’est pas le problème. De toute façon, si Abraham la questionne à son sujet, il obtiendra la même réponse que chaque personne a à la surface de Pelagia. Seisyll est mort. De quoi embrouiller un peu plus le gamin, quand on sait que le fonds de commerce de la chouette est entre autre de réutiliser des identités de défunts pour tromper les autorités. Il le juge, encore. Avant de donner son verdict.


« Si c’est ainsi que vont les choses, alors je ne peux plus t’embaucher. Je ne veux pas me compromettre. Tu es adulte et libre, je ne suis pas ton père ou un quelconque membre de ta famille. Si tu veux retravailler pour moi, il te faudra me prouver que tu es fiable mais je doute que ce soit particulièrement intéressé de retravailler pour un fantôme boiteux. »




Il lui fait dos, retourne s’assoir, sans le regarder, sans lui porter le moindre intérêt. Un dédain complet. Maintenant, il faut oublier, quitte à retomber dans l’alcool. Il se sert d’ailleurs un grand verre de Cherry. S’il faut se secouer, autant le faire avec de la cerise.





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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   15.01.16 23:10 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Seisyll est bel et bien dans son bar, et il demande vite des comptes pour son absence. Abraham lui raconte tout, absolument tout. Voir un peu trop, quitte à mettre en colère le Patron.

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

Dans la phrase il y avait Azores. Certes. Mais il y avait aussi Swann. Et ça, c'était apparemment le premier élément déclencheur dans la colère de Seisyll.
Celui-ci se rapprochait tant bien que mal d'Abraham, de tout son poids, de sa rage et de sa froideur. Lui ordonnant même d'arrêter de se cacher, ce que le jeune homme avait beaucoup de mal à faire. Comment ne pas rester caché face à une bête immense comme le Patron ? Surtout quand il est dans cet état là. Abraham, dans un sens, s'en voulait terriblement de lui avoir provoqué une telle rage; C'était mauvais pour lui, son état, sa santé et surtout sa jambe. Et tandis qu'Abraham essayait de le maîtriser, ne serait-ce que du regard, Seisyll devenait de plus en plus haineux. Elle a oublié de te préciser la date. Ça fait deux ans. Jour pour Jour. Abraham mit du temps avant de comprendre de quoi il s'agissait. Swann, bien sûr. La mort de Swann. Comment avait-il pu oublier ? Abraham était plongé entre la peur et l'envie de fuir, mais aussi la gêne et l'envie d'aider Seisyll. Hm. Peut être pas maintenant. Si c’est ainsi que vont les choses, alors je ne peux plus t’embaucher. Le visage du gamin blêmit d'un coup. u es adulte et libre, je ne suis pas ton père ou un quelconque membre de ta famille. Les mots étaient lourds à porter, Abraham aurait aimé perdre ses oreilles, se les couper pour qu'il n'entende plus rien et qu'on lui fiche la paix. C'était d'ailleurs ce qu'il faisait, posant ses mains contre sa tête, laissant les mots disparaitre dans un mauvais silence, avec quelques sons à peine compréhensibles bien que audibles au fait que la voix de Seisyll soit impressionnante.

Si ils ne voulaient pas réveiller les voisins, c'est fichu.
Le Patron lui tourna le dos, l'oubliant définitivement. Abraham ne savait pas quoi faire, impressionné par cette scène. La peur l'habitait, il en tremblait des genoux. Ses mains étaient devenues moites et tout son corps le piquait. Se grattant machinalement le bras, il lança finalement pour briser le silence :

▬ « Tu as peur de quoi Seisyll ? Elle ne sait rien de moi. Elle connait juste mon prénom, Abraham. Même pas mon nom de famille. Elle ne sait rien de ma famille, elle ne sait rien de mon passé. De ce que j'aime. De ce que je fais. Elle m'a posée aucune question, et si ce n'était pas la Conseillère en Art de Pelagia, je penserais que c'est juste une belle femme à la chevelure rousse ... » Avec bien d'autres atouts, mais si Abraham rentrait dans les détails, la canne de Seisyll finirait définitivement par se briser en deux sur ses jambes.

Est-ce que c'était aussi le bon moment pour parler de Saül ? Du fait qu'il l'avait choppé ? Peut être pas non. C'est déjà pas mal une conseillère, en parler de deux ... Les yeux d'Abraham s'assombrirent un peu plus, tout en restant en retrait, il serra les poings.

▬ « Je vais trouver du boulot ailleurs. Je vais arrêter de prendre de l'Essence, je vais bosser, me sortir les doigts du cul et faire quelque chose de ma vie sans être obligé de me reposer toujours sur toi. » Puis, il se mit à hausser la voix : « Après tout, je suis un adulte libre, non ? »

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   17.01.16 4:54 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

La terrifiante flamme dévorante de colère s’était éteinte, d’un coup, comme si mettre un point à une discussion la clorait définitivement elle et ses conséquences. C’est faux, immensément faux. La flamme s’est éteinte, paradoxalement à cause de l’alcool. C’est chimiquement faux, l’alcool attise, encourage la flamme. Mais métaphoriquement, là, le dernier verre de cherry a été celui de trop. Il ne contrôle plus rien, ni son calme, ni sa colère. Pourtant, pas de colère quand Abraham répond, non, rien de tout ça. Peut-être un petit rire moqueur. Il n’a rien compris. Ou lui n’a pas été assez explicite. Et puis, il y a eu Swann, Swann qui est venu tout embrouillé. Sa gorge se noue, se tord, sa cœur manque un battement. Il a beau n’être plus de ce monde, le Chat, rien à faire, c’est toujours pareil. Abe est allé toucher la corde sensible, il n’y avait plus que cela. Seisyll déglutit, il sent les larmes remontés vers ses yeux, les retient, sa voix de brise, comment avoir l’air sérieux maintenant, avoir l’air menaçant pour mettre en garde le gamin. Une mise en garde voilée pour quiconque fouille un peu trop ses secrets. Nine et Cal lui sont attaché à vie, Cal contre son gré au début, menace de mort et enfermement à la clé … mort tout court si le Chat n’y avait pas mis son grain de sel et n’avait pas évité l’inévitable. Maintenant, il les entraine dans sa vengeance aveugle et deux, c’est déjà trop. Alors, pas trois. Et puis, il y a cette seconde chose, plus insidieuse, qui demande plus de réflexion. A mi-chemin entre la paranoïa et la possible vérité. Seisyll a été élevé dans le moule de Magnus. Bon d’accord, il a pas mal débordé jusqu’à s’en échappé et on ne peut pas dire que son éducation a été une réussite mais il connait. Leurs manières, leurs desseins. Leurs techniques. Sa voix est redevenus douce, rauque, brisée en petits morceau de son. Poser sa pensée. La présenter.


« Ce n’est pas d’elle … encore une fois … que vient la menace. Pas d’elle en elle-même en tout cas. C’est parce qu’elle est maitresse des arts que les problèmes vont arriver. Elle ne connait rien de toi, c’est surement vrai. Mais Magnus …a une réputation à défendre, c’est aussi dans leur rôle de connaitre et de prévoir pour protéger les symboles de Pelagia dont elle fait partie. Il ne m’étonnerait pas.. Qu’on t’ais suivi, qu’on ait enquêté sur toi… Qu’il y ait une magnifique fiche à ton nom pour savoir qui tu es et quelles menaces tu peux représenter… Ils ont déjà perdu Verbeeck, ils n’en laisseront pas filer une autre. C’est pour cela que je peux plus t’embaucher comme coursier, ils remonteraient toute la filière. Crois-moi, je sais de quoi je parle, j’ai été élevé jusqu’à mes 21 ans dans leur moule et avec leurs préceptes comme unique vision du monde. »



Un silence. Il écoute Abraham déclamer, dire les efforts qu’il allait faire pour ne plus se reposer lui. Il rit, moqueur, il est bel et bien ivre, il ne rit jamais sobre.


« Que de beaux projets, gamin… Si tu veux les réussir, il va falloir que tu arrêtes de fouiner dans mon passé et mes secrets … J’attire la malchance, ceux qui s’y sont piqués ne sont plus de ce monde ou alors me sont attachés jusqu’à ma mort … qui ne saurait tarder certes … Suicide, malnutrition, maladie, explosion, Magnus … c’est fou les possibilités que j’ai de me faire descendre malheureusement, ça ne va pas assez vite à mes yeux… »



Il s’enfonce dans le fauteuil… enfin s’enfoncer… s’écrouler serait plus juste.


« Je crois que je suis ivre, Abraham… Laisse-moi là ou ramène moi mais ne dit rien ni à Nine , ni à Cal … Ils ont suffisamment à faire dernièrement avec la Compagnie qui bouge alors s’il faut aussi me materner... J'ai envie de dormir... Je dors quand j'ai trop bu. »

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   17.01.16 12:24 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Seisyll est fatigué. Il a trop bu et Abraham ne sait plus vraiment quoi répondre face à cet homme qui lui rappelle son père, ancien alcoolique. Pas le choix, il faut le ramener chez lui ...  

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

Certes. Ce n'était pas d'Azores que venait réellement la menace et ça Abraham le savait. Et rester plus souvent près d'elle, partager ses goûts, sa vie avec elle ne serait pas un problème si elle n'était pas la maîtresse d'art de Pelagia. Abraham savait déjà tout ça. Et aussi que Magnus ne ferait plus la même erreur que avec Yseult, l'ancienne Deité suicidée. A présent la surveillance était importante, on ne fait plus confiance ... Seisyll parlait d'affiches. Abraham ne tilta même pas le sous-entendu qu'il y avait derrière. Abraham retenait les mots, savait les garder au fond de sa petite tête. Mais les comprendre vraiment ? Il n'avait pas encore assez de subtilité pour ça.
Son Patron voulait se protéger. Protéger son bar, Clio, Light, Nine, Séléna et tout les autres proches d'Aldebaran et de La Compagnie. Quitte à dégager l'un de leurs camarades. Abraham n'était pas déçu de cette décision. Enfin de compte cela suivait simplement sa longue absence du groupe après tout ce temps, et ses mensonges accumulés sur sa vie auprès de Saül, auprès d'Azores et auprès de beaucoup de monde qu'il rencontrait. Abraham s'était surnommé Giles, puis Joseph ... Bientôt qu'est-ce que ce sera ? Abraham ne voulait pas être comme Seisyll, se cacher derrière un masque et rester seul. Rester ... Là, en plan, à boire comme un trou.

Abraham en avait plus rien à faire de ce qu'il disait. Il voyait bien qu'il n'avait plus toute sa raison : il parlait bizarrement, de choses incompréhensibles, dites maladroitement. Il parle de secrets. Il parle de suicide, malnutrition, maladie, explosion, Magnus ... Le jeune homme, entre deux mots lança un bref : « Je veux pas savoir. » Avant de voir son ancien Patron s'écrouler dans son fauteuil, prêt à reprendre un peu de sa bouteille.

C'était les rôles inversés, Abraham devenait l'enfant qui protège son père. L'enfant qu'il était autrefois quand il voyait son père revenir à la maison dans un sale état, un litre l'alcool dans le sang, vomissant dans la cuisine, sur sa mère, la frappant pour extérioriser toute sa colère. Lui s'interposant et s'en prenant une. Puis tout le reste.
Ces souvenirs revenants en tête, il n'avait envie que d'une chose : abandonner Seisyll, seul, dans son bar. Mais Abraham n'était pas comme ça. Le laisser seul ? il avait trop peur que cet homme fasse une énorme connerie. Et il se sentait responsable, dans un sens, de son état. Laisse-moi là. Lança t-il. Ne dis rien à Cal et à Nine. Abraham serra le poing. J'ai envie de dormir, j'ai trop bu. Abraham avait les yeux sombres. Et il s'était avancé jusque cet homme, grand de deux têtes de plus que lui, bien plus baraqué que lui, pour reprendre sa bouteille et la poser un peu plus loin. Tout en essayant de rester calme, il leva la main pour lui faire signe de se redresser, et lâcha très sèchement, une boule dans la gorge :

▬ « Lèves toi. » Regardes toi, t'es un déchet. Tu me dégoutes. Je pourrais te laisser là. Mais Seisyll n'était pas son père, et jamais il n'avait levé la main sur lui. « Je vais te ramener chez toi. »

Tout en essayant de supporter le poids de son patron, il laissa son bras se poser sur son épaule, le transportant de l'autre côté de là où il se supportait avec sa canne. Abraham ne le regardait plus dans les yeux, il ne le voulait pas. Si il le faisait il se mettrait à pleurer comme un enfant, parce que la vue de cet homme qui était comme un frère, voir comme un père pour lui, venait de se briser. Il était cet homme qui le retenait de tomber, l'attrapait et le résonnait. Maintenant c'était lui qui le supportait de tout son poids, oubliant la douleur de porter un homme qui fait quatre-vingt kilos au moins.

▬ « J'ai l'impression que c'est ton genre de toujours tout cacher à tout le monde ? » Abraham soupira. « Bien sûr que je vais le dire à Cal ou à Nine, ce sont tes enfants. »

Et il s'en voudrait de laisser Seisyll seul. Les deux hommes sortirent du bar après l'avoir fermé derrière eux, quelqu'un viendra faire le ménage dans quelques heures, pendant la matinée. Abraham sentait l'odeur du Cherry lui parcourir le nez et ça lui rappelait sa mère. La même odeur. L'odeur de ses parents. Combien de temps de marche déjà ? Est-ce qu'ils allaient prendre le Nautilus ? A cette heure-ci il n'y en a plus que quelques uns, les derniers. Abraham n'arriverait pas à supporter le poids de Seisyll pendant tout le trajet pédestre. Alors autant se forcer un peu. « Je pensais pas me retrouver dans ce genre de situation un jour. » Un petit rire, comme pour détendre l'atmosphère. Bientôt la vue du port allait se faire présent, et ils se rendraient au quartier Est, niveau 3, pour le ramener chez lui.

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Dernière édition par Abraham Land le 19.06.16 12:35, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   28.05.16 5:53 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 


Protéger tant que c’est possible. Avancer jusqu’à l’objectif, aussi suicidaire qu’il soit. Voir la mort comme une délivrance, l’unique moyen de renouer avec le bonheur, le calme enveloppant. Vivre heureux, caché, invisible dans le domaine de Juvino. Où les interdits du monde humain n’ont plus court, surtout les plus stupides. Plus d’interdits, donc plus de honte. Anarchie, honnie par les têtes pensantes de Pelagia. Tout ce qui ne rentre pas dans le moule signifie anarchie. Alors quand le moule vous a écrasé, tué à petit feu. Quand, un temps, vous avez su vous jouer du moule. Maintenant, qu’est ce qu’on doit faire. Il n’a plus d’admiration chez Abraham. Plus rien. Qui pourrait admirer une loque humaine, maintenant que les masques sont tombés. C’est ce qu’il est, une loque humaine. Une loque sans violence, il n’a jamais été violent ivre, il n’est violent que sobre. Il lui faut la pleine possession de ses moyens pour pouvoir déverser de la haine dans des poings, dans un combat corps à corps, armes contre armes. Les armes à feu sont plus le domaine de Nine. Cal préfère les poings. Seis les explosions. Swann était un non violent convaincu. Drôle de chef pour le monde violent de la dissidence. Le dégout. Voilà ce qu’il voit dans le regard du gamin. Seis connait un peu l’histoire d’Abe. S’il avait eu l’esprit un tant soit peu plus clair, il aurait facilement fait le lien. Mais il n’a pas l’esprit clair, pas aujourd’hui. Aucunes liaisons neuronales disponibles. Repassez plus tard. Après l’ivresse. Après le sommeil de l’ivrogne. Après la gueule de bois montreuse qu’il va surement se payer au réveil. Et l’enguirlandage probable dans les règles que Nine, Cal ou Selena, ou par deux … ou séparément … ou tous ensembles vont lui assener. L’alcool et une ivresse excessive au cherry leur rappelle de bien trop mauvais souvenir. Lorsqu’Aldebaran n’était qu’une épave. C’est toujours une pauvre épave échouée, assommée, décimée par le kraken, sans capitaine et avec un second complétement paumé.
 
 
Abraham fini par bouger. Finalement, il a pris sa décision. Il le ramène. Voix pâteuses de Seisyll. Les chats. Il faut prendre les chats, ne pas les laisser ici, ils y feraient trop de bêtises. Ses chats. Ses boules de poils. A lui. Et à personne d’autres. Ses morceaux d’âme, ses morceaux de Tabitha, ses morceaux d’Eirlys. Le chat a toujours été très présent dans l’iconographie de ses proches. Sa mère a toujours dit, dans ses rares instants de tendresses parce qu’Aeder était ailleurs que si Eirlys avait été un animal, elle aurait été un chat. Son Totem. Celui de Swann aussi sous l’identité de Tabitha. Beaucoup de chats. Jamais autant que chez lui .De toute façon, ivre ou pas, Seis ne bougera pas sans ses chats. Les bestioles finissent donc probablement dans un sac de toile, là où elles avaient été trimbalées à l’allée. Et les voilà. Seis s’appuie indifféremment sur la canne et sur Abe. C’est lui qui a dit qu’il le ramenait chez lui. Ce n’est pas fameux, ni très efficaces. Abe reparle. Encore. Jamais il n’a souvenir que le gamin ait autant parlé. Faudrait qu’il boive plus souvent en fait.  Seis ne réponds pas tout de suite. Répondre, ça signifierait parler ET marcher en même temps. Soit faire deux choses en même temps, chose absolument pas conseillée dans son état actuel. Leurs pas les mènent jusqu’à la station de Nautilus la plus proche. De toute façon, Abe n’aurait pas pu le porter plus longtemps, ce serait suicidaire. Autant attendre les engins automatiques pour les transporter. Attendre combien de temps, là est la question. Alors Seisyll s’écoule de tout son poids sur un banc. Paon profite de la pause pour sortir du sac et venir s’installer sur les cuisses de son humain en ronronnant, Marine dormant à pattes fermées dans le fond du sac. Seis leur accorde un peu d’affection, un peu de tendresse, une caresse entre les oreilles pour que le petit moteur de Paon se mette en route.
 
 
« Ressentir et montrer ce ressenti est l’apanage des faibles. C’est comme ça que j’ai été élevé. Cela ne veut pas dire que j’approuve le propos. Mais une éducation, ça reste. C’est comme ça. Je n’ai jamais été roi des masques pourtant. Mon double l’était et l’est probablement toujours. La reine des masques. Ne jamais rien montrer pour ne jamais échapper une faiblesse. »

 
Un soupire. Il continue.
 
 
« Je n’ai pas d’enfant, je n’ai jamais souhaité en avoir. Vous n’êtes pas mes enfants, ni toi, ni Light, ni … Nine. On formerait une bien drôle de famille sinon. Dont je serais le piètre patriarche. Même si dans un sens, nos liens sont forts. Je te protègerais comme je protège les autres, autant que je peux. Je continuerais à te nourrir même si tu épouse … la maitresse des arts, je parie qu’elle voit ça comme une manière artistique de se moquer des institutions du mariage ….Et si je dois mourir de la main d’un autre, je préfère que ça soit par l’un de vous trois. Par personne d’autre. Je n’ai pas d’enfants … Même dans le meilleurs des mondes je n’aurais pas pu en avoir … Pas de mon sang… J’ai même pas trente ans en plus … Ou peut être un tout petit peu plus»

 
 
Bribes d’informations distillées alors que le Nautilus arrive finalement, et ce malgré l’heure. Tu parles trop, Seis . Encore trop
 

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   19.06.16 13:54 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Tout deux prennent le Nautillus jusqu'au quartier Est, Niveau 3, là où Seisyll habite. Le ramener chez lui reste la meilleure des solutions ...

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

Alors ils arrivent au port.
Seisyll se porte maladroitement sur sa canne sans dire un mot tandis que Abraham le transporte de son bras gauche, portant dans son autre main droite le sac avec ses chats. Il pose le dit sac sur le banc où son Patron s'est alors assit, ou plutôt effondré, et Paon en profite pour en sortir et venir se laisser câliner son maitre. Le père d'Abraham n'a jamais aimé les chats. Alors le jeune homme n'a jamais vécu avec, il n'a jamais réfléchit à en avoir, pas assez de temps pour lui, pour les nourrir. Le mieux reste de les laisser libre, eux.
Seisyll jusqu'ici silencieux depuis le départ, parle enfin, il avait surement attendu de se poser pour respirer car cela se sentait qu'il peinait à le faire. Ressentir et montrer ses émotions, pour les faibles. Tout le monde semble penser ça par ici, son père disait la même chose, Light la même, et surement Azores mais d'une autre façon. Une éducation ça reste. Mon dieu. Abraham écouta à peine le reste, roi des masques, reine des masques. Ses mots étaient vagues, difficile à comprendre et à relier. Il était parti dans sa nostalgie à lui seul. Mais, oui, le roi des masques. C'est ce qu'était Seisyll, très certainement.

Abraham reste là, debout, les mains dans les poches de sa veste en cuir, le nez plongé dedans, sur le côté, évitant que son regard croise celui des caméras de surveillance. Il regardait vers seisyll, qui fond sur le banc, sentant l'odeur épicé sur le cuir de sa veste. Pas d'enfants, jamais voulu, ils ne le sont pas; Un sourire s'affiche légèrement quand il dit "On formerait une bien drôle de famille sinon." Hm, c'est pas faux. Surtout avec juste avant un pseudo-père qui veut tuer son plus jeune fils, Abraham Land.

▬ « Je continuerais à te nourrir même si tu épouses ... la maitresse des arts.
Je parie qu’elle voit ça comme une manière artistique de se moquer des institutions du mariage.
»

▬ « J-Je compte ni l'épouser ni faire quoi que ce s... » Répondit subitement Abraham, perturbé par ce qu'il venait de dire. Seisyll ne voulait pas d'enfants, c'était aussi pareil pour lui qui se voyait pas se marier un jour. Après tout la vie d'un révolutionnaire est trop dangereuse pour penser au mariage.

Seisyll continue de parler, il ne l'écoute pas. Son regard semble vide. Il parlait de mourir de la main de quelqu'un comme Abraham, Nine ou Light. Le jeune homme écarquille les yeux. On dit qu'un saoulé dit toujours la vérité, et c'est plutôt inquiétant de voir un Seisyll aussi négatif. Le thème des enfants revient alors sur la table : je n'aurais pas pu en avoir. Pas de mon sang. Abraham fonce les sourcils, soudain perplexe.
Mais le Nautilus arrive. Il n'y a quasiment personne sur le quai, simplement un homme aussi lent que Seisyll. Et Seisyll, et lui. Paon va rejoindre alors de nouveau le sac, jusqu'ici content d'être caressé par son maître.

▬ « Je ne suis pas habitué à autant de confession de ta part. Mais, merci de me faire confiance. Je verrais pour te tuer un de ces quatre. En attendant faut se dépêcher, c'est le dernier Nautile. »

Abraham attrape le sac et le porte derrière son dos, laissant Seisyll se lever tout seul. Il va y arriver. En réalité, ce Nautilus lui fait toujours aussi peur. Mais c'est la seule solution pour rentrer vite au bercail, et il pense aux kilomètres à parcourir à pied en portant Seisyll si il devait passer par les vieux tunnels du Bas Niveau.
Ils s'installent assez près de la porte, Seisyll juste à côté avec ses chats, Abraham un peu plus loin, toujours cette position de dos courbé, le regard fuyant l'eau qui les entouraient peu à peu. Son pied tapait nerveusement le sol sec de la cabine, et ses mains se serraient entre elles, tout comme les nœuds dans son ventre. Le silence s'installe entre eux deux jusqu'à arriver au niveau 3 du quartier Est. Le trajet est très long pour rejoindre l'autre quartier. Trop long pour Abraham, bien dix minutes environ, et le temps de descendre les niveaux, cinq bonnes minutes de plus. Il ne restait plus que vous, l'homme qui était à côté était sorti au niveau 2. Un silence encore plus pesant se faisait. Abraham essaya dans un claquement de dents de briser ce silence :

▬ « Seis, t'endors pas maintenant. »

Dernier arrêt.
Abraham attrape le sac avec les chats et sort immédiatement, reprenant sa respiration normale. Pendant le trajet à pied jusqu'à son immeuble, ils font plusieurs pauses, à chaque fois Abraham pense que Seisyll va vomir, mais non, il s'arrête un bref instant et continue. Le jeune anarchiste le regarde, avec toujours ce regard à la fois de colère mais ne pitié.

▬ « Pourquoi est-ce que tu te saoules comme ça ? »

Pourquoi est-ce que, toi, tu te drogues à l'Essence ? Mais Seisyll avait fêté "dignement" le second anniversaire de la mort de Swann. Abraham s'en souvenait. Discrètement, tout en regardant son Patron marcher lentement à côté de lui, il essaya de lire sur son visage. Cet homme était vraiment un ami pour lui, il avait été important. Ils avaient crées Aldebaran ensembles. Mais Swann était aussi un ami d'Azores, un lien donc entre Seisyll et elle. Seisyll a vécu longtemps à Magnus, et aujourd'hui la plupart des membres de la Compagnie lui font confiance. L'ancien chef est mort et la Compagnie se meurt à petit feu. Magnus est à l’affut et prêt à empêcher la Compagnie de s'élever de nouveau comme elle le faisait autrefois. Le Gardien l'avait vu, avait deviné qui c'était. Et même si ces histoires de caméras de surveillance remontaient à loin, Saül et Magnus ne lâcheraient pas n'importe qui faisant parti de la Compagnie. Ils savent qu'elle est encore présente. Mais jusqu'ici Azores ne sait pas qui est vraiment Abraham. Et cherchera t-elle à le savoir ? Et Abraham pourrait arrêter de la voir, l'ignorer, elle s'en remettra, c'est sûr, elle n'est surement pas à sa première muse, son premier jeune garçon attachant et dont elle se servirait pour l'Art.
Les pensées se mélangeaient alors qu'ils arrivèrent à l'appartement. Abraham souffla un bon coup, essayant de reprendre ses esprits, et laissa Seisyll s'effondrer de nouveau.

▬ « Je vais rester dormir ici cette nuit, mais je repars à la première heure. »
Il déposa le sac au milieu du salon, là où tout les chats étaient réunis, et l'ouvrit en entier pour laisser Paon sortir le premier, rejoignant de nouveau son maître comme si il était son ami le plus fidèle et qu'il savait qu'il avait besoin de quelqu'un près de lui à cet instant. Abraham, lui, n'arrivait pas à rester détendu et prêt à le rassurer ...

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   05.07.16 4:24 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Dernier délitement des barrières de sa mémoire, les souvenirs l’envahissent et se déversent en flots de mots et de phrases. Des mots et des phrases qui avaient pourtant vocation à être caché jusqu’à la tombe, jusqu’à sa mort, sa délivrance. Plus besoin de cacher lorsqu’on est dans le monde de la mort. Machinalement, Seisyll sort sa fiole d’huile bénite et se signe calmement pour les Sases, malgré le tressautement du nautilus dans l’immensité bleu. Même les chats ne sont pas troublés, ils restent calmes. Seis perd son nez et sa barbe dans le pelage sombre de Paon qui ronronne doucement. Les chats aiment les endroits clos et exigus, parait-il. Abraham pique du fard, il n’a visiblement pas pensé à cette éventualité et même ! Il s’en défend. Seis se moque de lui, gentiment. Contrôle-t-il seulement quelque chose avec Azore dans les parages ? C’est l’hôpital qui moque de la charité, d’ailleurs, la dernière fois, dans sa vie précédente où il a cédé un petit morceau à Azore, il s’est retrouver dans un film vêtu d’un costume qui lui donner l’air d’un poisson chirurgien. Et il n’était pas amoureux d’elle, lui. Alors si l’amour s’en mêle. Pour peu que ce soit vraiment ça. Il a envie de dormir maintenant. Juste dormir. Parait-il qu’il ne faut pas qu’il dorme. Sur un moment, il y a eu même un début de « Lys, fiche moi la paix », souvenir des rares froids où les deux autres de la jeunesse dorée ont tentés de le cultiver un tant soit peu en le trainant à un Opéra. Il avait dormi de la moitié de l’acte premier jusqu’à l’entracte si bien que les autres avaient laissés tombé très vite.

Le nautilus s’arrête au quai dans un grincement de ferraille qui surprend Paon. Le chat noir retourne immédiatement se planquer dans le sac dans un miaulement réprobateur qui fait pouffer son propriétaire. Décidément, l’alcool, ça ne lui réussit mais pas du tout. Abraham semble partant pour le tuer, c’est parfait et c’est sur cette note tout particulièrement joyeuse qu’il entame la dernière partie du voyage jusqu’à chez lui. La question se pose. Comme un couperet. Pourquoi il boit. Pourquoi est-il devenu alcoolique en moins d’un mois. Il en avait fallu plus de six pour se remettre sur pied et l’opération aurait été impossible sans Cal et Antonine. Pourquoi on boit. Pourquoi on boit de l’Essence. Question hautement philosophique sans véritable réponse. Parce qu’il y a toujours une bonne raison de boire. Pourquoi il boit ? Réponse du tac au tac … enfin au tac au tac pour un type qui a véritablement un coup de trop dans le nez.

« Pour oublier ….. vide …. La nuit ….Personne. »


Toujours aussi peu clair. Peut-être plus tard. Surement. Dans son esprit vague, il reconnait son univers, sa rue, son immeuble, sa cage d’escalier qu’il gravit comme on gravit un mont des grands fonds, difficilement. Il tâtonne le fond de sa poche pour ouvrir l’appartement et reprendre ses droits dans le monde félin. L’appartement n’a pas changé depuis la dernière fois, toujours impeccable, toujours les mêmes meubles défraichis, toujours le même aménagement pour les chats. Toujours cinq chats qui attendent le retour de la main nourricière tandis que les deux autres espèrent rapidement sortir du sac. Mal en point, Seis caresse dans le vague les félins aux opales brillantes dans la pénombre produit par les rideaux, qui se frotte contre ses trois jambes .Enfin quelqu’un qui semble heureux de le revoir, décidément. Et puis il y a le tableau. Le tableau qui est toujours là, qui joue en teinte de bleu et de gris sans lumière et qui connait un jour nouveau. Seisyll fixe le tableau, courbé. Il lui parle. Le tableau est de Swann, le tableau est un morceau d’âme de Swann toujours présente.

« Tu sais quoi ? »


Finit-il par dire distinctement au tableau, le regard toujours plus vitreux

« Je parie … Oui, je parie et tu sais que si je parie, c’est parce que je sais que les probabilités sont pour moi … et bien je parie que si on demande à Cal d’échanger ta vie contre ma mort et bah il hésite même pas …. Trente secondes… Normal, moi j’ai voulu le tuer dès notre première rencontre et je l’ai enfermé dans un placard parce qu’il m’écoutait pas …. Claustrophobe qu’il est … alors que toi … oh, toi, tu l’as sauvé au moins deux fois d’une mort certaine. Je lui demanderais, tiens »


Souffle aux vapeurs d’alcool, illusion de réponse.

« Quoi ?! Toi aussi tu râles parce que je suis ivre ? Bah voyons … Bah t’avais pas qu’à me laisser tout seul …. Puis que c’est ainsi, je vais me coucher … Au moins, l’avantage c’est que j’ai pas besoin d’utiliser le canapé … De toute façon, il est occupé. Le canapé. Retourne dans tes limbes et laisse-moi tranquille. »


Seisyll repart dans l’autre sens, suivit par Paon et Majorelle. Il s’arrête devant la porte de sa chambre

« Bonne nuit Abraham. Pense à petit déjeuner avant de partir. »


Puis claque la porte .

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MessageSujet: Re: Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll   12.08.16 23:13 par Abraham LandCiter Editer Supprimer 



Résumé
Avril 125.
Seisyll et Abraham sont rentrés. Seisyll parle à son tableau et Abraham semble loin de se douter du pourquoi du comment celui-ci semble si triste. Seisyll part se coucher et finalement Abraham s'endort ...

LES FANTÔMES SONT PARTOUT

Seisyll se mit à fixer le tableau.
Et ses yeux ne semblent plus vouloir regarder ailleurs. « Tu sais quoi ? » Sa voix retentit. Abraham croyait qu'il s'adressait à lui, alors il se redressa pour lui répondre un bref « Quoi ? » avant de réaliser que ce n'était pas à lui qu'il parlait.
De brides, indistinctes, étranges. Abraham le regarde les yeux plissés, tout en l'écoutant, il s’assit sur le canapé, lit resté plié, tout en ne perdant pas Seisyll une seule fois des yeux. Il parle de Cal. Light peut être ? Silence … Abraham reste là, à se tripoter les mains, silencieux. Lui aussi saoul il se parle à lui même. Son père faisait pareil, il lui parlait toujours de choses qu'il ne savait pas et l’engueulait pour ça. C'est un truc d'alcooliques on dirait bien.
« Quoi toi aussi tu râles parce que je suis ivre ? » Sérieusement, il parle au tableau ? « Laisse moi tranquille. »
Seisyll repart alors vers sa chambre. Abraham se demanda un instant si il l'avait oublié, mais finalement Seisyll lui souhaita bonne nuit, et lui rappeler de prendre un petit déjeuner. Et puis vient le claquement de la porte de sa chambre.
Abraham resta là, sans un mot. Au moins vingt bonne secondes, le regard ailleurs, la bouche faisant la moue. Puis d'un coup il passa ses deux mains dans ses cheveux, tirant sur la peau de son front les yeux écarquillés.

▬ « Baaah meeeerde !
Qu'est ce qu'il vient de nous faire là ?
 »

Il parlait à son tableau. Abraham retira sa veste, puis son haut, et se gratta le dessous de l'aisselle droite en observant alors ce fameux tableau. On aurait dit des ombres, ce n'était pas très distinct. Mais Abraham se rappela. De quelque chose. C'était vague, mais il pensa à Azores. Il pensa à ce tableau qu'il avait vu chez elle, un tableau. Swann. « Baaah meeerde ! Bien sûr ! » C'était un tableau de Swann. Seisyll parlait à Swann. Normal de lui parler, le jour de l'anniversaire de sa mort, on va dire. Oui c'est ça. C'est peut être ça.
Bon, c'est l'heure de dormir, sans doute. Tant-pis, c'était peut être pas le bon soir. Demain il lui écrira un mot pour s'excuser, ils ne se reverront que quand il aura trouvé un travail, une bonne situation, et il reviendra. C'est ça, il va faire ça.
Il retira alors son pantalon, posa ce qui trainait sur la table basse, et eut la flemme de déplier le canapé. Bah, c'est très bien comme ça, il va pas s'embêter. Couché sur le dos, face au plafond du salon, il laissa le silence gagner la pièce. Les chats restés dans la pièce étaient discrets, on les entendait à peine, ils s'étaient surement pour la plupart endormis. Abraham renifla du nez, les bras croisés. Pas facile d'avoir sommeil après tout ça. Et quelque chose au fond de lui tournait, il réfléchissait. Pensait à tout plein de chose. Puis comme une illumination, il fronça un sourcil, fit une grimace, se leva légèrement à l'aide de son coude, regarda le sol en silence, puis la porte de la chambre de Seisyll, ouvrit légèrement la bouche pour dire quelque chose, la referma.
Non ? Se pourrait-il que Seisyll et Swann ? Oh ?
Il reprit sa position initiale sans dire un mot, soupira, regarda le plafond et finalement le sommeil finit par le gagner plus vite qu'il ne le pensait.



Il ne dormit que quelques heures, pas aussi longtemps qu'il aurait pensé. La lumière dehors n'avait même pas encore était allumée lorsqu'il ouvrit les yeux. Toujours le silence, seulement le bruit de son caleçon contre le canapé, et le froid qui le gagne. Rapidement il se rhabilla. Il était temps de rentrer chez soi. C'était décidé, il se rendrait chez sa mère, ferait sa valise et rentrerait à son appartement au niveau 3, à dix minutes de chez Seisyll en fin de compte. Il allait chercher un travail, finalement le premier qui vient, et il allait commencer à économiser un peu. Peut être faire des études d'un an pour apprendre un métier, jouer l'apprenti, monter les échelons ? Voilà qu'il rêvait éveillé. Tout en souriant bêtement en enfilant sa veste, il se rendit dans la cuisine silencieusement, sans réveiller personne dans cet appartement et se servit du café. Il savait où c'était, il avait vécu ici une semaine après tout. C'était y a plus de deux mois maintenant mais il se rappelait. Et même de l'endroit où il mettait ses carnets de notes. Toujours en silence, la tasse de café tiède en main, il attrapa ces fameux carnets et chercha une feuille vierge. Buvant son café de la main droite il écrit de l'autre quelques mots. Des remerciements pour ce qu'il avait fait, des excuses pour avoir était un idiot, un peu ce qu'il s'était passé, au cas où Seisyll ne se souviendrait pas, ce qu'il allait faire. Et il mentionna discrètement Swann et lui. Qu'il comprenait. Qu'il s'excusait encore, que ce n'était pas le bon jour pour l'emmerder. Bref qu'il l'aimait en somme sans le dire. Que ça allait passer.
Il posa le stylo au milieu des deux feuilles pour faire comme un marque page et laissa le carnet au milieu de la table. Une dernière gorgée de café, il nettoya la tasse, la replaça à l'endroit. Bientôt il ne resterait de son passage qu'une fine odeur de café. Et ce carnet. Il caressa un chat au passage, il ne savait plus vraiment son nom. Quelque chose comme une couleur bleu ? Bah.
Il ouvrit la porte de l'appartement, qui semblait toujours rester ouverte, regarda une dernière fois les lieux, la porte de la chambre de Seisyll. Un long soupir. Lâchant avant de partir :

▬ « Bonne journée. N'oublies pas le petit déjeuner. »

________________
Mon Image
Hold your colours against the wall, when they take everything away.
She looked into your eyes and saw what laid beneath. Don't try to save yourself.
The circle is complete.



« »



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Avril 125 | Ghosts everywhere | Abraham & Seisyll
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