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Pieces of memories. — Clio / Avril 125
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 Pieces of memories. — Clio / Avril 125



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MessageSujet: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   29.11.15 21:42 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il avait claqué la porte de l’entrée sans un mot, le regard baissé, et un carton sous le bras. C’était toujours le même cinéma, à chaque fois qu’elle, sa mère, lui demandait de revenir dans la maison familiale. Aujourd’hui, l’excuse était la succession de feu son père. Et Raleigh était revenu dans cette maison, entre les murs qu’il avait délaissés sitôt sorti de l’université, il avait supporté la discussion avec sa mère et le regard lourd de reproches de sa grand-mère qui, semble-t-il, lui en voulait encore de ne pas avoir pu sauver son père, lui, le médecin de la famille. Mutique tout le long de l’entretien, il avait simplement ramassé le carton des affaires qui lui avaient été gracieusement offertes et il était reparti. Sans un mot, sans un regard.
Il avait délaissé ces deux femmes qu’il n’arrivait plus à supporter, il les avait abandonnées à regarder les murs en ressassant tout ce qu’elles avaient de bien ou non à lui reprocher.

Raleigh déambule dans les rues du niveau 1 qu’il avait abandonnées il y a déjà des années, son carton sous le bras. Il n’a même pas pris la peine de regarder ce qu’il y a dedans, il s’en fiche. Il regardera ça chez lui, de toute façon, au milieu de ses piles de bouquins, de bloc-notes et d’autres choses qui traînent, couvrant jusqu’au moindre millimètre de parquet encore libre. Un soupir lui échappe. Il n’a pas spécialement envie de rentrer chez lui, non plus. Trop de souvenirs déjà récupérés qu’il n’a pas envie de revoir tout de suite.
Le niveau 1 est grand. Trop grand. Il n’en a jamais fait le tour complet, il se cantonnait à sa routine maison, faculté, examens.
Il jette un coup d’œil à son carton, qui n’est pas fermé. Ce carton, il va le remiser dans un coin, l’oublier, le laisser prendre la poussière jusqu’à ce que son pied bute dedans au détour d’une idée de rangement. Et il le remisera, encore une fois, avec d’autres cartons, et il les oubliera et les laissera prendre la poussière.

Il ne lui reste plus qu’à se trouver un plan, pour le reste de la soirée. Comme rentrer dans le bar, là, de l’autre côté de la rue, et y rester aussi longtemps qu’il en aurait envie. Adjugé vendu, il traverse la petite rue pour aller pousser la porte du bar. Ce soir il ne travaillera pas, il n’a pas envie de toute manière. Comme à chaque fois que sa mère lui demande, si ce n’est lui impose, de venir la voir, trouvant à chaque fois une nouvelle excuse.
Elle égraine, petit à petit, la succession de feu Cohen père pour pouvoir voir ce fils dont elle ne comprend pas le choix d’aller vivre dans le niveau 2.
Tant pis. Pour ce soir, Raleigh n’a pas envie d’y penser, il s’installe à l’endroit qui lui demande le moins de traverser la salle. Au bar, littéralement, il pose son carton à côté de lui, jetant un dernier coup d’œil à cette boîte, sans se demander ce qu’il peut y avoir dedans. Ce n’est qu’une boîte après tout. Qu’est-ce qu’elle peut signifier, cette boîte ?

Il salue vaguement la barmaid, sans vraiment faire attention. Il se comporte comme au travail, il joue les absents, il essaie de ne pas engager la conversation plus que ça.

« Un brandy, s’il vous plaît. »

Pas son préféré, mais il n’a pas spécialement envie de réfléchir non plus.



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   30.11.15 11:41 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

La journée commençait réellement quand quinze heures sonnaient. Avant, elle ne faisait qu’évoluer entre la paresse et l’action. Toilette, nourriture, ménage. Elle s’activait sans trop réfléchir, mécaniquement. Elle n’avait plus à penser à l’endroit où elle rangeait ses affaires, plus à penser à l’endroit où se situait telle blouse ou tel tube de rouge à lèvres. Tout avait sa place au sein de l’appartement. Et tout se trouvait toujours à sa place. Mais quand sonnaient les quinze heures, elle sortait de sa torpeur, s’activant en réfléchissant. Elle enfilait des vêtements décents, dans lesquels elle se sentirait à l’aise au boulot. Elle laçait ses chaussures, appliquait une dernière couche de mascara et de rouge à lèvres avant de lever les voiles. Il était généralement quinze heures quart quand elle fermait la porte de chez elle. Elle avait le temps de rejoindre l’Opale du Chat pour l’ouverture.

La soirée était tranquille. Aucune fille en pleurs sur le comptoir, bourrée à quelques cocktails sucrés – comme si ça allait arranger les choses et obliger le prince manquant à rappliquer fissa. Il y avait bien eu des sous-entendus qu’elle avait essuyés d’un sourire, du moment qu’ils ne dépassaient pas la limite de la décence. Les hommes étaient repartis jouer aux cartes sur une table, Clio était retournée à son travail. Elle restait à l’entière disposition de la clientèle, assise sur un tabouret derrière le bar, un livre devant les yeux. La soirée était tranquille, elle pourrait peut-être terminer son chapitre.

La porte s’ouvre sur un homme aux cheveux châtains, un carton sous le bras. Clio hausse un sourcil, intriguée, ne se rappelant pas avoir à réceptionner quoique ce soit. En général, quand il y a des livraisons pour le bar, elles arrivent entre seize heures et dix-sept heures. Mais pas à cette heure-ci de la soirée. Elle lance un regard à son collègue qui lui renvoie un haussement d’épaules. D’accord, ce n’est pas pour eux. Elle lance un « bonsoir ! » enjoué avant de se déloger de son siège, abandonnant son livre sur une étagère après avoir corné la page en cours. Elle s’approche de l’homme, se penche vers lui en souriant.

« Dites-moi tout. »

Un brandy. Elle se retourne pour attraper un verre ballon, l’un de ceux qu’on utilise pour cet alcool, et se déplace pour prendre la bouteille de brandy, déposée sur une étagère trop haute pour elle. Elle regarde au sol et peste en constatant que la caisse qu’elle utilise habituellement pour attraper les bouteilles les plus hautes a disparue. Elle appelle son collègue à la rescousse afin qu’il déloge la bouteille de l’étagère avant de retourner en souriant vers le garçon. Clio avait arrêté de se sentir gênée dans ce genre de situations. Elle désigne le carton d’un geste sur menton, servant le brandy par la même occasion avant de pousser le verre vers le client.

« Vous déménagez ? A moins que votre femme ne vous ait foutu à la porte, ce qui serait plus embarrassant, je vous l’accorde… »

Clio repousse une boucle rousse derrière son oreille en s’accoudant sur le zinc. Elle reprendra sa lecture plus tard. Après tout, elle était en route pour finir à quatre heures du matin.




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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   30.11.15 16:11 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il ne fait pas attention à grand’chose. Après s’être installé, il s’est accoudé sur le bois du bar, la joue contre son poing, et il regarde depuis le carton, ce foutu carton, qui a l’air de le narguer depuis son propre tabouret. Remiser ce carton a définitivement l’air d’une bonne idée. Il ne fait attention à rien d’autre que ce carton qui n’est pas fermé, pas scotché. Il ne fait pas attention à la barmaid qui lui a dit quelque chose, qui n’arrive pas à attraper la bouteille sur l’étagère. Le carton a droit à toute son attention et à toutes ses préoccupations du jour. Ce n’est même plus la peine de penser au petit Daniel et à sa santé plus que fragile. Toujours à choper les microbes qui passent, son système immunitaire décide de faire une pause plusieurs fois dans l’année.
Finalement, Raleigh relève la tête, abandonnant le carton à son triste sort, et attrape son verre du bout des doigts, le faisant légèrement tourner sur lui-même, le soulevant vaguement, une fois sur la gauche, une fois sur la droite. Il sourit. Il laisse même un léger rire lui échapper, puis il hausse les épaules.

« Je ne suis pas marié. Et j’ai déménagé il y a déjà un petit moment, donc… »

Nouveau haussement d’une épaule, et il entame son verre, en se demandant machinalement comment la conversation va tourner. Gérer des conversations. Avec les patients, à la clinique, il a l’habitude. Leur demander comment ils vont, pourquoi ils sont venus, s’ils ont d’autres choses à dire, éventuellement. Avec ses collègues, il se contente du strict minimum. Ses collègues n’ont pas spécifiquement besoin de contact humain, du moins c’est ce qu’il estime. Ils passent respectivement leur temps à soigner les malades, toute la sainte journée.
Parler avec ses collègues ne l’a jamais vraiment tenté, il doit bien l’admettre. Un soupir lui échappe quand il repose son verre sur le bois vernis du bar.

« Ce sont des affaires de mon père. »

Ou plutôt, c’étaient des affaires de son père, puisque son père est mort il y a presque deux ans, pendant l’attentat du temple pourpre. Tant qu’à faire, Raleigh aurait préféré éviter cette partie de la conversation, il n’a pas tellement envie de repenser au jour de l’attentat. Mais bon, c’est lui qui a lancé la conversation sur cette pente, et maintenant qu’il y est, autant finir ce qu’il a commencé. C’était son maître mot, à la faculté, ne pas s’arrêter avant d’avoir fini ce qu’il était en train de faire. C’était ça ou se rétamer lamentablement en plein milieu du parcours médecine, et ça, très peu pour lui.
Il reprend une gorge de son verre, et l’envoie retrouver le bois vernis du bar. Machinalement, il tend une main vers le carton pour écarter les pans de la fermeture et jeter un vague coup d’œil à ce que cette boîte peut contenir.

« Enfin, elles étaient à mon père, plus exactement. Il est mort en août 123, pendant l’attentat du temple. Depuis ma mère règle les droits de succession, les détails notariaux en tous genres, et moi je récupère des affaires au compte-goutte. »

Un vague sourire étire ses lèvres alors qu’il lève de nouveau le verre, sans pour autant le porter à ses lèvres, le gardant juste là, dans sa main, au-dessus du bar.

« Et vous avez remarqué que c’était loin de me plaire. C’est rien de le dire, j’ai quitté le niveau 1pour être tranquille, je n’ai pas tellement envie d’y revenir, même si c’est pour emporter des souvenirs de mon père avec moi. »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   02.12.15 11:08 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio avait pris l’habitude d’échanger quelques mots avec les clients prenant la peine de s’asseoir au bar. Elle estimait que s’ils s’asseyaient devant elle, ce n’était pas pour être seuls. Parfois, elle les laissait se débrouiller : quand c’était une gamine ou un alcoolique notoire. Quand elle sentait les emmerdes arriver, quand leur conversation n’était pas intéressante. Elle avait développé toute une technique pour se débarrasser de leurs paroles écœurantes. Soit elle les dégoûtait à son tour, soit elle prenait la fuite en prétextant avoir du travail. Quand l’emmerde était trop grande, elle laissait ses collègues masculins gérer le marché. A condition qu’elle gagne au pierre-papier-ciseaux. Elle n’avait pas flairé les ennuis avec cet homme. Elle pouvait se permettre de lui parler.

Il n’était pas marié, Clio sourit de plus belle. Il n’est pas marié et il vit sans doute seul. Bien sûr qu’elle aurait pu sauter sur l’occasion pour flirter comme une pauvresse. Clio était bien au-dessus de ça. Bien au-dessus de l’amour et de l’attraction des corps. Elle s’intéressait seulement aux autres, à leurs histoires. Les mensonges et les secrets qu’ils dévoilaient, avec plusieurs verres dans le nez. Elle s’intéressait à la tristesse et à la joie. Elle voulait se rendre utile et si être utile nécessitait donner de sa personne pour quelques heures d’écoute, elle le ferait. Ce n’est pas comme si elle avait mieux à faire. Sans qu’elle ne lui demande plus d’explications, l’homme explique. Ce sont les affaires de son père, décédé durant l’attentat du temple. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui en parle. Elle ne pousse que rarement les gens à se confier et quand elle a à le faire, elle connait les limites de l’acceptable. Elle se contente d’écouter ce qu’il a à dire sur sa mère qui évacue la succession morceau par morceau. Si c’était Vivian, elle aurait tout gardé. Elle aurait fait du troc avec la Matrone, pour quelques bouteilles d’Essences en plus.

« Je suis désolée, pour votre père. »

Clio aurait dû être au temple ce jour-là. Elle avait émis l’envie d’y aller, avait quémandé un jour de congé auprès de Geoff qui le lui avait refusé. Il lui refusait toujours ses jours de congé quand ils n’étaient pas planifiés à l’avance. Geoff lui refusait toujours quoique ce soit s’il n’y tirait aucun avantage. Clio voulait seulement admiré la statue. Elle s’était promis d’y passer avec son service, qu’il soit l’heure d’aller se coucher ou pas. Elle n’y était pas allée, au final.

« C’est sûrement un moyen pour elle de vous garder à ses côtés, même si la durée est limitée. Dix minutes. Trois quarts d’heure. Ou seulement le temps de dîner. C’est un moyen de ne pas couper les ponts. Mais après, ce que j’en pense, vous en faites ce que vous voulez, hein. »

Elle se redresse pour aller chercher son tabouret. Elle le traîne pour se placer devant l’homme derrière le bar. Et elle se hisse dessus. Regard circulaire sur le bar, tout à l’air d’aller correctement. Personne ne semble guetter son regard pour demander quelque chose. Elle croise les jambes, repose son regard sur l’inconnu au carton.

« A vrai dire, ma mère est comme ça. Sept ans que je ne vis plus avec elle mais sept ans qu’elle m’appelle régulièrement. Sauf qu’elle n’a rien à me donner, c’est à moi à apporter. »

Elle hausse les épaules, en souriant.

« Qu’est-ce qu’elle vous a donné, cette fois ? Sans indiscrétion, bien entendu. »





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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   02.12.15 20:56 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Machinalement, il hausse les épaules en remerciant la barmaid. Il n’est pas trop sûr lui-même de ce qu’il doit penser de la mort de son père. Ils n’avaient jamais été extrêmement proches. Malgré le temps, Raleigh est toujours comme anesthésié par le fait qu’il allait éternellement manquer une personne de sa famille. Il avait mis du temps à réaliser, passé des heures seul à se demander ce qui aurait pu changer « si », pleuré, seul, dans le noir de son appartement du niveau deux, puis avait finalement consenti à se dire qu’il n’y avait rien de plus à faire que récupérer, au goutte à goutte, les affaires de son défunt paternel.
Il continue de siroter son verre, tranquillement, sans se préoccuper du carton outre mesure. Il est très bien sur son tabouret, ce carton. Et lui, il est très bien, là, à siroter son verre en discutant avec quelqu’un qui ne lui pose pas mille et une questions sur son père, sa mort, le travail qu’il exerçait, ou tout autre sujet en rapport avec l’héritage du mort.

Un sourire s’étale de nouveau sur ses lèvres, le genre de sourire doux qu’il réserve à ces enfants peu rassurés amenés par des parents inquiets pour presque rien, un nez un peu pris, une légère toux, ou même juste une peau atopique qui passe son temps à démanger.

« Vous n’avez pas complètement tort, vous savez ? Je n’avais pas pris la peine de voir les choses sous cet angle, mais vous n’avez pas tort. Tant qu’à vous mettre dans la confidence, autant vous dire qu’elle n’a sans doute jamais compris pourquoi j’ai déménagé dans le niveau deux. »

Il hausse vaguement les épaules, termine son verre. Au final, c’est sans doute vrai. Il manque à sa mère, lui, l’universitaire indépendant, qui passait plus de temps dans sa chambre à réviser ses cours qu’en compagnie de ses parents, à discuter de tous les sujets en vogue dans le niveau 1. Il n’a jamais vraiment compris pourquoi sa mère et sa grand-mère passent leur temps à le regarder avec des yeux plein de reproches. Peut-être leur reprochent-elles de ne pas être avec elles, de ne pas passer de temps en leur compagnie, de ne pas être là pour elles après la mort de son père.
Mais quoi qu’il en soit, il ne compte pas revenir vivre avec elles. Il n’a pas payé son indépendance à coups d’entretiens d’embauche pour revenir sous le toit familial. Il a quitté le niveau 1, il n’y reviendra pas.
Il sourit toujours.

« Et je suppose que vous faites comme moi ? Vous apportez, gentiment, parce qu’elle est de votre famille et que, rien que pour ça, vous vous dites que vous ne pouvez pas la laisser tomber ? »

La conversation dévie sur le carton. Ce fameux carton, abandonné là, tout seul, mais qui n’a pas pour autant l’air d’en souffrir : ce n’est qu’un carton. Et lui-même ne sait pas ce qu’il y a dedans, alors en guise de réponse, il hausse légèrement les épaules.

« Je ne sais pas. Je regarderais ça chez moi, je suppose, si je ne le remise pas automatiquement avec les autres parce que je n’ai pas envie de m’embêter avec. Je suppose qu’il y a des photographies, il en manquait une sur le bureau de mon père. Après, je ne sais pas. »

Ses doigts pianotent machinalement sur le bois du bar. Raleigh n’a pas envie de parler de ce carton. Il verra toujours ce que sa mère a mis dedans chez lui, s’il y pense. Et sinon, tant pis, ce sera comme pour les autres cartons. Il regarde la barmaid.

« Sinon. Si nous nous présentions, qu’est-ce que vous en pensez ? Ce serait la moindre des choses, non ? »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   03.12.15 10:40 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Elle roule des yeux en souriant. Bien sûr que non, qu’elle n’a pas complètement tort. Elle est barmaid, ce n’est pas pour autant qu’elle doit être idiote. Elle s’est seulement basée sur les réactions de sa mère qui l’appelait, qui la suppliait presque de venir la voir quand elle avait le temps, après le boulot si elle en avait envie. Elle coulait des mots mielleux au téléphone, des mots d’amour, les mêmes à chaque fois en comptant les minutes en même temps que la Matrone. Vivian téléphonait toutes les trois semaines, environ. Vivian ne comprenait pas ce qu’il se passait autour d’elle. Ou alors, très peu. Elle comprenait que Clio soit partie mais ne savait pas très bien où elle s’en était allée. Sa joue posée dans la paume de sa main, le coude appuyé sur sa cuisse, Clio observe le sourire du jeune homme.

« Je ne suis pas du genre à laisser tomber les gens faciles, c’est l’un des plus grands problèmes de ma vie et ça causera probablement ma perte. Puis les coups de téléphone sont difficiles à ignorer… »

Elle avait bien essayé de faire comme si la sonnerie stridente de l’appareil n’existait pas mais parfois, elle ne pouvait tout bonnement pas se permettre de ne pas décrocher le téléphone. Elle avait vécu les crises de Vivian. Les mots d’amour qui se déformaient en haine, les griffes puis les larmes, les suffocations, les supplications. Elles n’étaient tout simplement pas, l’une comme l’autre, à affronter le sevrage. Clio n’était pas aussi méchantes, pas aussi mauvaise. Elle craquait toujours au bout d’un moment, Vivian devait l’avoir compris, à force. Peut-être même l’avait-elle toujours su. Sa mère était la seule famille à laquelle Clio pouvait encore s’accrocher, elle qui n’avait ni père, ni grands-parents, ni frère, ni sœur.

Elle ne lui pose pas plus de questions sur ledit carton. Après tout, ce ne sont pas ses affaires, elle en est parfaitement consciente. Elle disait ça pour la conversation, car c’était là la seule matière qu’elle avait sous les yeux. S’il n’a pas envie d’en parler, il n’est pas obligé de le faire. Au fond, elle s’en moque un peu de ce qu’il y a dans ce carton. Elle range la conversation quelque part comme lui rangera la boîte si l’envie lui prend de la faire disparaître dans un cagibi lugubre. Il lui propose de se présenter alors que Clio entreprend de glisser en bas de son tabouret, sans se casser la figure.

« Ce serait utile si vous comptiez revenir me voir. » Elle rit en désignant son verre. « Je vous remets la même chose ? A moins que vous ne désiriez autre chose. »

Un client entre, Clio le salue automatique de sa voix enjouée. L’homme s’assied au bar, plus loin et sort un livre de son vieux sac de cuir usé. Il attend à l’écart en lisant, Clio s’approche pour s’informer de sa commande. Scotch, sans glaçon, tout de suite monsieur. Elle se déplace pour servir le verre de l’homme et lui ramener son verre en souriant. Elle attrape son cahier ainsi que le calepin des commandes au passage pour compléter ce que chacun lui devra au moment de partir. Elle regarde l’homme au carton en souriant.

« Le devoir m’a appelé. Vous disiez ? »

Elle repousse son cahier plus long sur le bar.

« Je m’appelle Clio. »




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Dernière édition par Clio Chatterton le 04.12.15 15:51, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   03.12.15 21:59 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Les coups de téléphone sont rarement faciles à ignorer, il le sait d’expérience. C’est toujours aux pires heures que sa mère choisit de le contacter pour lui demander de passer, qu’on l’appelle pour lui dire qu’il y a des sutures à faire sur un gamin de cinq, six, sept, ou huit ans un peu trop téméraire qui a eu la mauvaise idée de s’agripper à de la vaisselle, qui est tombé dans les escaliers ou sur du gravier un peu trop insistant. C’est toujours lui qu’on appelle, de toute façon, dès qu’il s’agit de s’occuper d’un enfant. Il a toujours su s’y prendre avec les plus petits, trouver les bons mots pour les rassurer au moment de faire le rappel du vaccin, la prise de sang, ou quoi que ce soit d’autre qui nécessite une aiguille.
Et parfois, il y a juste les enfants qui n’ont pas peur des aiguilles, pas peur du sang, et qui sont juste curieux de voir ce que le médecin va faire.
Mais de toute façon, c’était toujours impossible d’ignorer la sonnerie stridente du téléphone. Que ce soit celui de chez lui, ou celui de son cabinet à la clinique, voire ceux des couloirs de la clinique tout court. Les téléphones en général.

Son sourire s’élargit un peu. Seulement s’il compte la revoir ? A la limite, ce ne serait pas très compliqué, il suffirait qu’elle tombe malade pour qu’ils aient une occasion de se revoir. Il n’a pas le temps de lancer la pique, ni de lui demander de lui remettre la même chose, elle salue un autre client et va s’en occuper. Bah. Il peut attendre.
Il ouvre le carton, en attendant, sans se préoccuper du manège de la rousse. Une photographie, comme attendue. Celle qui trônait toujours sur le bureau de son père. Une photographie de lui, enfant, en train de jouer dans les branches basses d’un arbre de la forêt du Cœur où ses parents avaient l’habitude de l’emmener quand il était enfant. Il a quoi, sur cette photographie, sept ans, huit ans ? Grand maximum. Il y a d’autres choses. Des livres qui étaient à son père, notamment un de médecine, vieux, aux pages cornées, jaunies, qui avait toujours traîné dans un coin de la bibliothèque paternelle.
Un étui à cigarettes, en argent. Son sourire se transforme machinalement en rictus moqueur. Délicate attention de sa mère que de lui laisser cet étui à cigarettes, vice de son père, que lui-même n’a pas totalement abandonné alors qu’il prêche aux autres de prendre soin de leur santé. Son pouce appuie sur le mécanisme d’ouverture, et le couvercle sursaute avec un petit clic.
Il y a encore trois cigarettes dans l’étui.

Raleigh referme la petite boîte en argent et la fait tourner entre ses doigts, la regardant avec autant d’attention que le jour, où, enfant s’incrustant dans le bureau paternel, il l’avait découverte pour la première fois. Il ne relève la tête que quand il entend la barmaid s’adresser à lui. Il garde l’étui à cigarettes dans ses mains, haussant simplement les épaules.

« La même chose ce sera très bien, merci. »

Un bref sourire passe sur ses lèvres avant de disparaître et il se remet à regarder l’étui. Il représente plus de souvenirs que ce à quoi il s’attendait. Il l’aime, cet étui, il l’a toujours aimé, sa forme discrète et ses motifs simples. Il l’aime juste pour ce qu’il est : une petite boîte où ranger tranquillement cinq cigarettes.
Finalement, il glisse l’étui dans sa poche de manteau. Ce sera le seul objet hérité de son père qu’il ne remisera pas, parce qu’au fond de lui, il avait toujours voulu avoir cet étui. Même si c’était juste pour le laisser sur une étagère.
Il incline vaguement la tête de côté.

« Raleigh, enchanté. Si vous préférez, vous pouvez toujours m’appeler docteur Cohen, aussi, c’est comme vous préférez. J’ai plus l’habitude d’être appelé par le deuxième, je vous avoue. »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   04.12.15 15:54 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Elle remarque qu’en son absence, il a ouvert la boîte en carton pour y découvrir sans doute quelques trésors. Clio essaie d’imaginer ce qu’il pourrait y avoir dans cette caisse. Sûrement des photographies anciennes, une évolution des visages à travers le temps. Des visages oui mais aussi des tailles et des vêtements. D’autres objets fabuleux comme le stylo préféré de son père ou des trucs du genre. Sans doute. Puis, elle essaie de deviner ce que Vivian mettrait dans une boîte pour elle et elle se dit qu’elle n’aurait rien. Sa mère n’avait rien à lui léguer puisque rien ne lui appartenait. A la mort de sa mère, ses vêtements partiront chez les autres filles qui s’arracheront la soie, les corsets, les colliers offerts par quelques clients réguliers, les restes dans les flacons de parfum, les poudres et autres artifices, et certainement les bouteilles d’Essence. Clio peinerait à récupérer les miettes. Elle ne récupérerait rien.

Elle s’éloigne du comptoir en emportant son verre avec elle, pour lui remettre la même. Même quantité, sans glaçon. La bouteille n’a pas été remise en hauteur, elle n’aura plus à se battre pour l’attraper ou à solliciter son collègue, vaguement abandonné dans un coin du bar. S’il boude, elle lui léguera un bisou avant de partir. Elle redépose le verre sur le bar, en face de son propriétaire. Il fait tourner ce qu’elle devine être un étui à cigarettes en argent. Il le range dans sa poche, elle se dit qu’il appartenait sûrement à son père auparavant. Elle ne lui posera pas plus de questions. Après tout, il y a des choses qui n’ont pas à la regarder. Il dit s’appeler Raleigh, Clio sourit.

« Je n’aurais aucune raison de vous appeler docteur Cohen, ici. Donc pour moi, vous serez Raleigh. C’est un joli prénom, ce serait dommage de se contenter d’un nom de famille et d’un métier. »

Elle s’affaire à ranger quelques affaires sur le plan de travail, regarder une nouvelle fois si personne n’a besoin de quelque chose ou si des verres vident attendent d’être ramassé. Elle replie les essuies avant de frotter ses mains l’une contre l’autre.

« Il est très joli, votre étui à cigarettes. Vous fumez ? »

Elle sourit légèrement, à croire que son sourire était la respiration qu’avait besoin son visage pour vivre, avant de se rasseoir sur son tabouret. Elle croise les jambes, appuie une nouvelle fois son coude sur son genou pour soutenir sa joue.

« Et donc, vous êtes médecin… C’est formidable ! Dans quel domaine êtes-vous spécialisé ? Chirurgie ? Urgences ? Pédiatrie ? Médecin dentaire ? A moins que vous ne soyez généraliste ce qui, en soi, est tout aussi bien. »

Peut-être que Clio aurait pu être médecin. Si elle l’avait voulu et, dans l’hypothétique cas où elle aurait eu suffisamment d’argent pour poursuivre ses études. Elle ne sait pas ce qu’elle aurait voulu être. Enseignante ? Secrétaire ? Médecin ? Ou tout simplement infirmière ? Elle n’en savait rien, ne sachant à quoi ressemblaient les autres métiers. Elle se plaisait au bar.

« Vous voulez que je vous dise, Raleigh ? Vous avez un très joli sourire. »

Clio déplace sa main sur son visage pour masquer ses lèvres, légèrement gênée. Elle continue de sourire derrière ses doigts.




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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   04.12.15 21:41 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Il récupère tranquillement son deuxième verre en haussant les épaules. Qu’on l’appelle par son nom de famille et son métier, ça ne le gêne pas, il a même beaucoup plus l’habitude d’être appelé ainsi que par son prénom. Il n’y a que les membres de sa famille à l’appeler par son prénom, et il a plus ou moins rompu le contact avec les deux seules personnes qui composent la susdite famille. Même ses anciens camarades de faculté ont oublié qu’il avait un prénom, ou alors ils prennent un malin plaisir à le taquiner le gratifiant toujours du même Dr. Cohen. Pas comme s’il avait été proche d’eux un jour, de toute façon. Toujours seul, le nez plongé dans ses bouquins de médecine pour réussir le semestre, l’année, la filière.
Les études de médecine, c’était marche ou crève, et ça l’est encore. Il n’y a qu’à voir la tête des internes de la clinique pour s’en rendre compte, avant de se rappeler que lui aussi, il est passé par-là, et qu’il n’en est toujours pas ressorti. Il continue de travailler, tard le soir, parfois toute la nuit.

Machinalement, il retourne chercher l’étui à cigarettes au fond de sa poche. C’est vrai, qu’il est joli, cet étui. C’est même à se demander pourquoi sa mère l’a mis dans ce carton, au lieu de le vendre comme elle l’a déjà fait avec certaines des affaires de son défunt mari. Sans doute s’est-elle douté que si d’autres biens du père de son fils disparaissaient de la sorte, ce dernier lui en voudrait encore plus. Surtout pour cet étui en argent. Madame Cohen devait savoir depuis longtemps que son fils adorait cet étui.

« De temps en temps, oui. Une sale habitude encouragée par mon père et les effets de mode du niveau 1. »

Lui, le médecin, fume, de temps en temps, quand il a envie, quand il est un peu plus stressé que d’habitude ou que son travail nocturne et bénévole au milieu des livres commence à l’agacer. Lui qui dit pourtant à ses patients qu’ils devraient arrêter de se payer des cigarettes, il continue de s’en fumer une ou deux à l’occasion. Il se rassure en se disant qu’il n’est pas spécialement ce qu’on peut appeler un fumeur régulier.
Il n’a jamais vraiment aimé la cigarette. Il ne compte pas les minutes qui le séparent de la pause et de sa dose de nicotine, comme certains. Il fume, c’est tout, et alors ?
Il pose l’étui à côté du verre, sur le bar, finalement. Il va commencer à le trimbaler partout où il va, cet étui, à le garder dans la poche de son manteau, à y mettre ses propres cigarettes, après avoir mis celles de son père ailleurs, ou de les avoir fumées, elles aussi, parce que c’étaient toujours celles-ci que lui et son père partageaient, de temps en temps, lors de petits moments privilégiés à discuter des dernières nouveautés du niveau 1 dans la grande maison familiale.

Il prend tranquillement une gorgée de son verre, puis incline la tête de côté.

« Je suis généraliste. Pour être honnête, j’aurais tout aussi bien pu me spécialiser, mais je ne me voyais pas survivre à encore d’autres années de faculté. »

Il dit ça, mais il continue de travailler sur tous les sujets qui l’intéressent une fois rentré de son boulot à la clinique. L’esprit humain. Fascinant, mais sur lequel Pelagia a bien des lacunes. Autant pour son fonctionnement normal qu’anormal. Pour Pelagia, l’esprit est un sanctuaire inviolable, qui ne peut être touché, et si on remarque un jour son dérèglement, c’est simplement une maladie tout ce qu’il y a de plus physique qui vient troubler la quiétude du patient.
Raleigh trouvait la chose contradictoire, insensée et même dangereuse. Aussi, anodinement, lors des consultations, il posait parfois des questions comment « vous êtes sûr que tout va bien ? » ou « vous voulez parler de quelque chose en particulier ? »
En général, les gens répondaient pas des soucis tout ce qu’il y a de plus médical et physique. Parfois, ils abordaient sans le savoir des questions qui touchaient plus à leur esprit. Des gens que Pelagia avait bien éduqués.

« Mais en général, c’est moi qu’on dérange pour s’occuper des enfants. Je sais m’y prendre avec eux, et la plupart savent que je ne vais pas les prendre pour des idiots parce qu’ils sont considérablement plus jeunes, et qu’ils n’ont pas la même vision du monde. Ils ont le temps de grandir, autant les laisser rêver tant qu’ils le peuvent. »

Il sourit un peu plus, et regarde la barmaid, son verre dans la main.

« Et vous, vous avez de jolis cheveux. Un joli sourire, aussi, n'essayez pas de le cacher, je ne vais pas vous en vouloir. »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   07.12.15 12:35 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio était plus une fumeuse passive qu’active. Elle inspirait la fumée que les autres recrachaient. Au moins, ça lui évitait de dépenser de l’argent en achetant des paquets et des paquets. Parfois, elle choppait une cigarette à quelqu’un mais là encore c’était rare et elle ne le faisait pas avec tout le monde. Elle trouvait ça amusant qu’il fume alors que les médecins mettaient en garde contre les dangers de la cigarette, donnant prospectus après prospectus. Les cigarettes, l’alcool, l’Essence… Mais les écoutait-on vraiment ? Raleigh est généraliste, moyen comme un autre d’échapper aux années d’études supplémentaires que demandaient les spécialisations. Elle ne connaissait pas le nombre d’études supplémentaires. Elle savait qu’elles existaient mais sans plus. Elle n’avait pas eu à s’intéresser à d’éventuelles études, elle s’était laissée vivre jusqu’à ce que ses seize ans tombent, guillotinant le fil du savoir entre ce qu’elle avait déjà appris et ce qu’elle aurait voulu apprendre.

Puis, il lui parle des enfants et elle trouve ça adorable qu’il sache s’en occuper. Clio gérait les enfants des autres. Elle était capable de discuter avec eux, de jouer avec eux, quitte à devoir se transformer en princesse pour prendre le thé, le petit doigt levé. Elle redoutait néanmoins ce moment hypothétique où elle deviendrait mère à son tour. Peut-être qu’elle serait une aussi mauvaise mère que Vivian. Peut-être pas, non plus. Il y aurait un père pour cet enfant, Clio ne ferait rien toute seule. Et si ce père la quittait, délaissant tous ses devoirs, elle le retrouverait pour l’envoyer manger du sable au fond de l’océan. Chose que Vivian n’avait jamais eu le cran de faire. Vivian avait attendu, prétextant qu’il reviendrait un jour, qu’il reviendrait pour elle avec l’argent nécessaire pour l’enlever du bordel. Il n’était jamais revenu la voir, Vivian s’était enfoncée dans un mélange d’alcool et d’Essence. Vivian était devenue une ombre, une loque humaine.

Il complimente son sourire ainsi que ses cheveux, elle continue de masquer ses lèvres. Elle n’a pas peur qu’il lui en veuille – ça lui est bien égal, en soi. Elle secoue la tête.

« Vous n’étiez pas obligé de me rendre le compliment. Je veux dire… J’ai dit que j’aimais votre sourire parce que je le pensais. »

Elle gigote un peu sur son tabouret, lance un regard nerveux vers son collègue qui ne manquerait pas une occasion de se moquer d’elle s’il voyait quoique ce soit de gênant. Elle gonfle ses joues, expire et laisse tomber sa main sur ses genoux.

« On ne complimentait pas souvent mes cheveux avant. Je veux dire… On a tous connu cette personne en cours qui faisait des blagues stupides sur les autres. Moi, on faisait des blagues sur mes cheveux, parce que je suis rousse. Maintenant je m’en moque. Les blagues puériles sont passées. »

Elle s’était protégée des blagues sur les prostituées comme elle le pouvait, en mentant. Elle avait menti sur la profession de sa mère quand les institutrices demandaient d’en parler. Elle s’était créée une mère femme de ménage, surmenée par le travail pour gagner suffisamment d’argent pour apporter de la nourriture sur la table. Vivian n’allait pas aux réunions de parents, Clio recevait les commentaires des professeurs et les gardait pour elle. Ce n’était pas Vivian qui allait pouvoir l’aider à améliorer quoique ce soit.

« Qu’est-ce que vous aimez chez les enfants ? Leur manière de voir les choses ? C’est vrai que c’est excessivement adorable… J’ai gardé des enfants, quand j’étais jeune, pour faire rentrer l’argent de poche. Ils sont vraiment incroyables, par moment… »




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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   30.12.15 21:10 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




« Je pense aussi que vous avez un joli sourire. »

Et elle a un joli sourire, Clio. Et dans le niveau 1, on lui avait appris à retourner les compliments, même quand on ne les pense absolument pas. Mais c’est d’autant mieux qu’on les pense, ça ne fait pas tache avec le reste du décor, ça ne laisse pas de sensation bizarre quand on repense à ce qu’on avait envie de dire à la place de « vous aussi ». Raleigh hausse vaguement les épaules, gardant son ébauche de sourire et continuant d’ouvrir et de refermer l’étui à cigarettes. De son père ? Ou devrait-il dire son étui à cigarettes, maintenant ?
C’est un léger dilemme qui s’impose sur le moment. Finalement, l’étui va retrouver le verre, sur le bois vernis du bar. Ce n’est qu’un étui. Mais dans la tête du médecin, ça sonne encore bizarre de dire que c’est le sien. Alors il écoute Clio parler, de ses cheveux, et des blagues qu’elle subissait à l’école, quand les enfants avaient encore ce malin plaisir de vouloir ébranler l’autre par les mots ou les actes.

« J’aime bien vos cheveux, la couleur, surtout. Ça change des couleurs plus… ordinaires ? Vous n’êtes pas la première personne rousse que je croise, mais ça ne change rien au fait que j’aime beaucoup cette couleur de cheveux. Elle est vive, lumineuse, même. »

C’est mieux qu’un éternel châtain terne comme on peut en voir sur beaucoup de têtes à Pelagia. Châtain, brun, blond semblent être des teintes assez courantes, si on oublie les perruques dont certains s’affublent. Le roux est beaucoup plus rare. Ce qui le rend d’autant plus joli à ses yeux.
Il reprend son verre, et une gorgée de celui-ci. Après ce verre, il faudrait qu’il s’arrête, autrement, il finira par se mettre à raconter n’importe quoi, voire à rire pour presque rien. Les longues soirées du niveau 1 avec un verre à la main sont passées depuis longtemps pour lui, et il préfère le café à l’alcool quand il passe de longues heures penché sur des livres à essayer de trouver un élément pour étayer les théories qui s’installent dans sa tête à partir du plus petit phénomène observé chez ses pairs : les êtres humains.

Et Clio lui parle des enfants. Son sourire s’élargit un peu.

« J’aime leur simplicité, mais aussi leur capacité à rendre une toute petite chose extrêmement importante. Vous avez déjà vu l’intérêt qu’ils portent à un simple jouet ? Pour nous, ce n’est qu’un jouet. Mais pour eux, ça peut être un ami, un confident, un compagnon de route pour des aventures toujours plus extravagantes, sorties des livres que leurs parents leur lisent le soir. Une figurine de baleine devient une monture pour explorer les tréfonds de l’océan, une méduse devient un sage au savoir absolu… Leur imagination n’a pas l’air d’avoir de limites, ils peuvent se créer des mondes extrêmement riches, comme s’ils ne voulaient jamais grandir. »

Il repose le verre.

« Et pourtant, ils détestent qu’on les considèrent comme plus petits que leur âge. C’est ça que je préfère, chez eux. Ils acceptent de rester des enfants tant que le jeu dure, mais s’il faut se confronter à un adulte, il aiment qu’on leur parle franchement, mais sans les prendre totalement pour des adultes. »

Et l’étui à cigarettes retrouve l’intérieur de sa poche. C’est mieux ainsi, pour l’étui en tout cas, et à lui, ça lui évitera de l’oublier sur le bois du bar. Même si ça lui donnerait une excuse pour revenir dans l’établissement. Lui qui ne sort pas aussi souvent qu’il le devrait, selon certains de ses collègues à qui il dit simplement que le soir, il lit, parce qu’il n’a rien d’autre à faire. Sa vie familiale a volé en éclats comme les statues du temple il y a longtemps.

« Je prends un exemple que je connais, expliquer à un enfant une procédure médicale quelconque. Il faudra utiliser des mots simples, parce que certains termes médicaux sont simplement incompréhensibles sans dictionnaire, mais sans prendre l’enfant pour un bébé et lui parler sérieusement. Pourtant, il voudra quand même être rassuré comme s’il n’était pas aussi grand qu’il aimerait le faire croire. Ça donne parfois lieux à de sacrées scènes… »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   28.06.16 22:36 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Ah ça, pour être lumineuse, sa couleur de cheveux avait le don de l’être. Elle avait eu le don de tout attirer à elle. Les gros lourds, les blagues vaseuses, les romantiques, les allumés. Les cas désespérés. Elle était la torche allumée au milieu des insectes voletant autour d’elle. Elle passe une main au milieu de ses boucles rousses. D’un côté, ça la déstabilise un peu. Elle perdra pied si elle reste sur ce sujet.

Heureusement qu’il accroche au sujet des enfants. Il se lance dans le débat. Il parle de l’imagination des enfants, du fait qu’ils s’accrochent aux jouets en voyant en eux plus qu’un morceau de bois. Quand Clio était gamine, elle voyait en son ours en peluche un confident. Peut-être parce qu’elle avait peu d’amis à l’époque. Elle avait besoin de personnes à qui parler. A qui raconter sa journée. Sa mère était trop défoncée pour l’écouter et les autres femmes… C’était les autres femmes.

« C’est aussi ce que j’aime avec les enfants, leur imagination. J’ai gardé un petit garçon une fois, dans le Niveau Deux. Il avait démonté les coussins du canapé, avait pris les oreillers qu’il avait trouvés dans la maison ainsi que des couvertures. Dans sa tête, il conduisait un Nautilus. Je me souviens, je me suis même trompée de place en m’asseyant. Je me suis mise à la place du conducteur. Il a rouspété, c’était tout bonnement adorable… »

Il lui raconte comment il fait pour expliquer une procédure médicale aux enfants. Elle sourit en imaginant la scène.

« J’avoue que les procédures médicales, ce n’est pas trop mon truc et à cette époque, je ne travaillais pas encore dans un bar – heureusement car cela aurait posé problème, la plupart des babysittings se déroulant le soir, pendant que les parents vont au cinéma ou au restaurant. Cela dit, c’est très attentionné ce que vous faites avec eux. Franchement. Je suis admirative. »

Clio n’avait plus côtoyé d’enfants depuis quelques années déjà. Depuis qu’elle était barmaid à vrai dire. Les enfants se faisaient rares, voire même inexistants, dans les bars. Maintenant, elle fréquentait des adultes. Trop d’adultes. Les enfants lui manquaient, parfois.

« Alors dites-moi. Je sais que vous êtes tenu par le secret médical, ce genre de choses mais… Admettons que vous ne me donniez aucun élément susceptible de dénoncer l’identité de votre patient… Quel est le cas le plus étrange que vous ayez rencontré jusqu’à présent ? Et vous pouvez y aller, je ne suis pas une grande sensible. »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   29.06.16 12:55 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Le cas le plus étrange qu’il ait rencontré jusqu’ici… La question en elle-même est étrange, ce n’est pas franchement le genre de choses qu’on lui demande habituellement. Habituellement, on lui demande plutôt des conseils, des avis, comment se passe son travail, comment se sont passées ses études… Raleigh réfléchit. Un cas étrange.
Il faudrait déjà définir étrange dans une société où tout est censé tourner rond. Mais outre la fois où une de ses nombreux supérieurs hiérarchiques avait tenté de l’attaquer avec une pince à bout rond alors qu’il devait lui retirer des sutures, après l’attentat du temple, il y a bien un cas qui lui revient en tête. Celui du poignet cassé. Il l’a laissé tomber, a abandonné l’idée de trouver ce qui clochait dans toute cette histoire.

« Il y en a peut-être bien un qui me revient en tête, même si je n’ai pas non plus vu des centaines de personnes depuis le peu de temps que j’exerce. Rien d’extraordinaire, rien de monstrueusement glauque, mais il y avait un détail qui clochait. »

Il sourit doucement et hausse vaguement les épaules, reposant ses doigts autour de son verre presque complètement vide. Sauf que là, il y a un autre détail qui cloche. En tant que médecin, il est tenu au secret absolu concernant tous ses patients, même ceux qu’il n’a vu qu’une dizaine de minutes une seule fois dans sa vie parce qu’il avait été appelé en renfort aux urgences. Tant pis. Il laissera le cas étrange du poignet cassé dans son placard à mystères, en essayant de deviner, sans aucune preuve, si son intuition a raison ou non.
Il restera quand même sur sa première impression, celle de la blessure auto-infligée.

« Mais, en tant que médecin, je suis tenu au secret médical donc je ne pourrai malheureusement rien vous dire à ce sujet. Pas que je ne vous fasse pas confiance question discrétion, c’est simplement que je préfère ne pas prendre de risques, et, après tout, je ne vous connais pas tant que ça. »

Elle n’a pas l’air de quelqu’un prête à crier ce qu’elle vient d’apprendre sur tous les toits, mais les apparences sont parfois trompeuses et il n’a aucune envie d’avoir affaire à la hiérarchie pour avoir malencontreusement parlé du cas d’une patiente. Quoique. Ladite patiente n’avait pas non plus l’air d’être celles qui cherchent des noises pour rien, et il ne l’a revue nulle part dans toute la clinique depuis qu’elle est repartie.
Il n’est pas non plus obligé de tout dire à la barmaid.

« Ceci dit, j’aimerais bien votre avis sur une question, qui, vous allez le deviner très rapidement maintenant que j’ai gâché la surprise, pourrait bien avoir un rapport avec ce cas. »

Un bref regard au verre qu’il ne finira probablement pas si la discussion continue de s’éterniser. Il faudra bientôt qu’il rentre chez lui, aussi.
Demain, il travaille. Et pour lui, ça commence dès le matin.

« Pensez-vous que certaines personnes soient capables de s’auto-infliger des blessures physiques ? Je ne parle pas de consommation abusive d’Essence, mais plutôt de choses comme des doigts cassés. »



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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   07.07.16 12:13 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Ça ne l’intéressait pas de savoir comment un médecin exerçait son travail. Pas plus que ça ne devait l’intéresser de savoir comment une barmaid s’en sortait derrière son bar toute la soirée. On imagine assez bien comment les métiers communs s’organisent, or quoi de plus commun qu’une barmaid et un médecin ? Clio se rappelle que, lorsque les professeurs demandaient ce qu’ils voulaient faire plus tard, les doigts qui se levaient énonçaient les métiers de médecin ou encore d’avocat. Infirmière ou institutrice aussi, pour les enfants. Peu de professeurs alors que beaucoup devaient l’être à l’heure actuelle – elle n’en savait rien, elle n’allait jamais aux réunions d’anciens élèves. Se faire prendre pour de la merde par les petites frappes du Niveau Un, non merci.

Apparemment, il n’en dira pas plus. Ou pas des masses, alors. Il se contente de dire qu’un détail clochait dans le diagnostic mais il n’ira pas plus loin. Parce qu’il est médecin. Et qu’il est tenu au secret médical. Clio gonfle ses joues comme une gamine capricieuse cependant elle n’insistera pas. C’est bon, elle laisse tomber. Depuis sa rupture avec Adam, Clio a adopté le lâché-prise. De plus, elle n’avait jamais été considérée comme l’une de ces filles chiantes, toujours à insister pour avoir des détails. Non, c’était non. Ceci dit, il demande son avis.

« Si vous pensez que mon avis peut avoir une quelconque influence sur le diagnostic fourni à votre patient… Mais je vous préviens. Moi, j’y connais rien à la biologie, physiologie et autres conneries en –gie. Cela dit, je suis toute ouïe. »

Il lui demande si des personnes seraient capables de s’infliger elles-mêmes des blessures physiques. Elle hausse les épaules, réfléchit deux-trois minutes.

« Bien sûr. » Clio passe une main dans ses cheveux avant de reprendre. « Ça semble fou comme ça, pas vrai ? Ce sont des techniques que les personnes n’appartenant pas au Niveau Trois comprennent très peu en général. Mais j’ai connu des femmes, des blanchisseuses. Elles avaient l’habitude de bosser avec de très grosses machines, sous les ordres d’hommes phallocrates qui n’en avaient rien à faire qu’elles aient la gastro-entérite ou que leurs gosses aient des diarrhées à n’en plus finir. » Elle attrape son verre d’eau, le remplir au robinet et boit une longue rasade. « Parfois, les employeurs ont besoin de preuves visuelles pour accepter des jours de congés. Alors, certaines femmes se cassaient les mains…. Enfin, les doigts. Les mains, c’est la version extrême. »

Elle hausse les épaules en souriant. Oui, elle en avait connu de ces femmes soumises aux hommes qui ne demandent rien parce qu’elles savent qu’elles n’auront rien, à cause du manque d’organe pendouillant entre leurs cuisses.

« Alors oui. Oui, je pense parfaitement que cela est possible. Mais après… Après il faut une très grande volonté. Toutes les femmes – et tous les hommes, parce que nous ne sommes pas les seules à être des organismes faibles – ne sont pas capables de faire une telle chose. »

Elle boit une nouvelle gorgée d’eau.

« Pourquoi ? »




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MessageSujet: Re: Pieces of memories. — Clio / Avril 125   12.07.16 16:40 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Le mystère a l’air de se résoudre, tout doucement, au fur et à mesure que Clio lui raconte les histoires des blanchisseuses. C’est bête, au fond. L’intuition était la bonne, mais il est resté sur sa première idée. Celle que les personnes qui adoptent des solutions aussi radicales ont forcément un de ces problèmes que la cité refuse de reconnaître.
Quoique. S’il continue de se fier au seul cas qu’il a eu, c’est fort probable qu’il ne se soit pas trompé du tout. C’est probablement le genre de choses qu’il faut considérer au cas par cas, et éviter les généralités. Une bonne base, si on veut bien lui accorder un tant soit peu d’existence.

Un sourire, qui disparaît aussitôt qu’il est venu.

« J’avais un doute quant à une personne que j’ai soignée. Ça me semblait complètement irrationnel, au début. Qui irait vouloir se briser des os, volontairement ? C’est douloureux. Je suppose que parfois, un seul coup ne suffit pas et qu’il faut recommencer. Il faut vraiment le vouloir, et je n’ose pas imaginer ce que ça peut être si on en vient à avoir l’habitude de le faire. C’était surtout ça qui me dérangeait. Elle… »

Il marque une pause, réfléchit aux mots qu’il peut choisir. Elle. Cette femme à la voix si insupportable qu’il a cru qu’il allait à un moment lui demander de se taire, feindre de ne pas pouvoir se concentrer dans le bruit alors qu’il en régnait partout autour d’eux.

« Elle n’avait pas l’air gênée. Ni même inquiète, ou alarmée, elle n’avait même pas l’air de jouer la comédie de quelqu’un qui veut juste se faire porter pâle. Elle agissait comme si c’était normal. »

Le mot normal est le plus étrange dans toute cette histoire, mais c’est le seul sentiment qui lui revient quand il pense à ce cas-là. La normalité. Comme si ce n’était rien d’avoir un poignet en confettis. Certes. Tout le monde ne va pas paniquer en apprenant que les os sont disloqués, brisés, émiettés. Plus il y repense et plus il revoit des détails qui lui avaient échappés.
Cette femme n’avait carrément pas eu l’air d’être gênée par la douleur.
Finalement, Raleigh soupire doucement, retrouve un semblant de sourire.

« Je vais arrêter de vous embêter avec tout ça et vous laisser travailler tranquillement. Il est temps pour moi de rentrer et de ranger cette boîte à souvenirs. »

Il règle ses consommations, récupère sa boîte en carton et se lève.

« Bonne soirée. »



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