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Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]
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 Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]



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MessageSujet: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   27.10.15 15:29 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 1


0h00...
1h00...
2h00...
3h00...

Une heure plus tard, Joshua se résigne. Ses pensées éparses lui échappent en explosion sporadique. Du tiroir de sa table de chevet, il tire un flacon rond, bleu comme la nuit. Y était gravée une tortue voguant vers l'astre de la nuit. Il se perd un instant à l'observer, bien que le distinguant à peine dans l'obscurité. Après quelques secondes de perdition, il ôte le bouchon, et bois d'un trait son contenu. Le goût anisé lui reste un instant dans la bouche. Il déteste cela. Glissant de ses doigts, le flacon tombe à terre, sans, par miracle, se briser. Puis à son tour, le philosophe se laisse tomber sur son lit. Et les yeux grand ouverts qui étaient rivés sur le plafond, commence à se fermer. Ses paupières, lourdes. Et son esprit, éteints. Il sombre enfin dans le néant... quel bonheur !

Mais les cauchemars viennent. Nombreux. Trop nombreux. Sous de multiples facettes, et pourtant si semblables, car terrifiants. Mort. Peur. Douleur. Supplice. Lumière. Créature. Pourriture. Infini. Éternité... Le sommeil de Joshua est agité. Il tourne, et se retourne, se réveille et s'endort à nouveau. Il transpire, tremble. Et tout cela prends fin bien après l'aube.

Vers 11h.
Et il est plus fatigué encore que la veille.

Si nous dormons, ce n'est pas pour nous reposer. C'est pour créer un cycle, avoir l'impression, à chaque fois que notre réveil sonne, de commencer quelque chose de nouveau. Mais pour l'insomniaque, il n'y a ni début, ni fin. La nuit n'est que prolongement du jour, ou/et inversement. L'insomniaque erre. Et devient fou.

Joshua ouvre les yeux, sort de son lit. Nu, il se traîne jusqu'à sa cuisine où il se fait couler un café. Un grand, long, et fort café. Il n'y a encore que cela qui lui permet de se tenir éveillé la journée, la caféine. Pendant ce temps, il va jusqu'à sa salle de bain, et fond sous l'eau chaude qui fouette son corps maigre. Ses pensées sont un mélange d'éthers de ténèbres, et de phrases dissolues. La douche l'éveil. Le café finira de le faire, sans doute.

Une serviette sur les épaules, il s'en retourne à sa chambre, déniche un pantalon noir et une chemise blanche qu'il enfile. Il repousse ses cheveux encore humides sur l'arrière de son crâne. Et soupire. D'autant plus lorsqu'il s'aperçoit dans un fragment de miroir brisé posé sur son bureau, entre des feuilles froissées, des stylos ouverts, et des aphorismes nouveaux. Ces cernes sont plus noires, et plus profondes que la semaine passée. Ses yeux sont ternes, et sans éclat.

Alors il glisse, entre ses lèvres, une cigarette.
Attrape un briquet.
Et allume le bâtonnet de nicotine.

Il n'a rien entendu de l'arrivée de la jeune femme qui l'attend dans son salon. Joshua ignore la présence de la belle rousse qui profitait du confort bancal et miteux de son sofa. Habillé, bien que n'ayant pas noué sa cravate, il passe par la cuisine pour prendre sa grande tasse de café. Et arrive dans son salon. Lève la tête, en portant la tasse à ses lèvres. Le café est encore fumant. Et il l'aperçoit enfin. Son cœur sursaute. Un sourire apparaît sur cette mine fatiguée.

–  On vient pour le café ? Ou parce qu'on peut plus se passer de ma trogne ?

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   27.10.15 17:42 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 


Clio remonte la fermeture éclair de son pantalon trois quarts noir et enfonce ses pieds dans des ballerines bleu marine. Elle ne prend même pas la peine d’agrémenter sa tenue d’un quelconque bijou. Les bijoux, c’est trompeur. Ils forcent les gens à poser des questions sur l’acquisition de tel collier ou telle bague. Elle dégage quelques boucles rousses aplaties par le passage du col rond sur sa tête et se regarde une dernière fois dans le miroir. Sa tenue est d’une sobriété exemplaire mais ses cheveux roux ajoutent une touche de couleur à ces tons bleu nuit et noir. Elle pince ses lèvres pour étaler son rouge à lèvres bordeaux et enlève le surplus avec un mouchoir. Enfin, elle peut s’en aller, son trench coat sur le bras, son sac à mains dans la main.

Cela faisait longtemps qu’elle s’était levée aussi tôt, son travail lui demandant de tenir le coup la nuit pour dormir le jour. Elle devenait peu à peu un… Comment Automne appelait-elle ça ? Elle devenait un vampire. Un rongeur. Elle adoptait le rythme de vie de son hamster. Sacré Captain. Elle avait vérifié qu’il était bien enfermé dans sa cage avant de quitter son appartement. Et comme de fait, il dormait, blotti dans les bouts d’ouate placés à son attention. Dehors, l’air est frais mais supportable. Son manteau n’est pas nécessaire pour le moment.

Le niveau Trois est un niveau dans lequel elle n’a plus l’habitude de traîner. Elle y passe encore, de temps à autre. Quand sa mère semble se languir d’elle. Quand sa mère l’appelle, conversation coupée au bout de cinq minutes parce qu’elle n’a apparemment pas les moyens de l’appeler plus longtemps. En cinq minutes, tout est dit. « Tu viendras bien me voir, non ? » et Clio obtempère. Elle passe prendre des nouvelles, stupides banalités. Elles n’ont jamais grand-chose à se dire et Clio rentre bien vite chez elle, débarrassée d’une partie de l’argent qu’elle gagne. Sale sangsue. Pourtant, ce matin, elle n’est pas là pour une quelconque visite de courtoisie au domicile de Vivian Chatterton. Elle venait pour faire une surprise à Joshua, sans prendre la peine de le prévenir de son arrivée. Une surprise était une surprise. Un sourire narquois étire les lèvres de Clio alors qu’elle grimpe tranquillement les escaliers sales de l’immeuble.

Elle pousse la porte de l’appartement de Joshua. Pense-t-il à verrouiller cette porte, de temps à autre ? Ce n’est pas comme si le niveau Trois était connu pour sa sécurité exemplaire. Les gens sont parfois prêts à tout pour se sortir de la misère. Voler, tuer. Acquérir, détruire. Elle ferme doucement la porte dans son dos, abandonne son manteau et son sac sur un meuble. Dans un miroir crasseux, elle vérifie la tenue de son rouge à lèvres avant de s’aventurer dans le salon. Il y a des livres, des feuilles de papier. Un cendrier sale et une odeur de cigarettes dans les airs. Elle se laisse tomber sur le sofa miteux et pose ses jambes sur l’accoudoir. Ce n’est pas du luxe. Mais dans le style inconfortable, elle avait connu pire. Quand Joshua apparaît, sa question lui arrache un rire et Clio renverse sa tête en arrière.

« Tu sais bien que je suis absolument folle de toi, Joshua. »

Elle balance ses jambes sur le sol et se lève souplement pour avancer vers Joshua en souriant. Elle glisse ses mains autour de la tasse chaude et l’arrache à son propriétaire sans se soucier des règles de la bienséance. Elle lance un clin d’œil à Joshua avant de retourner s’asseoir dans le sofa en croisant les jambes.

« Le café me fait tenir jusqu’à l’heure de boire du vin. Merci ! »

Maintenant que la tasse est sienne, elle avale une gorge de café bouillant.



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   28.10.15 16:21 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 2


Alors qu'elle peut sembler surprenante, avoir l'air d'un événement singulier dans le récit d'une nouvelle journée d'errance, quelque part, cette scène baigne dans une marmite de normalité. Il n'y a pas de surprise sur le visage de Joshua, qui demeure indifférent au fait que la rousse soit entré chez lui sans plus de cérémonie. Elle aurait même pu lui prendre une cigarette, ou fouiner dans ses réserves de nourriture, qu'importe. C'est Clio. Cette nature en quelque sorte désinvolte ajoute à son charme ; l'intériorité sublime la profondeur de son regard, le roux de ses boucles, et ses autres beautés. Pas de surprise donc, un sourire tout juste. Une boutade de bon matin, comme peu d'âmes sont capables de lui arracher, avant de boire une gorgée de café. La liqueur brûlante coule dans sa gorge, tandis qu'il hausse les paupières, détournant le regard, faussement agacé. Une réaction a la réponse qu'on lui donne alors. Une manière physique de faire savoir, ironiquement, qu'elles lui dissent toutes ça, sans le formuler pour autant, sans l'esquinter ni par les mots, ni par la voix.

Clio se dresse, et lui laisse son épaule s'appuyer contre le mur. Il la regarde approcher, soutenant son regard. Le philosophe sent venir les instants futurs. Il sentait déjà la tasse de café quitter ses mains pour se réfugier entre les doigts de la rousse. Et lui, dépossédé, s'en retournant à la cuisine pour prendre une nouvelle tasse. Et il voyait juste. Comme souvent. Il ne fit rien pour empêcher les événements de se produire. Cela l'amusait. Et elle lui subtilisa alors la tasse de café, en lui adressant un clin d'oeil, le remercie.

- De rien.

Oui, sans doute avait-elle tout les droits, au sein de cet appartement où flottaient les odeurs mêlées de café, de cendre, et de papier. Il l'observe juste encore un instant, lorsqu'elle lui tourne le dos, pour s'en retourner sur le canapé. Il sourit, ses yeux se fermant à moitié, comme-ci Morphée avait encore un pouvoir sur ses paupières (maigre et capricieux pouvoir d'ailleurs... si seulement il pouvait avoir pleinement effet au cours de la nuit). L'insomniaque tire sur sa cigarette.

- Moi, ça me permet de détraquer davantage mon cycle du sommeil. C'est pour te dire si ça m'est utile, et indispensable. Je reviens.

La fumée sort d'entre ses lèvres et s'envole vers le plafond. Il s'en va à la cuisine, dénichant une autre tasse dans un placard à la porte branlante, dans laquelle il versait ce qui lui restait du café chaud qu'il avait fait coulé plus tôt. Il n'est pas encore de retour dans le salon lorsqu'il amorce sa phrase, qu'il conclut en se s'asseyant, sur le sofa, à quelques centimètres d'elle.

- Pour le vin, désolé, mais je pourrais pas dépanner, je n'ai plus rien à boire. Alors, soit pas étonné de me voir débarquer au bar ce soir... Je te paierais un coup, si tu me réserves un tabouret au comptoir.

Après avoir bu une nouvelle gorgée de café, Joshua pose la tasse sur la table basse devant eux, entre deux livres aux pages cornés et aux marges noirci de note. Le philosophe se libère de la cravate encore non-nouée qui pend des deux côtés de son cou. Il envoie un nouveau filet de nicotine et de goudron dans ses poumons, expire une autre volute de fumée. Il tend ensuite sa cigarette à Clio, gardant les yeux plongés dans le noir de sa boisson. L'automne est assis à côté du printemps, et l'automne adorait le printemps. Peut-être avait-il un petit béguin pour elle. Peut-être.

« L'amour montre jusqu'où nous pouvons être malade dans les limites de la santé : 
L'état amoureux n'est pas une intoxication organique, mais métaphysique. »1

Joshua tourne la tête vers la rousse, un demi-sourire hausse le coin gauche de ses lèvres. La lumière filtre entre les persiennes, éclairant faiblement l'appartement et les deux âmes. Un nouveau silence s'installe. Joshua et la chaleur humaine. Il se force à le rompre alors, lui qui seul, pourtant, aime à s'emmitoufler dans ses draps.

- Dis-moi, alors, qu'est-ce que tu racontes de neuf ? Des emmerdeurs à l'Opale ?



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   29.10.15 0:10 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 


Clio fait comme si elle était chez elle et encore, même chez elle, elle aurait plus de retenue. Joshua ne se plaint pas. Il ne se plaint jamais – ou alors, vraiment pas souvent. Elle fait un peu ce qu’elle veut sans jamais s’attirer les foudres du propriétaire et elle doit bien avouer que ça lui plait bien. De toute manière, qui râlerait parce qu’on range le foutoir qui s’entasse sur les meubles ? C’est l’un des passe-temps de Clio quand elle rend visite à Joshua et qu’elle s’ennuie de rester assise sur le canapé. Elle replie les choses qu’elle trouve. Clio n’aime pas le désordre quand ce n’est pas son désordre. Et même chez elle, elle s’arrange pour que les choses restent à leur place, pour que la vaisselle – le peu de vaisselle qu’elle utilise – ne s’entasse pas dans l’évier, pour que les draps soient pliés, les pièces aérées. Elle change la litière de Captain une fois par semaine, le dimanche généralement. Elle agit pour son bien-être, pour sa santé mentale et pour ne pas déprimer en voyant le travail s’accumuler dans son appartement.

« Tu devrais arrêter, dans ce cas. Si ça te fait du mal, c’est que ce n’est pas bon. Passe à autre chose, j’sais pas moi. Bois du thé ? Je sais bien que ce n’est pas aussi bien que du café mais avec une bonne dose de sucre, ça passe. Je peux t’apporter du sucre, si tu veux. »

Elle recule de quelques centimètres pour laisser une place à Joshua. D’un mouvement des pieds, Clio se défait de ses chaussures et passe ses jambes au-dessus de celle de Joshua. Tout l’art d’être envahissante. Elle se penche pour attraper la cigarette qu’il lui tend et imprime la marque de son rouge à lèvres en tirant sur ce poison en bâtonnet. Il n’y avait bien qu’ici qu’elle fumait. Qu’avec lui. Partout ailleurs, elle s’évertuait à avoir une santé saine. Pas de cigarettes, pas d’Essences. A la rigueur, elle buvait mais jamais au point de vomir ce qu’elle ingurgitait.

« Je ne bois pas durant le service. J’aime trop mon boulot que pour faire ce genre de conneries. Ce que je bois, c’est l’eau du robinet. Gratuite, je lave le verre ensuite. Ni vue, ni connue. Et totalement sobre. C’est tellement plus marrant d’écouter les gens qui ont trop bu quand on est sobre. Ça apporte une dimension… Intéressante ? »

Elle se rapproche de Joshua et se colle contre son épaule, lui rend sa cigarette. Elle a tiré une fois, ça lui suffit. Elle préfère nettement se droguer au café. D’habitude, elle boit des verres de lait, chez elle, car elle a la fâcheuse habitude de se brûler la langue en buvant du café généralement trop chaud pour elle. Elle hausse les épaules en abandonnant sa tête contre celle de Joshua.

« Les emmerdeurs sont rares dans ce bar. En général, ils la ferment au premier coup qu’ils reçoivent sur le nez. C’est autre chose qu’à l’Eléphant Rose, tu vois ? Là, les mecs pensaient réellement que j’étais là et pour servir leurs pintes, et pour leur servir d’objet vivant, tu vois ce que je veux dire ? Faut dire que le secteur change, également. Des ouvriers puants et infidèles, je sers des mecs qui ont des moyens, de beaux vêtements, une belle fortune. Ils ne sont sans doute pas plus fidèles que les autres mais ils sont moins collants. »

Elle reprend une gorgée de café. Se brûle la langue, inévitablement. Mais elle est vaccinée contre ça, désormais. Elle a l’habitude.

« Après, il n’y a rien de nouveau, il n’y a que la routine. Je dors le jour, je vis la nuit. Parfois, je brave le sommeil pour faire des courses ou le ménage. Ou pour venir te voir, aussi. Parce que tu me manquais. Mais toi, dis-moi. Comment tu vas ? »




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Dernière édition par Clio Chatterton le 31.10.15 12:51, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   30.10.15 13:02 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
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part 3

Boire du thé. De l'intérieur, Joshua sourit. Son cycle du sommeil est détraqué depuis plusieurs années. Il ne dort plus, n'y arrive pas, si ce n'est grâce aux essences. Il accumule les heures de sommeil en retard, il accumule la fatigue. Il n'y a alors que le café qui lui fait tenir ses journées. Auparavant, il lui arrivait de s'endormir le jour durant. A l'université. Chez lui. Dans les bars. N'importe où. Un calvaire. La parade, c'est la caféine. Aujourd'hui alors, son cycle n'est pas celui du jour et de la nuit, c'est un écartèlement quotidien, sans fin, sans début, éternel, entre l’épaisse liqueur blanche et anisé de l'essence, et l'amertume des cafés brûlant.

Écartèlement.
Joli mot.

Il ne réponds pas à Clio. Ses insomnies, il avait toujours un peu de mal à les expliquer. Son mal est inexplicable en soit. Pathologie biologique ou psychologique ? Pas de réponse. Peut-être alors la rousse viendrait-elle, un matin, avec du thé et du sucre, histoire d'essayer de lui faire passer son addiction qui le tire des bras de Morphée, avec lequel il entretenait une curieuse relation d'amour et de haine. Peut-être lui expliquerait-il alors que son problème n'était pas tant la caféine que les insomnies. Mais que sans les insomnies, il ne serait rien. Sa malédiction est son éducatrice. Son être découle de la nuit, sa philosophie est lunaire. Nocturne.

Elle passe ses jambes au-dessus des siennes. Il boit une gorgée de café. Clio marque le filtre de son rouge à lèvre, et la fumée qu'elle crache se joins à celle qu'il relâche depuis qu'il a allumé cette cigarette. Danse vaporeuse, filin qui s'entrelace. La chaleur du corps de la jeune femme se lie à la sienne. L'espace qu'il y avait entre eux avait été détruit. Clio était contre lui. Joshua inspire, ferme les yeux un instant, sent la nicotine l'intoxiquer, et le parfum de Clio s'y mêler. Un merveilleux poison.

- Tu me laisse pas le choix alors. Je vais être obligé de faire la fermeture du bar, pour te payer un verre à la fin de ton service. A ce moment là, tu n'aura plus d'excuse. Tu te rends compte à quel point tu me pousse dans la débauche, belle rousse ?

L'insomniaque sourit. C'est étrange, ce visage cerné, ses yeux fatigué, terne, et ce sourire en bas, qui semble presque étranger à cette tronche. Comme sil n'avait pas sa place là, sur ses lèvres. Ses lèvres qui retrouvent le bâtonnet de nicotine, désormais marqué de rouge. Il tire, inspire, expire. Volute de fumée, tourbillonnant dans l'air, s'écrasant contre le plafond, comme la houle sur les rochers. Mais pas d'écume, non, pas d'écume.

Leurs têtes se touchent. Un regard extérieur pourrait voir bien des choses à les regarder ainsi. Parfois, Joshua se demande si elle ne le sait pas. Si elle l'ignore, qu'il n'est pas indifférent à son égard. Qu'il l'aime ? Le mot est fort, donne des frissons. Le mot, oui, lui semble étranger. Comme-ci il ne l'avait jamais véritablement compris. Qu'il n'avait qu'une vague idée de ce que cela est. Que la définition lui échappait. Qu'importe.

- Ah donc, je te manquais hein ? Heureux de l'entendre. C'est pas souvent qu'on me le dit.

Il vide d'un trait le reste de son café, et pose sa tasse sur la table. Son bras entoure les épaules de la rousse. Il la prends contre lui. Un traitement de faveur inédit. Le contact humain, ce n'est pas pour lui, et pourtant... Joshua sourit, encore.


- Comme toi, rien de nouveau. Mon travail est toujours autant détestable, mes livres ne se vendent pas... la belle vie en somme ! Si, j'ai eu droit à une nouvelle petite étude de la part d'un chercheur en philosophie qui avait pour sujet quelques uns de mes écrits. Faut croire qu'il existe quelques personnes fêlées que j'intéresse...

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   31.10.15 13:27 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 


Clio observe la trace bordeaux qu’elle a imprimée sur la faïence. Elle ignore la chaleur qui se dégage tant de l’épaule de Joshua que de la tasse, elle se perd dans ses pensées un court instant. Elle hésite à se retirer, à déloger ses jambes, son épaule parce qu’elle se dit que c’est sans doute mal, ce qu’elle est en train de faire. Ce n’est pas la décence qui l’inquiète – la décence, à la rigueur, elle s’en moque à l’heure actuelle. Clio recherchait juste un peu de chaleur, un peu de compagnie, un peu d’affection. Il serait temps qu’elle se rende compte que la solitude lui plaise, que la compagnie d’un rongeur n’a rien à voir avec la compagnie d’un humain. Qu’elle a besoin de parler à une personne autre que son reflet dans le miroir. Il serait temps qu’elle détruise tous ses préjugés sur l’amour, sur les couples et sur la vie en général. Elle était bien trop têtue pour se l’avouer, voilà tout. Elle soupire et lève les yeux en souriant.

« N’importe quoi ! Tu te pousses à la débauche tout seul, mon grand ! Qu’est-ce que tu ne ferais pas pour passer une soirée avec moi, hein ? J’enchaîne les deux services ce soir, je finis à trois heures du matin. En comptant l’heure de rangement, nettoyage… Je suis libre à partir de quatre heures du matin. Tu tiendras le coup ? »

Oui, c’est probablement mal ce qu’elle fait, ce qu’elle est. Elle devrait sans doute reprendre ses distances, retrouver la raison, ce genre de choses. Alors pourquoi est-ce plus fort qu’elle ? Pourquoi en a-t-elle besoin ? C’est égoïste de sa part, de se complaire dans cette situation. C’est égoïste et cruel à la fois. Elle hausse les épaules en pouffant. Au moins, elle a la primauté du manque. Est-ce que ça se disait ? Qu’importe. Il passe un bras autour de ses épaules en évoquant son travail, ses œuvres.

« Moi je les ai lus, tes livres. Parfois en diagonale, je l’avoue, mais je les ai lus quand même. Après, de là à affirmer les avoir entièrement compris… Mais c’est une bonne chose que quelqu’un s’intéresse à tes écrits, non ? Je veux dire… Avec un peu de chance, l’étude sera publiée et, par curiosité ou par intérêt, les gens voudront peut-être en avoir plus afin de se faire leur propre avis. Pas vrai ? »

Ce n’est pas Clio qui publierait un livre. Qu’est-ce qu’elle aurait à écrire qui n’aurait pas déjà été écrit ? Elle doute que sa vie de gamine de niveau Trois intéresse qui que ce soit tout comme énumérer la liste des anciens boulots ne distrairait personne à part des personnes qui ne trouveraient rien de mieux à lire pour pallier leur ennui. Et même si elle le voulait, elle n’aurait pas le temps de le faire. Elle avait un boulot qui payait plus que bien. Elle avait un appartement petit mais confortable, sans problème. Elle avait un hamster pour lui tenir compagnie et, par miracle, elle avait fui le niveau Trois et sa mère, par la même occasion. Clio laisse ses yeux errer sur le salon en souriant distraitement. Elle se retient de rire.

« Ça fait combien de temps que tu n’as pas fait le ménage, ici ? La poussière sur tes meubles s’accumulent, j’ai presque envie de compter cinq centimètres à cette couche grisâtre… Puis, je suis sûre qu’il y a une tonne de papiers à jeter, dans toutes ces piles. Et tes livres… Tu as décidé de vivre dans un labyrinthe de mots et d’encre ? A moins que tu ne cherches à te créer de nouveaux meubles, ce qui serait une manière originale de disposer de livres, je l’avoue… Tu veux que je t’aide à ranger ? »

Elle mord sa lèvre inférieure pour résister à l’envie de rire.



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   31.10.15 16:38 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
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La solitude et la nuit, comme deux maîtresses éternelles pour Joshua. Sensuelles, il les aime, les épouse, et il apprend tant à leurs côtés. Combien sa pensée avait éclaté lors de ses errances nocturnes, dans cette prison sous les mers ? La solitude et la nuit. Beaucoup trop d'âmes ignorent tout de ces deux maîtresses. Les hommes et les femmes s'évertuent à voir la lumière comme dévoilement de la réalité, mais la vérité n'est-elle pas dans l'inverse de cette doxa ? Et si la lumière nous empêchait de voir la réalité que les ombres nous dévoilent ?
C'était sa première révélation, la nuit de sa première insomnie.
Une pensée Nietzschéenne s'il en est.
Tout le reste découlait de cela.

En contrepartie, c'est la compagnie et la chaleur humaine qui lui est étrangère. Et la chaleur de Clio est à la fois douce et étrange. Il ne sait s'il préfère le froid de la solitude, ou la chaleur humaine pour autant, mais cette dernière était singulière, inhabituelle...

« Quand on est seul, on est illimité, on est comme Dieu.
Dès que quelqu'un est là, on se heurte à une limite, et bientôt,
on n'est plus rien, tout juste quelque chose »2

Devenir quelque chose l'effraie. Alors pourquoi ne pas faire machine arrière ? Pourquoi ne pas se lever pour rompre ce contact ? Pourquoi ne pas dire qu'effectivement, attendre quatre heures du matin est impossible ? Il ne fait que sourire, et murmurer en haussant les épaules :

- Si je tiendrais le coup ? Eh bien, ça me permettra de tirer profit de mes insomnies.

Et il enroule son bras autour de ses épaules, l'attire un peu plus contre lui, et la chaleur est d'autant plus vive contre lui. Elle parle de ses œuvres, du fait qu'elle les a lu. Joshua se mord l'intérieur de la lèvre. Qu'avait-elle pensé de lui à ce moment ? Qu'est-ce qu'il lui avait fait ressentir ? Quelque part, cela le dérange, et pourtant, il est flatté qu'elle ait pris le temps de lire ses œuvres. Cela le trouble. Oui. Mais rien ne paraît sur ce visage fade et esquinter par la fatigue. Il se contente d'ironiser, étranglant les interrogations qui lui viennent.

- T'as lu mes livres ? J'espère que je t'ai pas donné envie de te pendre.

Il tire à nouveau sur sa cigarette, laissant planer un instant de silence. Elle semble optimiste à son égard. Comme si, le temps faisant, elle pensait qu'il finirait par être reconnu. Joshua n'avait pas cet espoir. Le niveau 1 serait pour lui, jusqu'à ce que la vie passe à l'acte, et qu'il ne soit plus. Et si les choses venaient à changer un jour, tant mieux. Sinon, qu'importe.

- Plus de critique et d'universitaire se pencheront sur mes livres, plus ils se vendront, c'est sûr. Le problème, c'est que les critiques à mon égard ne sont pas souvent bonnes, et que les études se contentent souvent de pointer du doigt le fait que je sois "pessimiste, nihiliste, désespéré, dépressif, et suicidaire"... selon eux.

Le bâtonnet de nicotine finit par se consumer. Il ne reste rien à fumer si ce n'est le filtre. Il le laisse alors tomber dans sa tasse de café, et le marc restant noie les cendres. Une fumée s'en dégage. Joshua soupire d'aise. Après le café et la cigarette, il se sentait mieux. Pas bien, non, mais mieux, tout simplement. Son regard aussi tombe sur le capharnaüm de son appartement. Et les paroles de Clio soulignent ce qu'il voit : un chaos. Et elle lui propose de l'aider, à ranger ce chaos. Elle se moque de lui, il le voit dans ses yeux saphirs. Le philosophe sourit. Elle a ce chic pour l'amuser...

- Attends, tu te payes ma tronche là ?

Cela faisait bien longtemps que Joshua n'avait pas fait le ménage, effectivement. L'appartement est digne des habitations de niveau un. Peu de lumière, et un bordel indéniable, une odeur de cigarette, et des livres, et du papier, et de l'encre... Le philosophe prit une inspiration, et le silence qui précéda sa réponse instaura un climat propice à l'introspection, à la réflexion.

- Je t'explique. Ce labyrinthe de mots et d'encre, comme tu le dis, c'est un microcosme parfait, à l'image même de l'univers. C'est un labyrinthe oui, dans lequel on entre sans raison, tout comme nous sommes né sans raison dans un monde qui n'est pas là pour nous et qui se fout de nous. Un labyrinthe de poussière, où l'on erre sans aucune cohérence. C'est absurde, c'est l'existence. L'univers est dans cet appartement, cet appartement est mon univers. Nettoyer, ranger, dépoussiérer l'univers, pour le rendre plus chatoyant, c'est se noyer dans un océan d'illusion...

Un nouveau silence. S'il croit ses paroles ? Oui, en tout cas la partie concernant l'univers. Son regard se tourne vers Cio, leur regard se croise. Un rire naît dans sa gorge, et, pour la première fois depuis plusieurs semaines, franchi ses lèvres. Rien n'avait trahi l'arrivée de ce rire dans ses yeux ternes. Et pourtant, il est là, discret, déformant son visage. Et encore, son sourire jure avec ses cernes noires. Il a quelque chose de laid, et de touchant pourtant. Sûrement car il est rare de le voir rire...


- … Non, sérieusement, j'avoue que j'ai pas le courage de m'en occuper !

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   01.11.15 22:01 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 


Elle avait lu ses livres à une période de sa vie où elle lisait tout ce qui lui tombait sous la main. A une période de sa vie où elle trouvait encore le temps de lire. Elle avait dix-sept ans, elle avait rompu avec la scolarité. Entre deux coups de balais au salon de coiffure, en attendant que la lessive soit finie, elle dévorait quelques pages avec cette facilité qu’elle avait toujours eue à l’égard de la lecture. A l’école, elle piquait des livres à ses enseignants quand ils daignaient les lui prêter. Elle les cachait sous son matelas et les rendait quelques jours plus tard. Au moment où elle avait lu les livres de Joshua, elle découvrait les libertés du salaire et les joies de l’économie. Elle s’était offert le livre comme cadeau d’anniversaire. Sans doute avait-elle encore les volumes dans sa maigre bibliothèque.

« Eh bien… Je suis toujours là alors je suppose que, même si tu m’as donné envie de me suicider en m’ouvrant les veines avec les pages de tes livres, ça n’a pas fonctionné. Non mais, on m’a toujours reproché certaines visions pessimistes… Si je t’apporte les livres, tu m’écriras un mot à l’intérieur ? Ainsi, si jamais tes livres prennent de l’importance et si je deviens pauvre, je pourrais revendre tes livres pour m’acheter à manger. »

Il évoque des critiques à son égard et Clio ne peut comprendre que trop bien ce genre de critiques. Elle, elle avait eu à faire aux regards dérobés, aux chuchotements, aux mises en garde. Puis, les moqueries, les comparaisons. Elle avait eu honte de sa mère, poussée par le regard de la société dans son dos et elle n’avait rien fait pour l’aider. Elle se rendait complice de sa pauvreté.

« Eeeh… Mais parfois, les hommes… C’était quoi tes termes, déjà ? Ah oui ! « dépressif, pessimiste, suicidaire, désespéré, nihiliste » et le reste du dictionnaire, ça plait aux femmes ! Les femmes aussi vont découvrir tes livres. Elles voudront sûrement te rencontrer. Et ça, c’est aussi une bonne chose, non ? »

Elle essayait de rester sérieuse face au désordre. Lui s’évertuait à lui expliquer les secrets les plus intimes de son antre de vieux garçon et elle ne savait pas si elle devait le croire ou non. Sans doute se payait-il sa tête aussi. Il comparait le désordre de son appartement à l’univers. Elle imaginait bien que l’univers était vaste – bien plus vaste que son appartement, bien plus vaste que tous les mots enfouis sur les feuilles de papier. Elle lève les yeux au ciel. Puis, doucement d’accord, un rire secoue le corps de Joshua et le sien par la même occasion. Elle sourit en le sentant. Il ne rit jamais, ou tout simplement rarement. Elle trouve ça mignon. Elle donne une légère tape sur ses genoux avant de basculer ses jambes au sol et de s’arracher à son bras.

« Allez, lève-toi. On va le ranger, ton capharnaüm. A deux, ce sera bien plus drôle que seul – c’est sans doute pour ça que tu n’arrivais pas à t’y mettre. Il faut bien avouer que je te comprends, ce serait déprimant au possible de ranger l'univers seul... On commence par quoi ? La cuisine, la salle de bains, le salon ou ta chambre ? »

Elle repousse une boucle rousse derrière son oreille en souriant narquoisement, un bras calé dans son dos.




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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   02.11.15 21:11 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 5

Les grands nihilistes sont rarement des suicidés. Oui, aussi curieux que cela puisse paraître, les nihilistes ne se suicident pas. Ils sont désespérés, mornes, pessimistes, et l'idée de venir abolir leur vie, en un instant fugace, résonne dans la caverne de leurs esprits, comme un écho. Joshua voit la vie en noir, Joshua voit la mort en rose. Et n'en finit pas. Pourtant. Car le suicide est un acte d'espoir. D'espoir profond. L'espoir d'un post-mortem plus doux que l'existence. Et celui qui n'espère plus, celui qui n'a plus d'espoir, ne peut alors passer à l'acte. Le nihiliste vit alors, Joshua vit alors, avec la force du suicide au creux du cœur, cette force d'abolir l'absurdité de l'être en un instant rapide et fatidique, sans pourtant passer à l'acte.

Car, oui, encore, le suicide est un acte d'espoir.

Alors, si un de ses lecteurs vient, un jour, à se suicider, poussé par ses écrits, par ses livres, sans doute Joshua se lamenterait. Il se lamenterait que l'on soit passé à côté de sa philosophie, et que l'on se tue en se vantant de l'avoir compris. Il se lamenterait, plus qu'il ne se sentirait coupable.
Clio est toujours là, à côté de lui. Il sent la chaleur de la vie contre lui. Quelque part alors, elle l'avait compris. Elle avait compris ses livres. Ou, en tout cas, elle ne les avait pas faussement compris. Joshua sourit, tourne la tête vers la jeune femme.

- La prochaine fois que tu passes à l'improviste pour me voler une tasse de café, apporte-les moi les livres alors. Je te ferais l'honneur de mes premières dédicaces, mais tout l'honneur serait pour moi.



Oui, il n'avait jamais dédicacé d'oeuvres. Parce qu'on ne lui avait jamais demandé, tout bonnement. Et que, de toute manière, qui lui demanderait ? Si ce n'est Clio, visiblement, qui revendrait ses livres si jamais elle vient à s'appauvrir, dans l'espoir de gagner un peu d'argent. Encore faudrait-il qu'il connaisse le succès avant ce jour...

Après qu'il ait présenté les critiques majeurs qu'on lui adressait lors de l'étude de ses œuvres, la rousse essaye, en somme, de le réconforter, peut-être même de le faire positiver. Douce ironie. Malgré tout, Joshua sourit. A nouveau. Comme-ci elle avait le chic pour opérer ce genre de magie sur lui. Magie, oui. Elle affirmait alors que certaines femmes craquaient pour le genre d'homme qu'il est. Que ces femmes finiront par découvrir ses œuvres. Et par vouloir le rencontre. Et alors quoi ? Que se passerait-il alors ? L'imaginait-elle lors d'un dîner en tête en tête ? D'un rendez-vous galant ? Peu pour lui. Très peu. Ses quelques histoires passées n'avaient rien de romantique. Il n'y avait d'ailleurs pas eu d'amour. Seulement de la chaleur, de la chaire, des baisers, et rien d'autre.

Puis, il n'écrivait pas pour attirer les femmes.
Pourquoi le faisait-il d'ailleurs?
C'était absurde...

Mais Clio lui tirait un sourire, malgré toutes ces pensées qui venaient au philosophe. Comme-ci elle avait le chic pour opérer ce genre de magie sur lui. Magie, oui. Et il ironise, même. Mais l’impensable se produira véritablement quelques minutes plus tard, lorsqu'il se mettra à rire.

- Attends, c'est le moment où tu me déclares ta flamme, c'est ça ?



Malgré tout, toujours cette voix monocorde, et ses paroles poussées comme un soupire. Il sourit, du coin des lèvres. Puis il parle de son appartement, de l'univers. Un parallèle entre son désordre et la condition humaine. Il se paye la tête de la rousse. Et rit. Sans doute est-elle plus surprise qu'amusée. Le rire tombe, le sourire disparaît, et les cernes reviennent.

Clio se lève. Elle se lève après avoir tapé sur ses genoux. Et Joshua se dresse aussi, faisant claquer ses articulations. Il secoue ses cheveux de jais, et lisse sa chemise. Autour de lui, des livres sortis de la bibliothèque, des tasses de cafés, des feuilles éparpillées, des crayons perdus, des bouteilles d'essences vides, des cendriers pleins de cendre et de mégots. Un capharnaüm, oui.

- Je crois qu'on a déjà de quoi faire ici...



Il est droit devant elle. Il la supplante de quelques centimètres. Clio respire la vie, avec ses yeux océans et ses cheveux d'un roux chatoyant. Doux contraste. Le métal sans éclat de son regard cesse de parcourir le salon, pour venir capter les saphirs de la jeune femme. Quelque part, il est gêné que Clio l'aide à ranger des mois et des mois de laxisme, de désintérêt profond.

- Tu veux vraiment faire ça ? On peut aller boire un autre café si tu préfères...

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   03.11.15 16:30 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 


Clio lui déclarerait sa flamme tous les jours si seulement elle avait quelque chose à déclarer. Elle sent l’ironie malgré la monotonie de sa voix, voix dont elle essaie de percevoir les plus infimes nuances. Ce n’est pas possible qu’il soit absolument monotone puisqu’il rit, puisqu’il ironise et plaisante. Elle effectue une petite révérence théâtrale en souriant, moqueuse.

« Pour en revenir à ce moment où je suis censée te déclarer ma flamme… Tu veux que je mette un genou au sol pour te demander en mariage ? Parce que je peux faire ça comme un bonhomme, tu sais. Comme un bon gros bonhomme. Après tu choisis le niveau. Niveau un ? Je te demande en mariage parce qu’une alliance avec ta famille serait formidable. Au menu ? Champagne. Niveau deux ? Je te demande en mariage parce que je t’aime. C’est souvent comme ça que ça se passe. Niveau trois ? … Il y a encore des mariages dans le niveau trois ? Généralement, c’est aussi par amour ou par peur de finir seul. Parfois, c’est uniquement pour la descendance : un enfant au travail, c’est mieux que rien pour la soupe. Rarement, c’est une manière de ne pas à avoir à payer une prostituée. »

Elle hausse les épaules et sur son visage se dessine la déception. Elle tord ses lèvres d’une manière absurde, comme le ferait un enfant près à ouvrir les vannes, en proie à un caprice. Clio aurait sans doute eu une chance de devenir comédienne mais la carrière ne la branchait pas de trop. Elle avait préféré se salir les mains tout de suite. Elle lui offre sa grimace sur un plateau d’argent car il n’a pas faibli en choisissant la chambre. Brave homme. Elle se penche pour ramasser quelques livres qu’elle dispose en pile sur la table. Bientôt, les tours de pages seront plus grandes qu’elle – ce qui, en soi, ne serait pas trop compliqué. Elle essaie de tout rassembler vers le milieu de la pièce, pour qu’il puisse choisir les livres qu’il lit encore et les livres qu’il range. Elle a l’impression de traiter un enfant. Clio lève les yeux vers Joshua et arque un sourcil. Il est grand. Bien trop grand pour elle. Elle pense la tête sur le côté, s’apprête à articuler un « Quoi ? » plein d’élégance et de distinction. Joshua lui propose de reprendre un café, elle secoue la tête, éparpillant ses boucles rousses.

« N’importe quoi ! Si on ne le fait pas aujourd’hui, tu ne le feras jamais et la prochaine fois que je mettrai les pieds dans cet appartement, je me perdrai dans ce labyrinthe de livres. Franchement, Joshua… On va ranger tout ça. Tu vas voir, ça va être drôle ! Puis, un environnement propre, c’est bon pour le moral… Et ton moral en a bien besoin. Ah moins que mes jambes te manquent… Dans ce cas c’est un autre problème… Tu pourras toujours les regarder. »

Elle recule de quelques pas avant de se mettre à rire comme une folle. Elle essaie d’étouffer ses rires de sa main mais c’est difficile de se reprendre.

« Allez, arrête de dire des bêtises. Regarde les livres que tu veux continuer à lire et ceux que tu veux ranger. Tu verras déjà mieux, comme ça. Moi je m’occupe de… De… »

Elle pince ses lèvres en regardant autour d’elle.

« Je m’occupe des tasses. Par Trab’Es, Joshua… Tes tasses poussent dans tes armoires comme des champignons ? Quand il n’y en a plus, il y en a encore, c’est ça ? »

Et elle continue de se marrer comme une baleine.




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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   03.11.15 21:30 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 6

Il n'y aura pas de déclaration. Pas d'éclat exacerbé d'émotion, pas de sentiment niais. Rien de tout cela. Rien du tout. Car Clio n'a rien à déclarer. Elle se propose de le faire pourtant. Joshua lève les yeux au ciel, pas exaspéré, non, mais amusé. La rousse joue. Elle se moque. Elle ironise. Elle lui propose différente interprétation de déclaration. Selon les différents niveaux de vie dans cette ville noyée sous les eaux. Il y pense alors un instant, mais sans formuler la moindre phrase. Une alliance avec sa famille ? Père décédé, mère absente, pas de frère, ni de sœur. Il n'est pas ce que l'on pourrait appeler un « bon parti ». Par amour ? Elle n'arriverait pas à lui faire croire qu'elle l'aime. Ou alors serait-elle encore plus fêlée qu'il ne le pensait. Pas folle, non, mais meurtri. Car les personnes qui s'intéressent à Joshua ne peuvent qu'avoir quelque chose de détruit, de ruiné, d'écrasé. Car oui, son âme est fêlée. Et il n'y a bien que ceux dont les âmes sont fêlée pour s'intéresser à leurs congénères. Alors, ne reste que le niveau trois ? Pas de d'amour, non, pas d'amour. Seulement l'intérêt bestiale du sexe ou la peur primitif de la solitude. Deux appels que Joshua n'entend pas, et que Clio, elle aussi, ne doit pas entendre.

Alors non, il n'y aura pas de déclaration, pas d'éclat exacerbé d'émotion, pas de sentiment niais. Non. Un échange de regard, dans lequel il y a de la complicité, présente même, bien que moins visible, dans les yeux de Joshua. Puis vient une grimace sur les lèvres de Clio, qui prends une mine boudeuse d'enfant contrarié. Le philosophe détourne le regard, cachant ses yeux, son demi-sourire qui pourrait trahir trop de chose, ou, en tout cas, un peu plus qu'ils ne pouvaient en trahir habituellement. Quel caprice lui a t-il refusé sans s'en rendre compte ? Clio joue bien. Elle est belle. Rayonnante. Elle est le printemps. Elle aurait pu enflammer les planches de sa chevelure rousse, et de ses sourires charmeurs. Au lieu de cela, elle est dans cet appartement chaotique, et lui propose de ranger ce désordre. Quel dommage. Elle empile des livres, les uns sur les autres, d'auteurs différents. Lui, reste droit devant elle. Lui propose d'aller boire un café. Elle refuse, en faisant danser ses cheveux roux. Un pincement de lèvres, et Joshua attrape quelques uns des livres qu'elle avait empilé, tandis qu'elle n'a pas encore finis sa réponse. Une réponse qui le fait sourire, une fois de plus.

Le philosophe se tourne, prends d'autres livres, et se dirige vers sa bibliothèque. Il range les premiers ouvrages en respectant l'ordre alphabétique des noms des auteurs. Plus de bêtise, d'accord. Pourquoi rangeait-il ? Parce qu'elle l'avait motivé ? Non, il se fout tout autant du désordre de son appartement. Pourquoi alors ? Joshua tourne la tête. Clio, dans ses armoires, s'occupe des tasses. Le regard du nihiliste tombe. Elle avait parlé de ses jambes. Il les observe. Ses jambes. Aucun mot ne lui vient à l'esprit. Il n'y a pas de voix, même intérieur. Seulement le regard, les yeux, la vue.

Un mouvement de Clio, et Joshua tourne rapidement la tête, rangeant un nouveau livre. Il continue ainsi, débarrasse son salon des livres qui traînaient. Un environnement propre, c'est bon pour le moral avait-elle dit. Il doutait tout de même qu'une séance de rangement et de nettoyage parvienne à mettre du sunshine dans sa vie, dans son cœur, dans son esprit. Il lui faudrait une autre source de chaleur, un autre soleil, que la simple satisfaction de ne pas vivre dans un bordel ambiant.

Il prends le cendrier de la table basse. Il dégueule de cendre et de mégot, de cigarette écrasées sur le verre. Joshua soupire, part le vider. Joshua ordonne. Trie. Range. Nettoie. Tout cela semble amuser Clio. A chacun de ses pointes de rire sont un sourire de plus sur le visage de Joshua. Et au final, tout cela finit de le tirer du sommeil, lui fait oublier sa fatigue. Bientôt, l'on voit la table basse. Et sous un énième livre, un feuillet tombe. Une page blanche. Au centre, une phrase, seule.

« Si je me conformais à mes convictions les plus intimes,
je cesserais de me manifester, de réagir de quelque manière que ce soit.
Or je suis encore capable de sensation... »3


Un aphorisme écrit lors d'une période de productivité intense. Joshua soupire. Nostalgie. Nostalgie d'une époque morte. Depuis quelques temps maintenant.

Il relit à nouveau. Il se souvenait du pourquoi de cette phrase. C'était la trace de l'homme derrière le nihiliste, du cœur derrière le désespoir. Un cœur écartelé entre l'inconvénient d'être né et l'inconvenance de mourir. Un cœur capable de sensation, encore, malgré tout, demeurant homme malgré sa condition absurde. Et pourtant, trois petits points terminent la phrase. Et ses sensations deviennent alors fardeaux. Il songe alors. Songe que jamais il ne s'est autant découvert. Jamais il ne s'est laissé autant voir dans ses écrits. Que jamais il ne s'était autant dévoilé. Un fragment de la Cloche Fêlée Baudelairienne est là, sur cette feuille jaunis par la fumée, le temps.

Joshua fouille, cherche, et attrape une plume. Il signe le feuillet. Il le plie alors, et délaisse ses tâches pour s'approcher de Clio. Il marche dans son dos, et glisse le papier dans l'une de ses poches. Il murmure alors, si proche d'elle.

- Avec celui-là, si un jour je suis reconnu, tu deviendras riche. Il ne partira pas sur les rotatives, il ne partira jamais sur les rotatives. J'oublierais les phrases, les mots, la pensée. Il est unique. Il est à toi.

...Pourquoi ? Un silence. Il sourit.
Pour rien, dirait-il.
Mais pour tant de chose.

- Merci Clio.

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   04.11.15 18:44 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Elle avait vécu la majeure partie de sa vie dans un désordre monumental, sa mère n’étant pas une grande fée du logis et étant bien trop camée que pour comprendre ce que son rôle de mère attendait d’elle. Clio avait vécu entre les bouteilles d’Essences et d’alcool, les paquets de cigarette, les cosmétiques bon marché et les vêtements aguicheurs. Très vite, elle avait appris à ranger sans être capable d’expliquer son besoin vital de vivre dans la propreté. Dès qu’elle avait appris à se servir d’une éponge, elle s’était mise à récurer. Dès qu’elle avait appris à laver des vêtements, elle avait fait des lessives. Parfois, Vivian reprenait ses esprits et mettait la main à la patte, aidant alors sa fille. Elle lui avait appris à repasser – voilà bien un mérite que Clio pouvait attribuer à sa mère. Puis, elle avait compris comment jeter les poubelles, comment faire du feu. Comment survivre. Aussi, Clio ne pouvait plus s’imaginer vivre dans le désordre. C’était maladif, elle ne pouvait pas l’expliquer. Elle avait besoin que ce soit propre.

Elle avait récupéré tous les verres, toutes les tasses errant dans le salon et elle les avait ramenés dans la cuisine, avait tout plongé dans l’évier avant de faire couler de l’eau par-dessus. Si elle récurait tout cela, ils y verront déjà plus clair dans le salon. Elle imaginait parfaitement qu’elle trouverait d’autres verres dans l’appartement mais en éliminant déjà ceux-là, ce sera ça de gagné. Elle laisse tremper certains récipients, histoire de récupérer correctement les fonds de café secs. Ce fou ce qu’il peut en boire. Elle passe une main humide dans ses cheveux. Peine perdue, ses boucles retombent inévitablement devant ses yeux. Elle essuie les tasses qui reposent déjà sur le côté et se hisse sur la pointe des pieds pour les ranger dans une armoire. Elle essaie de les empiler sans les casser. Elle place celles qu’elle trouve plus belles au premier rang en souriant. Elle a presque envie de fredonner mais ce serait sans doute stupide et elle n’aime pas quand les autres l’entendent fredonner. De temps en temps, elle jette un coup d’œil à Joshua, s’assurant par la même occasion qu’elle n’est pas la seule à donner une seconde vie à cet appartement. Voir Joshua transformer son antre la fait rire, de temps en temps. Elle continue de récurer les tasses restantes, celles qui trempaient dans l’eau.  Elle recommence le schéma. Essuyer, empiler, ranger. Le meuble était presque vide, le voilà à nouveau plein à craquer. Il y a vraiment beaucoup de tasses. D’un certain côté, ça la rassure : il ne mourra pas de soif.

Soudain, Clio se raidit. Elle sent la présence de Joshua dans son dos, sa main dans la poche arrière de son pantalon et elle ne peut pas de s’empêcher de se demander – dans la mesure où la situation lui permettait encore de penser – si c’est là le résultat de ce qu’elle a semé. Tout ce qu’elle dit, tout ce qu’elle fait. Toutes ces bêtises qui n’étaient qu’un moyen de le faire réagir. De tous les faire réagir. Clio retient sa respiration. Joshua lui parle de reconnaissance, de richesse. Il lui offre le mot qu’il glisse dans sa poche et elle, elle ne comprend. Il la remercie. Elle se retourne, pose ses mains sur l’évier, derrière elle, pour ne pas tomber et elle fronce les sourcils.

« Attends. Qu’est-ce que tu me fais, là, Joshua ? Je veux dire… Merci, c’est gentil – c’est adorable, même –  mais. Mais bordel, c’est quoi, ça ? Ça sonne comme un mot d’adieu, c’est perturbant. Tu comptes me quitter ? Je ne vois pas bien où tu irais… »

Elle mordille sa lèvre inférieure et détourne le regard en soupirant.

« Puis, pourquoi me remercies-tu ? Parce que je suis là, à ranger ton foutoir ? Ou parce que je suis là tout court ? C’est stupide, de me remercier. Ça ne sert à rien. Ça me fait plaisir, bien sûr. Qui n’aimerait pas se sentir important ? Ensuite… »

Elle plonge sa main dans la poche arrière de son pantalon noir. Elle attrape le papier en empêchant ses mains de trembler. Elle le déplie rapidement, parcourt les trois lignes crachées sur la feuille jaunie par une encre bleue. Elle les relit avant de replier le papier, de le remettre là où il l’a glissé quelques minutes plus tôt. Elle hausse les épaules en prenant appui sur le rebord du meuble pour se hisser dessus. Elle ose un sourire en arquant un sourire. La Clio taquine est revenue, elle croise les jambes.

« Explique-moi. »



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   04.11.15 23:46 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 7

Joshua avait glissé la main dans la poche arrière de son pantalon. Pour y glisser ce mot qui, un jour, l’espère t-il pour elle, mais ne le souhaite pas pour lui, deviendrait un trésor. Sans arrière pensée aucune, il est vrai qu'il a là, contre la paume de sa main, la rondeur de ses fesses. Il n'en tire aucune satisfaction, ni désir, ni autre emballement du cœur. Peut-être, dans d'autres circonstances, les aurait-ils éprouvé, certainement même, mais là, non. Il n'y pense même pas. Peut-être que ce contact est plus riche en émotion pour Clio. Sans doute même. Assez logiquement d'ailleurs. L'incompréhension sur son visage tire un sourire à Joshua. Il donne presque l'impression de se moquer d'elle, ce qui n'est pas le cas. Mais là voilà décontenancé par le nihiliste qui, là, agis sur un coup de tête, à moins qu'il ne s'agisse d'une volonté muette du cœur ?

Mille questions franchissent les lèvres de la rousse. Elle mordille sa lèvre, détourne le regard. Il penche la tête, comme pour le suivre, ce regard, ne pas le perdre. Prise par la curiosité, elle finit par attraper le morceau de papier, et par le lire. Elle grimpe alors sur le rebord du meuble. Le reprends contenance. Et pendant tout ce temps, Joshua avait été muet. Il se contentait de l'observer, de la regarder se perdre. Mais Clio revient. Elle croise les jambes, ces jambes. Et lui demande de lui expliquer. Tâche pour le moins ardue.

Les mains dans les poches, il reste devant elle cependant. Il hausse les épaules aussi, et inspire. Il a toujours ce mal, cette difficulté pour formuler sa pensée. Il l'esquinte par le verbe. L'esprit est bien supérieur à la parole. Celui qui se vante de formuler avec exactitude la complexité de sa pensée est soit un menteur, soit un simple d'esprit. Ce que Joshua n'était pas, dans les deux cas. Il se mord la lèvre, puis les tord, et se lance enfin.

« Le matin, je me réveille à des heures aléatoires, je me réveille en vrac. Je bois une grande tasse de café, seul, dans le noir. Je prends une douche. Je m'habille. Je vais travailler. Page blanche. J'évite mes collègues, j'évite les gens. Ils ne m'intéressent pas. Je rentre. Parfois, je fais un détour, pour un bar. Je bois. Je me saoule. Et je rentre. Je mange. La nuit est tombée. Je me couche. Je suis ivre. Le monde tourne. Ma chambre tourne. Et je n'arrive pas à dormir. Je ne dors pas. Jusqu'à ce que j'ouvre une nouvelle bouteille d'essence. Alors le monde vacille. Je dors. Puis viennent les cauchemars. Je tremble. J'ai froid. J'ai chaud. Je transpire. Je me réveille. Le souffle court. Je me réveille, à des heures aléatoires, je me réveille en vrac. Je bois une grande tasse de café, seul, dans le noir. Et ainsi de suite... »

Son regard est planté dans celui de la rousse. Il se lance comme sur le ton de la confession. Il ne dévoile jamais l'homme, il se cache derrière les écrits, et la philosophie. Et pourtant, là, il ne parle pas de désespoir, il ne parle pas de nihilisme, il ne parle pas d'absurde. Il parle de son quotidien. De son besoin de caféine. De son addiction aux essences. De sa consommation d'alcool. De ses insomnies. De ses terreurs nocturnes. L'homme se dévoile, ou plutôt, dévoile l'un des aspects de lui qu'il ne montrait habituellement pas.

« Ce matin, je me suis réveillé. A une heure aléatoire. Je me suis réveillé en vrac. J'ai pris une douche, je me suis habillé. Et quand j'ai voulus boire une tasse de café, tu étais là. Et alors, j'ai souris. J'ai rit même. Je t'ai regardé. J'ai sentis ta chaleur contre la mienne. Et maintenant on range cet appartement. Et j'ai rit ! »

Quelque part, il n'en revient pas d'avoir rit. Cela est rare. Si rare. Depuis tout petit, le rire n'est pas quelque chose de commun à Joshua. Comme-ci le rire était bloqué dans sa gorge, qu'il n'arrivait pas à le sortir, comme le font les autres. Ou comme-ci un poids l'écrasait tout le temps, et que ce poids, sous lequel il croulait, l'empêchait de rire. Aujourd'hui lui prouvait qu'il n'en était pas incapable. De rire. Et maintenant même, il sourit.

« Je suis encore capable de sensation, au fond, peut-être. C'est de cela que je te remercie. »

De m'avoir fait comprendre, ce matin, que je peux encore rire. Que je suis encore capable de sensation. Qu'il reste, dans le noir, quelqu'un. Quelqu'un, dans le noir. C'est pour tout cela que Joshua la remercie. Pour lui avoir rappeler, ce matin, qu'il était encore capable de sensation. Si il n'en était plus capable, il ne serait que... que serait-il ?

« Ne t'en fais pas, je te remercierais pas d'être là, non, c'est inutile, je le sais bien. J'ai compris que, être là, c'est normal entre... ami. »

Il sourit. Joshua peut-être perturbant, oui, ainsi. En faisant ce que l'on attendait pas. Joshua est désespéré. Joshua est pessimiste. Joshua semble froid et monolithique. Parce qu'il étouffe. Parce qu'il étouffe, qu'il est pétrie d'émotion, de sentiment. Mais qu'étouffant, par le poids du monde et de l'absurdité de sa condition, par ses insomnies et ses cauchemars, il ne se rends pas compte de cela. Il ne se rends pas compte qu'il est un être d'émotion. Qu'il est plein d'émotion, oui...


« Et maintenant, il me semble que cet appartement ne vas pas se ranger de lui-même, si ? »

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   08.11.15 22:53 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Il parait que les hommes aiment voir les jambes des femmes sans toutefois apprécier les jupes courtes, qui forcent alors la femme à serrer de manière étroite les jambes. Les hommes, devant cette position, pensent que la femme ne veut pas être approchée alors que celle-ci cherche uniquement à cacher ses dessous. Clio abusait de l’effet de ses jambes sur la gente masculine sans chercher la vulgarité dans ses tenues. Elle s’habillait normalement. Elle faisait juste attention à se mettre en valeur, dans un souci d’attractivité, dans un besoin d’être toujours à son avantage, même si elle ne cherchait rien ni personne pour compléter ce qu’il manquait à sa vie. A son âge, combien de jeunes femmes se mariaient ? Combien de jeunes femmes avaient déjà mis au monde leur premier enfant ? Clio ne respectait pas les critères imposés par la société et ne les respectera sans doute jamais.

Clio essayait de rester calme, les mains posées sur le meuble, juchée sur son perchoir pour se faire un peu plus grande. C’était tout de même plus pratique pour regarder quelqu’un dans les yeux, attendant une explication qu’elle imagine déjà ne pas comprendre. Les yeux mentent rarement, après tout. Elle attend presque patiemment que Joshua se lance, qu’il s’explique. Qu’il explique tout ce qu’elle ne comprend, tout ce qu’elle ne sait pas encore sur son compte. Elle attend qu’il attaque sa confidence, qu’il lui déverse ses rituels quotidiens. Clio s’attendrit, plus qu’elle ne le devrait, sans doute. Elle a l’habitude, pourtant, d’absorber le malheur des gens. De les écouter gémir quelques inepties comme un rendez-vous avorté, une relation mal établie, un patron trop encombrant ou un manque de temps libre. Elle avait l’habitude d’écouter distraitement les autres sans se soucier réellement de leurs malheurs mais il n’était plus question des autres. Il était question de Joshua.

Puis, qu’est-ce qu’elle pouvait répondre à cela ? Assurément, elle aurait pu lâcher une blague, une citation à deux balles, une remarque vague ou juste un élan de compassion stupide. Clio ne pouvait pas comprendre ce que son ami vivait jour après jour. Elle ne pouvait pas comprendre les terreurs nocturnes, elle ne pouvait pas comprendre les insomnies, le besoin de boire jusqu’à être ivre. Les boulots détestables, elle avait connu. Ce besoin d’éviter les collègues de travail aussi. Elle avait cherché à éviter Geoff durant des années. Joshua essaie de retomber sur ses pattes en évoquant cet appartement en désordre qui ne se rangerait pas seul. Clio secoue la tête en souriant à la remarque.

« T’es un crétin, Joshua. Pourquoi as-tu tendance à te croire mort alors que tout ce que tu es, c’est vivant ? C’est stupide. Bien sûr que tu ressens et tu n’as pas besoin de moi pour ressentir à nouveau. Je n’ai rien fait pour te faire rire, rien. Je suis venue. Je me suis réveillée ce matin en me disant que j’allais passer, faire autre chose de ma matinée que récurer des armoires cent fois récurées. Je préfère m’attaquer aux tiennes parce que là, je sais qu’il y a du boulot. »

Elle tend les mains vers la nuque de Joshua pour le forcer à se rapprocher d’elle et elle ressert son étreinte autour de son cou. Clio n’est pas douée pour ce genre de choses. Elle se rassure en se disant qu’il n’est pas plus doué qu’elle. Sans doute a-t-elle juste envie de faire passer tout ce qu’elle n’arrive pas à faire passer par les mots.

« T’es un crétin, Joshua. La prochaine fois, n’attends pas que je me réveille après avoir rêvé de ta belle gueule. Appelle-moi. T’as mon adresse en plus. Mon canapé peut t’héberger. »

Elle laisse glisser ses mains sur les épaules de Joshua avant de l’écarter d’elle en riant.

« Maintenant, va ranger, bon sang ! Et arrête de peloter mes fesses. Les femmes détestent les approches par derrière, en plus ! »



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   09.11.15 16:01 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 8

Ma naissance me condamne à la mort. A partir de l'instant où je pleure, couvert de sang et de liquide amniotique, à partir de cet instant où l'on me donne un nom et un visage, je suis un être promis à la mort. Je suis un être jugé coupable d'existence... pourtant, Joshua ne voit la mort comme un mal. Joshua voit la mort en rose. Sa punition, c'est la vie. Ce cycle dans lequel les Hommes sont prisonniers. Métaphysiquement, il est un être de la mort. Mais son corps vit encore, hélas. Son cœur bat toujours, malheureusement. Il se voit ainsi souvent comme un vaisseau perdu dans les océans noirs et inconnus. Il est en vie. Et Clio lui rappelle. Il est un crétin qui s'obstine à se voir mort, mais qui est en vie. Être en vie...

« Être en vie – tout à coup je suis frappé par l'étrangeté de cette expression,
comme si elle ne s'appliquait à personne. »4

Comme si elle ne s'appliquait à personne. Joshua adresse un sourire timide à la rousse qui tend les mains vers sa nuque. Comment pouvait-elle affirmer, avec tant de certitude, qu'il était encore capable d'émotion, à lui, qui n'avait aucune certitude de cela ? Comme ci cela était une évidence, une vérité banale, indéniable, universelle. Alors qu'il n'en était rien pour lui. Chaque matin, devant un morceau de miroir brisé, il constatait ses cernes, ses cheveux en désordre, sa mine grise. Et se sentait un être mort, ou plutôt, un être errant dont le cœur mort. Un être errant, partant de sa naissance et marchant vers la mort. Un être errant, écartelé entre l'inconvénient d'être né et l’inconvenance de mourir.

Mais son cœur n'est pas mort. Peut-être préférait-il qu'il le soit. Mais il n'en est rien.
Et une nouvelle chaleur vient lui rappeler.

Les bras de cette femme étaient venus attraper sa nuque. Et elle l'avait attiré à lui, qui, dans un maelström de pensées noires et de chaos sentimental, n'avait en somme, rien vu venir de cela. Une étreinte, autour de son cou, et la chaleur de Clio contre lui. Une chaleur qui se repends en lui, dégivrant ses os et ses muscles, ses tripes, son sang. Un câlin ? Il garde les mains dans les poches. Incapable. Décontenancé. Désarçonne. Et muet. Elle parle, il n'est qu'un crétin. Elle le prend contre elle, il est le bienvenu. Peut-être arrêtait-il de respirer à ce moment précis. Il ne se rendait pas compte. Mais quelque chose explosait en lui. Quelque chose explose. Un attentat. Un attentat dont il est le spectateur médusé et ahuri. Un attentat.

Ses mains sortent de ses poches. Ses bras passent autour de Clio. Ses paumes contre son dos. Il la serrait un peu plus contre lui. Il voulait un peu plus de cette chaleur. Il était fasciné par le souffle de l'explosion, et les ravages qu'il provoque.

Pourtant, il avait connu des chaleurs. Il avait connu la chaleur des femmes. Lorsque, en ces ennuis, au creux de la nuit, il trouvait, plus jeune, la compagnie de quelques errantes comme lui. Il avait connu la chaleur, des chaleurs plus bouillanteq encore que celle-ci. Il avait connus la chaleur que l'on trouve auprès de certaines femmes en certaines nuits. Mais jamais il n'avait connu... cette... chaleur. Cette chaleur qui s'écarte de lui. Qui le rends aux ténèbres, à l'hiver.

Joshua est un automne, un automne embrassant l'hiver.
Clio, un printemps rayonnant qui s'accomplit dans l'été.
Et elle rit.

- Je vais m'occuper de la chambre. Histoire de faire disparaître le plus embarrassant.

Joshua lui adresse un sourire. Et disparaît de la cuisine. Au cadre de la porte, il se retourne, et jette un coup d'oeil à Clio. L'observe un instant. Élargis son sourire. Et pénètre dans la chambre. Faire disparaître le plus embarrassant. Les sous-vêtements, donc. Il s’attelle à les ramasser, les entrepose en tant, et récolte le linge sale.

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   12.11.15 10:09 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio se laisse glisser du meuble sur lequel elle s’était perchée. Elle arque le dos, ses bras appuyés sur le rebord du vieux meuble et lâche tout une fois que ses pieds touchent le sol. Après cet interlude, elle retourne à sa tâche seconde, la première étant de divertir Joshua pour qu’il cesse de se complaire dans un certain malheur. Elle finit de ranger des tasses en riant à la remarque de son ami sur les choses embarrassantes traînant dans sa chambre.

« Diantre… Comme si je n’avais jamais vu de choses embarrassantes de ma vie. J’ai été femme de ménage, il fut un temps, alors tu imagines bien que des choses embarrassantes, j’en ai vues. Surtout dans les chambres des adolescents, en fait. Chez les adultes aussi, je ne dis pas mais chez les adolescents, c’était flagrant. Je ne sais pas, ils ont sans doute confondu le métier de femme de ménage avec le métier de prostituée. »

Elle repousse une boucle d’un mouvement de la tête, les mains encore trempées par l’eau froide. Elle plonge une nouvelle fois ses mains dans l’eau avant de s’aventurer jusqu’à la chambre, semant sur son passage une kyrielle de petites gouttelettes, à l’image de cet enfant au nom étrange dans les contes qu’on lui avait lus, quand elle allait encore à l’école. Elle s’approche de l’homme en profitant qu’il lui tourne le dos et écrase ses mains humides et froides dans son cou, s’arrangeant pour faire glisser quelques gouttes le long de son échine. Elle ricane, mauvaise, fière de sa blague stupide avant de reculer de quelques pas en sautillant pour s’adosser au chambranle de la porte. Elle essuie ce qu’il reste d’eau sur son pantalon avant d’observer la chambre. Il aura presque réussi à faire disparaître le plus embarrassant. Elle indique d’un geste las vers une masse sombre, sous le lit.

« Tu en as oublié, là. Il y en a sans doute ailleurs. Après, s’il n’y avait que ça que tu voulais me cacher… A la rigueur, s’il y avait eu une amante nue dans ton lit dont tu aurais essayé de me cacher l’existence, j’aurais compris. Mais pour un ou deux petits bouts de tissus… Des bouts de tissus et des bouteilles… Essences, je suppose. »

Elle ne peut pas s’empêcher de mépriser ce mot et tout ce qu’il représente. Elle pince les lèvres en baissant les yeux.

« J’ose imaginer que tu es capable de faire ta lessive seul, comme un grand. »

Elle se décolle du chambranle pour avancer vers la fenêtre, ses pieds nus sur les lattes de bois. Ses mains se posent sur la fenêtre et elle actionne la poignée afin de laisser l’air de l’extérieur.

« Je me permets. Non parce que ça sent le globicéphale ici. A croire que tu n’as jamais compris comment on ouvrait cette fenêtre… Tu veux que je t’explique comment on fait ? »

Elle ricane avant de peindre un air angélique sur son visage.



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   15.11.15 23:23 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 9

Au final, il n'y avait pas seulement des sous-vêtements dans cette pille de linge sale. Également des chemises, des chaussettes, sales, tâchées. Avant que Clio ne débarque dans son sanctuaire, il avait réussi à mettre un semblant d'ordre, mais il y avait encore à faire. Son bureau était encore caché par des feuilles froissées, des bouteilles d'alcools vide. Du whisky. Joshua boit beaucoup. Plus que de raison. Il s'enivre, pour que sa plume soit plus leste. Mais ces derniers temps, sa plume était de plomb, son encre sèche. Pourtant, il constituait un nouveau livre, malgré tout. Un nouveau recueil, dans l'ombre de ses secrets. Une nouvelle bouteille d'essence. Il en avait récupéré plusieurs, qu'il disposait alors en ligne sur un coin de son bureau duquel il avait balayé ses manuscrits. Les une derrière les autres, les unes contre les autres, cette étrange armée soporifique donnée une idée de la consommation d'essence de Joshua. Derrière, les bouteilles vide de whisky données également une idée de sa consommation d'alcool. L'alcool pour essayer d'écrire, les essences pour essayer de dormir. Entre deux cauchemars, entre deux terreurs. Ce n'est pas tant des sous-vêtement sales que Joshua avait honte que de ces stigmates de verre qui trahissaient ses addictions. Ses addictions à Morphée et à Dionysos, tandis que celle au café avait disparu sous les mains de Clio.

Oui, il le savait. Il se doutait bien que la rousse avait vu un tas de chose embarrassantes, auparavant. Mais il s'agissait là de ses propres choses embarrassantes, et d'elle, son... amie? Elle avait passé ses bras autour de lui, l'avait serré contre elle. Joshua secoue légèrement la tête, pour chasser certaines pensées de son esprit. Il ramasse une nouvelle bouteille d'essence, son regard se perd dans le bleu du flacon. Depuis quand n'avait-il pas dormis correctement, du sommeil du juste comme l'on dit? Depuis combien de temps n'avait-il pas eu un sommeil normal, ni perturbé par les insomnies, ni perturbé par les terreurs nocturnes? Parfois, elles le pourchassaient même lorsqu'il ouvrait les yeux. Il voyait alors les ombres prendre forme, se transformer en gueule énorme. Son esprit égaré dans un éther brumeux à la lisière du sommeil et de l'éveil, il réagit seulement d'instinct, et son coeur bat à tout rompre. Jusqu'à ce que tout disparaisse, si ce n'est lui, au milieu de cette chambre, en sueur, les yeux injectés de sang.

Et on lui reprochait sa noirceur, son nihilisme, son pessimisme.
Le bonheur, ce n'est pas pour les livres.
Pas pour lui, purement, et simplement.

Deux mains se plaquent dans son cou. Deux mains froides et humides. Joshua sursaute, et se retourne. Quelques gouttes d'eau coulent sur son épiderme. Il n'a pas besoin de la voir pour savoir que c'est elle. Elle et son rire. Clio. Il sourit, et son nez se plisse, prenant un air revanchard, annonçant la venue d'une vengeance, dans un futur plus ou moins lointain. De la paume, il essuie les gouttes qui perlent son cou, et la rousse lui indique le dessous de son lit. Il soupire, se penche, et perd à la recherche des quelques morceaux de tissu qui étaient tapis dans l'obscurité de son couchage. Il se redresse, quand elle évoque les essences.

« Essence oui. Et ça fait parti des choses embarrassantes que je voulais faire disparaître justement, désolé... »

Son regard se porte sur l'armée de flacon vide. Il sait ce qu'elle pense des essences. Il ne voulait pas tant s'éviter cette remarque qu'il ne voulait lui éviter la vue de ces cadavres. Il esquisse une moue, triste, désolé, et laisse tomber le linge sale avec le restant du tas. Il aurait préféré avoir à lui cacher une amante qu'elle aurait finis par surprendre que ces bouteilles. De toute manière, lui aurait-il caché une amante? Non. Il ne savait ce qu'il éprouvait pour la rousse, incapable de poser un mot sur ses sentiments car méconnaissant l'amour. Et combien même le saurait-il, sans doute ne dirait-il rien, ne tenterait-il rien. Parce que les fleurs fanées de l'automne viendraient ternir la beauté éclatante du printemps. Tout ce que l'automne touchait était inévitablement destiné à faner, à mourir. Et Clio est une fleur qu'il ne voulait voir faner, une fleur qui ne méritait pas de faner.

La lumière envahit la chambre. Elle n'y avait pas eu sa place depuis bien longtemps. Une nouvelle pique de Clio, Joshua souris. Son regard balaye la pièce, qui lui apparaissait sous un jour nouveau. Quelques rayons de lumière tombaient sur sa machine à écrire. Il y avait un air angélique sur le visage de Clio. Et le philosophe s'approcha de la jeune femme. Leurs regards se croisent, un silence s'installe. Et Joshua regarde par la fenêtre, observe un moment l'extérieur, qu'il connaissait davantage de nuit que de jour. Pas de ciel, pas de soleil, juste les eaux. Sa tête retourne vers Clio, et il murmure alors...

« Apprends-moi! »

Il y a toujours les bouteilles derrière lui, elles plongeaient dans les ténèbres. Et lui est là, la lumière se fracasse sur sa chemise blanche. Son visage se nourrit de la clarté, comme en photosynthèse. Il a toujours l'air fatiguée, avec ces cernes sous les yeux, ses cheveux en pagailles. Mais il ressemble moins à un cadavre, moins à un mort que les jours habituels.

La clarté dont il se nourrit n'es pas celle de l'extérieur.
Elle provient d'autre part.
De ce corps, de cette peau, de ce sourire.
De la rousseur de ces cheveux.


Dernière édition par Joshua Wells le 26.11.15 22:53, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   18.11.15 11:06 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio hausse vaguement les épaules lorsqu’il évoque les cadavres de sa drogue. Cadavres qu’il avait vainement essayé de planquer sans y être parvenu, faute de temps. Elle était arrivée comme un courant d’air dans la chambre, par surprise. Elle ne lui avait laissé aucun répit. Elle estime qu’il n’a pas à s’excuser pour les bouteilles d’Essence. Après tout, elle n’est ni sa femme, ni sa mère. Elle se plait comme elle est, comme une amie. Tout ce qu’elle peut faire, c’est le vanner, le conseiller, l’épauler et le consoler. Ce qui, en soi, constitue déjà un travail énorme quand on a à faire à un gars qui ne sait apparemment pas se gérer lui-même sans voir le monde en noir autour de lui. Elle affronte le regard de Joshua nerveusement, un air agacé sur le visage. Elle n’est plus habituée à être proche des gens. Elle l’est, cependant, mais différemment. Elle laisse un bar entre elle et les autres. Elle prendra la fuite lorsque la première opportunité se présentera.

Elle roule des yeux, bascule sa tête en arrière en souriant. Devait-elle prendre cela comme une provocation ? Sûrement, ouais. Elle imaginait mal Joshua ne pas comprendre le fonctionnement d’ouverture d’une fenêtre. Parce que si c’était le cas, ce serait vraiment risible. De quoi rire jusqu’à ce que l’un des deux meure. Clio grogne.

« Tu l’auras voulu. »

Elle se retourne pour fermer la fenêtre, actionne la poignée en sens inverse. Un charmant sourire sur les lèvres, la figure fausse des femmes placardées sur les murs, pour le bien de la publicité. Elle s’apprête à joindre la parole au geste.

« Alors, tu commences par mettre ta main sur la poignée, tu vois ? Ensuite tu tournes, sur 180 degrés, comme ça. Normalement, quand tu arrives aux 180 degrés, la poignée se bloque et tu ne peux pas aller plus loin. Ensuite, tu tires vers toi. C’est magique. T’as compris ou je dois recommencer ? »

Ses mains se détachent de la fenêtre, elle les enfonce dans les poches arrières de son pantalon. Elle caresse distraitement le papier sous ses doigts, tout en observant Joshua, la tête penchée sur la droite.

« Si tu me dis que je dois recommencer, je te fracasse. Oh, la lumière te va bien mieux que l’ombre, Joshua. »

Elle ne sait pas ce qu’elle doit tirer de son regard. Elle s’oblige à respirer calmement, patiemment. Elle s’oblige à ne pas se faire d’idées car si ces idées s’avéraient réelles, elle se sentirait obligée de disparaître, de se couler dans le monde extérieur, dans le travail, derrière les murs de son appartement. Elle se verrait dans l’obligation de l’éviter, de faire comme si elle ne l’avait jamais connu. Et ce serait vraiment dommage.

« Par Jo’Trab, Joshua. Pourrais-tu cesser de me regarder de la sorte ? On dirait que tu vas me mordre, ou tout bonnement me manger. C’en est presque indécent. Si tu t’arrêtes toutes les trente secondes pour m’observer, tu ne finiras jamais de ranger ta chambre. Je me verrais alors dans l’obligation de te punir. »

Et elle rit.




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Dernière édition par Clio Chatterton le 23.11.15 12:14, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   21.11.15 23:49 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 10

Un grognement. Pas un grognement comme ceux qui peuvent hanter, parfois, souvent, son sommeil. Pas un grognement de bête, pas un grognement de monstre marin, non. Un grognement plus doux. Infiniment plus doux. Le grognement d'une femme qui, juste avant, lui avait fait voir ses yeux rouler. Le grognement d'une femme qui répondait à sa provocation. Et alors, la fenêtre se refermait, l'ombre revenait investir les lieux. La rousse entre dans un jeu qui le fait sourire, et lui apprends les différentes manipulations à effectuer pour ouvrir une fenêtre. Silencieux, il avait écouté, sans vraiment les écouter, les précisions de Clio. Et à nouveau, la lumière qui chasse les ténèbres, la lumière qui vient étreindre Joshua, et le philosophe apparaissait comme dans une peau nouvelle. Il avait pourtant ses cheveux désorganisées, et toujours ces cernes noires, et toujours cette raideur mortuaire... cette odeur de clope, les veines souillés de café et d'essence également. Et pourtant, la lumière le transformait. Surtout cette lumière qui s'écartait de la fenêtre, et fourrait ses mains dans ses poches arrières.

Il était un peu moins mort.
Il était un peu moins vivant.
Et elle le remarque.

"La lumière te va bien mieux que l'ombre, Joshua". A ce moment, il détourne la tête, peut-être gêné. Qu'est-ce que cela voulait dire? Tu es beau comme ça, Joshua? Depuis combien de temps ne lui avait-on pas fait un compliment, depuis combien de temps n'en attendait-il plus? Il ne se souvenait pas même d'une flatterie chez les prostituées qu'il côtoyait, il y a quelques années, pendant ses premières errances. Ces errances où il trompait la lune dès qu'elle lui tournait le dos. Depuis quand tout cela? Depuis quand les ténèbres? Et la fumée de cigarette? La drogue, le sexe, la solitude, le pensées noires, le suicide? Depuis les insomnies. Et les insomnies, pourquoi? Comme toutes choses en ce monde qui n'est pas fait pour nous, en ce monde qui se fout pas mal de notre existence, tout cela était absurde. Joshua était un enfant de la nuit, certes, mais un descendant de l'absurdité également.

Comment ne pas reprocher à Dieu son indifférence?

Il tourne le visage vers l'extérieur. Voilà que sa tête baignait à nouveau dans la lumière. Dehors, tout est clair, à l'intérieur, tout est noir. Dehors, tout semblait se dévoiler. Tout semblait se révéler. Semblait, oui. Semblait, seulement. Après tout, qu'est-ce que le jour? Et surtout, qu'est-ce que la nuit?

La lumière vient agresser ses yeux. Et, bien que ses sourcils s'étaient froncé pour le protéger des rayonnements, Joshua est contraint de détourner le regard, pour la fuir, et ses yeux reviennent alors à l'intérieur de sa chambre, et sur cette jeune femme, droite devant lui. Il la regarde, à nouveau, un instant. Elle aussi, n'était plus dans l'ombre.

Mais à force, ces regards doivent avoir quelque chose d'indécent, oui.
Il sourit, et détourne à nouveau les yeux.
Et ce n'était pas ainsi qu'il finirait de ranger sa chambre...

« Alors quoi, tu te prends pour ma mère? T'aurais l'âge d'être ma petite sœur... »

Il passe à côté d'elle, la frôlant en lui adressant un certains regarde. Et dans ce regard d'acier et de métal, comme une lueur. Une lueur de mesquinerie. Plus expressif, Joshua aurait peut-être fait une grimace, lui aurait tiré la langue, pour la provoquer. Mais là, il n'y avait que cette éphémère et discrète étoile dans un bain d'acier.

« Allez, on s'y remet ! »

A son bureau, il regroupe les feuillets, qu'il avait souillé au cours des dernières nuits, en un tas. Il en lis certains, mais la plupart ne mérite pas son attention. Il le sait. Tout cela est trop mauvais, bien trop mauvais. N'avait-il rien écrit de bon depuis son dernier ouvrage? Non, rien. Tout cela était bon pour la poubelle. Et c'est pour cela qu'il les regroupait en un tas, qu'il jetterait, ou qu'il ferait brûler... détruire par l'encre par le feu.

Au fil des feuilles évacuées, la machine à écrire se dévoile de plus en plus. Une vieille bécane encore bien huilé, un engin plutôt prestigieux que sa mère lui avait offert, le soir d'un anniversaire, avant de le laisser seul pour privilégier sa carrière de musicienne. C'était peut-être l'objet ayant le plus de valeur dans cet appartement. Et celui qui comptait le plus à ses yeux également. Il appui sur une des touches, et la marteau frappe le papier pour forger un caractère de charbon en un fracas mécanique.

"?"


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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   23.11.15 12:21 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio ne pouvait pas s’empêcher de rire. Elle riait dès que l’occasion se présentait. Elle riait sincèrement, elle riait pour se moquer, elle riait pour décourager et parfois même, elle riait pour se protéger. Le rire dressait une barrière entre elle et la source de sa gêne, le rire anéantissait chacune de ses paroles. Clio était naturellement aveugle. Elle ne voyait que ce qu’elle avait envie de voir. Et l’amour ne faisait pas partie des choses qu’elle voyait dès que ça sautait aux yeux. Elle lui tire la langue au moment où il passe à côté d’elle et pince l’une de ses côtes avant de s’enfuir en sautillant à l’autre bout de la chambre. Elle se laisse tomber sur le lit de Joshua, replie une jambe sur ses fesses et hausse les épaules. Se prendre pour sa mère, avoir l’âge d’être sa petite sœur. Clio enroule une boucle rousse autour de son doigt avant de la laisser glisser contre sa peau, dodelinant de la tête.

« Je n’ai plus l’âge d’avoir un grand frère. Les seuls grands frères que je pourrais avoir, ils n’ont rien contre l’inceste, si tu vois ce que je veux dire. »

Elle roule sur le matelas pour se coucher sur le ventre et se surélève sur ses avant-bras, de manière à pouvoir regarder Joshua trier les feuilles. Elle se dit qu’il fera sans doute plusieurs tas. Les feuilles à garder, les feuilles à revoir, les feuilles à… Il jette tout. A moins qu’il ne garde tout mais Clio est peu convaincue. Elle fronce les sourcils en se redressant un peu.

« Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que c’est ? »

Elle se redresse et trottine jusqu’au bureau où s’empilent désormais les feuilles et elle s’empare des papiers, sans jeter un regard à la machine à écrire. Elle tourne les pages, regarde les mots qui s’alignent en retournant s’allonger sur le matelas. Elle fait défiler les pages sous ses yeux, essayant de déchiffrer quelques mots que son écriture massacre, par moment.

« Qu’est-ce que tu allais en faire ? Les jeter ? Je ne peux pas te laisser faire ça, Joshua. Je ne peux même pas comprendre pourquoi tu chercherais éventuellement à t’en débarrasser. C’est joli, ce que tu as écrit. C’est touchant, c’est… Humain ? Je ne sais pas trop comment exprimer ça mais je sais que ça me plaît. Je suis sûre que tu pourrais en tirer quelque chose de vraiment bien. »

Elle laisse les feuilles sur le côté. Elle roulera dessus pour les protéger de son corps, s’il le faut. Elle ne le laissera pas les jeter sous prétexte qu’elles ne lui inspirent plus rien désormais. Ce serait du gâchis. Il pourrait éventuellement reprendre ses écrits plus tard, quand les mots débloqueront à nouveau quelque chose en lui. Clio enfouit son menton dans le creux de ses bras.

« J’ai entendu la touche, pendant que je lisais. Qu’est-ce que tu as tapé ? Quel caractère ? »




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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   26.11.15 22:55 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 11

De sa mère, Joshua ne retenait que la musique. La beauté des répertoires classiques et romantique. Le philosophe fut élevé sur les plus belles mélodies, les répertoires les plus prestigieux. Les équivalent des Bach, des Beethoven, des Tchaïkovsky, des Chopin, des Mozart de notre univers. Enfant, elle lui avait appris à jouer du piano. Enfant, ses doigts tout juste capable de former des lettres en tenant un crayon, tapait sur le clavier de cet instrument, dans la salle qui lui était entièrement consacré, dans cet appartement du niveau 1. Ces doigts caressent les touches de sa machine à écrire. Il jouait bien, la musique coulait dans son sang. Parfois même jouait-il pour lui-même, pour le plaisir d'entendre les feuillets des plus grands prendre vie. Les insomnies venant, il avait goûté à une mélodie plus enivrante encore que celle des plus merveilleuses symphonies. Le silence des nuits. Et toute croyances disparurent... toutes croyances.

Il n'avait pas touché les blanches et les noires d'un piano depuis qu'il avait quitté la demeure familiale. Pourtant, son doigté n'avait pas fléchis. Cette machine à écrire, c'était son piano. Des claquements métallique. Sa symphonie n'était pas de croche, ni de double croche. Sa symphonie était de mots, de lettres, de pensées.

Mais si il arrivait à jouer du Chopin auparavant, aujourd'hui, ce n'était plus que... ça. Son doigté, au final, n'était peut-être pas aussi bon qu'avant. Plus de Chopin. Juste ces feuilles ridicules, sur lesquelles on lui posait des questions, sur lesquelles Clio lui posait des questions.

- Ce n'est rien, tout juste quelques bouts de papier qui...

Voilà que la jeune femme qui lui avait pincé les côtes avant de se jeter sur son lit, enroulant sa boucle rousse autour de son doigt, venait lui subtiliser les pages qu'il destinait à la poubelle, à la mort. Il essaye de les rattraper, en vain. Elle retourne au matelas, pour jeter un œil au feuille. Le philosophe mort l'intérieur de sa joue. Ses mains tombent dans ses poches, pendant qu'il s’assoit sur le rebord de son bureau. Les paroles de Clio le touchent. Il n'avait que peu de lecteur, la plupart de ceux-ci étaient des universitaires, et l'autre part de son lectorat ne lui adressait que peu de retour. La plupart n'était d'ailleurs pas positif. « Oeuvre dépressive », « auteur à la pensée exaspérante », « Quand on prône le suicide, il faudrait parfois mieux passer à l'acte plutôt qu'écrire », « Un pessimisme écœurant », et plein d'autres. Et là, l'une des âmes les plus importante pour lui, si ce n'est la plus importante, lui adresse des compliments. Une flamme. Pourtant...

- C'est gentil, Clio. Mais, je pourrais rien tirer de ça. Peut-être un feu de cheminée, et encore. C'est bien trop... bas.

Un demi-sourire emplis de déception et de tristesse vient piquer son visage. Ce n'était plus du Chopin, tout juste de la musique d'ascenseur. Il sort un paquet de cigarette de sa poche, fait glisser un bâtonnet de nicotine entre ses lèvres, et l'allume. Non, ce n'était plus du Chopin. Tout juste de la musique d’ascenseur à ses oreille. Joshua était devenu un forçat de l'absolu. Et puis, de toute manière, écrire... à quoi bon ?

Son regard se tournait à nouveau sur la page coincé dans la machine d'encre et de tampon.

- Un point d'interrogation. Un banal point d'interrogation. Pourquoi donc ?

Et pourtant, plus il le regardait, plus il lui trouvait quelque chose à ce point d'interrogation. Comme-ci tout était compris dans ce signe de ponctuation. Comme-ci l'univers, dans tout ce qu'il englobe, ne se résumait qu'à ça. A un point d'interrogation. Mieux que de la musique d'ascenseur, mais loin de Chopin.

Le philosophe se redresse, et marche vers le bord du lit. Un coin de son crâne se souvient des veilles symphonie qu'il jouait. Les cordes du piano résonne dans une impasse de son oreille. Il tends le bras vers Clio, sa clope entre ses lèvres, encore. Ce n'est pas la main de Clio qu'il veut cependant, mais bien le tas de feuilles mortes qu'elle lui a volait. Il devait les rendre au feu.

- Ça ne mérite pas un livre et ça ne mérite pas qu'on s'y intéresse non plus, encore moins que les protège de la destruction. S'il te plaît...

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   30.11.15 14:37 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio ne savait pas pourquoi cela l’intéressait de savoir quelle touche il avait frappé. Sans doute avait-elle imaginé, dans une absurdité absolue, pouvoir tirer quelque chose de ce caractère craché sur une page blanche mais rien ne lui vient. Qu’est-ce qu’elle pourrait faire d’un point d’interrogation ? Qu’est-ce qu’elle pourrait lui demander de faire d’un point d’interrogation ? Rien. Sans doute parce que Clio n’avait pas un grand sens de la créativité, de l’imagination. Elle avait appris à garder les pieds sur terre, elle avait huit ans, comprenant que son père ne viendrait jamais les sortir de la misère. Clio avait bien eu à rendre quelques rédactions en cours et se contentait de notes moyennes, estimant qu’elle n’aurait jamais le talent nécessaire au métier d’écrivain. Tout ce qu’elle écrivait, elle le tenait des autres. Jamais d’elle, ce serait trop flagrant. Elle efface la question de Joshua d’un haussement d’épaules. Non, vraiment. Elle ne pourrait rien faire d’une interrogation. Il tend un bras vers elle pour récupérer les feuilles mais Clio est déterminée à les garder en sa possession. Elle tourne légèrement la tête, toujours posée sur ses bras en souriant.

« Puisque tu n’en veux pas et que tu n’aspires qu’à t’en débarrasser, laisse-les-moi. Je ne vois pas en quoi si ce serait si dérangeant que je les garde et que je m’y intéresse. Je ne vois même pas en quoi ce que tu as écrit est « bas » mais je ne me lancerai pas dans ce débat. Tu es aussi têtu qu’un tiroir coincé, Joshua ! »

Campant fermement sur ses positions, Clio n’abandonnera pas les pages au feu. Elle sait qu’elle peut les garder, les enfermer quelque part et les lui rendre quand il verra autre chose que la nullité à travers les pages. Puis, Clio a une idée. Juste un petit truc, comme ça. Elle ne peut même pas dire c’est utile ou si ça ne l’est pas. Il en fera ce qu’il en voudra, elle n’a rien à perdre. Elle enroule ses doigts autour de la main de Joshua et l’attire vers elle. Elle se déplace légèrement sur le côté pour lui laisser une place sur le lit.

« Je veux essayer un truc, d’accord ? Après, je ne suis pas… Enfin, je ne suis probablement pas la personne la plus apte à te sortir de ton ressentiment profond, toutes ces conneries, non. J’ai juste envie de dresser une liste. Une liste des choses que j’aime. Et tu vas me suivre dans ce délire parce que je refuse d’avoir l’air pitoyable seule – et si tu rigoles, je t’abats. »

Elle roule sur le côté pour se remettre sur le dos, écrasant quelques feuilles. Elle plie les jambes et croise les mains sur son ventre.

« Comprends bien que je fais ça pour toi. Pour t’obliger à te sortir les doigts du cul. Il y a forcément des choses que tu aimes, il suffit de les débloquer, entre tes idées noires qui n’aboutissent à rien sinon à te donner une matière sur laquelle te morfondre. Je suis persuadée que si tu trouvais une chose à laquelle tu tiens réellement, tu pourrais écrire le plus merveilleux des livres. »

Clio sourit vaguement au plafond, cherchant le point de départ de sa liste.

« Alooors… J’aime les méduses, quand elles nagent. Je trouve ça passionnant, relaxant. Elles sont là et… Et elles flottent. Elles se gonflent, se dégonflent et ainsi va leur vie. Honnêtement, je pourrais les regarder pendant des heures. J’aime prendre à la légère ce qui est sérieux et avoir des conversations sérieuses sur ce qui ne l’est pas. J’aime parler seule, pour dire des bêtises, et ne pas avoir à m’habiller décemment chez moi. J’aime quand un livre me fait peur. Oh, et j’aime l’odeur des savons pour hommes. »

La liste n'était pas terminée. Et sans doute ne le serait-elle jamais.


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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   03.12.15 0:00 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

« Human warmth and hot coffee »
ft. Clio Chartterton
part 12

Cent raisons pouvaient expliquer pour ces feuilles n'étaient pas dignes d'intérêt. De quoi dresser une véritable liste sur la médiocrité de ces écrits. Mais le philosophe demeure muet. Sa main retombe, légèrement. Clio ne lui rendra pas les hontes de sa plume. Il le lit dans ses yeux, il le sait : elle aussi est aussi têtu qu'un tiroir coincé. Et elle veut les préserver du feu... soit. Ces feuilles finiront par mourir de toute manière, d'une façon ou d'une autre. Les hommes partent, et les écrits ne restent pas. Demandez donc à Lucilius, il le confirmera. Un soupire franchis les lèvres du nihiliste. Une brise chaude se perdant dans la lumière nouvelle qui inondait cette chambre habituellement sombre. Qu'est-ce que Clio était en train de faire ? Pourquoi elle était là, sur ce lit, après avoir fait entré la lumière dans sa tanière ? Pourquoi lui prenait-elle la main ? A nouveau, la chaleur de sa peau contre son épiderme blême, pâle. C'est comme un choc thermique. Un nouveau choc thermique. Joshua regarde cette main autour de la sienne, qui le tire vers le lit.

Cette main ne le tire pas vers le lit, non.
Elle le tire pas « vers », mais « de » quelque chose.
Elle le tire de ses ténèbres ?

Il s’assoit en silence, et le contact de leurs mains se cassent. Il est sur le bord du lit, le dos voûté, les mains jointes, les avant-bras sur les cuisses. Et le regard, le regard, perdu dans les quelques ombres qui résistaient à la lumière. Pourquoi Clio s'intéresse à lui ? Il n'y a bien que les gens ayant quelque chose de fêlé en leur âme pour s'intéresser à lui. Est-ce qu'elle jouait... les infirmières ? Il tourne la tête vers elle, devine la silhouette de son corps plus qu'il ne la voit. Elle a roulé sur le dos, ses jambes sont pliés, ses mains sur son ventre. Il l'écoute. Les méduses tout d'abord. L'on pouvait voir toute sorte d'animaux nager autour de Pélagia, dans ces eaux noires, ces eaux abyssales. Clio retenait les méduses qui se gonfle et se dégonfle. Joshua comprends cette fascination. Il ressentait la même chose lorsque, la nuit, il observait les organismes luisant tourner autour de cette sphère étrangère à ce milieu. C'était son ciel, et ses étoiles, à lui. Son ciel. Ses étoiles.

Un silence. La rousse suspends sa liste. Le nihiliste comprends que c'est à son tour. Son regard retourne dans les ténèbres. Son regard fond dans les ténèbres. Le silence s'allonge, pendant qu'il attrape l'intérieur de sa joue entre ses dents. Joshua pense. Il plonge. Pas dans les ombres, mais en lui. Il plonge, ou plutôt, il est là, en haut du plongeoir, à contempler l'eau sous ses pieds, mais sans se jeter. Le plongeon lui permettrais de connaître les profondeurs. Il connaissait les profondeurs de sa caverne mentale. Les profondeurs du lac de son cœur étaient différentes. Elle l'effrayait davantage, sans doute. Ainsi, de toute sa hauteur, regardait-il la surface des eaux.

« J'aime l'odeur de l'encre, et celle de la cigarette. J'aime marcher, la nuit, lorsque la plupart des gens dorment. J'aime le calme et le silence de ces nuits. J'aime lire, inévitablement, et l'odeur des livres, encore une odeur. J'aime le café aussi. Le café est noir, et amer. Noir, amer. Cela me fait penser à l'univers. A l'espace. L'espace... »

Un frison fait trembler son être. Dans son esprit, une fresque se dessine. Un fond noir, et des scintillements de lumières, plus ou moins timide, autant qu'il en est d'observable à l'oeil nu. Le noir est omniprésent. Pourtant, si l'on agrandis un fragment de noir, pris entre deux étoiles, d'autres scintillement apparaissent. Et si l'on recommence, de même. Et si l'on recommence, de même. De même. De même. De même. Joshua frisonne à nouveau. Parmi les millions d'étoiles minuscules venant de défiler dans son esprit, l'une est le soleil. Et autour de ce soleil, plus minuscule encore, gravite la terre. Et sur cette terre, une sphère, perdue dans l'océan, comme une mise en abîme, une mise en abysse. Les doigts de Joshua se crispent, à s'en briser les os. Le philosophe prends une grande inspiration, et expire, contrôlant un troisième frisson, venant comme une troisième vague percuter les récifs.

Joshua s'allonge, à côté de Clio.
Son regard se perds dans le plafond.
Un plafond irradiait par la lumière.

L'univers étouffe dans le silence.
L'univers nous adresse son silence.
Le silence est la réponse aux questions que nous lui adressons.

L'univers étouffe dans le silence.
Mais dans la tête de Joshua, quelques notes...
Chopin. Nocturne, en mi bémol, op.9 No.2
Ronde binaire.
A, A, B, A, B, A avec Coda.

« J'aime la musique, Clio... »

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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   24.06.16 16:16 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Le principe était clair. Tout le monde aimait quelque chose. Tout le monde aimait des choses communes comme la glace au chocolat ou l’odeur du café au petit-déjeuner. Puis, il y avait les choses un peu moins communes. Un peu plus personnelles. Comme les méduses. Comme les jupes crayons. Comme le roulement de la boule de Captain sur le parquet. Elle observe le plafond en écoutant Joshua se perdre dans ce qu’il aime. L’encre, la cigarette, la nuit, le calme, le café. Clio aussi aime le café et l’odeur de la cigarette. Puis, Joshua se tait et s’allonge à ses côtés. A quoi pense-t-il ? Réfléchit-il ? Où donc son esprit en constante ébullition erre-t-il ? Quoiqu’il en soit, ils ne parlent pas. Ni elle, ni lui. Ni personne. Il y a bien la rumeur dans la rue, les personnes qui passent, qui crient. Les personnes qui vivent. Alors pourquoi trouve-t-il plaisant de faire le mort ?

Puis, il aime la musique aussi. C’est vrai qu’elle aussi, elle aime la musique. Et elle aime danser, également. Quand elle était plus jeune, elle aimait aller danser dans les bals populaires du Niveau Trois avec des amies. Elle aimait mettre une belle robe et siroter des limonades en riant devant les garçons qui faisaient les pitres pour les séduire. Maintenant, elle n’avait plus le temps d’aller danser. Elle passait ses soirées au boulot et ses journées dans son appartement. Sa ville était bien trop organisée que pour pouvoir se permettre d’aller danser. Clio se redresse, s’appuie sur ses avant-bras. Elle regarde Joshua en souriant bêtement. C’est une bonne nouvelle ! S’il aime la musique, tout n’est pas perdu !

« Mais c’est parfait, ça ! Pour ne joues-tu pas plus de musique ? Pourquoi n’écoutes-tu pas plus de musique ? Tu pourrais même… Bon, je ne sais pas si ça se fait, hein. Mais… Mais tu pourrais écrire avec de la musique ! … Je dis ça mais je n’en sais rien, après tout. »

Elle hausse les épaules et se redresse complètement. Elle dégage sa montre de la manche de son chemisier et observe l’heure. Si elle reste ne serait-ce qu’une demi-heure, elle finirait par arriver en retard au travail. Elle repousse une mèche derrière son oreille.

« Je suis désolée de te dire ça, Joshua, mais il va falloir que je parte. Le temps que je remonte dans le Niveau Un, il sera presque quatre heures et je commence à cette heure-là, aujourd’hui. Le temps de tout remettre en place, correctement dans l’ordre, de remonter des caisses de l’arrière-boutique, il sera cinq heures et je serai derrière le bar. »

Clio escalade Joshua, repose ses pieds sur le sol et se dirige vers le salon où elle a abandonné ses chaussures en arrivant. Elle s’assied dans le fauteuil, relace ses chaussures et récupère ses affaires comme sa veste, son sac à main. Elle fait face à Joshua.

« Je te laisse. Ça te va ? Tout va bien se passer ? Tu vas survivre sans ma présence ? Au pire, si tu tentes le suicide, noies-toi dans l’alcool. Tu sais où passer si tu veux te noyer dans l’alcool. On en a de toute sorte au bar. »

Elle dépose une main sur l’épaule de Joshua, se dresse sur la pointe des pieds et embrasse la joue de son ami.

« Porte-toi bien, Joshua. »



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MessageSujet: Re: Mars 125 - Human warmth and hot coffee - [Clio]   24.06.16 17:07 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

HW&HC- Human warmth & Hot Coffee -

Joshua Wells

Clio Chatterton


Clio s'évapore. Son parfum demeure, flottant entre la poussière et les effluves de caféine. Il le respire, alors qu'elle a déjà franchi la porte, après avoir déposé un baiser sur sa joue blafarde. Il brûle, là, encore, sur sa peau, alors qu'il est seul au milieu des ténèbres depuis de longues minutes. Cette chaleur était douce, agréable. Une caresse chassant la morsure du froid. Même sa proposition de noyade était douce. Plonger dans des eaux alcoolisés, descendre aux abîmes, et de l'éther éthylique ne jamais remonter. Alors que la main de la jeune femme glissait de son épaule, il n'avait répondu à ses gentillesses que d'un sourire. Un sourire sincère, un sourire de joie. Clio avait fait office de grenade lumineuse dans cet appartement. Comme à chaque fois. Les photons se répercutaient sur les murs délabrés du logement, et ses pupilles étaient encore aveugles. Les chairs de son désespoir, par endroit, n'étaient plus que lambeau. Des billes, sous l'explosion, s'était logé en lui, et le blessait, l'affaiblissait. La cage thoracique du philosophe s'ouvrait, et il respira. Une grande bouffé d'air frais vicié par le désordre mais bonifié par les restes de ce parfum... Clio était une muse, et bien davantage. Une infirmière pansant les plaies de son âme. Une brise matinale. Un rayon de soleil en hivers. Une sonate au clair de lune.

La musique.

Son enfance durant, il avait vu sa mère écrire de la musique. Il l'avait suivit de concerto en concerto, dans les balcons privées, dans les carrés d'or, et la regardait jouer de longues heures devant des centaines d'autres amateurs. C'était encore les seuls instants où il sentait une connexion entre lui et sa mère. Par les éthers de la musique. Mais l'un en face de l'autre, il n'y avait rien. Pas d'élan, pas de cœur, par d'amour. Il n'avait pas souvenir qu'il n'y en ai jamais eu, d'amour. Pas même lorsque, durant de longue après-midi, elle l'exerçait au piano, au violon. Ce n'était pas tant pour le plaisir de transmettre son art, ce n'était pas tant pour partager un moment en famille, ce n'était pas tant pour le voir briller... que pour qu'il ne soit pas aussi médiocre que tout les autres. Elle haïssait la médiocrité. Il le ressentait souvent, lorsqu'il jouait une note fausse, qu'il s'écartait involontairement de la partition, qu'il brisait une harmonie, ne tenait pas une blanche, ne respectait pas une croche... Il le ressentait, et le sentait. On lui faisait passer le goût de l'erreur. Amèrement.

Mais ce n'était plus l'ombre de sa mère qui lui venait alors.
Mais la lumière du visage de Clio.
« Pourquoi ne joues-tu pas plus de musique ? »

Joshua attaqua sa bibliothèque. De nombreux livres poussiéreux qu'il poussa, installa sur d'autres étagères, par terre même. Il batailla avec le papier, l'encre, et la poussière. La littérature, la philosophie... aucun art ne se suffisait. Il lui fallait l'impulsion des autres arts. Pas de mots sans notes. Pas de peinture sans danse. Il attrapa un vieil étuis qu'il tira hors du bois de son étagère. Il le posa sur sa table basse, entre plusieurs revues critiques et quelques ouvrages théoriques. Les fermoirs avaient légèrement rouillé. Il les ouvrit avec difficulté. Clac. Clac. Il ouvrit l'étui.

Son vieux violon.

Il retoucha les cordes, les tendit, les pinça, surveilla le son qu'elles pouvaient émettre. Il prit l'archet, le porta sur les cordes, et les caressa. Le violon commençait à pleurer au milieu des pages, des histoires, des pensées, et de la poussière.

Une Rhapsody de plénitude dans laquelle il se reposa.
Merci Clio.


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