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Entre filles | Mars 125 | Clio
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 Entre filles | Mars 125 | Clio



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MessageSujet: Entre filles | Mars 125 | Clio   05.11.15 15:01 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Depuis deux ans, les moments de loisirs étaient rares dans la famille Hilbilge. Certes, travailler ne prenait pas tout le temps mais paraître en consommait encore beaucoup et se préparer à avancer dans le Grand Engrenage qu’était Magnus était plus chronophage encore. Depuis qu’elle était fiancée, elle devait ajouter les moments avec l’heureux élu aux soirées mondaines et aux réunions avec les collègues. Tout ça, sans son frère. C’était surtout le manque de ce dernier qui lui prenait tout son temps. Ne pas le voir tordre le nez à la perspective d’un gala de levée de fond. Ne pas aller le voir à un tournois d’échec. Ne pas l’entendre parler de son amante avec des étoiles au fond des yeux. Porter un deuil intérieur était terriblement prenant, au final.
 
Il y avait toutefois de rares moments que la jeune femme se réservaient. Ceux avec Clio Chatterton en faisaient partie. Les deux femmes, la rousse et la brune, l’extravertie et la sérieuse, la pauvre et la riche, se retrouvaient dans l’univers de l’une ou de l’autre pour discuter de tout et de rien autour d’un verre de quelque chose et d’une bonne pâtisserie. Clio n’était pas vraiment une amie. Il n’y avait pas, entre elles, l’abandon que l’on imaginait chez des proches. Mais il y avait ce goût du ragot, des bons mots et de la détente qui en faisait, pour la demoiselle, une bulle d’oxygène dans un monde englouti par les faux semblants. Oui, elle aimait bien ces moments et, chaque fois qu’elle s’y rendait, elle craignait presque de se voir poser un lapin.
 
Aujourd’hui était donc un de ces jours là. L’après-midi commençait juste – Clio travaillait le soir et comme Eirlys ne comprenait rien à ses jours de congés, elle calculait toujours pour finir avant le shift de la demoiselle. A la terrasse du café, les tables pleines de vaisselle sale se débarrassaient et l’on commençait à préparer les snacks. Arrivée en avance, la jeune femme attendait tranquillement, sa robe aux motifs marins jouant avec l’air déplacé par les serveurs empressés. Sur la table parfaitement mise, un thé hors de prix et un assortiment de pâtisseries importées côtoyaient un livre de fiction abandonné. Elle avait essayé de se plonger dedans mais la concentration n’était pas au rendez-vous et ses pensées préféraient de loin vagabonder au rythme des courants.
 
Et puis soudain, une chevelure rousse éclate dans l’atmosphère morose de l’établissement. Au regard des hommes présents, le doute n’est pas possible et la trentenaire étouffe un rire. Son amie sait faire tourner la tête des hommes – quelque chose qu’elle n’a jamais réussi à faire, même lorsqu’elle n’était qu’une poupée de porcelaine. Ravie – et fière d’arracher la rousse aux regards présents - elle décide d’oublier d’être sérieuse, d’oublier son masque de petite fille modèle, d’oublier qu’elle est adulte et responsable. Elle lève la main comme une gamine et appelle, sa voix grave résonnant entre les cuivres et les bois.
 
« Clio ! Je suis là ! »
 
La table tangua dangereusement, sans rien renverser, par chance et les tasses s’entrechoquèrent. Eirlys sourit à nouveau.
 
« Alors, qu’est ce que tu racontes de beau ? »

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   09.11.15 12:03 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio aurait sans doute mieux fait de dormir. Elle aurait sans doute mieux fait que son réveil sonne la première heure de l’après-midi avant de se trainer paresseusement vers une douche chaude, avant de se trainer vers une tasse de lait, avant d’aller vérifier le sommeil de son hamster. Elle aurait fait du ménage, elle aurait continué un bouquin trop longtemps délaissé. Elle aurait passé un coup de fil, à Gil sans doute. Qui d’autre aurait-elle pu appeler ? Elle l’aurait appelé au boulot, pour le déranger ou pour l’occuper, c’est selon. Elle aurait distraitement joué avec ses boucles rousses en attendant que l’heure du travail ne résonne dans l’appartement. Alors, elle serait partie rejoindre l’Opale du Chat. Elle aurait retrouvé son patron, ses collègues, les clients réguliers ou les petits nouveaux. A la place de quoi, Clio s’était réveillée à midi. Elle avait effectué son schéma routinier une heure à l’avance et ne l’avait même pas poursuivi. Elle n’avait pas bu son verre de lait. Elle n’avait pas continué son livre et n’avait pas fait le ménage – si, allez. Elle avait nettoyé la table basse en bois. Elle avait préféré enfilé un chemisier fluide vert sombre qu’elle avait rentré dans une jupe crayon taille haute bordeaux. Et pour une fois dans sa vie, Clio avait mis des bas.

Clio évoluait rapidement dans les rues de Pelagia, s’écartant sur le passage d’autrui, les yeux rivés sur le bout de la rue. Elle ne veut pas paraître attirante en souriant. Elle veut qu’on lui foute la paix mais c’est compliqué quand on est une petite rousse pulpeuse. Elle finit par atteindre le café, elle rajuste le col de son trench coat bleu marine en regardant autour d’elle, ses lèvres rouges tordues en une moue boudeuse. Pourquoi la regardait-on même quand elle ne souriait pas ? Il avait des hommes en costumes, des hommes qui parlaient, des hommes qui lisaient le journal. Quelques femmes, également. Des rendez-vous amicaux, des discussions. Il a des bambins, dans des poussettes, dont un qui hurle à la mort. Clio aurait presque envie de lui fourrer une sucette dans la bouche pour qu’il la boucle. Malheureusement pour elle, ce n’était pas des choses à faire en public, surtout envers les gamins des autres. La jeune mère essayait de calmer la crise de son poupon au visage rougeaud en riant de gêne devant son amie qui souriait patiemment.

Une main s’éleva de la foule en s’agitant frénétiquement et Clio roule des yeux, un sourire en coin. Evidemment, qu’Eirlys était arrivée en avance. A croire qu’elle avait avalé une pendule étant enfant. La voix de son amie s’élève, attirant l’attention de quelques personnes et Clio se dirige calmement vers la table réservée par la présence de la jeune brune. Elle prend place sur la chaise d’en face en souriant, alors que ses doigts s’affairent à dénouer la ceinture de son trench coat.

« Mais où diable sont passées tes bonnes manières, Eirlys ? Ta tenue, ta déférence… Une attitude correcte en toutes circonstances. On aurait dit une pauvresse du troisième niveau. I serait grand temps que tu reprennes des cours de maintien. »

Et Clio sourit, moqueuse. Evidemment qu’elle se paie sa tête. Les pauvresses du niveau Trois sont bien moins délicates dans les gestes, même quand il s’agit d’un geste de la main. Clio repousse une boucle rousse derrière son oreille qui retombe presque aussitôt contre la peau de sa joue. Elle roule des yeux.

« Que veux-tu que je raconte ? Je n’ai pas une vie follement excitante. Je travaille. Puis, je dors. Et je recommence en ponctuant ces deux grandes occupations par du ménage, des actions diverses et variées, quelques promenades, des ébauches de conversation et des visites. Je rends visite à des amis, comme je le fais aujourd’hui avec toi. Elle est là, ma vie. Oui, je sais. C’est follement ennuyeux. Mais toi, parle ! Et ne te retranche pas derrière ton boulot. Je m’en moque bien de ce que tu fais au boulot – ce n’est pas comme si je comprenais, de toute manière. Je sais que tu as bien d'autres choses à raconter… »

Les yeux de Clio se posent sur la tasse.

« Par Jo’Trab… Du thé ? Autant dire de l’eau chaude sucrée et colorée en vert… »




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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   16.11.15 14:42 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Clio arrive et l’après-midi commence, comme ça, sans attendre et c’est l’une des nombreuses qualités de son amie, elle sait mettre les gens à l’aise, même en essayant de les vanner. D’ailleurs, sa pique la fait sourire. Elle sait que malgré sa robe, elle reste dans les limites de l’acceptable. Certes, elle est moins collet monté que la rouquine, magnifique dans une jupe crayon qui souligne ses formes, tandis que son chemisier laisse deviner le reste, mais les étoffes fluides avaient toujours eu sa préférence et elle n’essaie même pas d’avoir le charme de son amie. La petite fille en elle a envie de tirer la langue, mais même l’enfant d’alors savait que ce n’était pas possible en public. Elle se contente de laisser pétiller son regard qui s’éclaire en un gris plus argenté que son anthracite habituel et d’écouter la jeune femme lancer trois ou quatre sujets de conversation en même temps. Sa remarque sur le thé lui fait échapper un petit rire.
 
« Du thé, oui. C’est ce qu’on boit dans les niveaux civilisés quand on mange des pâtisseries. En fait, c’est une technique pour faire payer l’eau très cher et donner l’impression qu’on est importants ET raisonnables. Si tu veux avoir l’air connaisseuse, tu dois le boire à petites gorgées, en grimaçant sur l’amertume et en le faisant rouler en bouche, presque comme du whisky, juste de façon un peu plus féminine.»
 
Se levant, elle sert délicatement les deux tasses, prenant soin de ne surtout pas en renverser. Pour montrer ses bonnes manières, elle place tranquillement la tasse en porcelaine sur la soucoupe impeccable, l’anse tournée vers la droite de son amie, et pose le tout à la distance appropriée devant son invitée. Les Hilbilge savent se tenir, quoi que Seisyll ait bien pu faire pour le cacher. Elle répète l’opération pour elle, même, puis pose la théière sur le côté et le plateau de gourmandises au milieu, avant de prendre elle-même une gorgée du breuvage, exagérant ses manières pour BIEN lui montrer la technique, et pour se moquer, aussi, des règles idiotes qu’on lui avait enfoncées dans le crâne.
 
« Traditionnellement, les femmes douces et bien élevées préfèreront les thé blancs ou noirs aromatisés aux fruits et aux fleurs, les femmes qui font attention à leur physique et à leur santé prendrons plutôt du thé vert aromatisé ou non, les femmes qui veulent s’affirmer auront des thés plus soutenus comme du Ceylan ou Darjeeling. Et les femmes originales du thé fumé. »
 
Pour la rencontre avec Clio, c’est du thé noir à la bergamote et aux agrumes qu’elle a choisi. Sans vraiment y penser, le mélange d’acidité et d’amertume lui avait paru aller de soi pour une après-midi avec la serveuse. Pas qu’elle soit douce et bien élevé mais, elle n’aurait su dire pourquoi, peut-être parce que, quelqu’un part, quelque chose chez Clio semble dire qu’elle aurait bien aimé être douce et bien élevée, qui sait. Malheureusement, même Eirlys ne peut pas tenir tout un après midi sur un simple thé et à moins de basculer sur les pâtisseries, elle va devoir trouver autre chose à raconter. Pourtant, de son côté aussi, la vie était morne, partagée entre le travail et l’autre travail, le masque de cadre et celui de poupée. Elle essaie de dédramatiser les choses pour ne pas retomber dans les pensées sombres qui sont si souvent les siennes ces temps-ci.
 
« Tu sais, ma vie n’est pas si différente de la tienne. Bon, je ne fais pas le ménage mais j’étudie la loi et les ressources humaines à la place, et au lieu de voir des amis je vais à des soirées mais c’est plus ou moins la même routine au fond. »
 
Qu’avait-il bien pu se passer d’intéressant ces derniers mois ? Rien. Ou bien presque rien. Presque rien de racontable.
 
« Voyons voir, j’ai croisé ma supérieure hiérarchique chez Laroche l’autre jour. On a échangé des piques, je ne suis pas certaine qu’elle ait comprit où je voulais en venir mais c’était marrant. Et bien-sûr, y a le Bal de Corb début avril. Je te raconterais, évidemment. Sinon… voyons… j’ai rencontré un type bizarre au boulot. Il me rend perplexe. Je ne sais pas trop ce que je vais bien pouvoir en faire… »

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   18.11.15 11:53 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio n’avait pas pour habitude de boire du thé. Elle pourrait car on vantait les mérites de la boisson. Elle buvait essentiellement de l’eau, parfois du café volé ou du lait, quand elle en avait encore dans le frigo. Sinon, il lui restait le vin. Maintenant que Clio gagnait mieux sa vie, elle se permettait quelques caprices alcoolisés. Mais le vin, c’était son dada. Elle s’arrangeait pour en boire un verre par jour – même si parfois, elle allait bien plus loin quand elle n’était pas seule à boire. Clio écoute le laïus de fille de bonne famille. Toute la théorie sur le thé. Elle ne sait pas si elle doit en rire, si elle doit y prêter une attention toute particulière ou si elle doit juste sourire en hochant la tête, bravement. La théorie du thé, c’est un peu inutile pour elle. Ce n’est pas souvent qu’elle invite des riches chez elle pour prendre le thé en bavardant. Ce n’est pas souvent qu’elle invite des filles chez elle, non plus. Les bienfaits de côtoyer des personnes essentiellement masculines. Automne à part, évidemment. Elle observe la manière qu’Eirlys a de servir le thé. Enseignement de Niveau Un, bien évidemment. Il n’empêche que Clio aussi serait capable de faire ce genre de choses. Elle sourit en secouant la tête.

« Je n’ose même pas imaginer ce que tu as choisi comme thé. En regardant la couleur, j’en conclus qu’il est noir, non ? Tu penses que je suis une femme douce, c’est ça ? La douceur, ce n’est pas ce qui me caractérise le plus, Eirlys. Je n’ai pas pour habitude de prendre les gens avec des pincettes. Après, ne compte pas sur moi pour faire… Ce que tu viens de faire. Je me sens suffisamment observée comme ça. »

Elle évoquait suffisamment fort et sans réelle discrétion les regards que certains hommes lui coulaient encore, en douce. Clio avait cette faculté qu’elle n’avait jamais comprise. Elle plaisait, sans chercher à plaire. Sans chercher à être constamment à son avantage, sans couler des regards mielleux et des battements de cils capables de déclencher une tempête. Peut-être plaisait-elle parce qu’elle s’aimait. Bien sûr, elle avait longtemps rêvé d’une vie de Niveau Un, même si une vie de Niveau Deux lui aurait également convenu. Elle y avait repensé couramment mais au final, ce qu’elle avait vécu avait fait ce qu’elle était maintenant. Et Clio ne regrettait pas la douceur.

« Oh, un bal… Gil ne m’en a pas encore parlé, je ne sais pas s’il ira. Je le lui demanderai – à condition qu’il ne me fasse pas faux bond une fois de plus au bar. Evidemment, que tu m’en parleras ! Comme si tu pouvais encore espérer y échapper ! Tu as déjà ta robe ? Ton parfum ? Tes bijoux ? Des trucs chics et chers, je parie… La grande classe. J’imagine les paillettes et les montages de verres de champagne, là. Excuse-moi si je m’emporte. »

Clio repousse une mèche derrière son oreille avant de regarder piteusement sa tasse, toujours intacte. Il faudrait qu’elle y trempe ses lèvres, qu’elle le boive. Pour faire bonne figure. Elle prend la tasse chaude et la porte à ses lèvres. Elle prend une petite gorgée. De l’eau chaude, Clio. Ce n’est que de l’eau chaude, même si elle décèle un léger goût différent à celui de l’eau. Elle pensera à rajouter une cuiller de miel. Ce sera sans doute meilleur.

« Je vois à peine mon patron. Parfois, il sort de son bureau pour se trainer jusqu’au bar mais il le fait quand il est sûr qu’il n’y a plus beaucoup de monde dans la salle. Bah ! Je m’en moque un peu, après tout. Chacun son boulot, chacun sa place. S’il préfère gérer la comptabilité à l’arrière, grand bien lui fasse ! Après, on n’est pas les meilleurs amis du monde, non plus. J’ai pas besoin qu’il soit constamment à mes côtés pour me tenir la main quand les gros lourds décident de boire plus que de raison. D’autant plus que je me vois mal finir les bouteilles en m’asseyant sur le parquet pour lui raconter les dernières nouvelles de Pelagia. Pour ça, j’ai mon collègue. Et Gil, aussi. »

Clio sourit et pose sa joue dans le creux de sa main, prête à tendre l’oreille.

« Le type bizarre, je prends ! C’est toujours intéressant, folklorique, haut en couleur… Dis-moi tout. Je veux tout savoir ! »




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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   23.11.15 14:01 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Les regards masculins coulaient sur la rousse comme l'eau sur les hublots de certaines maisons d'Escalus, laissant une trace invisible alors même qu'ils n'étaient déjà plus là. Sans les sentir autant que son amie, Eirlys voyait bien l'intérêt que celle-ci provoquait. Quelque part, elle en était jalouse, un peu. Elle avait été élevée dans l'idée qu'on ne pourrait pas lui résister et pourtant, elle n'était pas très douée pour éveiller le désir chez autrui. Elle était intéressante par sa position dans le monde. Peut-être si elle maigrissait un peu... mais les privations qu'elle s'infligeait depuis l'adolescence n'avaient pas réussi à gommer ses joues rondes ni ses hanches, elle arrivait juste à avoir l'air malade et ça, ce n'était pas acceptable. Une femme de niveau 1, une presque-cadre de chez Magnus, ne pouvait pas se permettre d'être malade. Enfin, maintenant qu'elle était fiancée, cette recherche touchait à sa fin. Même en tant qu'épouse, elle ne serait plus disponible. Elle devait apprendre à faire le deuil de l'intérêt des hommes comme elle avait fait celui de la farouche sollicitude de son frère. Ses pensées la ramenait toujours à lui, c'était fou. Elle n'arrivait pas à lui pardonner. Elle n'arrivait pas à lâcher prise. Parfois, elle pensait devenir folle et puis elle se rappelait que le travail du deuil était une tâche de longue haleine. Elle relisait un livre de psychologie acheté en cachette qu'elle gardait sous une couverture totalement convenable, elle soupirait et elle se lançait à nouveau à l'assaut du monde des vivants, laissant les morts vivre dans son cœur, cachés.

La conversation continuait cependant. Grâce à son entraînement, la rêverie de la brune ne l'avait pas empêchée de suivre les remarques de sa camarade. Le nom de Gil lui rappela son ami d'enfance et fit jouer un sourire sur son visage. Ce nom revenait souvent chez la jeune Chatterton. S'il le savait, le père Dylman en ferait une attaque.

« On voit que tu fréquentes Gil. Pourquoi est-ce que je voudrais échapper au bal ? Je vais retrouver des gens que je connais, rencontrer des personnes importantes pour mon avenir, faire mon trou, danser, manger, voir mon fiancé... ce n'est pas aussi horrible qu'on essaie de te le peindre tu sais. »

Mettre son masque de poupée ne présentait pas de difficultés pour Eirlys. Elle trouvait ça reposant, de se laisser emmener par un cœur qu'elle ne contrôlait pas, de s'abandonner à la superficialité du monde, d'oublier qu'elle était aussi une jeune femme indépendante et intelligente pour se glisser dans le moule qu'on avait fait pour elle.

« Mais oui, j'ai ma robe. Père me l'a faite faire couleur d'orage. Elle est plutôt fluide et ses nuances sont difficiles à décrire mais elle me va assez bien. Avec quelques plumes et un chignon lâche je devrais pouvoir tenir ma place correctement. Je n'aurais pas ton succès, quelque soit ta tenue, mais au moins je serais présentable. »

D'un sourire, elle voulu rassurer Clio de la légèreté de ses propos. Elle n'était pas jalouse. Pas à proprement parler. Pas vraiment. Elle préférait en plaisanter d'ailleurs que de laisser ce genre de remarques macérer en elle. Mieux dehors que dedans. Et puis elle aimait bien sa robe. Elle se sentait Peau-d'Anne dedans. Une princesse de conte à l'envers. Elle avait déjà trouvé le Prince Charmant. La vie allait-elle lui faire connaître la marâtre à présent ? Bah. Elle verrait bien.

« Les soirées sont des odes à la transparence pour cacher l'opacité des magouilles politiques qui s'y jouent. Les cristaux des chandeliers, les bulles nacrées de champagne, les reflets de diamants portés par les belles dames divisent la lumière pour mieux nous éblouir. Tout n'est extravagance et outrage, des coiffures complexes en forme de papillon aux événements prévus expressément pour impressionner une foule blasée, plus intéressée par la boue des commérages qu'aux beautés des merveilles de Pélagia. Il y aura un discours, peut-être plusieurs, qui n'intéresseront que ceux qui les prononcent, leur famille et quelques personnes à la recherche d'une promotion. Chacun cherchera sa chacune en évitant les importuns. Des présentations seront faites pour être oubliées, et les visages à la fin de la soirée se brouilleront pour ne laisser qu'une impression floue de danse sans but. Certains quitteront la soirée heureux, un objectif rempli. D'autres désespérés par le vide autour d'eux se sentiront perdus, probablement tristes, les derniers, enfin, auront noyé leur soirée dans l'alcool et se comporteront comme leur dictera leur ivresse. Il y aura des scandales, au moins deux, des disputes, des réconciliations et, à l'abri des regards, sans que personne ne s'en rende compte, une ou deux décisions importantes prises en cachette. Et au milieu, moi et ma robe pour regarder la scène. »

C'était toujours pareil. Toujours. Et pourtant à chaque fois différent. Elle haussa les épaules, coupa une tartelette en deux et se la servit pour sucrer son thé dont l'amertume lui restait un peu en travers de la gorge. Elle aimait les choses simples et douces, parce qu'elles étaient difficiles à obtenir à son niveau à elle. Pour cette demi tartelette, elle ne dînerait que d'une soupe. Se coupant elle-même dans son élan lyrique, elle revient à des considérations plus terre à terre.

« Gil est quelqu'un de bien, oui. Mais ce mystérieux patron m'intéresse. Un jour, je crois que j'irais te rendre visite dans ton bar, juste pour voir si je peux bénéficier ne serait-ce que d'un aperçu de ton mystérieux employeur. Quant à mon mystère à moi... »

Elle soupira. Elle ne savait même pas pourquoi elle en avait parlé. Pour dire quelque chose, probablement. Elle se mordit la lèvre inférieure, consciente de l'intérêt qu'elle avait piqué chez Clio. Il était rare qu'elle se laisse déstabiliser par un être vivant. Plus rare encore qu'elle l'admette. Il était normal d'en tirer des conclusions.

« Tu vas être déçue mais soit. C'est un homme d'a peu près notre âge, peut-être un peu plus. Il dégage... ce n'est pas vraiment du découragement, c'est une sorte d'inertie morne dont il est, de plus, totalement conscient. Je le sens intelligent, je pense qu'il peut avoir de l'énergie mais qu'il se refuse à l'utiliser. Il est clairement dans l'auto-destruction mais même ça semble être trop déterministe pour lui. J'ai fait ce que j'ai pu pour le cerner un peu, pour voir qui il était vraiment mais je n'ai fait qu'effleurer la surface . Il me fait l'effet de ces fosses marines qu'on va voir parfois en sous-marin. »

Que Clio puisse ne pas avoir les moyens de s'offrir des tours en sous-marin ne l'effleura pas une seconde. Elle ne parlait plus vraiment pour un auditoire. Sa voix, pensive, parlait surtout pour elle.

« Tellement profonde qu'on ne fait qu'en deviner le bout... tellement sombre qu'on pourrait s'y perdre. Comme un repos sans fin. Et pourtant, je sais que c'est dangereux, qu'elle est là pour vous envelopper et vous attirer tout au fond... »

Un rire d'enfant la rappela au présent. Secouant la tête, elle sourit et rougit un peu. Reprit une gorgée de thé brûlant pour se rappeler le présent.

« Bref, je ne sais pas vraiment ce qu'il veut. Du coup je l'ai mis à l'essai mais je sais pas, il est étrange. Peut-être une nouvelle Essence dont je n'aurais pas connaissance ? Qu'est ce que tu en penses toi ? Tu connais d'autres gens comme ça ? »




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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   30.11.15 21:41 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio n’avait jamais vu de robe « couleur d’orage ». Clio ne savait même pas à quoi ressemblait un orage. En quelle année étudiait-on ces choses-là ? Sans doute les seize ans passés, une fois qu’on a éliminé la racaille, les pauvres, la vermine. Les misérables. Elle demanderait à Gil de l’éclairer sur le sujet, de lui ramener des livres sur… Sur l’orage. Ne serait-ce que pour en deviner la couleur. Plus Clio évoluait dans la vie, plus elle trouvait que les personnes du Niveau Un avaient un langage complexe, codé sans doute. Peut-être faisaient-ils cela pour rappeler aux gens comme elle qu’ils n’avaient pas leur place dans le milieu. Clio doutait de la méchanceté des paroles d’Eirlys. Elle était bien trop douce que pour s’abaisser à détruire les autres.

Clio écoute distraitement le discours de la jeune femme sur les soirées de Niveau Un. Elle en avait connu une, ça lui avait amplement suffit. Elle s’était amusée parce qu’elle y était avec Gil, parce qu’il y avait matière à casser du sucre sur le dos des autres, parce qu’elle y avait rencontré d’autres personnes. Mais sans plus. Bien sûr qu’elle avait eu le regard des enfants quand ils découvrent une chose miraculeuse. Bien sûr qu’elle avait contemplé les artifices mais elle n’avait rien trouvé d’extraordinaire aux tenues et aux coiffures, aux maquillages discrets, aux ragots qu’elle écoutait sans comprendre de qui il s’agissait, entre les mots. Pour ça, les fêtes populaires du Niveau Trois étaient bien plus drôles. On passait la nuit à danser au son d’un orchestre improvisé, on rencontrait des gens. De nouveaux couples se formaient, on invitait les belles à danser. Et on buvait. Certes, ce n’était pas du champagne mais on buvait à s’en éclater la panse. Et on riait. Clio ne sortait pas souvent, voire même jamais. Mais elle connaissait le principe des bals populaires.

Clio écoute la description que donne Eirlys à propos de cet homme étrange et son sourire se dessine un peu plus au fur et à mesure que progresse le portrait. Dans sa mémoire, elle voit les traits d’un visage qu’elle connait apparaître en écoutant les mots. Eirlys se perd dans ses pensées, continuant d’énoncer caractéristiques sur caractéristiques d’une voix rêveuse. Clio ne peut s’empêcher de pouffer discrètement, plus discrètement que cet enfant sur le trottoir, tenant la main de sa mère et de son père, qui le font voler après avoir compté jusque trois.

« Tu t’es perdue, Eirlys ? Ne fais plus ce genre de choses, je vais finir par croire que cet homme te plaît… »

Clio rit une nouvelle fois, mélange d’innocence et de moquerie. Elle plaisante. Elle sait qu’Eirlys est déjà fiancée et sans aucun doute bien trop sage que pour éprouver une attirance envers un autre homme.

« Je connais quelqu’un, comme ça. Un homme, un peu plus vieux que moi – que toi, aussi. Il est très noir mais je sais qu’il n’a pas mauvais fond. Je pense qu’il est foncièrement gentil mais qu’il a juste du mal à… S’appliquer. Enfin, j’en parlerai à Joshua, si tu veux. Ce n’est pas comme s’il n’avait pas l’habitude, à force… »

Elle sourit à Eirlys, un air narquois sur le visage. Elle cache un sourire malicieux derrière le dos de sa main. Bien sûr, qu’elle le connaît. Mais elle n’est tout simplement pas en mesure d’établir un diagnostic précis concernant les Essences.




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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   12.01.16 14:25 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

C’est un sourcil qui se lève sur un regard réellement étonné. Lui plaire ? L’idée ne l’a jamais effleurée. Wells lui plaire ? Son premier réflexe est évidemment de tout rejeter en bloc, après tout, elle est fiancée, heureuse de l’être, heureuse de sa place dans la société mais son honnêteté l’oblige à se poser réellement la question et ses prunelles deviennent songeuses devant la taquinerie de son amie. Elle y réfléchit, longuement, et en déduit que non, ce n’est pas ça. Il ne lui plait pas. Il est l’antithèse de tout ce qu’elle juge bon et juste. Et ce serait facile si elle le sentait mauvais et néfaste. Sauf que non, et ce qui la dérange. Ne pas réussir à avoir une impression nette, définitive, claire, de cet homme, elle qui est si fière de sa capacité à juger les caractères.
 
Son entraînement de Niveau 1 lui permet de sourire en écho au rire de son amie. Elle ne cherche évidemment pas à nier, ce serait pire qu’avouer, et avouer serait inutile puisque c’était faux. Buvant son thé, elle continue à écouter puis pose sa tasse d’un geste sec, la porcelaine tintant sur la coupelle, l’étonnement de la jeune femme se faisant encore plus présent.
 
« Joshua ? Comme Joshua Wells ? »
 
La coïncidence serait troublante mais pas impossible, Clio connaît beaucoup de monde. Clio connaît beaucoup d’hommes. Et parce que Clio est le nom d’une muse, elle ne peut s’empêcher si ce n’est pas elle dont l’employé avait suggéré le besoin lors de leur entretien. Et ça ravive sa jalousie. Pas parce que Joshua lui plait mais parce que Clio plaît à tout le monde. Ce n’est pas de sa faute et Eirlys ne voudrait pour rien au monde que cela compromette leur amitié, mais c’est ce qu’elle ressent. Elle le cache juste, ne laissant apparaître qu’une gêne réelle et de bon aloi.
 
« Si c’est bien lui, oublie ce que je t’ai dit s’il te plait. Je ne suis pas sensée parler de mes activités en dehors du travail et je ne l’aurais jamais fait si je pensais que tu le connaissais. Je sais que tu es discrète et que tu ne diras rien à personne mais je pense que ce serait mieux si on changeait de sujet. »
 
Ca allait être facile de trouver quelque chose sur ce genre de prémisses. Elle soupira. A son frère elle aurait pu tout raconter. A son frère, elle aurait pu demander conseil et il lui aurait dit quoi faire. Mais si son frère avait été là, alors elle n’aurait pas eu besoin d’entre à Magnus et la question ne se serait pas posée. Elle doutait de toute façon que, malgré toute la discrétion et la meilleure éducation du monde, quiconque d’un tant soit peu intéressé accepterait de laisser tomber. Et sans vouloir blesser personne, Clio était discrète mais Eirlys n’était pas certaine qu’elle ait reçu la meilleure éducation du monde.
 
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   07.07.16 21:33 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Ce que les gens du Niveau Un pouvaient être frigides, à ne pas comprendre l’humour. Ce n’était qu’une petite plaisanterie entre filles, le genre qui se suit de quelques coups de coude, de clins d’œil. Clio utilisait la version bien plus distinguée, bien plus mesquine. La version qu’adoptait le Niveau Un. Un sourire masqué derrière une main, des yeux plissés. Décidément, l’éducation des personnes de Niveau Un n’avait rien d’amusant. Peut-être les garçons étaient-ils différents. Gil était différent. Moins pincé. Plus ouvert. Décidément oui, peut-être que chacun était différent.

Clio avait touché une corde sensible en évoquant le nom de leur ami commun. Malheureusement, ce n’était pas la corde du cœur mais la corde du travail. Eirlys la pria de se montrer discrète, Clio l’étant de nature. Mais ça, Eirlys ne devait pas s’en rendre compte, en se confondant en explications. Clio avait-elle l’intention de déballer ainsi la vie de Joshua à tout va ? De s’appuyer sur le bois du comptoir en lançant « Hé, ça t’dirait que j’te raconte l’histoire d’un gars que j’connais et qui n’arrive plus à travailler ? » avec un accent de charretier ? Non. Parce que Clio avait grandi dans un monde où la discrétion était de rigueur. Alors certes, elle n’avait pas appris à manger avec cinquante sortes de couverts différents pour une petite salade mais quand il s’agissait de garder une information sans la crier sur tous les toits, Clio n’avait pas eu besoin qu’on lui dise de ne pas mettre ses coudes sur la table et de se tenir droite en servant le thé pour comprendre qu’il existait des choses qui ne se disaient pas. Elle se contenta de hausser les épaules en se réajustant sur son siège, le dos droit. Elle passa une main dans ses cheveux, regardant aux alentours. Clio accepta de laisser tomber, avec ou sans la meilleure éducation du monde. Elle connaissait les limites de certains sujets.

« Bon, eh bien… De quoi parlons-nous dans ce cas ? Du temps ? Ce n’est pas comme s’il avait grand-chose à dire, le temps étant sensiblement le même jour après jour. Remarque, ce n’est pas pour me déplaire. Ça m’évite de devoir attendre vingt minutes devant ma penderie pour savoir comment m’habiller selon les lubies de la météo. »

Elle portait sensiblement le même genre d’habits, quoiqu’il arrive. Elle ne portait des pantalons que lorsqu’elle restait chez elle, favorisant les jupes et les robes pour sortir et pour travailler. Une manière d’avoir des pourboires supplémentaires ? Possiblement vrai, à partir du moment où une cheville laissait encore présager quelque érotisme.

« Alors, Eirlys ? De quoi parlons-nous ? »

Ce n’est pas dans le Niveau Trois que l’on apprend à faire la conversation.




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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   13.07.16 12:10 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Inquiète, la jeune femme se demanda un moment si elle n’avait pas blessé son ami. Vraiment, depuis la disparition de son frère et l’apparition de cette colère en elle, elle avait du mal à créer de vrais liens. Elle baissa une seconde la tête avant de retrouver son masque, cachant ses inquiétudes au monde qui l’entourait. Bah. Elle faisait ce qui devait être fait, parce qu’il n’y avait plus qu’elle pour le faire. Elle avait voulu s’oublier une seconde, parler à cœur ouvert de quelque chose qui la travaillait et Magnus était revenu par derrière pour tout remettre en cage, comme toujours. Elle devait accepter que tel était son lot. Ce n’était pas la pire destinée du monde. Après tout, elle mangeait à sa faim, n’avait ni froid ni mal, que pouvait-elle demander d’autre à part le retour de Seisyll ? Rien. Elle devait à son frère, à Pelagia qui leur avait permis de vivre tous les deux, de continuer à faire ce qu’elle faisait, du mieux qu’elle le pouvait.

N’empêche. Clio, malgré la jalousie féroce qu’elle faisait naître en elle, Clio était ce qui se rapprochait le plus d’une amie et c’était douloureux de l’entendre ne pas parler de la météo et la mettre face à ses responsabilité. De quoi parler. Elle pouvait parler des heures d’une toile, d’un morceau de musique, de géo-politique inter-entreprenarial, des candidatures quelle recevait. Elle avait parlé longtemps d’échecs, de danse, de petits fours ou de mode. Tous ces sujets idiots et futiles qui fleurissaient dans son Niveau, qu’elle savait utiliser sans même réfléchir et qu’elle n’avait absolument pas envie de parader devant la jeune femme. Trouver quelque chose à dire, donc. Un sujet de conversation qui ne s’effondre pas comme un soufflé. Elle lissa sa jupe.

« Parfois, je me demande ce que sont les orages dont on parle dans les livres. Ici, on ne les voit qu’aux courants qui frappent les vitres mais ça doit être impressionnant de voir à ce point la luminosité changer, l’eau tomber du ciel… »

Elle frissonna, rêveuse, retrouvant soudain son sourire comme un coup de vent chasse le nuage qui cachait le soleil.

« Comment va Gil, dit moi. C’était un ami de mon frère mais depuis sa disparition, nous ne nous croisons qu’aux bals et je n’ai pas tellement l’occasion d’échanger avec lui. Nous étions proches pourtant, il y avait même une époque où nous jouions les amoureux pour faire enrager Seis…mon frère. »

C’était difficile pour elle de se rappeler cette période dorée, bénie où être avec son double était quelque chose de naturel et d’acquis. Sa voix, si posée d’habitude s’était d’ailleurs troublée en commençant le prénom de son jumeau, bien vite abandonné pour une formulation moins spécifique ; Il fallait qu’elle soit vraiment désespérée de reconquérir son amie pour se laisser aller à remonter de tels souvenirs.

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   16.07.16 19:52 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Finalement, Eirlys évoque vaguement les orages et se demande s’ils ressemblent à ce qu’on en dit dans les livres. Clio hausse les épaules, la joue appuyée dans la paume de sa main, parce qu’elle n’en sait rien et que ça lui importe peu, au fond. Dans les niveaux inférieurs, c’est à peine si on voit le changement de courants. Tout est semblable à la veille, dans les profondeurs, et identiques au lendemain. Les jours se coulent et se prélassent pendant que les vivants fourmillent dans les rues, vaquant à leurs occupations, poursuivant la vie. Sensiblement ennuyant mais Clio s’en accommodait parfaitement. Qu’avait-elle encore à espérer, après tout ? Elle ne serait probablement plus de ce monde quand ils se retourneront à la surface, à la condition qu’ils y retournent un jour.

Soudain, Eirlys sourit et Clio se redresse, un rien surprise par ce changement de visage. Elle lui parle de Gil, prend de ses nouvelles et l’informe même qu’ils étaient amis bien avant la disparition du frère d’Eirlys. Elle arque un sourcil, ignorant la disparition de ce frère. Clio et Eirlys ressemblaient d’avantage à des copines qu’à des confidentes. Clio avait appris deux-trois choses sur Eirlys mais rien de réellement personnel comme une perte. Elle connaissait son boulot, sa place dans la société, savait qu’elle avait un fiancé mais pas grand-chose d’autre.

« Gil faisait ça, lui qui refuse toujours mes prétendues avances… ? Je me ferai une joie de lui rappeler ce passage de sa vie, dans ce cas. »

De toute manière, que ne ferait-elle pas pour embêter Gil ? Une fois de plus ou une fois de moins dans son palmarès, qu’est-ce que ça allait changer ? Rien, probablement. A force de le demander en épousailles avant d’éclater d’un rire tonitruant, il finissait par s’habituer à son humour dérangeant, ses remarques qui n’avaient pas grand-chose de sérieux. Et même si Gil avait demandé plus qu’une amitié avec elle, elle aurait dit non. Autant ne pas gâcher ses amitiés. Droite sur sa chaise, les avant-bras croisés sur la table, Clio hausse les épaules en souriant calmement.

« Gil va bien. Il est heureux, je pense bien – du moins, il ne m’a pas dit le contraire et ne l’a pas laissé paraître. C’est cette fille – cette fille que je n’ai pas encore rencontrée mais que je rencontre, de gré ou de force – je ne connais pas son nom – enfin, si mais j’ai oublié. J’oublie toujours les noms alors parfois, quand on me demande si je connais le nom d’untel, je sais mais je ne sais pas. Bizarre, hein ? »

Clio n’insiste pas sur la disparition de son frère. Non pas que ça ne l’intéresse pas, il s’agit seulement de bienséance. Pas besoin d’avoir appris à lever le petit doigt en buvant du thé pour comprendre que certains sujets ne s’abordaient pas autour d’une fournée de pâtisseries, à la terrasse d’un café. A la vue et à l’ouïe de tous. Puis, qu’est-ce qu’elle ferait de cette information ? Un deuil, c’était un deuil et bien souvent, dépassé une certaine période, ça n’intéressait plus personne. Elle, ça l’intéressait parce qu’elle côtoyait Eirlys plus ou moins régulièrement mais ça ne la regardait pas.

« Tu veux que je te raconte un truc marrant ? Bon, c’est un vieux truc, hein. Ça ne s’est pas passé hier. Mais quand j’ai commencé à bosser au bar, bah je suis arrivée un soir pour prendre mon service. Je me débarrasse de mon manteau, je laisse mon sac dans l’arrière-boutique – le train-train habituel – et là, pendant que j’enfile mon tablier, j’entends une voix  et je me retourne et là – BAM ! – il y a Light, un gars que j’ai rencontré quand j’étais gosse et que je bossais encore dans le Niveau Trois. »

Elle hausse les épaules, un peu plus souriante.

« J’ai trouvé ça super cool parce qu’on s’entendait comme cul et chemise avant qu’on ne se perde de vue. »




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Dernière édition par Clio Chatterton le 23.07.16 20:23, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   21.07.16 15:28 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    « Nous étions jeunes. » Et stupides. Ils avaient bien failli se retrouver emprisonnés dans leur jeu lorsque leurs parents s’étaient rendus compte de leur « idylle » et avaient parlé de l’officialiser sans plus attendre. Par chance, les négociations n’étaient pas allées bien loin. Si elle avait beaucoup apprécié le compagnon de son adolescence, Eirlys ne s’était jamais vu faire sa vie avec lui. Ils avaient une entente cordiale née de la proximité, d’une éducation semblable, de quelques centres d’intérêt commun et d’une épine dans le pied nommée Seisyll. La mort de ce dernier avait de toute façon tôt fait de dissoudre des liens qui s’étaient révélés illusoires. « Mais je t’en prie, si mon sulfureux passé peux aider à tes conquêtes futures, tu as ma bénédiction. Fait lui se rappeler d’un certain tournoi d’échec. »

    Ils avaient alors parié sur l’opposant de Seisyll, bien décidés à le déconcentrer au maximum puisqu’ils étaient obligés de se farcir l’intégralité du tournoi. Malheureusement, leur ruse n’avait fait qu’énerver le jeune homme qui avait vaincu son opposant en un temps record. Eirlys n’oublierait jamais la brouille qui s’en était suivie. Elle n’avait été ni longue ni violente mais intense, comme tout pouvait l’être avec son ours de frère.

    Son sourire revenu s’était inscrit sur son visage et semblait durer. Au fond de son regard d’acier se promenait un peu de l’argent qui avait égayé ses jeunes années. Elle aimait se souvenir. C’était douloureux, bien sûr mais c’était un temps plus simple où tout était à sa place et où elle n’était pas sans cesse dérangée par des émotions négatives. Elle hocha la tête aux nouvelles. Elle avait entendu dire que Gil voyait quelqu’un. Elle aussi avait même su son nom. Elle le savait encore. Au niveau 1 il était souvent plus important de connaître le nom d’une personne que de savoir reconnaitre son visage. L’évocation des fantômes du passés semble toutefois faire écho dans l’esprit de la rouquine qui embraya avec une nouvelle anecdote. Attentive, la brune porta sa tasse de thé à présent tiède à ses lèvres pour en goûter l’amertume. Les gouts se mêlaient sur sa langue avec le sucre d’une bouchée de pâtisserie pourtant déjà avalée. Elle ferait maigre ce soir, tant pis. Elle sourit à nouveau ;

    « Un bon présage. Il est toujours agréable de revoir les visages de son enfance. Ainsi que de travailler en bonne compagnie, aussi, faire les deux d’un coup est vraiment chouette. Puis-je espérer que tu me le présenteras un jour ? Si je viens vérifier à l’improviste que le bouge où tu travailles ne menace pas de s’effondrer sur toi et que ton patron ne te crée par trop d’ennuis ? » Nouvelle gorgée de thé pour avaler une proposition qui était faite autant par plaisanterie qu’avec sérieux, elle ne savait pas trop.

    « Mais du coup, avez-vous retrouvé l’intimité qui était la votre ? Ou est ce que le temps a creusé un fossé difficile à combler ? »

    Et si Gil se rappelait de son existence, est-ce qu’il serait possible pour eux de retrouver leur complicité d’antan ? Elle n’y croyait pas. Pas sans Seisyll. Il avait été leur lien. Cela, à présent, était devenu plus qu’évident.

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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   23.07.16 20:32 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Lui rappeler un certain tournoi d’échecs. C’était comme si c’était fait. Noté, gravé, dactylographié dans la mémoire de Clio, filtré dans la rubrique « Petits potins peu intéressants pour faire mousser la compagnie ». Sûrement un souvenir délicieux que Gil se fera une « joie » de lui rappeler. Puis, avec quelques verres dans le nez, elle peut espérer en apprendre un plus sur cette affaire qu’elle est impatiente de découvrir. Clio n’avait jamais joué avec les sentiments de qui que ce soit. Elle savait que les sentiments, c’était important et ça lui faisait toujours quand elle ne partageait pas les sentiments qu’un garçon lui exposait. Elle se sentait mal à chaque « Non, désolée » prononcés.

« Un bouge… Mais pourquoi travaillerais-je dans un bouge ? Je peux travailler ailleurs que dans un bouge. Nous sommes un bar du Niveau Un, Eirlys. Nous servons des personnes du Niveau Un – et parfois quelques personnes de Niveau Deux, quand ils ont envie de payer un peu plus cher. Avant, je travaillais dans un bouge. Et un vrai bouge. Les sièges en cuir parfois éventrés, les boissons parfois de mauvais goût, une décoration désastreuse. Et un patron… Juste une petite frappe obèse, un peu trop excitée à la vue d’une femelle – oui, il nous appelait des « femelles ». »

Clio passe une main dans ses cheveux, amène la tasse tiède devant elle à ses lèvres et en avale deux petites gorgées. Décidément, l’eau chaude, ce n’était pas son fort.

« Ça, c’était un bouge, Eirlys. Mal fréquenté, mal entretenu, mal tenu. C’est pour ça que j’ai quitté cet emploi – qui en plus ne payait pas aussi bien que mon emploi actuel. Je l’ai quitté pour éviter de me faire agresser – et parce que j’en avais ma claque de me faire reluquer de haut en bas au moindre mouvement. Ça et les blagues sexistes… » Des situations qu’Eirlys ne devait pas connaître. S’attardait-on à traiter les femmes comme un morceau de viande, dans le Niveau Un ? Non. Dans le Niveau Un, la viande, on préférait la manger. « Mais si tu y tiens, viens donc visiter mon « bouge » et je te présenterai Light. Je n’y vois aucun inconvénient. »

Clio avale une nouvelle gorgée de thé. Par Jo’Trab, plus jamais ça. Elle préférait davantage le vin, le café ou encore le lait. Du jus parfois, quand elle en trouvait dans les rayons ou qu’elle avait envie de se faire plaisir. Elle écoute la question d’Eirlys, concernant l’intimité qu’elle partageait avec Light, avant qu’ils ne se perdent. Elle hausse les épaules.

« C’est comme si nous nous étions quittés la veille pour nous retrouver le lendemain. Entre temps, des choses ont changé, chez l’un comme chez l’autre. Déjà, nous avons grandi. Nous avons physiquement évolué. C’est bizarre de quitter un petit garçon de quoi… Huit ans ? Et de nous retrouver vingt ans plus tard. Puis, il y a toute l’histoire qui va avec. Nos aventures, si on veut. » Une moue déforme les lèvres de Clio. Une moue, oui. Mais une moue de réflexion. « Je pense que oui. Oui, notre complicité est toujours là – car pour moi, l’intimité, c’est autre chose. Il n’a jamais été question d’avoir une relation autre que celle de l’amitié, entre Light et moi. Et rien que d’y penser… » Clio pouffe en imaginant ce que cela pourrait donner. « … Non, je ne veux pas y penser, en fait. »





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MessageSujet: Re: Entre filles | Mars 125 | Clio   24.07.16 16:11 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    Un bar est un bouge aux yeux de la jeune femme qui a du mal à avec les débits de boisson et la fuite qu'ils représentent mais si elle n'avait mis aucune malice dans ce mot – pour elle descriptif – elle écouta avec attention et intérêt la réaction de son amie. Elle ne s'excuserait pas pour son terme mal choisi qui lui avait permis d'entrer un peu dans la vie d'une jeune femme du Niveau 3. Parce que même si les regards n'étaient certainement pas les mêmes, elle connaissait le sentiment et arrivait sans trop de peine à s'imaginer la scène, les difficultés du quotidien et le soulagement que le verni de l'éducation de la Société Pélagienne pouvait procurer, quand bien même, au fond, les hommes étaient tous les mêmes.

    Et puis, comme éteinte par l'amertume du thé, la rouquine se calma et avec elle le flot imagé qui sortait de ses lèvres. Elle coupa court à ses souvenirs pour répondre gracieusement à la suggestion de la jeune femme. Elle aurait fait une terrible concurrente, Clio, habillée et présentée comme il le convenait. Du genre à séduire Le Gardien d'un battement de cil, ce qui d'après Iseult, n'était guère difficile, mais aussi tous les autres cœurs à prendre. Elle avait la beauté, le charisme et la grâce tout comme l'intelligence à la fois brillante et discrète qu'il fallait pour retenir l'attention de ces messieurs. En comparaison, Eirlys avait – paraissait-il – une beauté saisissante mais sévère et intimidante et une intelligence acérée, presque masculine qui était un frein dans ses maigres tentatives de séduction. Elle ressemblait trop à son frère, jusqu'au charisme de géant lorsqu'ils étaient en colère – ce qui, par chance, n'arrivait pas si souvent.

    Déjà, son interlocutrice reprenait le fil de la conversation, la coupant dans ses pensées. Elle sourit, par habitude, écoutant le récit de son amie avec toute l'attention qu'elle mérite. L'idée de renouer avec des amis d'enfance comme si rien n'avait pu se passer avait quelque chose d'extrêmement tentant, comme la promesse d'un avenir où l'on pourrait se reposer sur quelqu'un. Mais si elle croyait tout à fait que c'était ce qu'il s'était passé pour son amie, elle savait très bien que c'était impossible pour elle. L'absence du troisième pilier était un gouffre qu'aucune prétention ne pouvait jamais combler. Les jumeaux avaient été ensemble de leur naissance à l'arrivée de Swann. Puis, Seisyll s'était éloigné, pour mieux lui revenir quand il en avait fini avec elle, la tête dans des nuages de sucre, une étrange lueur dans ses yeux bruns. Il y avait une lumière dans leur moitié masculine qui empêchait toute jalousie et que l'adolescente d'alors se contentait de remarquer sans oser s'en approcher. C'était tellement brillant que ça lui paraissait dangereux. Un sentiment qu'elle savait au fond n'avoir jamais cessé de rechercher et qu'elle ne trouvait jamais. Elle laissa échapper un petit rire, pas assez perdue dans ses pensées pour ne pas écouter les histoires de son amie.

    « Alors n'y pensons plus, jusqu'à la prochaine fois en tout cas. » Elle sortit de quoi payer de son sac, glissant les valeurs sous la coupelle de sa tasse. « Je dois t'abandonner, le devoir m'appelle. Tu serais libre dans une dizaine de jours ? Disons le second jour d'Avril à la même heure ?  Sinon, tu n'as qu'à informer Gil, il se fera un déplaisir total de me faire passer le message. » Elle sourit à nouveau, montrant bien qu'elle ironisait sur le côté grognon de leur ami commun et fit la bise à la jeune femme. « Ca m'a fait plaisir de te voir. »

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