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Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen
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MessageSujet: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   23.07.16 22:33 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

TTTCTS- The threads that connect the stars  -

Joshua Wells

Raleigh Cohen


Toc. Toc. Toc.

Joshua venait de frapper trois coups à la porte du cabinet du docteur Cohen. Il se tenait droit, comme une barre d'acier, derrière la porte du médecin. Ses mains avaient retrouvé la chaleur de ses poches qui menaçaient d'éclater. Il n'avait pas vu de spécialiste depuis de longues années. Depuis que son dos était assez robuste pour ne pas courber l'échine devant les exigences de sa virtuose de mère. Depuis qu'il avait dit « non ». Depuis qu'il ne trouvait plus d'intérêt à se soigner, de tout, de rien. Depuis qu'il ne trouvait plus d'intérêt à vivre, à survivre. Depuis que la vie lui semblait incongrue, et qu'essayer de la préserver coûte que coûte l'était davantage encore. Il n'avait pas peur du diagnostique, non, simplement il ne voulait pas s'accorder plus d'importance que l'univers n'a bien voulu lui en accorder. Et si la maladie le terrassait prématurément, il s'en irait, troquant les souffrances de l'existence des vivants pour les souffrance de l'existence des morts.

Mais le chant des baleines avait changé quelque chose.
Le chant des baleines, et cette vision...
Cette vision de la Surface...

Dans le fond d'une poche de son manteau, un papier par plusieurs fois plié. Avant de venir, il s'était pris la tête entre les mains, il avait fermé les yeux, et seul face à une page blanche, crayon à la main, il avait essayé de se souvenir du moindre détail de cette fameuse vision. De s'en souvenir, et de les lister. Les uns après les autres. Le bleu dans le ciel. Le vert des arbres bourgeonnant. Les notes sifflées des oiseaux chantant. L'épitaphe. La tombe. Jésus-Christ. Mais les reconstitutions avaient quelque chose de floues, et il devrait s'en contenter. De toute manière, il n'espérait pas véritablement avoir de réponse à ses questions. Joshua continuait d'entretenir une relation compliquée avec l'espoir. Mais il toquait tout de même à la porte du docteur Cohen. Car Clio lui avait recommandé de le faire. Comme elle lui avait recommandé d'en revenir à la musique. Ce qu'il avait fait.

L'éclat de ses yeux, la danse de ses cheveux, les sourires de ses lèvres...
Elle lui ferait faire n'importe quoi ?

La nuit était tombé. Depuis quelques heures. Les locaux de Corb n'était pas fermé. Il y avait toujours quelqu'un à l'intérieur. Souvent, c'était lui, ce médecin, celui qu'il cherchait, le nez dans des encyclopédies médicales, avec sa blouse blanche sur les épaules. Le philosophe se fiait à ce que Clio lui avait dit. Il pourrait le trouver là, tard sans doute, et toquer à sa porte, et lui apporter un mystère nouveau sur lequel jeter une lumière. Il avait vérifié les noms de chaque porte, jusqu'à trouvé celle du fameux « Docteur R. Cohen ». Et il avait toqué trois fois, une envie de nicotine aux lèvres. Une envie qu'il contenait, bien que le paquet de clope dans sa poche, près de son torse, le démangeait.

Il se pencha sur la porte, et se présenta à travers elle. Mais il ne s'excusa pas pour cette heure tardive. La seule heure qui lui assurait de ne pas prendre la place de quelqu'un qui aurait davantage besoin que lui de l'expertise de Raleigh. La seule heure convenable pour un oiseau de nuit, un être de ténèbres et de désespoir.

« Docteur Cohen ? Joshua Wells. Clio m'a conseillé de venir vous voir... »



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   23.07.16 23:24 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Que Corb était silencieuse, une fois le soir venu.
Même si le soir était un bien grand concept à Pelagia où la lumière du soleil n’était pas des plus présentes. L’heure était une mesure de repère comme une autre. Et à partir d’une certaine position, les aiguilles de la pendule au-dessus de la porte avaient indiqué à Raleigh qu’il allait pouvoir profiter d’une soirée de plus dans une clinique déserte, silencieuse et où personne ne le dérangerait toutes les cinq minutes ni ne poserait de questions sur les occupations de ses pauses.
Ça avait commencé par la sortie, d’abord discrète, du carnet de notes qui était caché dans le tiroir de son bureau. Il l’avait posé, délicatement, silencieusement, sur le buvard du meuble, guettant la porte, un agacement supplémentaire à une journée où tout ne s’était malheureusement pas toujours passé comme prévu. Il avait attendu. Quelques secondes. Peut-être bien une minute. Personne n’était venu. Alors là seulement, Raleigh s’était autorisé à respirer et avait attrapé un crayon de bois pour commencer à griffonner sur les pages du carnet, toujours de la même écriture.
Capitale, aux lettres serrées.

Rapidement, un livre avait rejoint le bureau, aux côtés du carnet. Un livre de médecine tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, comme les aimait Pelagia, contrairement à lui, à ses idées un peu contrevenantes et à ses envies de faire évoluer le point de vue de la cité sur certaines choses. L’esprit.
Il pouvait parfaitement être atteint, mais la cité se refusait à voir le côté pathologique de la chose. Elle admettait pourtant que l’esprit avait un fonctionnement bien à lui et que le cerveau était une mine d’or encore même pas au dixième explorée. Mais pourquoi considérer la partie saine tout en réfutant la possibilité qu’il puisse y avoir atteinte ? C’était comme considérer qu’un corps existait, sans vouloir admettre qu’il n’était pas éternel.

Comme bien souvent, Raleigh n’avait pas vu les heures passer. Ça lui était égal. Combien passaient, de toute façon ? Pas beaucoup, pour autant qu’il pouvait en juger. Il n’avait pas tant que ça écrit dans le carnet. Il notait, par habitude, tout ce qu’il avait pu observer pendant la journée, le comportement des gens, des choses qui sortaient de l’ordinaire, comme d’autres qui étaient tout ce qu’il y avait de plus banal. Juste des mots. Des mots qui pouvaient toujours lui servir.
Il était obligé de faire avec ça, les ressources de Pelagia en matière d’esprit et de consciences humains n’étaient pas les meilleures qu’il pouvait trouver, et tout accès à la surface lui était formellement interdit. Il n’avait pas vraiment le temps de tergiverser sur la question, il avait d’autres projets en tête.

Ce furent les trois coups sur la porte qui mirent fin à ses recherches, du moins pour quelques secondes. A cette heure-ci ? Qui est-ce que ça pouvait être ?
Il n’eut pas spécialement besoin de demander, la personne qui était venue déranger le panneau de la porte s’invita d’elle-même dans le bureau. Ça ne faisait rien, pour Raleigh. Il avait fini sa journée. Il avait fini d’aller chercher les gens dans le couloir pour les guider vers le cabinet de consultations.

Un nouveau visage.
Une nouvelle tête qu’il allait pouvoir ajouter à celles qui gravitaient déjà dans sa mémoire. Un nouveau nom. Qui ne lui disait absolument rien. Et puis un autre, qu’il connaissait bien. Clio. Clio qui lui envoyait quelqu’un, c’était une première.

Machinalement, Raleigh acquiesça pour faire signe à ce Joshua Wells d’entrer, de refermer la porte derrière lui. Il referma l’énorme volume de médecine, le laissa dans un coin du bureau et se lève.

« En quoi puis-je vous être utile ? »

Venir le voir aussi tard, c’était inhabituel. Inhabituel, mais pas bizarre.



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   29.07.16 17:24 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

TTTCTS- The threads that connect the stars  -

Joshua Wells

Raleigh Cohen


Le cabinet d'un docteur. Ses yeux mornes, ses yeux cernés, avaient l'impression de découvrir un décor, le décor d'un opéra, qu'il n'avait encore jamais parcouru du regard. Plus exactement, il le redécouvrait, ce décor. Corb ne lui était pas étranger, ses souvenirs étaient simplement vieux, lointain. Les souvenirs sont moribonds. Ils sont volage. Instable. Inconstant. Se reposer sur la mémoire, c'est marcher sur l'eau. C'est pour cela que les Hommes meurent deux fois. La chair, d'abord. Puis les souvenirs qu'ils laissent ensuite. Son propre père était mort trois fois. Oublié dans l'enfance par son fils. Oublié dans les symphonies par sa femme. Les souvenirs étaient moribonds, oui. Et ceux affirmant que la mémoire est une fontaine de jouvence, une immortalité de l'être à travers autrui, à travers ses pairs, se méprends. C'est un instrument de torture pour les vivants, un instrument de mort pour les morts.

Mais les pierres, les bâtiments, avaient une plus grande longévité.
Mort dans ses souvenirs, Corb et les cabinets médicaux revenaient à la vie.
Comme un building Lazaréen.

De l'autre côté du bureau, après avoir refermé un volume massif de médecine, le médecin se levait, quittait son siège, délaissant sa lecture, ses recherches, et les pages blanches griffonnées de lettres majuscules. Comme celle qu'il gardait précieusement, rejeton d'une période vaste en réflexion métaphysique, philosophique, dans un coin de son appartement. Ses centaines d'aphorismes dans lesquelles il ne trouvait plus de richesse, plus d'éclat, plus de profondeur abyssales. Toutes nourritures avaient goût de terre, toutes cigarettes aucune saveur. Mais ce n'était pas pour cela qu'il venait voir Raleigh. Pas pour cela qu'il venait consulter. Pas pour les insomnies, pas pour les terreurs nocturnes, pas pour ce désespoir et ce mal de vivre. Ils venaient pour les baleines. Les baleines et le bleu du ciel. Les baleines et les courants d'air. Les baleines et les chants des oiseaux. Et l'enterrement, et la tombe, l'épitaphe et la terre. La Surface et la mort. L'Arcadie. Cette vision mystique d'un ailleurs qu'il n'aurait jamais dû voir, mais qu'il avait vu, sans aucune raison.

« Moi-même ignores la réponse à cette question. J'en suis navré. Peut-être pourriez-vous jeter une lumière nouvelle sur un phénomène inhabituel, ou bien croire que je me moque de vous, ou encore me prendre pour un dément. Je viens vous voir car vous avez la confiance de Clio. Par conséquent vous avez la mienne. Et ayant la sienne, j'espère avoir la vôtre. »

La dernière phalange de son pouce caressa le métal qu'il portait à son majeur, cette bague qui fonctionnait tel un memento mori. Il avança dans une pénombre perturbé par une lampe sur le bureau, et tendit la main pour prendre celle du médecin. Le philosophe et le docteur l'un face à l'autre, relié par la rousseur et le sourire d'une jeune femme. Sa douceur et sa bienveillance qui l'avait tant de fois détourné des ténèbres. Comme ce jour où elle avait fait entré la lumière dans son appartement. Comme ce jour où il avait ouvert, pour la première fois depuis longtemps, l’étui de son violon pour en pincer les cordes quelques minutes durant.

Puis il prit place dans un fauteuil, face à celui du médecin.
Dans un court silence, il continua de scruter les feuilles maculées de note.
Il avait, en face de lui, quelqu'un de singulier.

« Je pense que mon histoire est susceptible de vous intéresser. Ce que je vais vous raconter, nous sommes que deux à le savoir. Moi, et notre amie commun. A la fin de mon récit, elle m'a conseillé de venir vous voir... »

Il redressa le visage vers le docteur. Un court silence durant lequel il prépara l'effet de son annonce. Ses yeux étaient cernés de noir, son visage fatigué, son corps faible. On le prendrait aisément pour un drogué. Il l'était. Mais les psychotropes n'avaient rien à voir avec cela. Avec ce visage, ce regard, ce corps, cet esprit. Ni avec cette vision.

« J'ai vu quelque chose que mes yeux ne peuvent me permettre de voir. J'ai vu au-delà des capacités de ma vision. J'ai vu un ailleurs, en son et en couleur, sans quitter notre sphère engloutie. En écoutant les baleines, j'ai vu la Surface. Comme une hallucination. »



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   30.07.16 22:34 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Pour autant que Raleigh pût en juger, la personne en face de lui avait l’air lucide. Du moins ses propos étaient-ils compréhensibles et cohérents. Si, une fois qu’il se fût approché et que le médecin pût y regarder de plus près, il avait l’air d’un drogué, il n’en tenait pas le discours. Son corps entier était sûrement marqué par la drogue, et un très probable manque de sommeil, mais ce n’était pas la question du moment. Ce n’était pas à lui d’en juger. Il n’était que médecin, on le payait pour soigner, pas pour s’amuser à avoir un avis sur chaque personne qui passait dans son cabinet, même si certains patients lui laissaient des impressions plus marquantes que d’autres.
Machinalement, Raleigh détaillait cet homme en face de lui. Ses yeux cernés, les traits tirés.

Des histoires susceptibles de l’intéresser, il en avait eu. Il en avait encore une qui lui traînait en tête et pour laquelle il n’avait aucune explication. Il avait bien retrouvé la personne concernée, en juin, après l’accident du nautilus. Un de ses collègues avait eu la bonté de lui en parler, et il avait trouvé le moyen de se faufiler pour obtenir des réponses. Peine perdue. L’intéressée était désormais dans le coma. Pas moyen de savoir quand elle allait se réveiller, si elle se réveillait un jour.
Depuis, Raleigh était resté sur sa première impression, n’avait pas cherché à en savoir plus avant que les hauts dignitaires de Corb ne se demandent pourquoi un simple généraliste allait voir une comateuse.
Machinalement, le médecin ponctua le léger silence qui s’était installé d’un :

« Je vous écoute. »

Il avait pris une nouvelle page de son carnet. Une page blanche, à noircir de son écriture pendant qu’il écoutait ce nouveau visage lui parler de la raison pour laquelle il était venu aussi tard dans les locaux de la clinique. Pourquoi avait-il attendu que les couloirs furent déserts, d’ailleurs ? Raleigh se posa la question un instant. L’oublia aussi vite. Ce n’était pas le plus important.
Il commença à noter, sur la page blanche. Des mots, éparpillés, du moins pour toute personne extérieure. Vue. Au-delà. Il hésita quelques brèves secondes après avoir écrit synesthésie ? mais finit par rayer le mot d’un coup sec du crayon. Et puis il y a la mention de la surface, que le médecin note. Il note aussi hallucination, ponctue le terme d’un point d’interrogation.
Hallucination, c’est vague.
S’il se réfère à la précédente description, ce mot n’est même pas approprié. Faisant doucement balancer le crayon entre ses doigts, Raleigh regarde Joshua Wells dans les yeux.

« Vous êtes sûr que c’était une hallucination ? »

Il ne voulait pas s’avancer à dire que la personne en face de lui en avait déjà connues. Mais les hallucinations s’immiscent dans l’entourage quotidien. S’il avait bien tout suivi, il n’y avait rien de Pelagia que son patient du moment eût vu au moment désigné. Ça ressemblait peut-être plus à une vision. A un rêve. Et apparemment, il y avait une histoire de baleines.

« Je vais être franc avec vous, je ne sais pas si je pourrais faire grand’chose. Vous n’êtes pas sans le savoir, mais cette cité se montre extrêmement bornée avec certains sujets… Ceci dit, j’aimerais bien que vous m’en disiez un peu plus sur ce que vous avez vu, entendu… Avec le plus de détails possibles. Plus j’en saurais, mieux je pourrais vous aider, si je le peux. »



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   08.08.16 21:56 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

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Joshua Wells

Raleigh Cohen




Hallucination. Vision. Flash. Le nihiliste ne savait de quel terme usé pour définir ce qui lui était arrivé. Là, devant le spectacle des cétacés, sous leurs chants, il y avait eu ces hommes et ces femmes en deuil, ce cercueil, cet épitaphe, et la brise, et les rossignols, et le bleu du ciel infiniment plus clair que le bleu des océans. Non, il n'était pas certains que ce soit une hallucination. Pas certains non plus de pouvoir parler de vision. Ni de flash. Il ne parvenait à utiliser, ni même à penser, chacun de ces mots sans avoir la certitude profonde qu'il ne collait pas à son expérience délirante, indéfinissable, innommable. Oui, innommable. Car son expérience avait une dimension physique. Il l'avait vécus. Elle était réel. Mais chacun des termes qui essayait de la définir portait sur eux un parfum de mysticisme qui n'était pas approprié. Comme une ineptie. Car il n'y avait rien de mystique. Il n'y avait rien de fantastique. Et le monde n'était pas magique. Il n'y avait que le corps et l'âme, la viande et l'esprit, la chair et la pensée, la physique et la métaphysique. Il n'y avait ni merveilleux, ni dieux. Tout juste des hommes et des femmes, et l'absurdité d'un monde qui ne les avaient jamais désiré, mais qui les supportait tout au plus. Se vengeant d'eux parfois. Alors il n'avait pas été victime d'une hallucination. Pas davantage d'un flash, ou d'une vision. Non. L'échec du Verbe était évident face à ce qu'il avait vécus. L'échec du Verbe. Même le langage était une déception. Peut-être était-ce là la genèse de ses problèmes... Peut-être.

Il prit une longue, mais discrète inspiration.
Les détails de sa vision.
L'envie de cigarette était un peu plus forte.

« Je voyais à travers les yeux d'un autre. Mes pensées, ou les siennes, étaient brouillées, confuses, désorganisées. Comme si je ne comprenais pas, je ne me souvenais pas. Nous étions plusieurs, rassemblé devant un cercueil. Quelqu'un était mort. On l'enterrait. Un certains Eugène Ionesco. Les gens pleuraient. Il y avait son épitaphe : « Prier le Je-Ne-Sais-Qui : J'espère, Jésus-Christ ». J'avais du mal à comprendre. Une femme, une vieille femme, pleurait à mon bras. J'avais un lien avec elle, profond, mais impossible de me souvenir qui elle était. Enfin, j'avais un lien... Il avait un lien. L'autre. Celui à travers duquel j'ai vu cela. »

Une pause. Comme pour reprendre son souffle. Ou remettre de l'ordre dans ce chaos de pensée. Récupérer un maximum de détail. Détail. Il plongea la main dans une des poches de sa veste. Une boule de papier chiffonné. Il le sortit des méandres du tissu, le déplia. Il y avait quelques notes, des notes qu'il avait prise sur les souvenirs de sa vision. Il y avait eu beaucoup de sensations nouvelles. L'air. Le soleil. Principalement.

« J'ai entendu les sanglots, et des oiseaux chanter dans quelques arbres nous entourant. J'ai sentis la brûlure du soleil sur ma peau, sa chaleur, et aperçus son éclat. La caresse du vent également, l'air roulait sur moi, entre mes cheveux. Ce n'était ni la chaleur des halogènes, ni la brise des ventilateurs. C'était un lot de sensations nouvelles. »

Ses sourcils fronçaient, le temps qu'il fouille sa mémoire, se décrispèrent. Il se redressa davantage sur le fauteuil. Le docteur avait pris des notes, sans doute, il n'y avait pas prêté attention. Il parlait franchement, n'ayant pas peur d'être pris pour un dément. Il avait confiance en Clio. Clio avait confiance en Raleigh. Peut-être était-ce pour cela qu'il ne ressentait pas cette crainte. Peut-être. Ou alors peut-être était-ce parce que ce docteur semblait être de ses âmes qui sont fêlées.

« Je vais être tout aussi franc avec vous, je n'ai pas grand espoir en cet entretien, d'autant plus que oui, j'en ai conscience, cette satanée ville engloutie se montre bien bornée en certains point. Mais je sais aussi que vous êtes de ceux qui possède, dans un coin de leur crâne, cette dynamite qui explose les murs et les barrières préconçus par la pensée commune, par les doxas. C'est une force, à mes yeux. Certains appelleront cela de la folie, et cela ferait de vous un fou. Dans ce cas, nous serions bien obligé de constaté que Clio est alors un aimant à détraqué, mais je suis de ceux qui ne voit pas la folie d'un si mauvais œil, mais bien comme une force. Mais ce n'est point mon avis. »

Le philosophe redressa son regard cerné et fatigué sur le médecin.

« Alors, mon histoire vous intéresse ? »
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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   11.08.16 21:17 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




L’histoire avait de quoi être intéressante, en effet. Mieux, elle était intrigante, si ce n’était étonnante. Laissant un silence planer, Raleigh réfléchissait en relisant machinalement certains des mots qu’il avait notés à la va-vite sur le carnet. Il allait devoir remettre de l’ordre dans tout ça. Il allait devoir donner un sens à tous ces mots qui s’éparpillaient sur le papier. Pour ça, il se répétait mentalement certains bouts de certaines phrases de Joshua Wells. La seule chose dont le médecin pouvait être sûr était qu’il ne s’agissait pas d’une hallucination. La chose, telle qu’elle lui avait été décrite, avait plutôt des allures de vision aux causes complètement inconnues, aussi inexpliquées qu’inexplicables.
Tout en relisant les mots inscrits en majuscules, Raleigh se demandait ce qu’il allait bien pouvoir répondre à l’homme assis en face de lui. Il n’avait malheureusement bien de très éclairant à lui fournir. La description faisait penser à la surface.
Le soleil.
Les oiseaux.
Les arbres.
Le vent.
Des sensations nouvelles, et apparemment très différentes de celles qu’ils avaient tous les deux connues pendant leur vie sous la mer.

Raleigh ne pouvait pas cacher qu’il était curieux concernant ces sensations nouvelles, tant au niveau description que potentiel ressenti. Il ne pouvait hélas pas les expérimenter par lui-même, à moins de trouver un moyen de rallier la surface, mais il s’était déjà résigné depuis un moment à demeurer à Pelagia, à mourir dans ce bocal géant, mais pas avant d’avoir pu trouver un moyen de faire entendre raison à la cité entière concernant un certain point.
Finalement, le médecin posa son crayon en soupirant un peu, joignit machinalement les mains et regarda son patient du jour.

« Honnêtement, je ne sais pas quoi vous dire. Ce que vous m’apportez n’est pas seulement nouveau, c’est carrément inédit. Rien de ce que j’ai déjà pu glaner comme informations sur certains sujets ne parle d’une telle chose. Je ne sais pas ce que c’est. Tout au plus, je pourrais appeler ça une vision, telle qu’elle est souvent décrite dans bien des récits,  mais c’est bien loin d’être du domaine médical. Comme je ne sais pas à quoi j’ai affaire, je ne peux pas non plus vous dire comment… traiter ? cette chose. Je ne sais pas non plus à quoi le phénomène peut être dû… Bref, je ne sais rien. En tout cas, rien d’autre que ce que vous m’avez dit. »

Nouveau regard pour les notes, qui étaient toujours là, bien visibles et bien lisibles. Raleigh reprit le carnet et y jeta un vague coup d’œil, cherchant des mots qui accrocheraient plus son regard que d’autres, avant de reporter son attention sur Joshua Wells.

« Ce que vous m’avez donné est déjà très détaillé. Ceci dit, vous êtes le premier à venir m’en parler, et le seul qui ait évoqué un phénomène de ce genre. Personne dans mon entourage n’en a fait mention jusqu’ici, ce qui n’est pas vraiment de la plus grande aide. Je ne sais pas si d’autres personnes sont touchées, ni s’il y aura des récidives. Avez-vous déjà eu une ou plusieurs récidives ? »

La question se posait. Mais il pouvait au moins être sûr et certain que ce n’était pas dû à l’Essence. L’absence d’hallucinations écartait catégoriquement cette drogue directement sortie des laboratoires de Corb.



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   17.08.16 22:19 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

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Sur du papiers, des mots griffonnées, les uns à la suite des autres, tout au long de son récit. Pas de cohérence, sans que son récit n'en donne une. La cohérence de ces mots, c'était le récit de cette vision provenant du chant des baleines. Le nihiliste observa le médecin poser son crayon comme un boxer jetant l'éponge avant le K.O. Le regard du médecin revint sur lui, quittant les notes prises à la volée. Non, il ne jetait pas l'éponge. Il avait encore les gants au bout des mains, les gants dans les prunelles, restant debout au milieu du ring, luttant contre l'inconnu, le nouveau, le mystérieux, l'insondable. Mais si ces yeux étaient encore debout, son cerveau encaissait plus difficilement les coups de l'inconnu. Il n'avait pas le dessus, malgré ses connaissances, malgré son intérêt pour ses choses du cerveaux, au fonctionnement de la psyché humaine, et ces théories face auxquelles Pelagia demeurait ferme et hermétique, comme un sourd décidant de ne pas entendre. C'était de l'inédit, c'était de l’indicible. Le zéro absolu, le point de départ. Il n'y avait rien avant, rien qui ne précédait, pour aider à la compréhension du phénomène. Paranormal ? Le mot lui semblait renvoyer, aujourd'hui, à du futile, lié à une industrie de l'épouvante souvent abscons. Le mot « métaphysique » lui revint à l'esprit. Métaphysique. Le mot semblait se rapprocher de l'essence de cette vision que la physique ne semblait pouvoir concrètement expliquer. Métaphysique renvois au divin, à la mort, au temps, pas à des visions que l'on ne pouvait, encore, expliquer.

Extra-physique ? Le chant des baleines, la vision, pourrait être un phénomène dépassant les cadres de la physique tels qu'ils la connaissaient alors ici, là, milles lieux sous les mers ? Il en revint aux réponses du médecin face à lui. Son histoire semblait lui plaire, l'intéresser, bien que le désarmant. Il se battait désormais à main nu, sans casque, sans short ni coquille. Il se battait tout de même. Quelque part au fond de lui, la vague sensation d'avoir eu raison de lui faire confiance. Les amis de mes amis sont mes amis ? Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin tout de même.

« Non, il n'y a pas eu de récidive. J'ai réunis toute les conditions dans lesquelles j'ai eu cette vision, mais rien. Il semble que je sois contraint de faire avec cette « vision » de quelques secondes tout au plus, avec cette seule et unique vision... avec ce cercueil, cette terre, cette brise, ses oiseaux, et ces âmes endeuillées. »

Son regard morne fuit pour trouver quelques ténèbres dans le cabinet, afin de s'y réfugier. Il repensa alors à Clio, à son expérience à elle, à l'état dans laquelle elle s'était retrouvé, l'état dans laquelle il l'avait retrouvé, après qu'elle ai vu ce qu'elle avait vu. Cette morte. Les visions semblaient avoir une thématique commune, celle de la mort. Cela ne lui avait pas sauté aux yeux sur le coup. Les larmes de la rousse l'avait trop atteins pour cela.

« Je pense cependant que vous ne devriez pas tarder à avoir la visite d'une autre personne ayant fait la même expérience que la mienne. Ou en tout cas une expérience similaire. J'ai été chercher chez cette personne un soutien, une ancre, après qu'il me soit arrivé ce qui m'est arrivé. Je l'ai entraîné jusqu'au lieu où j'avais eu cette vision, et le phénomène s'est reproduit. Avec elle. Cette nuit-là, j'ai eu une intuition subite qui tendit, du coup, à se confirmer. C'est saugrenu, irréaliste, mais peut-être que cela ne fait que souligner l'existence d'un phénomène qui nous dépasse, je ne sais pas. La physique n'est pas mon domaine. »

Son domaine était les arts, et la pensée. Le corps, les sciences, il n'y connaissait que bien peu de chose. Sans être inculque, sans doute en étant un peu plus cultivé que la moyenne, Joshua n'avait jamais fait des sciences sa prédilection. La philosophie et la musique avait eu une trop grande place dans sa vie pour en faire un être polyvalent, et de toute manière, il avait une objection envers le monde de la science...

« Voyez-vous, le seul point commun existant au déclenchement de ma vision et de la sienne, ce sont les baleines, le chant des baleines. Peut-être que vous devriez essayer... »


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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   18.08.16 22:58 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




La dernière réplique laissa le médecin perplexe, les sourcils vaguement froncés pour l’espace de quelques millisecondes à peine. Il n’avait qu’à essayer, hein ? Bizarrement, Raleigh n’était pas certain d’avoir envie d’expérimenter la chose, mais il se passa de commentaires. Il était question du chant des baleines. Jusqu’ici, il n’était même pas au courant que les cétacés passaient aux abords de la cité, mais ce n’était guère étonnant si l’on considérait le fait qu’il passait plus de temps plongé dans des bouquins, parfois dénichés dans la plus grande légalité, qu’à s’informer des derniers événements de Pelagia.
Il ferma son carnet, cachant ainsi les notes qu’il aurait de toute façon tout loisir de revoir une fois qu’il serait retourné chez lui. Il ne pouvait même pas dire qu’il le ferait après avoir terminé d’autres choses.  L’arrivée de l’homme en face de lui avait mis un terme assez brusque à ce qu’il avait décidé d’entamer.
Il était sans doute un peu tard pour reprendre les recherches, et Raleigh n’était clairement pas le seul à avoir besoin de rattraper quelques heures de sommeil qui attendaient sur le pas de sa porte.

« J’ai bien peur que la physique ne soit pas non plus mon domaine de prédilection… Et j’avoue avoir du mal à voir ce que la physique peut bien venir faire dans toute cette histoire, mais je manque d’indices, comme vous l’avez très certainement constaté, même si vous venez de me préciser le chant des baleines. A part attendre, voir si d’autres cas se manifestent, je n’ai pas énormément d’options. »

C’était tout le problème de Pelagia.
Raleigh devait s’attendre à recevoir beaucoup plus de visites que d’habitude, ou d’en avoir encore moins qu’avant pendant quelques temps. Les gens, pour la plupart au courant, surtout dans le niveau 1, de son petit passe-temps, auraient soit envie d’être rassurés de toujours rentrer dans ce format si confortable d’un esprit qui ne pouvait pas être atteint, soit auraient trop peur d’admettre qu’ils venaient de rencontrer quelque chose qui dépassait les limites de leur entendement et resteraient prostrés dans leurs coins à ruminer mille et une solutions dont aucune n’irait à la situation.
Joignant machinalement les mains au-dessus du carnet sagement fermé, le médecin regarda son patient du moment. Devait-il lui dire, le supplier, d’aller dormir ? Quitte à se droguer pour le faire. Quoiqu’il ne préférait pas que cette dernière idée fût mise à exécution.

Il lui tendit finalement un morceau de papier, et le crayon qui lui avait servi.

« Si vous voulez bien me laisser vos coordonnées, je pourrais vous recontacter dans les jours, ou semaines, à venir, après avoir fait quelques recherches. C’est un peu compliqué de monter des hypothèses de but en blanc, et il se fait tard. Vous devriez songer à aller vous reposer aussi. Essayez de penser le moins possible à ce que vous avez “vu”, c’est peut-être le seul conseil que je peux vous donner. »

Là-dessus, il en savait quelque chose.

« Si vous voulez revenir, je serai ici en journée et début de soirée pour les prochaines semaines. Je ne vous garantis pas de grandes avancées sur le sujet qui nous intéresse, ceci dit… »



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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   02.09.16 17:58 par Joshua WellsCiter Editer Supprimer 

TTTCTS- The threads that connect the stars  -

Joshua Wells

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Un phénomène en dehors de la physique. Un phénomène que la raison ne pouvait appréhender, ni même expliquer. Un phénomène irraisonné, qui ne laissait donc place qu'à la non-raison. Joshua, dans un moment de démence, s'était tourné vers les cétacés, vers le chant des baleines, pour trouver une parcelle d'explication. Il n'avait rien trouvé. Mais Clio avait vu, elle aussi, des images à travers les yeux d'un autre. Une jeune femme morte. Dans sa vision aussi, un mort, un certain Eugène Ionesco. Eugène Ionesco, duquel il se savait proche, mais dont le nom ne lui évoquait rien. Les baleines. La mort. Les baleines et la mort. Il ne semblait pas exister de lien les connectant. Parce qu'eux même était lien ? Le chant des baleines était le fil reliant deux astres, et la mort un point de rencontre, une collision ? Son esprit fatigué tombait dans le non-sens, le fictif, l'imaginaire sans queue ni tête. Sans réalité concrète à la manière des dieux et des déesses que l'on vénérait là, sous les eaux, à demi-noyé dans cette citée engloutie. Et les dieux, la religion, n'était qu'une vaste supercherie au vu de son esprit fêlé. Une vaste supercherie, une manière de combler le vide de l'existence lorsque l'on ne peut vivre avec, l'accepter, s'y résoudre, et supporter ce poids sur ses épaules. En un sens, dans ses tentatives de comprendre, il essayait de combler un vide. Pareillement, combler un vide.

Alors il attrapa le crayon que le médecin lui donnait alors.
Il laissa ses coordonnées, hésitant à les fausser.
Il avait tant fustigeait les religions, les croyances...

« Je comprends la délicatesse de votre position. Comme je vous l'ai dit, et sans vouloir remettre en doute vos connaissances, je n'avais pas grand espoir en venant vous voir. Il est des choses qu'aucun Homme n'est qualifié à comprendre, à expliquer. »

Il lui redonnait alors le morceau de papier. Un morceau de papier souillé de son nom, son prénom, et son adresse dans les taudis du niveau 3. Mais quand à oublier ce qu'il avait vu, il ne pouvait s'y résoudre. Ce serait une manière de fuir cette réalité nouvelle, inexplicable. Une manière de la fuir comme lorsque son esprit abîmé tentait de trouver une explication dans l’irrationnel. Il haussa les épaules, préférant se résoudre à cette réalité déconcertante, absurde, vide de sens. Quelque part, cette vision « magique » n'était pas en total contradiction avec cette ville, ce monde, cet univers, cette vie. Non, elle état en parfaite adéquation même. L'absurdité de ce flash n'était ni moins ni plus absurde que sa propre vie, que sa propre naissance. C'était ainsi, un poids de plus sur les épaules fébriles d'Atlas. Un Atlas qui sombrait dans le désespoir engendré par l'absurdité de l'existence.

Puis, pour ce qui est de se reposer...

« Le sommeil est quelque chose qui m'a quitté depuis bien longtemps Docteur, mais je tâcherais de le chercher, ce soir encore. Quoi qu'il en soit, je vous remercie de m'avoir écouté... j'espère que ces informations que je vous ai donné vous seront utile si d'autres personnes viennent à vous voir pour une affaire similaire, ce qui ne tardera pas. »

Le nihiliste se dresse de sa chaise, tâtonnant les quelques poches de son long manteau noir usé, à la recherche d'un porte-feuille. Il le trouva à l'intérieur du tissu, après avoir sortis un paquet de cigarette. Il allumerait un bâtonnet de nicotine dès qu'il aura quitté l'enceinte de Corb, mais pour l'heure, son regard revenait au Docteur Cohen.

«  Je vous dois ? »


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MessageSujet: Re: Septembre 125 - The threads that connect the stars - Raleigh Cohen   04.09.16 16:14 par Raleigh CohenCiter Editer Supprimer 




Le regard du médecin se durcit légèrement quand il fut question du sommeil. Il ne fit cependant pas de commentaire, se sachant assez mal placé pour en parler lui-même, puisqu’il s’apprêtait à faire une nouvelle nuit blanche sur un nouveau sujet qui allait l’occuper un certain temps, jusqu’à ce que toutes les maigres pistes qu’il pourrait trouver se désagrègent sous ses doigts, par manque flagrant d’intérêt de la cité pour la chose, ou tout simplement parce qu’il n’y avait rien, même à la surface, qui ne se rapprocherait d’une telle histoire. Quelque chose d’inexplicable, tout simplement.

L’autre, en face de lui, avait l’air tout à fait certain que d’autres personnes viendraient le consulter, lui, au sujet des baleines et des flashs qu’elles semblaient depuis peu provoquer chez les habitants de Pelagia. Raleigh garda ses doutes pour lui-même. Il n’était jamais facile de parler de ce genre de choses, ça se remarquait tout particulièrement chez les patients qui ne pouvaient pas se passer d’Essence, d’alcool ou de quoi que ce soit d’autre qui les laissait sombrer lentement, mais sûrement, vers les tréfonds les plus sombres qui aient jamais existé.
Parler de troubles que la cité reconnaissait était déjà compliqué pour le pelagian lambda. Parler de choses dont la fausse Atlantide n’avait que faire était encore plus dur.

Revenant sur terre, Raleigh regarda Joshua.

« Rien. Les consultations sont gratuites, à la clinique. »

Se levant à son tour, il tendit simplement une main pour serrer celle de Joshua. Dès que ce dernier aurait quitté le bureau, Raleigh se remettrait au travail, repasserait ses notes, les tournerait et les retournerait dans sa tête, dans tous les sens possibles et imaginables, cherchant une quelconque explication, essayant de trouver quelque chose qui se rapprocherait un minimum de l’histoire qu’il venait d’entendre. Il y avait quelque chose de vraiment surréaliste dans ce nouveau foutoir qui s’étalait devant ses yeux.
Il avait tôt fait d’oublier le premier sujet qui l’avait occupé à peine une heure, ce soir.

« Au revoir, monsieur Wells. »



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