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Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]
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 Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]



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MessageSujet: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   14.08.16 23:29 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Tadeusz marche. Tadeusz inspire. Tadeusz expire. Tadeusz vie. Mais Tadeusz grelotte. Tadeusz est lent extrêmement lent. Tadeusz siffle, siffle quand il respire, quand ça respire, sa gorge lui fait mal, mais le pire, le pire c'est le feu dans ses poumons, son torse. Un feu insensé et fou qui l'a pris au hasard, une nuit, un jour. Sa peau est pâle, habituellement et il l'est encore, plus cadavre que chair. C'est le rouge de ses joues qui fait douter, qui donne de la vie à son corps. Son corps, son corps si douloureux.

Tadeusz se traîne, à vrai dire. Il ne marche pas. Il ne court pas, et pourtant il court tellement souvent. Il n'expire pas, non, il crache la vie par ses lèvres tremblotante. Tadeusz sent la mort. Venir dans ses côtes, son ventre, ses tempes, son esprit et si blanc qu'il marche. Il a l'impression que quelque chose le tue, de l'intérieur. Et l'exagération est infime, vraiment, il jure, il crache, il siffle. Il a besoin de se reposer quelque part. De pouvoir se couvrir et s'allonger. Chez Seis il y a trop de gens. Et il y a les chats. Les chats qui miaulent. Les chats qui griffent. Les chats qui font peur dans la nuit. Les chats aux yeux fous. Et Seis est un gros chats barbu. Et il ne l'a pas reconnu dans son délire. Il a fuit, il est parti. Il a cherché Clio, mais il ne pouvait pas se permettre d'y aller. Pas si faible. Démunis. Un endroit sûr. Tranquille. Chez Eze il y a ses parents. À l'Opale il y a Pelagia et Cal, et Ellis et Nine. Si gentille Nine. Mais il y a Eve aussi.

Eve. Il avait dit que c'était par là. Il, c'est Ezekiel. Et Eze avait dit que c'était là bas, parce qu'il sait, parce qu'il connaît par cœur le chemin de sa maison jusqu'à l'Opale. Peut-être qu'il connaît aussi par cœur son salon. Les garçons sont nuls, Dieux. C'est qu'il souhaiterait être un poisson. Un hippocampe. Parce que les filles sont aussi nulles. Il ne veut pas devenir débile comme lui et comme tous les autres débiles de l'Opale. Le moins bête c'est Seis, Seis qui ne mange pas assez. Seis qui ne dort pas la nuit. Seis qui a des cernes et des creux dans les joues. Seis qui est un chat barbu. Mais tout se mélange dans sa tête il ne sait plus, il ne sait pas c'est le monde autour de lui qui coule et il a si mal. Une quinte de toux qui lui arrache une autre quinte et ainsi de suite. Dieux le feu, le feu dans ses poumons. Il siffle, il siffle quand il respire et il sait que c'est pas normal. Sa maman avait l'habitude de le veiller et lui caresser la tête, de lui mettre un peu de pommade sur le torse pour que ça respire mieux. Une pommade à la menthe. Et elle disait que tout irait bien demain. Que la fièvre disparaîtrait et le mal aussi. La souffrance. Parfois sa Maman lui mettait un peu de l'essence qui fait dormir, juste un peu et elle veillait son sommeil. Elle restait là.

Mais sa maman n'était plus là. Et il était bientôt trop grand pour qu'on veille sur son sommeil. Il pleure, il pleure. Il s'accroche à la porte. La Porte d'Evie. Il toque. Seis ne veillerait pas sur son sommeil comme elle, elle le ferait, parce que Seis n'est pas sa maman, même si parfois il se comporte comme tel. Surtout que dans ses yeux déformés par la fièvre il est un gros chat effrayant si effrayant, alors il s'est enfuit. Il a courru. Un peu mais, mes ses poumons en feu se sont mis à brûler à l'écorcher. À faire siffler la respiration. Il sut tellement. Ses mèches se collent à son front et son nez coule affreusement. Il a l'air si petit, tellement petit dans ses vêtements quinze fois trop grand. Il toque encore.

C'est Eve, Evie, comme il l'appelle. Une fille nulle. Plus nulle que les autres avec du joli maquillage, des jolies cheveux et des vêtements trop beaux. Trop nulle, Evie, c'est qu'il a peur si peur d'Evie. Mais sa maman était aussi belle qu'Evie et il se raccroche à cette pensée. Quand elle ouvre la porte il se remet à pleurnicher :

 « Ah. Mal. Si mal. » Il entre, mais il titube, se cache sous la table accroupit. Il n'ose pas fixer son visage, si jamais elle se transformait en chat elle aussi. « T'as passé l'âge d'appeler ta mère » C'est ce que sermonnait sa belle-mère quand il était malade et qu'il l'appelait. « Toute façon elle est morte, elle te répondra pas. Faut que tu grandisses, d'ailleurs on en a parlé ton père et moi.. » Et la suite, il en a trop pour y penser alors il oublie, frotte son visage est renifle bruyamment. Il essaie de rester silencieux. Il voudrait pas qu'on le mette à la porte. Il renifle fort, la bouche toujours entrouverte pour dire :  « Mal. Pour respirer. Aide-moi. » Il supplie. Il voudrait appeler sa mère et dans sa vision déformée, Evie elle se transforme. Elle a les cheveux blonds et courts et elle devient encore plus belle il l'appelle en pleurnichant :  « Maman. » Mais maman ne reviendra pas.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 9:13 par Eve BeresfordCiter Editer Supprimer 

On dormait beaucoup moins bien au niveau 3 qu'au niveau 1, c'était un fait. Pourtant Eve était restée dans cet étroit et minable meublé plutôt que de rentrer chez elle. Elle n'avait pas eu le courage de remonter, pas plus que celui de sortir, d'arpenter les rues et les bars à la recherche de sa prochaine âme à collectionner pour la Compagnie. Elle avait eu envie de paix soudain et d'échapper encore un peu plus à qui elle était. Qui elle était... C'était amusant. En réalité, elle n'était rien ni personne. Elle n'appartenait à aucun des mondes qu'elle fréquentait. Et c'était précisément cette absence de place définie qui la maintenait hors des normes et des sentiers battus qu'elle abhorrait. Elle pouvait être qui elle voulait, aujourd'hui comme demain.

Elle admirait ses ongles de pieds fraîchement vernis de rouge vif quand elle entendit des pas lourds dans l'escalier. L'immeuble n'était pas aussi bien insonorisé qu'on aurait pu l'espérer mais rien de surprenant à ce niveau et pour ce loyer. Tendant l'oreille, curieuse, elle se demanda laquelle de ses voisines recevait un ami tardif et peu discret. Les coups qui s'abattirent sur sa porte accompagnés de râles à peine humains la firent bondir. Elle n'attendait personne ! Non qu'elle ait peur ou qu'elle n'aime pas les surprises mais le bruit étrange l'inquiétait. Enfilant le gracieux déshabillé assorti à sa longue chemise de nuit de soie bleue, elle en noua les rubans tout en vérifiant son reflets dans le miroir accroché au-dessus de la commode. Pour une femme légère réveillée au milieu de la nuit, ça conviendrait parfaitement.

- Qui est là ? S'enquit-elle en approchant du battant encore clos.

Pas de réponse si ce n'est quelques souffles pénibles. Une bête blessée ? Mais il n'y avait pas d'animaux sauvages qui trainaient au dernier étage des immeubles du niveau 3, sauf dans ses cauchemars. Les pieds chaussés de délicates pantoufles de satin blanc, elle déverrouilla la porte et entrouvrit le battant pour jeter un coup d'oeil sur le palier. Son coeur rata un battement à la vue de la silhouette effondrée contre le montant et elle s'empressa d'ouvrir grand cette fois. Que risquait-elle après tout ? On n'était jamais vraiment seul, par ici. Et Jemima, la fille qui vivait en face, gardait une arme dans son tiroir de lingerie, elle la lui avait montrée. Dans le pire des cas, elle pourrait toujours crier.

À peine eut-elle poussé le battant que la silhouette s'engouffra chez elle et tituba jusqu'à aller se ramasser sous la table comme un animal blessé. Encore cette image ! Elle n'avait pas été loin de la vérité. Elle avait eu le temps de reconnaître son visiteur toutefois, même avec difficulté. Les longueurs dorées l'y avaient aidée naturellement, ainsi que l'allure dégingandée, le parfum douteux des fleurs masquant celui de la peau mal lavée et les vêtements peu adaptés. Tadeusz. Il fréquentait l'Opale. Il était sous la protection de Seis et un ami d'Ezekiel. Oui, elle le connaissait et c'est ce qu'elle répondit à Jemima qui était sortie sur le palier s'enquérir du raffut.

- C'est mon petit frère, il est malade, lui chuchota-t-elle en repoussant la porte.

La surprise passée, le sang-froid reprenait le dessus. Eve aimait à se croire pragmatique et organisée. Les filles comme Jemima et ses voisines craignaient la maladie qui pouvait les empêcher d'exercer leur activité. Or une nuit sans client était un lendemain sans pain pour la plupart d'entre elles car la majorité de leurs gains passait dans le loyer de la chambre indispensable pour recevoir et avoir quelques heures de paix. Repoussant le verrou, elle vint lentement s'accroupir devant la petite table sous laquelle s'était réfugié le jeune homme et le considéra d'un oeil inquiet. Il avait mal, du mal à respirer, il transpirait son délire et ses yeux brûlaient de fièvre. Un instant, elle se prit à regretter son appartement du niveau 1 où un gracieux cabinet chinois renfermait essences et remèdes de toutes sortes dans ses tiroirs secrets. Ici, elle n'avait que le strict nécessaire et ses compétences étaient fort limitées.

- Tad, c'est moi, Evie,
lui souffla-t-elle doucement en tendant une main ouverte. Viens te coucher, je vais t'aider.

"Maman" l'avait-il appelée. De nouveau, son coeur avait battu plus fort. Il était vraiment mal en point. Délirant. Il fallait avant tout qu'elle réussisse à le faire sortir de sous la table et à le mettre au lit. Là, elle pourrait décider comment l'aider et quoi faire.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 17:43 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Devant lui, il voyait l'improbable probablement se produire. Arriver. Elle respirait. Elle bougeait. Sur sa bouche passait d’innombrables mots, jurons ou exclamations de joie. Il essayait de se concentrer, mais tout était trop flou pour qu'il puisse capter avec précision chaque détail de son visage. Ses cheveux blonds se ternissaient parfois puis reprenait leur couleur. Partagé entre l'horreur  de la disparition et l'émerveillement de l'apparition.

Tadeusz guette, même dans le silence ou du moins l'espèce de silence de ouate dans lequel son esprit tend, il attend. Va-t-elle se pencher ? Va-t-elle l'étreindre ? Pourras-t-il lui dire combien elle lui a manqué ? Les secondes sont un flottement doux dans lequel il aime se reposer. Malgré la brûlure dans sa poitrine, le sifflement de sa respiration et la nuit. La nuit, si opaque et affreuse qu'il pourrait disparaître dans le rêve fébrile dans lequel il est enfermé. La sueur perle toujours à son front, même sa chemise lui colle dans le dos, mais le vent artificiel fini de le faire frissonner de froid.

Puis, elle se penche, s'accroupit. Elle l'appelle, mais ce n'est pas son nom. Elle ne l'appelle pas par son nom. « Tad » qu'il entend, il fronce les sourcils, parce qu'elle ne l'appelle pas comme ça, elle. Il frotte ses yeux, s'approche un peu. Et puis quand elle le dit la magie s'estompe. La déception se niche dans son ventre. C'est Evie.


Il entrouvre la bouche, puis la referme. Elle dit qu'elle va le mettre au lit. Il secoue la tête. Il jette un regard fou autour de lui comme s'il voyait le séjour pour la première fois.

 « Et si les chats me trouvaient? »  Chuchota-t-il, dans un souffle douloureux si douloureux. Mais il se rappelle que Evie n'a pas de chat. Il lui avait dit qu'elle n'en avait pas. Il tend de bras en avant, se traîne tapote son visage, un joli visage et des cheveux. De longs cheveux bruns qui encadrent son visage. Même ses yeux son différents. Il pleurniche :  « Tu n'es pas ma maman. Elle n'est pas revenue. » D'ailleurs cette dame là à les cheveux trop long pour être comme ceux de sa mère. Trop sombres. Il secoue la tête et laisse de nouveau choir ses mains moites sur le sol. Ses yeux s'agrippent à ses vêtements. Des jolis vêtements de dames. Ça lui rappelle sa belle-mère et son père. Et s'ils venaient le chercher ? Il s'agite et se recule. Elle lui avait dit qu'il terminerait comme ça. Que c'était mieux pour tout le monde.

Alors il secoue la tête, encore. Et il dit :



« Il faut promettre que tu ne les appelleras pas. Sinon ils vont m'envoyer là-bas tu comprends ? Tu comprends? Pas chez Seis non plus. Je crois que les chats de Seis ont mangé Seis. Je ne veux pas qu'ils me mangent. Je ne veux pas qu'ils mangent Seis. » S'emportait-il à mesure qu'il reculait, sur deux bras tremblants. L'effort lui arrache une quinte violente qui lui secoue les poumons, il a si mal, si mal et cette chemise.  « Promets et je sors. Promets et je viens. » Insistait-il, cognant sa tête contre l'un des pieds.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 18:46 par Eve BeresfordCiter Editer Supprimer 

Eve put lire sur les traits ravagés de l'adolescent le moment où il comprit qu'elle était elle-même et non l'image de sa mère qu'il appelait de ses voeux enfiévrés. Si elle trouvait surprenant qu'il soit venu chez elle, où il n'était jamais venu auparavant et alors qu'il se trouvait si mal, elle avait repoussé les questions de son esprit pour se concentrer sur son état. La fièvre le faisait délirer, de toute évidence, comme le lui confirma sa remarque sur les chats. Drôle d'idée. Mais il était inutile de contrarier un enfant dans cet état.

- Je ne laisserai pas les chats entrer...

Avant qu'elle poursuive, il s'était mis à tâter son visage et l'accusa amèrement de ne pas être sa mère. Désolée de le voir s'effondrer et pleurnicher, elle se mordilla la lèvre. Elle n'avait pas cessé de lui tendre la main. Même lorsqu'il recula en se recroquevillant sur lui-même, elle n'arrêta pas de laisser sa main à portée de la sienne pour qu'il la prenne. Sa toux était mauvaise, elle avait mal pour lui et s'il pouvait cesser de se cogner la tête. Grands dieux, il allait empirer son état à ce rythme-là.

- Je te le promets, répondit-elle un peu précipitamment parce qu'elle ne supportait plus de le voir si mal en point.

Elle n'osa pas approcher ni le toucher, préférant le laisser venir de lui-même, mais s'il ne se décidait pas, elle allait devoir faire autrement. Elle devait encore tenter de le convaincre quelques instants toutefois.

- Personne ne sais que tu es là, je vais m'occuper de toi, d'accord ? Je ne laisserai personne venir te chercher ni aucun chat entrer, tu as ma parole.

Dans sa tête, elle faisait déjà des plans pour lui : le coucher dans son lit déjà et après l'avoir débarrassé de ses habits sales, estimer sa fièvre ensuite et s'il avait d'autres maux que la toux. Elle trouverait bien quelque chose pour le soulager dans ses affaires même si elle avait peu d'affaires dans cette pièce unique. Le lit était juste derrière elle, si elle pouvait l'y conduire et l'y mettre à l'aise, elle avait la sensation que tout serait plus facile alors. Il allait avoir besoin de boire beaucoup, de l'eau ou des infusions. Ça c'était facile, mais pour le reste... Peut-être pourrait-elle envoyer Jemima lui chercher ce qui lui manquait en échange de quelques Pels ? De la soupe chez la logeuse peut-être, et un onguent pour l'aider à respirer... Elle allait y réfléchir. Oui, dès qu'il serait couché dans son lit, elle lui rafraichirait le visage et elle y verrait plus clair.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 19:27 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Il attendait, essayant de calmer ses pleurs, frottant de temps à autre son visage avec sa manche. Il se sentait si las ! Peut-être que si elle laissait les chats entraient se seraient plus facile. Peut-être pas. Est-ce qu'ils allaient être en colère ? Qu'il soit parti. Mais il ne pouvait pas rester là-bas. Il y avait les chats, Seis. Et le gros chat. Peut-être qu'il y en avait d'autres là-bas. Il y a toujours trop de monde chez Trois-Jambes. Peut-être que eux aussi ils s'étaient fait manger ? Il secoue la tête. Inquiet. Il s'agite, se cogne encore. Il faudrait qu'Evie aille voir s'ils vont bien là-bas à l'Opale. Il faudrait, parce qu'ils sont importants les autres et si les chats les ont mangé eux aussi ? Penser à ces idées toutes plus angoissantes les unes que les autres ne l'aidait certainement pas à aller mieux.

Alors il se concentre. Il se concentre, Tadeusz et il attend. Elle dit qu'elle ne laissera pas les chats entrés. Qu'elle promet. Il répète silencieusement. Elle promet. Alors il s'avance de nouveau, enfin, il se traîne plutôt. Il s'immobilise, la main à portée de la sienne et la fixe, méfiant. Il n'oublie pas qu'Evie est une fille. Et que les filles c'est nul. Mais depuis qu'il sait que les garçons aussi peuvent être nuls, ce n'est pas important. Ce n'est plus très important. Sa main tapote la sienne. Il oublie parfois qu'Evie est plus petite et qu'il est plus grand. Qu'il la dépasse. Souvent parce que Evie est trop adulte pour lui. Tout le monde l'est, dans son entourage et personne ne peut plus comprendre. Plus rien partager. Avec lui. Et la solitude qui en résulte lui donne du chagrin.

Il se rappelle alors que c'est un peu la faute d'Evie et il hésite. L'adolescent hésite tellement. Est-ce qu'elle le laisserait repartir s'il le lui demandait ? Avait-il la force de se traîner ailleurs ? Et pour se traîner où ? Mais alors que le blond est sur le point de lui dire qu'il a changé d'avis, il se rappelle que dehors il y a les chats. Et il y sa famille. Pas celle qui compte. Celle qui compte n'est plus là depuis longtemps. Et ça lui arrache de nouveau un sanglot. Un sanglot qu'il tente de renifler, mais ça le fait tousser alors il essaie d'inspirer et d'expirer correctement. De ne plus penser.

Et c'est facile, si facile quand on a l'esprit aussi embrumé que lui. Il frotte son visage tout collant avec le tissus de sa chemise. Propre de ce matin. Mais si collante et pleine de sueur. Et d'ailleurs il était censé prendre son bain chez Seis. Il s'agite. Mais Seis a été mangé par les chats et c'est transformé en chat.

Alors tout bien réfléchis il s'avance encore et tend les bras un instant pour qu'elle l'emporte, avant de se rappeler qu'il est trop grand et qu'elle n'est pas sa maman. Il dit :

 « Je vais venir, tout seul. » Précise-t-il. Il tapote gentiment la main. S'extirpe de sous la table. Tadeusz regarde autour de lui. S'immobilise sur ses deux genoux en fixant les coins, à la recherche d'yeux brillants dans la nuit.  « Pas de chat. » se répète-t-il pour se rassurer. Ses phrases sont courtes, mais il n'a pas le souffle nécessaire pour répondre plus. Sa respiration est toujours sifflante, mais l'angoisse, la boule qui lui serait la gorge et lui donnaient mal au ventre semblait moins importante. Plus supportable. Il attrape la main d'Evie, la sienne est toujours moite et collante, trop faible pour s'accrocher, mais le pire qu'il pourrait arriver maintenant c'est qu'elle le laisse seul.  «Je suis là. J'ai promis moi aussi. »  Et Tadeusz tient toujours ses promesses.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 20:09 par Eve BeresfordCiter Editer Supprimer 

Enfin les choses semblèrent s'arranger, l'horizon s'éclaira pour Eve qui commençait à avoir mal aux genoux à force d'être accroupie et le front contre le plateau de la table. Elle recula pour lui laisser la place quand il annonça qu'il allait sortir, puis se redressa avec un soupir de soulagement. Ses gestes restaient lents et empreints de douceur, elle craignait de l'effrayer encore. Même s'il était un adolescent maigre et fiévreux, elle n'aurait pas la force physique pour l'extraire de sa cachette s'il n'y mettait pas du sien. Et s'il s'évanouissait, elle n'était pas certaine de réussir à le mettre au lit. Rassurée de le voir ramper de sous la table donc, elle continuait de sourire gentiment en attendant qu'il soit assez confiant pour se redresser à son tour.

- Pas de chat, lui confirma-t-elle calmement.

Il attrapa sa main alors et elle sentit l'angoisse enfler en elle. Il était véritablement brûlant. Elle fit de son mieux pour masquer son inquiétude et lui sourit encore en serrant gentiment sa main.

- Ça va aller, maintenant. Je vais m'occuper de toi, d'accord ?

Question de pure forme parce qu'il n'était pas question de le laisser repartir à présent, pas tant qu'il n'irait pas mieux. Tirant doucement sur sa main, elle le mena vers le lit pour le faire asseoir au bord et s'agenouilla à ses pieds.

- Je vais t'aider à te mettre au lit pour que tu te reposes et puis je t'aiderai à mieux respirer.

Encourageante et douce pour ne pas qu'il s'effarouche, elle commença à dénouer ses lacets et se prit à penser combien la situation était inhabituelle pour elle. Non pas le fait de déshabiller un jeune homme, pour ça elle était rodée, mais s'occuper d'un adolescent malade en revanche, c'était totalement hors de son domaine de compétence. Quoique, à bien y réfléchir, ce n'était peut-être pas si différent. Simplement cette fois, elle lui venait en aide par gentillesse, par inquiétude, parce qu'il était adorable et perdu. Peut-être aussi un peu pour Seis et Ezekiel. Les chaussures glissèrent au sol et elle se releva pour aider Tadeusz à se débarrasser de ses quelques vêtements collants et sales.

- Je vais te donner une chemise pour que tu sois à l'aise pour dormir, dans quelque chose de propre et frais.

Elle avait déjà ouvert le lit à côté de lui, il n'aurait plus qu'à s'y glisser une fois prêt et elle l'aiderait à se caler contre les oreillers.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   15.08.16 23:36 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Lorsqu'elle tira sa main, délicatement, il ne broncha pas. Ou peut-être que si et c'était ses bronches qui protestaient quand il respirait ? Qui sait, sa mère lui avait déjà expliqué un jour qu'il fallait qu'il fasse attention et que toutes les maladies qui viennent se nicher dans ses poumons pouvaient être dangereuse pour lui. Ce n'était pas grave d'habitude. Parfois il avait un peu de mal à respirer quand il courait trop vite, d'un coup, mais il s'y était habitué, il s'amusait à courir longtemps, mais pas trop vite. Quand ça siffle il dit rien et reprend son souffle. Depuis qu'il ne vivait plus au-dessus du toit ça allait mieux. Beaucoup mieux. Mais avec novembre la maladie revenait toujours trouver ses poumons. Toujours.

Alors Tadeusz suit Evie. Il n'a même pas l'impression de marcher, de faire un effort. Il n'a plus la tête à ça. De toute façon, il n'a plus la tête à rien. Même pas à s'inquiéter. Pour les autres. Pour les chats. Parce qu'il sait qu'il n'y en pas et qu'il n'y en aurait pas. Ici. Il était à l'abri. Et c'était tout ce dont il était certain.

Ils s'arrêtent. Elle le fait s'asseoir sur le lit. Il tente d'esquisser un sourire. Pense furtivement qu'elle l'a mal jugé et qu'elle est plus gentille qu'il ne l'avait imaginé. Il se dit aussi, que, Eze ne serait pas tombé amoureux d'une fille méchante. En pensant à ça son petit cœur d'oiseau se sert. Parce qu'il se souvient qu'il était encore un peu fâché avec lui et qu'il s'excuserait peut-être s'il y repense. Après. Quand il ira mieux. Il rouvre les yeux parce qu'il se rend compte qu'il les avait fermé.

Et il voit Evie l'aider à enlever ses chaussures. Il hoche la tête et balbutie un :

Merci Faible, mais reconnaissant.

Cependant, quand il prend conscience de ce qu'elle s'apprête à faire le blond s'agite. Il voudrait protester : je suis assez grand pour me débrouiller seul. Mais son souffle est toujours trop fou et sifflant. Alors le blond secoue la tête jusqu'à ce que sa tête commence à tourner et qu'il perde un instant le fil. Le fil.



Tadeusz regarde Evie, enfin il essaie de voir son visage flou et lui rappelle :  

 « Tu as promis d'accord ? Tu ne dois rien dire à personne, pas même à l'Opale sinin ils sauront que je suis là. Et les chats aussi. » Il tourne la tête enlève ses fleurs dans ses cheveux et toutes ces choses qui servent habituellement à lui donner une meilleure odeur. Il se doutait que ça ne devait servir à rien et que l'odeur de transpiration devait être insupportable. Il balbutie :

 « Pardon. Je devais prendre un bain là-bas. Mais il y a les chats. Les chats qui ont mangé Trois-Jambes ! » Le délire le reprend, ou peut-être qu'il ne l'a jamais quitté ? Tadeusz se concentre essaie. Il enlève sa tresse désordonnée pour relâcher ses cheveux et tente de se lever pour enlever son pantalon.  « Un bain ? » Mais il titube se rassoit. Peut-être que c'était une mauvaise idée de venir ici. Il se sent mal à l'aise quand il se rend compte qu'il n'a plus rien sur la peau à par un pantalon. Il plaque ses mains devant ses yeux pour les frotter et se remettre à pleurnicher son mal. Mais quand il fait ça il a peur de ne plus voir Evie. Elle pourrait s'en aller et le laisser tout seul. Il souffle  « Tu vas rester avec moi, promis?

Il n'y avait rien de pire pour lui que la solitude.



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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   16.08.16 21:06 par Eve BeresfordCiter Editer Supprimer 



- Ne t'inquiète pas, je t'aiderai à te laver pour que tu te sentes mieux. Il faut déjà que tu te mettes au lit. Viens...

Elle l'aida à se remettre debout et lui enleva son pantalon cette fois comme si elle déshabillait un petit enfant. Ses gestes étaient sans équivoque, sans sous-entendu, sans rien. Elle était juste douce et calme quand elle allongea Tad dans son lit sur une serviette drapée là juste avant. Elle trouva une chemise de nuit simple et blanche sans dentelle ni fioritures, presque un peu masculine, et la posa à la tête du lit. une toilette, maintenant, l'odeur n'était pas supportable et les malades transpiraient beaucoup, il se sentirait mieux après ça. Elle apporta une bassine d'eau tiède et un linge qu'elle posa sur le chevet puis s'assit de nouveau au bord du matelas et prit la main de Tad entre les siennes.

- Je reste avec toi, c'est promis. Et je ne dirai rien à personne tant que tu ne le voudras pas. Personne ne te trouvera.

Souriant encore, elle lui tapota gentiment la main avant de la reposer sur le matelas. Elle lui donna à boire, soutenant sa tête en douceur, puis se mit debout à côté du lit pour le laver. Il y avait quelque chose de très intime dans ce rituel et en même temps, pour une fois, elle voyait un corps neutre au lieu d'un objet de désir. C'était comme si les circonstances avaient fait taire toute la portion de son être qui voyait les autres à travers le prisme du plaisir partagé. D'un coup, Tad avait passé une barrière invisible qui le définissait désormais comme ami mais aussi et surtout comme adolescent ayant besoin de son aide.

- Tu es prêt ?

Est-ce qu'il l'entendait seulement ? Il semblait s'enfoncer dans le délire et l'idée lui vint qu'elle serait peut-être obligée de faire appel à un médecin s'il ne guérissait pas en quelques jours. Quelques jours... Grands dieux, elle envisageait vraiment de veiller l'adolescent malade elle-même pendant plusieurs jours. Peut-être avait-elle changé, finalement. En tout cas, pas de médecin. Et de toute façon, ça ne servait à rien d'y réfléchir maintenant. Il fallait parer au plus pressé. Le rafraîchir d'abord, lui donner encore à boire ensuite, et trouver quelque chose pour lui masser le haut du torse, pour l'aider à respirer. Oui c'était ça, une chose à la fois et les choses dans l'ordre. Et tout irait mieux très vite, exactement comme elle le répétait à son jeune malade.

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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   17.08.16 13:08 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

L'esprit n'étant plus capable de suivre, tout ce qui passa ensuite lui paru irréel. C'était comme si le monde autour de lui était tissé dans l'étoffe du rêve. Parfois du cauchemar quand sa toux venait embraser ses poumons. Agiter ses membres de spasmes. Aussi, il n'émit plus aucune protestation, ni objection. Si sa bouche restait entrouverte c'était pour respirer. Même si parfois quand il le faisait il n'avait pas l'air d'inspirer assez d'air. Lorsque Evie sollicita son esprit en déclarant qu'elle l'aiderait, il hocha la tête.

Mais c'est sa main sur la sienne qui donna à cette situation le réel qu'il avait perdu. Sombrant alors dans l'accablante cruauté du vrai. Tous le mal qu'il ressentait était réel. Toute la nuit l'était. Même sa fugue et les chats, dans la nuit. Mais il était chez Evie. Il n'était plus à leur merci et elle a dit qu'il irait mieux. Elle l'a dit où il l'a rêvé, mais elle a cette même mine soucieuse et rassurante qu'avait sa maman quand il était malade. Il savait qu'elle ferait de son mieux pour que ça aille vraiment.


Et à force de penser il a encore perdu le fil. Fil qu'il reprend, quelque part dans son esprit labyrinthique. Il se retrouva alors allongé, les yeux fermés. Ses paupières tremblotèrent quand il essaya de les rouvrir, comme si l'effort était trop important. Il tourna la tête, lentement aussi. Comme s'il avait perdu toute vivacité, car chaque esquisse ne s'opérait que lorsqu'il se concentrait assez pour le faire. Il l'observa quand elle fouilla dans ses armoires à la recherche d'une autre chemise. Une plus grande. Plus longue aussi. Le blond se dit qu'elle serait sans doute un peu petite, en taille, au moins, il restait quand même plus grand, en taille. Peut-être plus lourd. Quoi qu'il n'avait pas mangé depuis une éternité, car le feu de la maladie avait commencé par se propager dans sa gorge avant de se nicher furieusement dans ses poumons. En tout cas. Leur corpulence était semblable. Ce qui n'allait pas s'en dire qu'elle lui irait bien, cette chemise, mais qu'il valait mieux qu'il reste allongé sur le lit. Il referma les yeux.

Puis il les rouvrit. Il les rouvrit parce qu'une main plus froide avait saisi la sienne. Il tourne de nouveau la tête, la lèvre asséchée, déshydratée. Elle dit qu'elle ne dira rien à personne. Il hocha la tête. De toute façon il n'y avait personne à prévenir. Personne qui pouvait s'en souciait encore. Ou alors Trois-Jambes et ses amis avaient survécu aux chats. Ils étaient forts. Il y en avait deux qui savaient tirer sur les autres sans sourciller. Alors sur un gros chat, peut-être ? Il hoche la tête, silencieusement. S'ils viennent il ne faut pas qu'ils sachent.

Finalement, elle déposa sa main contre le matelas, comme si elle avait pu comprendre ses pensées. Elle attrapa l'arrière de sa tête pour porter un verre d'eau à ses lèvres. Tadeusz bu, lentement d'abord, avaler lui était difficile, mais une fois les premières gorgées passées, il se rendit compte qu'il avait soif. Terriblement soif. Aussi les suivantes fut plus empressées si bien qu'il manqua de s'étouffer, un moment et qu'une nouvelle toux secoua son corps. Sa respiration s'en trouva quelques secondes plus mal. Inspirer, expirer. Il se concentre. Silencieux.

Il n'entendit rien. Du coup il ne répondit rien. Après quelques secondes il se tourna la tête, avisant la bassine d'eau. Sans doute allait-elle le laver.

 « Aide. S'il te plaît. » Demanda-t-il, tentant de se redresser sur ses coudes pour s'asseoir. Tadeusz se redressa au troisième essaie, sans elle il n'y serait sans doute pas arrivé seul. La tête lui tournait un peu, mais ce n'était pas très grave. Tout tournait dans sa tête. Même le monde. Il dégagea ses cheveux de son visage pour les attacher sur le côté. Difficilement, mais sûrement. Il se hissa vers la tête du lit pour s'y appuyer le dos.

 « C'est bon. »

Il était un peu gêné qu'elle doive faire le laver et fut tenté de récupérer le gant ou le linge. Même sa belle-mère n'avait pas eu la patience de l'aider quand il avait été dans le même état, en 124. Il n'y avait eu que sa maman. Et Wendy. Mais ça c'était quand ils n'avaient pas envoyé Wendy dans le deux. C'était quand ils ne l'avaient pas forcé à se marier. Tadeusz s'agite un peu. Le souvenir était un peu douloureux. Il ramène ses genoux contre lui, gêné. Pour qu'elle puisse laver son dos et sa nuque. Il dépose sa tête contre ses genoux, toujours tournée vers Evie, les yeux fermés. Fatigué. Il l'était.

 « T'es jolie. Et gentille. Comme ma maman. »


Il esquisse un sourire. Parce que penser à elle était agréable et parce que c'était vrai qu'elle était gentille. Depuis qu'il avait su pour elle et Eze il avait été froid et parfois désobligeant et il s'en voulait terriblement. Il n'était pas méchant, au fond, la jalousie qu'il éprouvait parfois quand il avait l'impression qu'on lui prenait ses proches le consumait et le rendait mauvais.

 « Pardon. D'avoir été… Nul. La dernière fois. »

Il hocha la tête, même s'il se doutait que ça ne suffirait pas. Au bout d'un temps infini il se rallonge. Il lève ses mains pour frotter ses yeux. Pour les cacher. Pour contenir un autre sanglot. Il renifle fort et ça le fait tousser. Douloureusement. Mais ce qu'il a de plus insoutenable c'est le silence alors il recommence à parler:

 « C'est pour ça que personne ne doit me retrouver. Jamais. C'est pour ça que c'était toi. Que c'était là qu'il fallait que je vienne. Ils ne chercheraient pas ici. Pas dans les rues. Pas à l'Opale. Pas chez Trois-Jambes. Mais il y a les autres. Et je ne veux pas que les autres viennent. Ils ne pourraient pas comprendre. Il n'y a que toi qui peut comprendre.

Tadeusz repose ses mains sur le lit et chuchote doucement, comme s'il disait un secret :

 « Parce que t'es pas une fille nulle. T'es une super fille. »

Et c'est vrai qu'il éprouvait un peu d'admiration pour elle au-delà de tout. Des circonstances. Parce qu'elle avait l'air de s'en être sortie. Parce qu'elle n'était pas malheureuse. Parce qu'elle semblait avoir choisi comment vivre et qu'elle avait obtenu la liberté. Qu'elle semblait libre et que c'était plaisant à imaginer, la liberté.



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MessageSujet: Re: Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]   17.08.16 23:46 par Eve BeresfordCiter Editer Supprimer 

Une fois Tadeusz adossé contre les oreillers, Eve entreprit de le rafraîchir et le laver tout en douceur. Elle passa et repassa le linge mouillé partout de ses mains à son cou, le long de son dos, de ses bras, de ses jambes et de son torse. Elle n'hésita à aucun moment, les gestes lui venaient naturellement. Elle en était à repasser le linge dans sa nuque pour la seconde fois quand il la surprit par un étrange compliment suivi d'excuses. Dans son état, c'était vraiment pas raisonnable ce genre de conversation. Avec un sourire indulgent, elle l'aida à se redresser pour finir sa toilette puis le sécha soigneusement et lui enfila la chemise qu'elle avait choisie pour lui.

- Voilà, tu devrais te sentir mieux déjà.

Ou moins mal, peut-être. Avec un peu de chance en tout cas. Elle n'était même pas sûre de ce qu'elle faisait, juste du fait qu'elle-même détestait se coucher en se sentant poisseuse et sale. Être propre et sentir bon était une chose essentielle dans la vie, pensait-elle avec conviction.

- Merci. Et tu n'as pas été nul, ne t'inquiète pas, répondit-elle en souriant, rattrapant au vol le fil de leur conversation décousue.

Elle la laissait continuer tout en accomplissant les tâches qu'elle s'était fixées l'une après l'autre : toilette, chemise, eau... Elle remonta les draps et couvertures sur le corps agité de tremblements fiévreux et revint s'assoir au bord du lit pour l'écouter, même si ça paraissait un peu confus encore. Au début, tout du moins, car le discours du jeune homme prit rapidement une tournure qui la fit frémir. Serrant les dents, elle fronça les sourcils et se maîtrisa pour ne pas bondir en hurlant son indignation. Elle se domina, reprit son empire sur elle-même et souffla doucement sa rage. Voilà exactement le genre de choses qu'elle avait fuies elle-même, cet insupportable manque de liberté et de contrôle sur sa propre vie. La terreur qui perçait dans la voix du malade la rendait folle. Les poings serrés sur les genoux, elle inspira et souffla encore lentement puis réussit à se reprendre totalement.

Glissant sur la drap, elle changea de place pour s'adosser à la tête du lit et attira Tad entre ses bras. Elle lui posa la tête contre sa poitrine et entreprit de le cajoler et le rassurer tout en caressant lentement ses cheveux. Un peu déconcertée par des révélations aussi intenses et intimes, elle garda le silence un moment, ne sachant que dire qui ne paraisse pas un abominable lieu commun comme elle les exécrait. Finalement c'est Tad lui-même qui reprit et elle comprit qu'il avait un profond besoin d'être rassuré en permanence, et pas seulement pour sa sécurité. Il vivait sur la brèche depuis trop longtemps.

- Personne ne te trouvera ici, tu es en sécurité, je te le promets.

Elle le laissa s'épancher encore sans jamais cesser de la câliner. Elle avait tellement envie de lui jurer que tout allait s'arranger, que la vie prendrait une autre tournure, plus facile, plus douce, plus libre... Mais la vérité c'est qu'elle n'en savait rien et que le monde était aussi dur que cynique. La vérité c'est qu'elle ne pouvait pas lui promettre que les choses iraient mieux. Pourtant, il n'était pas question de le laisser comme ça ou de lui dire des choses aussi noires.



- Parle-moi des chats, tu veux bien ?

Si elle pouvait exorciser cette peur-là ou au moins la comprendre... Après ça, Tad dormirait peut-être mieux malgré la fièvre. Il brûlait encore si fort entre ses bras. Son corps luttait contre l'infection avec acharnement. Mais à force de transpirer, il continuait à se déshydrater et elle récupéra le verre d'eau pur le faire boire encore.


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Si les étoiles de mer pouvaient voler [Evie] [Novembre 125]
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