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Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil
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 Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil



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MessageSujet: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   28.10.15 0:58 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

On n’est pas sérieux quand on est du niveau 1 et qu’on a 18 ans tout ronds. Quand le seul fait de désobéissance notable que l’on a à son actif est de s’opposer à son paternel par feinte et autres insolences mais que maintenant qu’on le dépasse d’une tête il n’ose plus vraiment vous mettre une tape derrière la nuque en signe de désapprobation ni vous renvoyer dans votre chambre, privé de diner, diner que maman vous glissera par l’intermédiaire de la bonne, en douce, de toute façon. A 18 ans, on n’est pas encore adulte mais plus vraiment ni enfant, ni adolescent. On commence à fumer, c’est le cas de Seisyll dont la consommation de tabac est encore minime. Tout le monde fume à l’université de toute façon, c’est une manière de se fondre dans la masse du nuage grisâtre estudiantin. Mais là n’est pas la question pour l’instant. Cela fait maintenant deux ans qu’ils ont fini leur scolarité obligatoire. Lui. Eirlys. Et Gil. Deux ans qu’il a fallu choisir une voix. Eirlys a choisi le droit, Gil les lettres. Ce genre d’art sous l’obédience d’Arsase. Lui a préféré les ailes mathématiques et scientifiques de la chouette Scrisase et ses sciences dures et toujours justes. Tout est soit vrai, soit faux avec lui. Cela l’étonne d’ailleurs qu’Eirlys et ses centaines de règles qu’elle sort à tout bout de champs n’ait pas choisi une voix plus manichéenne que celle du droit. Comment tu comptes faire ma belle, avec ta conscience, lorsque que tu devras défendre des types dont la seule préoccupation sera de détruire le Magnus de ton père chéri. Qui est aussi le miens. D’ailleurs.

Quoi qu’il en soit, ils sont là, à l’attendre, tous les deux, Eirlys devant la salle des cours de droit. Ils finissent plus tard, plus tard que le cours de littératures de Gil ou que l’entrainement au tir à l’arc que Seis n’aurait raté pour rien au monde. Eirlys leur a demander, avec un grand sourire affiché sur son visage de poupon qu’il fallait aaaaabsolument qu’ils viennent, que c’était eeeeeeextremement important et qu’il ne fallait manquer un rendez-vous avec une fille, même sa sœur, quand on s’est engagé, que c’était la règle numéro vingt–six. (ou trente-six… Bref, un nombre dans ces eaux-là, de toute façon, Seisyll en est persuadé, elle invente ses fichues règles au fur et à mesure en leur donnant une numérotation aléatoire. Comme la règle qui lui interdit de porter la barbe avant ses vingt-et-un ans. C’est juste qu’elle n’ait pas envie de le voir avec une barbe et lui, idiot qu’il est, n’a pas pensé à tergiverser. Peu importe, il a le visage glabre, un point, c’est tout.) Ils ont donc accepté tous les deux bêtement … avant de s’apercevoir de la date de la réception annuelle que l’on pourrait qualifier de bal des jeunes premiers. Que ce « rendez-vous » n’était qu’une manière, un vil complot entre Eirlys, Sixtine Hilbilge associée à Agneta Dylman pour que les deux garçons ne trouvent aucune échappatoire pour ne pas aller à cette fête. Seisyll tourne nerveusement la page du livre de stratégie d’échec qu’il étudie religieusement depuis tout à l’heure, adossé contre son pantalon de tweed terre de sienne. Chuchotement insistant en direction de son compagnon d’infortune.

« Gil, faut qu’on trouve une solution pour s’éclipser de ce truc … Je n’ai pas envie d’y aller. Rien que d’y penser j’en ai de l’urticaire. Eirlys va bientôt sortir et il ne vaudrait mieux pas qu’elle soit au courant du plan. »


Il est tellement simple de s’entendre avec quelqu’un avec qui on partage une aversion partagée pour la figure paternelle. Seulement, là, il risque de voir revenir l’injonction en boomerang. Jusqu’à nouvel ordre et ce depuis qu’ils sont petits, c’est lui qui trouve les solutions pour maquiller les bêtises en presqu’action d’ange, même quand ça ne marche pas trop. Il faut dire que pour son premier « plan », il ne devait pas avoir plus de six ans et ils venaient tout trois de casser un bibelot chez les Dylman en jouant à un cache-cache trop mouvementé. Le plan était aussi simple que bancale. Cacher les bris ? Non, ça aurait été trop facile. « Surtout, vous souriez et vous ne vous arrêtez pas de sourire. Comme ça, ta mère et la mienne n’aura pas envie de nous gronder. Et on s’excuse un peu. Pas trop. ». Le « plan » n’avait pas trop mal fonctionné. Pas trop mal … Pour l’instant, il fallait trouver une solution et vite avant l’inéluctable. Sauf que là, rien ne se présentait à son esprit, rien du tout. Simuler le mal de ventre ? Trop classique. Un examen important ? Même la compétition d’échec de la fin de semaine n’avait pas suffi alors un examen. Seisyll mordille nerveusement le bout de sa cigarette presque consumée….

« Si on se trouve un bar au niveau 2 … ou même au niveau 3, si ça se trouve, ils ne nous trouveront pas. »


Cela signifierait aussi poser un lapin à Eirlys. Fichue boucle.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   28.10.15 17:34 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Le mur derrière lui était tiède, chauffé par le système de température de la faculté. Les yeux occupés par son livre, dégoté et emprunté à la chère bibliothèque de son cher père, il ne faisait plus attention à grand’chose autour de lui. Pourtant, Gil n’était pas des plus concentrés. Il avait beau aimer les livres et toutes les lettres qui les composaient, il n’avait aucune envie de suivre le sujet dont les pages du volume parlaient. Il avait autre chose en tête, qui, de son point de vue, était autrement plus préoccupant qu’un livre débattant d’un sujet qu’il n’avait de toute façon pas retenu. Quel était le titre, déjà ? Son père l’aurait volontiers traité de négligent. Prendre un livre pour de toute façon ne pas le lire, c’était bien une attitude de négligent.
Quoique Gil s’en moquait bien. Levant rapidement le nez de son livre, il jeta un coup d’œil à Seisyll, plongé dans son propre livre. Quelque chose sur les échecs et la stratégie, apparemment. Rien d’étonnant puisque le jeune homme préparait le tournoi de fin de semaine. Gil n’avait jamais été féru d’échecs, même si la logique du jeu ne lui échappait pas et que les méthodes parfois fourbes lui parlaient.

C’était un peu trop tranquille pour lui, les échecs.
Gil tourna une page de son livre, toujours aussi négligent sur ce que le livre avait de bien à lui raconter. A côté de lui, Seisyll avait l’air nerveux. Bizarrement, Gil, lui, était étrangement calme. Sans doute parce que malgré l’insistance de sa mère, et son incroyable sens de l’arrangement qui avait fini par avoir raison de la réticence de son fils à aller à ce « bal de la bleusaille », il savait qu’il n’y resterait pas. Sa mère lui avait forcé la main, son père lui avait offert l’un de ses regards noirs dont il avait le secret, mais Gil avait déjà pour plan de s’éclipser discrètement au bout d’un temps minimum.
Juste le temps que les quelques snobs qui avaient eux aussi intégré l’université attestent de sa présence, et il se serait envolé. Ou en tout cas, c’était ce qu’il planifiait. Dans les soirées mondaines, ça fonctionnait plutôt bien. Il y avait du monde, personne ne faisait vraiment attention. Le seul inconvénient était sans doutes les remontrances paternelles le lendemain matin.

Il tourna une nouvelle page de son livre qui ne l’intéressait pas, avant de soupirer, sale habitude déjà bien acquise.

« Je n’ai pas plus envie d’y aller que toi, j’ai déjà largement ma dose de ces foutues choses quand mes parents me traînent dehors. Par contre, si plan il y a, on a intérêt à se décider rapidement parce que ta sœur ne va vraiment pas tarder à sortir de cet amphithéâtre et si on veut vraiment s’éclipser avant que ce… bal ne commence, on ferait mieux de ne pas s’enraciner. »

Là-dessus, il ferma son livre d’un coup sec, laissant les pages claquer les unes contre les autres, et rangea le volume dans son sac. Il réintégrerait la bibliothèque dès le lendemain, pendant ses heures de boulot. Il irait le remettre à sa place, ni vu ni connu. De toute façon, Gil avait scrupuleusement respecté les « procédures » avant de faire sortir l’ouvrage du haut bâtiment de la bibliothèque. Il avait soigneusement rempli la fiche d’emprunt, à son nom, comme avec n’importe quel client.
Son père ne pourrait au moins pas lui reprocher d’avoir manqué à ses devoirs de futur patron de l’endroit.

Il joignit ses mains dans son dos, se balança légèrement d’avant en arrière sur ses talons, finissant par faire claquer le bout de sa chaussure sur le sol impeccablement nettoyé du couloir. L’université était comme le reste du niveau 1. Brillante, trop brillante, trop propre et trop rangée pour être honnête, mais Gil s’en moquait. Tout ce qu’il avait à faire était d’obtenir un diplôme et de prouver à son père qu’il était capable de travailler à la bibliothèque, autrement, il pourrait toujours retourner se reconvertir ailleurs.

Il regarda Seisyll en écoutant sa proposition, avant de rire. Ce n’était pas méchant, c’était juste plus fort que lui. Son rire bref mourut dans le silence du couloir jusqu’ici désert.

« Le niveau trois, t’es à peine suicidaire ! J’ai envie de m’éloigner d’ici et d’aller me perdre, mais pas non plus à ce point. On ferait carrément tache, là-bas, on serait repérés en cinq secondes et j’ai pas envie de savoir ce qui m’attend si je me ramène au niveau trois sapé comme un pingouin. »

Gil haussa les épaules. Ce n’était inconnu de personne que le niveau trois était dangereux, surtout quand on venait du niveau un et qu’on n’avait prévu aucune tenue un peu plus camouflage qu’un costume de soirée, comme celui que lui et son acolyte allaient devoir porter s’ils ne trouvaient pas de moyen d’échapper à cette réception de bleus.

« Par contre, oui, on a de grandes chances de ne pas être trouvés si on migre aussi loin. Mais honnêtement, je serais plus d’avis de n’aller que jusqu’au niveau deux, ça nous évitera sûrement un lynchage en règle par quelques habitants amers qui ont envie de taper du bourge. »

Gil n’avait pas vraiment de respect pour ses origines et encore moins pour le gratin dont il était issu, sur lequel il n’aimait rien de plus que casser du sucre en attendant la réaction presque scandalisée de tous ces snobs qui n’avaient pour intérêt que de s’en faire un allié quelconque, quelqu’un qu’on aurait dans sa poche, mais Gil avait toujours réussi, sinon à éloigner, à esquiver les principaux acteurs de ce complot.
Gil ne voulait personne dans ses petits papiers et n’être dans les petits papiers de personne. Il jeta un coup d’œil à sa montre.

« On a intérêt à se décider, et vite, surtout si tu ne veux pas mettre ta sœur au courant. Dans cinq minutes son cours est fini, donc dans approximativement sept on la verra arriver et là, je pense qu’on sera bons pour se coltiner cette soirée au milieu de tous ces snobs. Quoique si c’est pouvoir leur casser du sucre sur le dos en rêvant de les regarder se rétamer lentement mais sûrement vers le sol, je serais presque prêt à y aller. »

Presque, seulement.



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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   28.10.15 21:19 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

La valse des cours et de leurs exigences stupides avait reprise, reléguant au rang des souvenirs les soirées d'été sous les étoiles. On n'est pas sérieux quand on a dix-huit ans et que l'on a grandit au niveau 1.

Cette année encore, ils se sont séparés. Seisyll pour se bercer de ses certitudes, de ses cases bien rangées et de ses chiffres déguisés en lettres, Gil pour apprendre à dessiner des mots, à composer des phrases, à jouer avec les sentiments comme un sous-marin joue avec les courants, et elle avec ses lois, ses hommes et leurs limites, ses limites et ses hommes de loi. Elle aime le droit. C'est strict, structuré mais humain. Ce n'est pas aussi absolu que les passions de Seisyll. Ce n'est pas aussi impalpable que les rêves de Gil. C'est elle, c'est tout.

Le cours n'en fini pas de finir. Depuis cinq bonnes minutes, une bonne moitié de la salle a rangé ses affaires et se prépare pour la course à la porte. L'autre moitié rêvasse pour la grande majorité, imaginant les tenues et les gages de la soirée des bleus. Parmi la demi-douzaine de bosseurs continuant à prendre des notes, se dégagera probablement les figures de demain. Elle a beau noter le cour, Eirlys ne peut s'empêcher de graver leurs visages dans son esprit. Passionnés, ambitieux, désespérés, elle se demande ce qui les pousse comme ça, comme elle, à encourager un professeur qui a visiblement oublié ce que c'était que d'être étudiant.

Enfin, le dernier mot est lâché, le dernier point posé, les devoirs notés. C'est la ruée. Les premiers rangs sont les plus proches de la porte. Des petits groupes se forment en bout des bancs pour discuter de la suite des événements. Parfois même d'un point de cours. Derrière eux, d'autres trépignent et cherchent à passer. Le brouhaha est reste essentiellement joyeux même si un brin stressé. L'adolescente l'est aussi. Contrairement aux garçons, elle apprécie de pouvoir s'ébattre ailleurs que dans le carcan fermé de la zone 1. Elle aime ces cérémonies où tout le monde se côtoie. Retrouver les amis de la fête de l'an passer. Rencontrer des bleus aux yeux pleins d'émotions qui semblent vouloir boire le décors passé de l'Université.

Finalement, le bouchon passe la porte et la salle se vide. Dans les dernières, la benjamine Hilbilge reconnaît avec plaisir son frère et leur ami. Elle apprécie moins de voir le mégot terminer de se consumer dans les mains de son jumeau. Beaucoup le font mais elle n'aime pas. Cela donne une sale odeur aux vêtements. Et puis ça ne lui dit rien de polluer l'air fourni par la Cité. Elle accroche un sourire sur son visage et avance résolument vers eux, n'attrapant que les derniers mots de la conversation. Naturelle, elle pose la main sur le poignet de Seis, lui chipe son tube de tabac tout en lui plaquant une bise sur sa joue glabre. Elle se tourne alors vers Gil.

« Presque prêt à aller où ?  Vous n'avez pas oublié que le bal est ce soir hein ? Je vous ai trouvé des cravates bleues pour aller avec le thème. »

La frivolité est son plus beau masque et elle en joue comme de son innocence pour piéger ses proies qu'elle sent prêtes à filer. Elle n'a pas l'intention de leur en laisser l'opportunité. Pas sans saccager son pauvre petit cœur de jeune fille en fleur.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   30.10.15 2:42 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Tourne une page, encore une, puis une autre. Reviens en arrière, compare. Roque ou pas Roque du Roi avec la tour. Préfères-tu sacrifier ton fou pour conserver ta tour et effectuer ton fameux rock et ainsi mettre en déroute le pion ennemi ? Alors, fin stratège qui a jugé bon de mettre cette idée sur papier, que comptes-tu faire ? Et que compte faire deux représentants de la jeunesse dorée de Pelagia pour échapper à tout prix à une réception qui ne leur plait guère. Gil lâche son livre. Trouver une solution et vite. Deux mots qui ne vont pas ensembles. On ne trouve jamais de solution rapidement sans y avoir un tant soit peu réfléchi avant. Et là, ce n’est absolument pas le cas, toutes ses capacités d’échafaudage de théorie et d’idée fumeuse a été accaparée par le tournoi d’échec. Désolé vieux frère, les neurones sont épuisés. Il faut repasser, un autre jour peut-être ? Allusion au niveau trois, Seisyll esquisse un sourire narquois. Tu n’es donc jamais allé au niveau trois, camarade ? Pourtant, avec un bon déguisement, c’est tout à fait jouable. Il suffit de se fondre dans la masse. Personne ne cherchera deux gamins du niveau un au niveau trois, il maintient. Qu’est-ce qu’un nanti irait se balader au niveau trois, si ce n’est pour aller y chercher une compagnie rémunérée. Et dans ce cas-là, on veut rarement voir et être vu. Gil est frileux, il préfère le niveau deux. Dans le niveau deux, ils nous trouveront, camarade. Le niveau deux, ce n’est pas assez, il maintien, il le montre en faisant claquer sa langue contre son palais de manière bruyante. Pas très élégant comme manière, il convient. Mais pour l’instant, les bonnes mœurs et l’étiquette lui cause suffisamment de soucis comme ça alors il peut bien la mettre de côté trente secondes.

Les élèves s’échappent enfin de la salle de classe, le professeur vient de probablement donner le clap de fin, comme au cinéma. Adieu, cas pratique, bonjour liberté. Mais là encore, il faut attendre, parce qu’Eirlys aime … pardon. Eirlys adore se faire désirer, c’est dans son caractère de poupée de porcelaine. C’est la règle numéro 6, celle-là, il s’en souvient parfaitement, elle lui ressert à chaque retard depuis son adolescence. Seisyll regarde la cigarette qui se consume, calée entre son majeur et son index avant de la voir disparaitre, protestant mollement avant de s’en rallumer un autre, une fois le baiser plaqué sur ses jours. Détourner, elle ne doit pas être dans le plan d’évasion. Vêtu comme des étudiants, ils passeront effectivement inaperçu parmi la foule du niveau deux, à la sortie des bureaux. La mention des cravates bleues attire sur son visage une grimace de dégout à l’adresse de Gil avant de se redresse, en s’étirant, rangeant le livre dans sa sacoche.


« A un entrainement de tir à l’arc. Gil m’a dit que si j’arrivais à supporter Marianna Haworth plus de dix minutes dans une conversation en tête à tête durant la soirée .Ca n’arrivera pas de toute façon. Je vois mal notre ami réunir la force nécessaire pour bander un arc. »



Moqueur, railleurs, ultime pirouette pour détourner l’attention d’Eirlys. Il porte une nouvelle cigarette à ses lèvres, l’allumant rapidement.


« Achetons nous à grignoter, je sens que le repas risque d’être frugal ce soir, autant faire des réserves et allons dans la forêt. J’ai besoin de prendre l’air. Et de me vider l’esprit. Sinon mon seul sujet de conversation va être les mille et une façons de faire roquer son roi en stratégie de défense et je ne suis pas sûr que cela vous passionne vraiment. »



Il tente, déjà.

« Tu vas avoir besoin d’aller plus tôt que nous à la maison, non, Eirlys ? Tu as besoin de plus de temps pour te préparer. Et puis Papa est là non ? »


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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   30.10.15 11:03 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Il ne peut qu’adresser un regard compatissant à Seisyll quand sa jumelle mentionne des cravates bleues. Il n’en est pas non plus un fervent adepte, loin de là, mais il ne se risque pas à montrer son dégoût ouvertement devant Eirlys. Il hausse juste vaguement les épaules avant de lâcher, le plus naturellement du monde, que le bleu n’est pas sa couleur et que de toute façon, connaissant ses parents, ils ont eux-mêmes déjà tout prévu. Ce qui ne l’étonnerait nullement, il prévoit même la chose, mais fait sans doute plus confiance à sa mère qu’à Eirlys pour ce qui est du choix des couleurs et des coupes, les coupes aussi sont importantes.
Un léger tic agite le coin de sa lèvre. Et dire que sa mère s’est sans doute cassé la tête pour que son fils finisse par s’éclipser pour échapper à ses camarades de faculté, juste parce qu’il n’aime pas les soirées de ce genre. Gil s’en fiche un peu, de s’en aller avant la fin de la soirée. Il ne culpabilise pas non plus que sa mère ait passé des heures à tout préparer pour qu’il ne passe au final qu’à peine dix minutes à ce bal des petits nouveaux. Pourtant, Agneta Dylman serait la seule personne à pouvoir le faire culpabiliser.
Mais Gil culpabilise déjà rarement.

Un sourire étire ses lèvres quand Seisyll parle du tir à l’arc. Bonne diversion, et il serait stupide de ne pas la suivre, ce qu’il fait sans en avoir trop l’air, ajustant simplement la sangle de son sac sur son épaule avant de jeter un regard à moitié désapprobateur à son ami.

« Evidemment, si tu me passes un des arcs que tu utilises, je risque d’avoir du mal. C’est même fourbe de ta part, je trouve, tu pourrais au moins me faire la grâce de m’en donner un qui a la bonne allonge. »

A force de traîner avec Seisyll, il avait au moins les bases théoriques du tir à l’arc, même s’il ne s’était pas encore essayé à la chose. Le sujet ne semble pas trop mal pour détourner l’attention d’Eirlys qui ne cherchera plus, espérons-le, à savoir où Gil était presque prêt à aller. Une chance qu’elle n’ait pas entendu le début de la phrase. Le fils Dylman approuve encore une fois Seisyll.
Ce n’est qu’un bal de bleusaille, il n’y a aucun intérêt à sortir le grand jeu. Il faut en faire juste assez pour impressionner les petits nouveaux qui ne sont pas encore continuellement blasés.
Un léger rire lui échappe.

« Je vais finir par cacher ce livre dans la bibliothèque juste pour que tu arrêtes d’y penser après l’avoir cherché pendant trois jours. Détends-toi un peu, tu es parfaitement capable de réussir ce tournoi sans te torturer le cerveau avec pendant des jours avant. »

Autrement, il est d’accord pour aller chercher de quoi grignoter. En sortant de la faculté, ils n’auront que l’embarras du choix pour les épiceries et autres commerces de proximités qui leur permettront de faire des réserves pour avant ou après ce foutu bal où il ne compte absolument pas s’éterniser.
Machinalement, il esquisse un signe de tête vers l’extérieur.

« Je vous rejoindrai chez vous avant d’y aller, sans doute. Connaissant mes parents j’ai intérêt à donner un signe de vie à la maison avant d’y aller, ils ont dû prévoir tout un tas de choses auxquelles je ferai mieux de ne pas essayer d’échapper, juste histoire de survivre. Disons une heure avant que cette soirée ne commence ? Comme ça on a le temps de traîner sur le chemin. »



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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   31.10.15 15:12 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Un sourire éclaire le visage de la brune. Haworth est d'une bêtise à faire peur. Ce n'est pas de sa faute, la pauvre, et Eirlys se force régulièrement à passer un peu de temps en sa compagnie, l'entendre lui demander si « périodique » ne s'écrit pas « kt » à la fin, la voir s'extasier des choses les plus évidente, trouver profonds les principes les plus simples. Quelque part, elle l'envie de cet esprit si prompt à s'émerveiller d'un rien. Mais face à l'intelligence de Seisyll, la pauvre est perdue. Et toute sa beauté, toute sa richesse, toute sa sensibilité de jolie poupée du niveau 1 ne peuvent rattraper ce manquement de la nature. Le plus dommage, c'est que Marianna aime vraiment beaucoup l'aîné des Hilbilge dont la verve moqueuse et l'esprit brillant l'éblouissent. Ils sont cruels, les garçons. Et, déjà, elle note, en pénitence, de faire semblant de s'intéresser aux tissus des nouvelles robes avec son « amie ».

Rapidement, cependant, elle se reprend. Parce que son jumeau est si intelligent, et parce qu'elle le connaît si bien, elle se doute qu'il y a baleine sous gravillon. S'il n'essayait pas de l'endormir d'une façon ou d'une autre il lui aurait clairement dit de se mêler de ses affaires. En tentant de détourner son attention, il se trahit. Et Gil qui suit ne lui inspire rien de bon. Les deux garçons avaient quelque chose en tête. Elle ne savait pas quoi, évidemment. Pas encore. Mais ce n'était pas du tir à l'arc, c'était certain. Hésitante, elle laisse passer sa chance d'une bonne réplique. Elle n'aurait pas su quoi dire, vraiment. Elle avait bien quelques idées sur la capacité de Gil à bander mais ce n'étaient pas des choses à penser en présence d'un mâle de la famille. Elle pouvait aussi plaisanter sur ce qu'ils essayaient si fort de lui cacher, histoire de leur faire comprendre qu'elle n'était pas dupe. Elle aurait pu faire plein de choses, tant de choses qu'elle n'avait eu le temps de rien dire. Là était la force de Seisyll. Il était capable d'embrouiller le brouillard. Elle se força à tourner son attention sur les mensonges des garçons, espérant trouver sa place rapidement pour ne pas se retrouver mise à l'écart. Elle détestait quand ils faisaient des choses sans elle.

« Doucement Messieurs, on part un peu dans tous les sens là. On tire à l'arc, on va dîner, on passe au domaine Dylman ou on plante des choux ? Il faudrait voir à se décider rapidement. Le temps n'est pas extensible avant la soirée. »

Elle se tourne vers son frère, toujours souriante, ses yeux gris étincelant d'une détermination qu'il connaissait bien. Elle leva le doigt, signe d'une nouvelle règle ou d'une déclaration d'importance au moins équivalente.

« Et n'essaie pas de m'emberlificoter, Seisyll E. Hilbilge. Je suis tout à fait capable de m'habiller aussi vite que vous, Père présent ou pas. Et je je vous lâcherais pas d'une semelle. »

Là. Certes, elle n'était peut-être pas aussi subtile que son alter ego masculin mais au moins, il était clair qu'elle ne se laisserait pas faire. Et pour appuyer sa déclaration, elle se saisit d'autorité du bras de Gil qui n'avait peut-être rien demandé mais qui était là. Retrouvant sa bouille de charmeuse, elle se pressa un peu contre lui, ignorant totalement Seis juste à côté d'eux.

« Qu'est ce que tu veux faire, du coup, Gilou ? »

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   03.11.15 14:12 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Eirlys semble hésiter, Seisyll esquisse un sourire, il l’a troublée, l’a faite trembler dans ses fondements, il a réussi à intégrer le doute dans ses pensées. C’est le début des jeux, de la mystification, il est tellement drôle de voir Eirlys chercher à comprendre. Elle a ses airs naïfs de jeune première dans une grande pièce de théâtre dont elle ne tire pour l’instant aucune ficelle bien malgré elle. Un jour, elle pourra mais ce jour ‘n’est pas encore arrivé. Seis a un but, il veut à tout prix éviter la soirée et il fera tout pour, même si cela semble alambiqué, tiré par les cheveux. Il devra mystifier sa sœur, parce qu’aujourd’hui, elle est l’ennemie, le geôlier à tromper, dont il faut endormir la méfiance en la faisant douter, se perdre dans les doutes pour qu’un trop plein d’information lui fasse perdre sa vigilance. Il fuira, c’est un fait. Le tout est de savoir quand. Gil, maintenant. Il a suivi. Pas mal. Seis penche légèrement la tête, un peu roublard, pas très net. L’image de Gil bandant un arc ou tout du moins essayant de le faire de ses maigres bras l’a presque fait rire silencieusement, moqueur. Gil est un fils de bibliothécaire, il n’a pas été taillé pour l’ordre et la guerre. Malgré toute la désapprobation que lui porte son père, Seisyll a dû se soumettre à l’entretien d’un corps et d’un esprit combattif. Les échecs en font partie et quoi que fasse Gil, il ne lâchera pas son bouquin, même lorsqu’il aura appris par cœur chacune de ses pages. On en sait jamais aux échecs, il y a toujours à apprendre.

« La question n’est pas de gagner le tournoi, l’enjeu est de le faire bien et suffisamment de manière brillante pour que les adversaires n’aient rien à redire. Je t’interdis de me piquer mon livre »


Dit comme ça, ça ressemblait presque à une menace. Son regard sombre ne semble pas rire lui non plus, l’espace d’un instant. Il se fait tout aussi menaçant quand Eirlys mentionne leur père. Il se fige, laissant ses deux compagnons avancer, il semble réfléchir et comme à chaque fois qu’il se perd dans ses pensées, il a besoin de s’immobiliser, d’arrêter ses gestes, de les laisser en suspend, avant de remonter, se glisser derrière sa sœur, lui chuchotant à l’oreille, de sorte à ce que Gil n’entende pas. Il a beau être un ami, les querelles familiales font partis du privé, de l’ultra privé moi.

« Si Père est là, je peux te certifier, Eirlys, que je n’entre pas dans cette maison et que je ne mets pas les pieds à cette fête. Que Mère et tout, vous vous le teniez pour dit. Ce … type, n’a de « Père » que le nom, à mes yeux. »


Avant de se redresser, reprenant un masque sans aucune craquelure. Il accélère le pas pour passer devant, le ton moqueur.

« Vous allez où vous voulez, très chers tourtereaux … ou même tourteau, comme le crabe à pince mais pour ma part, j’ai faim. Je vais me chercher à manger »


Et le voilà parti dans une ruelle, la première à sa portée. Qu’ils suivent ou pas, peu importe, pour l’instant, ce qui compte, c’est son estomac.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   03.11.15 19:05 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil ne bronche pas quand Eirlys passe ses bras autour du sien pour se coller à lui. Il ne dit rien non plus quand il voit Seisyll s’approcher de sa jumelle pour lui parler à l’oreille. Il peut toujours essayer de deviner le sujet, sans doute une querelle de famille comme celles qu’il connaît lui-même. L’indice paraît évident, Seisyll a mentionné leur père d’une manière assez sèche, presque en regrettant de devoir même prononcer le mot père. Il fait comme s’il ne remarquait rien, par respect pour Seisyll.
Parce que lui aussi sait ce que c’est de devoir se plier aux exigences paternelles simplement pour espérer être un peu tranquille, il sait aussi ce que c’est d’être en désaccord constant avec une personne sur laquelle on devrait normalement pouvoir compter. Même si Gil, au final, n’en est pas encore au point de Seisyll. Il considère encore son père comme son père. Il est juste incapable de s’entendre avec lui depuis longtemps.

Finalement, c’est un sourire qui étire ses lèvres alors que Seisyll passe devant. Il lui adresse un signe de la main machinal, laissant un ricanement lui échapper.

« Le crabe dormeur te salue ! »

Il regarde ensuite Eirlys, fait un signe de tête dans la direction de son frère, s’apprêtant à commencer à marcher. Même si elle ne suit pas, il ira. Pas qu’il ait spécialement envie de la planter là, mais Eirlys est avant tout une amie, et même s’il l’apprécie beaucoup, il ne compte pas non plus aller à cette soirée et profitera volontiers de son inattention pour s’éclipser avant que ce bal des bleus ne commence.

« On y va ? »

Il n’attend pas spécialement de réponse et commence à marcher, de toute façon, restant derrière Seisyll, tout en ressassant sa non-envie d’assister à la soirée organisée par l’université. Il cherche un moyen d’y échapper, de se passer de cette corvée. Il devra de toute façon retourner chez ses parents après la mission grignotage, mais passer par la fenêtre pour disparaître est déjà à proscrire.
Son père s’en rendrait compte trop rapidement. Il va falloir qu’il supporte les questions et les attentes parentales, hoche la tête à toutes leurs recommandations, et finisse par partir avec Seisyll et Eirlys. Sa seule échappatoire sera après avoir quitté le domicile familial, fringué comme un pingouin pour une soirée qu’il rêve de voir annulée pour une raison x ou y.

Gil rêve de pouvoir comploter avec Seisyll, mais maintenant qu’il y a Eirlys, ils peuvent tout aussi bien laisser tomber. Il est un peu tard pour penser à déguiser la conversation, et s’ils commencent, ils finiront sans doute par ne plus se comprendre et réaliser un dialogue de sourds. Ou Eirlys se doutera de quelque chose et finira par découvrir la supercherie. Elle doit bien déjà se douter qu’il y a un os.

« Sinon, vos journées de cours, c’était comment ? »



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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   08.11.15 14:59 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Il y a quelque chose de faux quelque part, elle en mettrait sa main à couper, mais où. Derrière son masque, Eirlys fronce les sourcils. Cette sensation désagréable qu'on lui attache des fils de rosée aux poignets pour la diriger à sa façon, elle ne l'a pas souvent mais assez pour savoir qu'elle n'aime pas qu'on la prenne pour une marionnette. Poupée de porcelaine tient à l'illusion de sa propre liberté. Elle a envie de taper du pied, de montrer qu'elle n'est pas dupe, d'abattre son jeu tout de suite et, dans le même temps, elle se doute que c'est tout ce qu'il attend, Seisyll et ses plans, qu'il la manipule derrière la manipulation dans un but inconnu, peut-être même simplement pour s'entraîner à la manipuler. Elle le connaît son frère. Il a la tactique dans le sang. Elle l'a observé des dizaines de fois entortiller les autres. Ce n'est pas pour ça qu'elle apprécie qu'elle aime quand il le tente sur elle. Bon. Réfléchissons.

Les échecs sont là pour la distraire, elle en est persuadée. D’autant plus que l’importance que leur accorde Seisyll est bien connue. Il ne lâchera pas ce bouquin. Même en en connaissant par cœur chaque page, chaque sigle, il allait continuer à le lire, pour structurer sa pensée et s’auto-rassurer quant à ses chances. Les tournois, c’étaient toujours pareil. Il fallait être là, applaudir à chaque mouvement et s’esbaudir devant des stratégies obscures aux noms d’inconnus. Et voir son frère roquer. Elle n’aimait pas le Roque. C’était une fuite, une triche, une téléportation. Mais encore, elle préférait de loin les dames aux échecs. Quand tous les pions ont les mêmes propriétés, la stratégie prend une toute autre forme. Enfin, c’était le genre de discussion qu’ils avaient eu vingt fois, cent fois, et qu’elle n’avait pas envie d’avoir encore. Autant laisser les garçons croire qu’ils avaient la main sur ce sujet et attendre.

Sauf qu'il ne lui en laisse pas l'occasion, évidemment. Presser l'autre pour l'obliger à faire une erreur de jugement en voulant aller trop vite est classique aussi. Ce n'est pas pour autant que c'est facile à éviter. Le voilà qui s'en va manger et Gil qui le suit. Par réflexe, pour ne pas être seule, elle choppe le poignet de leur ami et leur emboîte le pas, furieuse contre elle-même de ne pas réussir à prendre l'ascendant dans ce combat. Elle n'a pas encore dit son dernier mot. Elle est plus lente, certes, mais elle est assez douée pour voir au delà des apparences et trancher d'un mot, d'une phrase, d'un geste. Tout le contraire de Seis et ses plans tordus. Ensemble, ils sont complémentaires. Et elle n'aime pas quand ils sont pas ensembles. Alors, elle essaie d'oublier la haine de Père qui transparaissait dans la voix du Fils et se concentre sur la conversation simple lancée par le bibliothécaire, toujours bien élevé, LUI.

« Rien de bien folichon, elle a commencé par un rappel historique des lois de la Ville et de leurs raisons/évènements. Derrière une loi, en effet, il y a souvent un fait divers. C'est intéressant mais ça reste des révisions, j'ai hâte que l'on reprenne le cours des choses. Et je pense faire un module de sciences humaines en parallèle. Il paraît qu'on peut gagner aux échecs en connaissant mieux l'humain, donc j'attends de voir. Seis, si ça se trouve, tu seras contre moi à ton prochain match. »

C'est de la provocation gratuite, évidemment. Jamais la jeune femme n'aurait osé volé le loisir préféré de son aîné, même en sachant qu'elle n'a aucune chance de gagner. Mais elle se sent pion sur un échiquier dessiné par le jeune homme et elle n'a pas encore déclaré forfait.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   15.11.15 22:36 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Profondément vexé, sans aucun doute, il l’est. Son Père est un sujet presque trop sensibles, à ne pas aborder. Il le fuit, c’est sa manière à lui de faire sa crise de jeunesse plus que celle de l’adolescence qui ne s’est pas fait, parce que trop enserrée dans un carcan trop étroit. Il lui a fallu un peu de temps pour apprendre à se glisser entre les mailles du filet, enfin et retrouver l’air de la surface. En attendant, il a fallu intérioriser, ruminer pour mieux exploser. Il est comme ça, on ne le refera pas. Sa colère est sourde, invisible, juste dans le regard, jamais dans les mots. Jusqu’à l’instant T. Il accélère le pas, s’éloigne du petit groupe. Ces deux-là, quand ils décident de s’y mettre pour l’embêter, ils y arrivent avec une facilité suffisamment déconcertante. Il serait même capable de jouer pour de vrai le rôle des tourtereaux juste pour le faire botter en touche, le mettre dans une situation inconfortable. Non, vraiment, tenir la chandelle est bien la dernière chose qu’il a envie de faire. Son estomac grogne, le rappelle à l’ordre. L’idée d’aller chercher de quoi manger n’a rien d’une ruse préparée et mensongère, il a vraiment faim. Il zigzague dans la ruelle, trouvant finalement un endroit où commander un sac en papier de gourmandises et autres sandwich et bouteille de verre pour se sustenter. Pas de queue, les étudiants sont déjà passés ou pas encore, selon les points de vue, aussi repart-il assez vite avec son sac de couleur brune, repassant dans la rue principale. Sa taille de grande perche lui permet de repérer d’un coup d’œil et de les rejoindre en trois enjambées sautillées pour se placer derrière eux, marchant nonchalamment, comme si la bouderie avait été déjà oubliée. Oubliée, n’est pas le terme. Elle a juste été mise dans le sac de ressentiment qui a de la place pour l’accueillir et la contenir sans que cela déborde. Pour une prochaine fois les effusions. Mais Eirlys continue, Eirlys titille. Et Seisyll répond du tac au tac

« Pour te retrouver contre moi, il te faut passer les éliminatoires. Et pour cela, il faut que tu arrêtes de dénigrer ton fou, comme à chaque fois que tu tentes de te mettre sérieusement aux échecs. Les fous ne sont pas fous pour rien, ils ont décrétés qu’ils n’avanceraient pas comme les autres. Là où tout le monde avance en ligne droite, eux préfèrent les diagonales pour mieux se faufiler, tel des rongeurs, sans les lignes adverses et les mettre gravement en danger. Voir même les éclaircir de manière considérable. Mais bon, assez parlé d’échec, ce n’est pas votre truc, ni à toi, ni à Gil et l’idée n’est pas de vous imposer un sujet de conversation. »


Il repasse devant dans une pirouette élégante, leur passant le sac en papier kraft dégageant une bonne odeur de muffin sortis du four sous le nez.

« Je trouverais comment ne pas avoir à paraitre à cette fête. Il suffit que j’y réfléchisse, mais à la manière du fou, je me faufilerais dans un trou de souris. La question est : Sauras tu comprendre et me suivre, Gil. En attendant de le savoir et de pouvoir répondre, parles donc de ta journée, à toi. Qu’apprend-t-on de capital chez les rats de bibliothèque. »


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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   19.11.15 22:27 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil abandonne rapidement Eirlys pour partir, à son tour, à la recherche de quelque chose à grignoter. Il a juste attendu que Seisyll soit plus ou moins de retour, pour ne pas laisser sa jumelle à l’abandon. Il ne prend pas son temps dans la boutique, il a déjà une vague idée de ce qu’il va prendre. Il achète une bouteille d’eau pour la jeune fille au passage, tout en se demandant, encore et toujours, comment il va faire pour échapper à cette soirée. Tout en payant le marchand, un soupir lui échappe. La première pensée qu’il a est pour son père. Son cher père, qui trouvera forcément un moyen de s’assurer que son fils reste à ce bal des bleus du début à la fin.
Au final, Gil n’a jamais vraiment réussi à lui cacher quoi que ce soit. Que ce soit son aversion pour le gratin, son ennui profond des soirées mondaines ou son amour des livres et des histoires qu’ils peuvent raconter. Stieg sait tout ça, ou au moins il se doute. Il a dû remarquer que les yeux de son fils changent quand il travaille à la bibliothèque.

Il revient, tend la bouteille d’eau à Eirlys avec un sourire avant d’ouvrir la sienne. Les joies de la faculté, où la moindre seconde grappillée sur le cours est une victoire et où il ne sert à rien d’espérer pouvoir aller à la fontaine qui trône dans le couloir, toujours entourée d’étudiants qui ont passé leur journée sans pouvoir boire. Les profs, surtout, sont très tatillons sur ce point : pas de bouteilles d’eau en cours. C’est la lyophilisation lente assurée, en tout cas pour sa filière de lettrés qui passent leur temps à décortiquer des bouquins.
Le bibliothécaire n’a pas suivi la conversation entre Eirlys et Seisyll, au moment où il partait. Il a vaguement compris qu’il était question d’échecs, et que Seisyll a encore dû faire une remarque, justifiée d’un certain point de vue, à sa sœur.

Machinalement, il hausse les épaules avant de soupirer un peu. Il attrape le sac de muffins et le passe directement à Eirlys, ayant son propre casse-croûte dans son propre sac en papier kraft.

« J’ai autant envie d’y aller que toi, et si ça peut te rassurer, je planche toujours sur le problème. Mais à moins de savoir nous rendre invisibles ou d’apprendre à passer à travers les murs, je pense que ça va être compliqué de s’éclipser sans se faire remarquer. »

Il profite de quelques gorgées d’eau en se remettant à suivre son camarade de faculté, qui, au final, n’a absolument pas raconté sa journée de cours, mais a plutôt déblatéré sur les échecs, de ce qu’il en a compris. Il ne lui en veut pas. Il avait lancé le sujet comme ça, juste pour avoir de quoi discuter, parce qu’il sait que Seisyll n’est pas des plus bavards, sauf quand il s’agit de stratégies d’échecs et de simili-sermons à sa sœur sur ses manières de n’utiliser que certaines pièces.

« Etymologie. On a plus ou moins passé notre journée à ça. C’est assez intéressant de voir à partir de quoi les mots sont formés, ça l’est moins de passer quatre heures de cours les yeux dans un dictionnaire parce que, évidemment, lesdites racines viennent de loin. Très loin. Et elles datent, aussi accessoirement. Sinon j’ai bossé avec mon père ce matin. Enfin, avec. Je devrais plutôt dire que je bosse pour lui, ce serait plus simple… »

Jusqu’ici, Gil ne se considère que comme le larbin en chef de son cher paternel, bien qu’il ait envie de reprendre la bibliothèque quand son tour viendra. Il a grandi dans cet univers de livres, de rayonnages entiers de volumes tous plus anciens et plus étranges. La partie du travail qui lui plaît le moins est sans doute la présence écrasante et les regards insistants de son père.
Avec un léger rire, il ajoute, railleur.

« Si vous voulez un cours sur la paperasse administrative, je peux vous le faire. »



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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   23.11.15 14:50 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Elle n'aime pas les fous, c'est tout. Elle comprend l'intérêt de la diagonale et de prendre le contre-pied de l'ennemi, mais le fou est un éléctron libre qui n'a aucun intérêt. Pour semer le chaos, sa pièce préférée est le cavalier. Et ce ne sont pas des défaites à répétition qui la feront changer d'avis. Seisyll a probablement raison, sûrement, et pourtant, elle n'aime pas les fous.

Acceptant cependant le changement de conversation, elle regarde son jumeau repasser devant dans un geste élégant. Il serait bon danseur si seulement il s'en donnait la peine. Il avait une grâce féline, mortelle, qui plaisait beaucoup aux filles de sa promotion. Certaines essayaient même de devenir son amie à elle pour se rapprocher de lui. Elle ne disait rien mais elle n'était pas dupe. Seisyll plaisait beaucoup. Pendant que son frère, inconscient de ce qu'il pouvait bien provoquer, agite son sac de muffins, Gil est revenu avec une bouteille d'eau que la jeune femme attrape avec gratitude. Précautionneusement, elle ouvre le contenant et renverse une partie du contenu directement dans sa gorge. Il lui suffit alors de refuser les sucreries d'un mouvement de la tête. Il y aura bien assez à manger au bal et elle ne peut pas se permettre d'avaler tout ce que les estomacs sans fond des deux adolescents peuvent ingurgiter. Avalant son eau, elle écoute les discussion et sourit, enfin.

« Ah, donc c'est ça que vous complotiez, vous vouliez m'abandonner seule à la fête. »

Ils se sont laissés prendre. Ils l'ont oubliée. C'est une victoire pour elle, assez grande pour qu'elle accepte de leur venir en aide pour cette fois. Elle reprend une gorgée de sa bouteille et secoue ses boucles brunes tandis que Gilou termine de raconter sa journée.

« Vous ne pourrez pas vous éclipser mais vous pourriez ne pas venir du tout. Vous m'accompagnez pour qu'on vous voie à l'entrée et dedans je passe la soirée à dire que mais si vous étiez là il y a quelques minutes à peine, vous avez du aller aux toilettes, vous éclipser avec jeune première, prendre l'air ou je ne sais quoi. »

Elle reprend un verre d'eau, plus heureuse d'avoir le fin mot de l'histoire qu'ennuyée de se retrouver seule à nouveau. Confusément, elle n'a pas oublié sa bourde sur Père et elle cherche à se faire pardonner auprès de son frère de sa maladresse. Elle n'était pas prête de l'avouer, bien sûr, et lui semblait avoir déjà enterré la question mais elle préfère être gentille un moment. Si cela peut aider Seisyll à être plus franc avec elle la prochaine fois, c'est tout bénéfice.

« Evidemment, il faudrait que vous me convainquiez de vous aider. Qu'est ce que vous me donneriez pour vous faire échapper au bal des bleus Messieurs ? La paperasse administrative ne sera pas suffisante, je vous préviens de suite.»

Et puis si elle peut être un instant le centre de l'attention de deux des êtres qu'elle aime le plus au monde, c'est encore mieux. Elle reprend une gorgée d'eau et sourit, heureuse, lumineuse, aimée.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   20.12.15 20:12 par Seisyll E. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Liberté Illusoire faite d’espérance et de mots. On peut refaire les mers avec les mots. On peut même rejoindre la surface. Il zigzague, Seis, refuse l’idée de marcher droit. Pourquoi marcher droit ? A quoi ça sert ? Et puis, on n’est pas sérieux quand on a vingt ans et toute la vie devant soi. Quand on a le rang social et l’argent suffisamment pour se permettre de rester étudiant et oisif. Si son père entendait ça, Aeder se lancerait dans une bonne demi-heure de sermon sur la valeur du travail, sur le service à rendre à Pelagia, la dette à rembourser, sur le culte de Trab et tout ce tas de chose bien ennuyante et ennuyeuse. En attendant, ça mouline, encore, toujours, suffisamment alors que ses pas les emmène jusqu’à la forêt. Rien de mieux que s’installer là pour discuter, penser … et surtout oublier. Etymologie, Seisyll se moque. Etymologie.
« On n’est pas fichu de se souvenir comment lire et écrire les langues de la surface dont est issu le Pelagra et tu oses me faire croire qu’on peut étudier l’étymologie, en faisant ainsi la science, si on peut parler de science, moi j’appelle ça de la fumisterie. De toute façon, il n’y a personne pour le contredire, ton prof ? C’est comme l’art, ça sert à rien, ça ne vaut rien. N’importe qui peut prendre un pinceau et peinturlurer une façade en vert pomme en déclarant que c’est l’art, qu’il y avait une … « intention créatrice », qu’il honore Arsase. Il se serait renversé le pot de peinture sur la tronche, ça aurait été pareil. N’importe qui peut parler d’art, même moi. Tiens, le jour où j’aurais le temps, j’écrirais un bouquin du style « Le culte d’Arsase par l’art » et je verrais combien d’hurluberlus suivront mes « précieux conseils » »


Il ricane encore, finissant par s’arrêter. L’endroit est parfait pour piqueniquer. Il s’assoit d’un coup en tailleurs, ne regardant même pas si les autres le suivent. Il déballe le sac de papier kraft, tends à Eirlys ce qu’il a pris pour elle, ils partagent la même âme, n’ont jamais été séparé, il sait parfaitement ce qu’elle aime, préfère, n’aime pas, déteste. La fuite. Lui ne mange pas, se couche dans l’herbe, s’étends de tout son long. Un argument.
« Rien ne m’oblige à utiliser un argument qui te convainque, Eirlys. On peut aussi marcher dans le sens inverse, j’aime bien, le sens inverse. Comment s’appelle cette fille que tu ne peux pas encadrer déjà ? Cette magnifique rousse, Gil a fantasmé un moment dessus parce qu’elle lui faisait penser à l’héroïne de je ne sais pas quel bouquin. Peu importe. Si tu ne nous aide pas à ne pas y aller, je te jure que je passe la soirée avec. Après tout, elle aura toujours plus de conversation que Mariana, elle est en sciences et elle est beaucoup plus jolie . Et elle est célibataire, je le sais de source sûre. Après, tu sais de fil en aiguille, on passe la soirée ensemble, on se trouve des atomes crochus, on finit ensemble, on se fiance …. Elle va te plaire ta future belle-sœur. Le bal des débutants, ça sert aussi à ça après tout.»


Sourire carnassier. Il n’est pas sûr qu’il plaise à la fille en question. Mais il sait pertinemment qu’Eirlys aura du mal à le laisser sortir avec quelqu’un parce qu’il faudrait le partager. Et en plus avec une fille qu’elle ne peut pas voir.

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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   20.12.15 20:40 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




C’est d’abord un regard agacé et blasé que Gil adresse à Seisyll, ouvrant sa bouteille d’eau sans grande conviction. Il ne sait pas vraiment si le fils Hilbilge se moque de lui pour sauver la face devant sa sœur, ou s’il se fout tout simplement de lui et de son choix d’études. Il pourrait lui répondre qu’il pourrait tout aussi bien les laisser tomber, ce n’est pas comme si son avenir n’était pas assuré, mais Seisyll possède le même avantage, celui d’avoir une famille capable de le pistonner dans la recherche d’un emploi. Pire : ses études sont l’une des clauses de son contrat pour la reprise de la bibliothèque.
Il avait cru un instant que prendre quelque chose en rapport avec son futur métier serait une idée valorisante. Mais tout ce que les mots de Seisyll peuvent lui arracher sont un soupir sec et une drôle de sensation, comme celle d’avoir été poussé sur le côté par quelqu’un sur qui on pouvait compter. Sa main reste un instant sur le bouchon de la bouteille, avant de le revisser et de la ranger dans son sac, fermant le rabat de la sacoche d’un coup sec.

« Ce n’est pas parce qu’un domaine ne t’intéresse pas qu’il est inutile pour autant. C’est quand même grâce à ces racines qu’on arrive à se parler, mais si tu préfères, tu peux toujours aller buller avec les poissons ! Je suis sûr que ça leur fera de la compagnie, à eux, au moins, et tu ne pourras pas non plus les entendre se plaindre puisqu’ils ne parlent pas. Sors un peu la tête de tes éprouvettes, de temps en temps, ça ne te fera pas de mal ! »

Son livre réatterrit dans ses mains. Il l’ouvre à la page où il l’avait abandonné et reprend machinalement sa simili-lecture, continuant au minimum de regarder où il va, suivant la conversation de loin, sans quitter son air agacé. Seisyll est coincé dans la chimie, il n’en sort pas assez souvent, pour lui, rien ne vaut la science, mais la science ne peut décemment pas tout expliquer. Encore moins pour le gamin qui a passé son enfance la tête dans les livres de contes que son père lui ramenait chaque soir en rentrant de la bibliothèque.
Une attention que Gil avait rapidement rangée au fond de son esprit quand les disputes entre lui et son géniteur avaient commencé à s’immiscer dans la vie de la famille. Comme excuse, il disait se souvenir que son père lui avait toujours tendu ces livres avec froideur, sans tendresse.
Et il tient désormais l’un de ces mêmes livres dans ses mains, tournant une page d’un coup sec, entendant le papier claquer sans broncher.

« Elle, au moins, elle ne passait pas son temps à dénigrer les cours des autres sans jamais y avoir assisté. »

La rousse. Laquelle, d’abord ? Pas qu’il en ait vu des dizaines, mais il ne se souvient pas non plus d’avoir un jour, si ce n’est discuté, fantasmé sur une rousse. Si Seisyll s’en souvient, grand bien lui fasse. Gil continue de faire semblant de lire son livre, feignant d’en vouloir à son ami, mais à moitié seulement. Il lui en veut vraiment, d’un côté, de porter aussi peu de considération aux origines de la langue qui lui permet de communiquer avec sa famille, ses amis, voire même ses professeurs quand il décide de les contredire.

« Et d’ailleurs, si j’avais voulu contredire un prof, j’aurais pris philosophie, plutôt que lettres, je te ferais dire. L’essentiel de ce que tu utilises au quotidien est hérité de la surface, mais je dis ça comme ça. »

Haussement d’épaules de l’héritier Dylman. Il a toujours été plus ou moins attiré par la surface et ses secrets, et regrette de ne probablement jamais pouvoir les découvrir, paierait-il de tout ce qu’il possède. Pelagia s’est coupée du monde, a décidé qu’elle serait sur une planète à part et refuse de partager si ça ne l’arrange pas. Tout ce qu’elle ne peut obtenir, elle l’importe de cette surface qu’elle a rejetée. Pelagia a bon dos, parfois, et lui ne se plaint pas parce qu’il est issu d’une bonne famille avec une bonne position.
Mais l’approche du bal l’agace, les propos de Seisyll l’agacent, l’idée de revoir son père ce soir l’agace encore plus.
Il referme son livre d’un coup sec.

« Et sur ce je vais vous laisser entre jumeaux, j’ai d’autres choses à faire avant de subir ce foutu bal, comme donner un signe de vie chez moi, me préparer et autres joyeusetés qui consistent entre autres à supporter mon père. Et toi, fais pas de commentaire, je sais très bien ce que t’en penses et je te rappelle par la même occasion que tu n’es pas dans une meilleure situation que moi. »

Les derniers mots pour Seisyll, avec un regard appuyé.
La soirée promet d’être longue.



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MessageSujet: Re: Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil   11.02.16 14:36 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Il est toujours en colère. Il ne le dit pas, il a enterré le sujet loin, car on ne parle pas de ce genre de chose chez les Hilbilge mais ça se sent à travers l’agressivité de ses propos. Il ressemble à leur père, Seisyll. Il a sa violence et son incapacité à faire des compromis viables. Ce sont leurs opinions qui diffèrent, chacun voyant la vie d’une toute autre façon. Il y a autre chose qui les sépare, quelque chose qu’elle a du mal à définir. Son frère a un bon fond. Son père, elle n’en est pas si sure. Elle l’adore, elle lui obéit, elle se donne beaucoup de mal pour le rendre fier d’elle, mais elle n’est pas sure. Quelque chose la dérange. Elle non plus ne dit rien, elle aussi enterre le sujet le plus loin possible dans son esprit, car on ne parle toujours pas de ce genre de chose chez les Hilbilge.
 
Il est quand même toujours en colère alors elle ne dit rien, elle le laisse déverser sa bile sur le pauvre Gil qui n’y est pour rien, elle regarde les nuages, elle pense à autre chose. Elle en discutera avec les deux garçons, un par un, après. Elle ne veut pas qu’ils se disputent, elle les aime tous les deux. Son frère parce qu’il est la moitié de son âme, celle qui se rebelle, celle qui tape du pied, celle qui est intelligente,  et belle, et forte. Gil parce que c’est un ami, un des rares amis qu’elle a. Parce qu’il est un peu comme elle, un peu comme Seis, une sorte de mélange d’eux deux, ce qui s’explique probablement par son absence de jumeau. Il a son âme entière. Et sa fierté de même. Elle lui sourit. D’autant plus que cette histoire de rousse lui fait mal, alors elle sourit, derrière son masque, pour ne pas montrer sa peur de perdre face à une étrangère.
 
« Si vous continuez à flasher sur les rouquines, les garçons, je vais finir par me teindre les cheveux. J’ai déjà la peau diaphane et les yeux gris, je suis certaine que j’aurais un certain succès, en rousse. »
 
Elle joue avec une assurance qu’elle ne ressent pas, faisant un simple signe de la main au départ de Gil – qui viendra, donc, semble-t-il – et reportant son attention vers son jumeau qu’elle imagine toujours fulminant. Elle n’ajoute rien, elle préfère le laisser digérer. Elle sait de toute façon qu’il ne va pas tarder non plus et qu’elle le couvrira s’il décide de sécher le bal. Elle sait qu’il le sait. Il sait tout. C’est l’un de ses plus gros défaut. Elle finit par se lever élégamment, lissant sa jupe pour en vérifier le tombé.
 
« Je vais rentrer aussi. A demain grand frère. »
 
Légère, elle lui fait une bise, espérant faire passer dans cette simple manifestation d’affection le tourbillon de sentiments contradictoires qu’elle ressent pour son jumeau. Un amour inconditionnel, de l’admiration, une réelle peur de le voir disparaître au bras d’une autre femme, de la tristesse, des excuses, l’espoir de le voir le soir même et la certitude qu’il ne viendra pas. Mais elle sourit. Ce n’est pas grave. Rien n’est grave quand on est jeunes, riches et qu’on a la vie devant soi.

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Règles de Maât
Juge en grey
Jauge en chocolate
Joue en goldenrod


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Incursion dans la Jeunesse Dorée | Septembre 113 | Eirlys & Gil
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