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[Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont
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 [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont



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MessageSujet: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   14.07.16 21:46 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

Assise derrière un buisson, les lumières de la fête éclairant à peine le bosquet artificiel, Eirlys tente tant bien que mal de reprendre ses esprits. Un tremblement agite tous ses membres comme un sanglot silencieux qui la prendrait de l'intérieur. Elle regarde ses mains, les yeux secs, le cœur en larmes. Pourquoi son corps ne lui obéit plus ? Qu'est ce qui lui arrive ? Pourquoi ce soir, juste ce soir là, quand les yeux du niveau 1 sont rivés sur elle. Mais quand ne le sont-ils pas ? Elle baisse la tête. Son masque de poupée s'est fendu et elle n'arrive pas à le remettre. Elle se sent nulle. Et seule, tellement seule sans Seisyll, sans son fiancé qui avait dit qu'il viendrait et qui n'était pas venu, sans son père dont elle n'arrive pas à attirer l'attention.

Elle déglutit, se repassant sans cesse les événements de la journée. Enfin, la journée...cela fait deux nuits qu'elle ne dort pas, travaillant d'arrache-pied sur ce dossier qu'on lui a refourgué. Et ce n'est pas sur Joshua qu'elle peut s'appuyer, oh non. Alors, pour garder haute la réputation des Hilbilge, pour faire sourire son géniteur, pour tranquilliser sa mère, elle a travaillé de l'aube au soir, ne rentrant que le temps de se changer pour se rendre aux fêtes auxquelles on l'a invitée, rentrant aux petit matin pour reprendre immédiatement son travail. Deux nuits qu'elle ne dort pas. Deux jours où elle ne mange quasiment pas. Elle a perdu du poids. Elle n'arrive pas à s'en réjouir. Sa robe, parfaitement ajustée une semaine auparavant flotte sur ses hanches trop minces et pourtant toujours énormes à ses yeux. Un autre problème dont personne n'a conscience. Eirlys ne se voit pas comme elle est. Elle remonte ses jambes, entourant ses genoux dans ses bras. Elle veut sombrer dans l'abysse. Se faire oublier. Disparaître, comme son âme a disparue il y a une éternité déjà. La tentation est énorme. Elle sait qu'on ne la pleurera pas. Tout juste père serait agacé de ne pas avoir d'héritier. Mais c'est déjà le cas. Cela aurait dû être Seisyll. Elle n'est qu'un pis allez. Et, après ce soir, si cela remonte à ses oreilles, il saura qu'elle n'est qu'un pis aller qui n'a même pas la force de continuer.

Elle n'aurait jamais du s'enfuir. Elle le savait. Et, à présent, rentrer était impossible. Comment justifier ce qu'il s'était passé ? Le cri de surprise et de dégoût quand un serviteur lui avait renversé le contenu de son plateau de flûtes sur le bras et le décolleté. Et son masque, tombant sous l'assaut humide et pétillant. Les éclairs sortant de ses yeux. Elle n'avait pas frappé le pauvre homme. Elle ne l'avait pas insulté non plus. Mais il y avait eu ce cri, ce cri qu'elle entendait toujours résonner en elle parce qu'elle était toujours choquée. Et puis la fuite. La fuite vers les toilettes, au milieu des autres femmes. Trop de monde, trop de bruit. Elle avait quitté l'endroit, sortant par une fenêtre vers le jardin de la résidence, cherchant le silence, la paix, la solitude.

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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   15.07.16 13:54 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Quand il la trouve, il ne la rejoint pas de suite.
Est-ce seulement la bonne chose à faire ? Gil se pose la question. Il a quitté la soirée en plein milieu, il a même laissé tomber une conversation pour suivre Eirlys en se demandant ce qu’il se passait. Personne n’aurait pu manquer ce qui avait dérangé la soirée. Le cri. La fuite. Le reste. Les gens étaient restés silencieux pendant quelques minutes avant de reprendre le cours des choses, et lui, tout ce qu’il avait fait, c’était poser son verre sur le rebord d’une fenêtre, planté la personne avec qui il avait consenti à discuter, et il était sorti pour suivre Eirlys. A un moment, il l’avait perdue de vue.
Et puis il l’avait retrouvée.

Et il ne sait pas quoi faire. Consoler les gens n’a jamais été son fort. Son père n’a jamais été un modèle très rassurant, il a toujours été assez distant avec sa mère. Il n’a jamais vraiment laissé tomber son propre masque. Avec Alba, une ou deux fois, il a laissé transparaître plus d’émotions que d’ordinaire. Sans plus. Dans le niveau 1, c’est plus ou moins une question de survie. Il ne faut jamais s’ouvrir complètement, dévoiler son jeu. Dans le niveau 1, et peut-être dans toute la cité. Il n’en sait rien. Il n’est jamais allé plus bas que le niveau 2. Il connaît une survie, celle des hautes sphères, celle de l’hypocrisie et des sourires forcés.
Gil hésite.
Il inspire à fond, soupire un peu, et finit par s’approcher d’Eirlys. Il s’assied à côté d’elle, sans rien dire d’abord. Il se contente de regarder, autour d’eux. Il ne sait pas non plus quoi lui dire. Lui demander si ça va ? Absolument pas, non, et ça se voit plus que le nez au milieu de la figure. Il se mordille la lèvre, et reste silencieux encore un petit moment. Que la jeune femme se rende compte de sa présence ou non, il doit malheureusement bien admettre que ça lui est égal.
Ça n’est pas dans ses habitudes, encore moins dans son caractère, de se faire du souci pour tout le monde, même si Eirlys a toujours été une très bonne amie.

« Qu’est-ce qu’il se passe, Eirlys ? C’est la première fois que je te vois craquer à ce point, pour ne pas dire que c’est la première fois que je te vois craquer tout court… Il y a quelque chose. N’essaie pas de me dire le contraire, ça se voit, tout le monde l’a vu. »

Il incline doucement la tête de côté et regarde la dernière des enfants Hilbilge.

« Mais quoi que ce soit, si tu veux me le dire, ça ne sortira pas d’ici. Je ne le répèterai pas. Et les gens continueront de monter leurs habituelles suppositions sans rien savoir. »



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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   15.07.16 19:39 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    L'instinct lui fait tourner la tête quand une présence se fait sentir à ses côtés. Parce qu'elle est faite pour survivre, malgré la fatigue, malgré le burn-out, elle vérifie. Peut-être aurait-elle réussi à se reprendre s'il s'était s'agit d'un ennemi. Mais ce n'est que Gil. Gil qui a été son ami, à l'époque dorée de leur jeunesse. Gil qui était celui de Seisyll. Gil la trahira moins qu'un autre. Elle le sait parce que Seis lui faisait vaguement confiance et que son jumeau ne se trompait jamais. Elle le sait aussi parce qu'elle l'a jaugé et qu'il y a du bon en lui. Sa tête retrouve l'écrin rassurant de ses bras et l'obscurité de sa prison de chair. L'odeur de l'alcool lui monte à la tête. Elle doit sentir le champagne sur plusieurs mètres. Une autre humiliation. Pas la pire. Ils restent en silence ainsi un moment, l'un à côté de l'autre, sans se toucher, sans se parler, laissant leurs présences d'apprivoiser un peu. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été si proches. Que s'était-il passé pour qu'ils se soient ainsi éloignés ? Le Niveau 1, sans doute. Le passage à l'âge adulte. Et la mort de leur unique point commun. Elle aimerait le détester pour ça. Elle voudrait pouvoir lui en vouloir de l'avoir abandonnée. Mais elle n'y arrive pas, parce qu'elle sait qu'il n'a rien fait de mal. Parce que cela aurait été injuste.

    Finalement, avec dans la voix une hésitation qui est comme un coup de poignard supplémentaire, il parle. Il parle avec leurs mots d'antan, avec cette familiarité qu'ils avaient par le passé, cette douceur qu'elle lui connaissait alors. Il parle comme si rien ne s'était passé et qu'ils étaient toujours les deux adolescents qui avaient décidé de flirter ensemble juste pour énerver son frère.

    « C'est ma robe. Elle est ruinée maintenant et... » Même à elle, cette raison semble stupide, superficielle et tellement tellement fausse. Sa voix se brise. Sa robe toujours humide colle certes à sa peau mais si c'est la goutte d'eau, ce n'est pas la vraie raison de son craquage nerveux. Juste une goutte d'eau. Sans ironie malsaine. « Je suis tellement fatiguée, Gil. Je n'y arrive plus. Je ne peux plus vivre pour deux. Je n'y arrive plus. Et maintenant ça... Père va être déçu, je vais être la risée de tout le niveau au moins jusqu'à la prochaine catastrophe... » sa voix se brise, encore, ses épaules tremblant dans un mouvement incontrôlable, comme des sanglots qui ne veulent toujours pas sortir. « Ce n'est pas juste. Pourquoi c'est arrivé ? » Elle a une voix d'enfant, de ces petits enfants qui ont perdu un parent et qui ne comprennent pas, parce que ce n'est pas de leur faute, parce qu'ils ont été sages, parce qu'ils seront sages, toujours, ils promettent. Alors s'il vous plait, rendez-moi Seisyll. Et je ne ferais plus jamais de bêtises, je ne demanderais plus rien. Mais les mots ne peuvent pas sortir de sa gorge. Pas comme ça. Alors elle ferme les yeux, toujours tremblante, toujours incapable de reprendre son cœur brisé et de remettre un masque dessus. Elle ne demande rien. Elle sait que c'est impossible. Que Seisyll n'est plus ; Qu'elle doit prendre sa place. Rendre son père fier de sa petite princesse. Devenir puissante chez Magnus. Mener de front la vie trépidante d'une femme sophistiquée de son niveau, celle importante de l'héritière des Hilbilge. Elle doit s'oublier, encore. Oublier la petite Eirlys qui ne demandait rien d'autre dans la vie que de se sentir aimée, soutenue et protégée. Comme n'importe quel être humain.

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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   15.07.16 21:56 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Il jette un coup d’œil machinal à la robe de son amie, puis se remet à regarder les alentours. Ruinée. Le mot est un peu fort. Ce ne sont que des taches, ce n’est que du liquide qui imprègne le tissu, rien qui ne soit pas rattrapable. Gil retient un soupir, se contente d’une vague moue. Les gens éplorés, ça n’a jamais été son fort. Les larmes non plus, qu’elles viennent des autres ou de lui-même.

« Eirlys, ça se lave. Ce n’est pas la fin du monde. Ça se rattrape très bien avec de la patience, un peu d’huile de coude, et les bons produits. Tu peux même aller directement demander au tailleur ce qu’il utiliserait pour ce genre de cas. Elle n’est pas perdue, cette robe. Tu pourras tout à fait la remettre la prochaine fois. »

Ça se lave. Tout peut se laver, même les taches de sang. Ce n’est pas parce que sa mère a toujours vécu dans le niveau 1 qu’elle s’est contentée de racheter ce qui avait été « ruiné ». Elle avait bien veillé à le lui apprendre : tout peut se récupérer, surtout à leur époque, avec les produits dont ils disposent. Un peu de javel peut enlever n’importe quelle tache d’un tissu, pourvu qu’il soit blanc, intégralement blanc. Un peu de teinture peut venir à bout d’une pièce délavée par l’usure et des ports répétés. Rien n’est complètement infaisable.
Finalement, Gil soupire un peu. S’affale vaguement sur l’assise improvisée et croise négligemment les chevilles, les mains en appui de chaque côté de son corps.
La température ne change jamais à Pelagia.
Pas plus que la météo.
C’est comme une éternelle fin de printemps, en tout cas telle qu’elle est souvent décrite dans les livres : douce, agréable, et propice à la détente.

« Alors arrête tout. Si tu n’en peux plus de vivre pour deux, arrête. Tes parents seront sans doute déçus, mais tu n’es pas non plus là pour vivre pour eux. C’est ta vie, pas la leur. S’ils ne peuvent pas non plus assumer ça, là, par contre, je ne sais pas quelles solutions s’offrent à toi. Je suis dans un cas similaire, Eirlys. J’ai constamment l’impression de décevoir mon père. Et alors ? Si je dois toujours chercher son approbation, je n’ai pas fini de la chercher, et je ne compte pas me tuer à petit feu pour apercevoir une vague lueur de fierté dans son regard. »

Il regarde de nouveau Eirlys, cherche à accrocher son regard à elle mais n’y parvient pas. Elle reste là, le visage caché dans le creux de ses bras, comme un enfant qui cherche le réconfort parental.
Gil n’a rien d’un parent. Encore moins d’un parent rassurant. Il se retient de dire que vu comment la situation actuelle est partie, les prochaines catastrophes ne se feront pas trop attendre. Mauvaise idée, il se ravise.

« Tu te laisses mourir. Ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vue, c’est à peine si je t’ai reconnue. Arrête. Arrête de te faire autant de mal. Ça s’est passé, on n’y peut plus rien, c’est fini. Tout ce que tu peux faire, c’est avancer, parce que tu es au pied du mur et que ça ne te sert plus à rien de reculer. Rentre chez toi. Change-toi. Jette cette robe si ça te fait plaisir, si tu as envie de t’en débarrasser. Prends-toi un verre, ou deux, ou plus si ça te chante, parce que ça ne regarde que toi. Lis un livre. Rhabille-toi, va au cinéma si tu as envie. Ou passe juste la soirée à pleurer contre ton oreiller si tu penses que ça peut te faire du bien. Mais arrête de te torturer avec ça à longueur de journée. »

Un sourire passe sur son visage, fugace.

« Tu m’as manqué, Eirlys. Et tu me manques toujours, parce que je ne retrouve pas celle que j’ai connue à l’université. Où est passé ton petit fond de sarcasme ? C’est lui que j’aimerais entendre, si je te revois dans les prochaines semaines. »



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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   16.07.16 12:42 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    Il est mort. Il est mort quand elle a dû devenir le fils de la Maison d'Hilbilge, enterré sous des masses d'eau quand son frère a disparu. Ce sarcasme, c'était celui d'une fille qui avait le loisir de regarder le monde, de jauger les gens et de s'en amuser. Elle regarde et jauge toujours mais ce qu'elle voit la désespère. Autour d'elle, il n'y a que trahison, manipulation, mensonge. Et, de ses yeux qui ne cillent pas et qui semblent lire l'âme des gens, elle a vu ce que Pélagia faisait aux esprits honnêtes. Il n'y a plus personne pour la protéger. Sa bulle de confort brutalement percée lors des attentats du temple ne lui offre plus le loisir de s'amuser. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle n'a pas rit en le ressentant vraiment. Quand, pour la dernière fois, elle s'est levée avec le sourire aux lèvres, chantonnant en se coiffant, choisissant une robe selon l'effet qu'elle pourrait faire sur son frère, sur ses camarades de classe, sur Gil même – son opinion a eu une importance. Et, pour toutes les soiries du Niveau 1, pour les rayons de soleil filtrés par les flots, elle a du renoncer à son sourire, à son soleil intérieur. Elle est morte, réalise-t-elle, morte à l'intérieur, poupée de porcelaine vide et fragile sans rien d'autre que ses ficelles pour avancer. Elle est morte, condamnée à donner l'impression de bouger.

    Elle déplie les jambes, tremblant toujours, ses nerfs en vrac. Doucement, sa tête se relève, un peu. Elle remet une boucle sombre échappée de son chignon sophistiqué puis pose une main sur celle de Gil. Un contact, c'est tout ce qu'elle demande. Sur son visage rougi par les larmes, elle force un léger sourire. Elle est tellement fatiguée qu'elle aimerait juste poser sa tête sur cette épaule qui lui dit ce qu'elle a besoin d'entendre et imaginer qu'il s'agit de Seisyll. Cela n'a même pas besoin d'être vrai, elle s'en fiche. Elle a rendu les armes, elle veut arrêter de se battre, de se lever, d'avancer. A quoi servirait-il de se rebeller contre ses parents ? Pourquoi se changer et aller au cinéma ? Il n'y a rien de plus triste que de sortir seul et c'est ce qu'elle est. Irrémédiablement, indéniablement seule.

    « Je ne veux pas rentrer... »

    L'idée fait peu à peu son chemin dans son esprit. Fuir la société, fuir son travail, s'écrouler dans un petit endroit sombre mais en sécurité, avec un ou deux chats pour lui tenir compagnie. Mère disait souvent à Seisyll que son animal totem était le chat, élégant, exigeant, indépenant. Elle n'était plus rien de cela. Elle avait besoin de dormir, de repos, de compagnie et d'affection. Il y avait dans son cœur un trou trop grand pour qu'elle puisse continuer ainsi. Seulement...elle ne savait pas où aller et l'emprise d'Aeder était encore trop forte sur elle pour qu'elle puisse accepter l'idée d'avoir une vraie crise de nerfs, d'être malade de l'âme, comme pouvait l'être Joshua. Elle regarda le plafond de verre, loin au dessus d'eux. Ses larmes intérieures s'étaient taries, ne laissant qu'une lassitude aussi lourde que les tonnes d'eau au dessus de leur tête.

    « M'aiderais-tu, Gil, à tenter de retrouver l'Eirlys que j'ai perdu au fil des ans ? Je ne suis pas certaine d'y arriver toute seule. »

    Elle fixa ses yeux gris foncés sur celui qui avait son ami et celui de son frère. Au delà du Monsieur Dylman, elle revoyait l'adolescent vexé par les remarques bourrues de Seisyll, partagé entre sa guerre contre son père et son envie de bien faire. Aller ou ne pas aller au bal des débutantes . Les dilemmes d'alors n'avaient rien de commun avec les catastrophes du monde adulte. Elle n'aurait jamais du se laisser grandir. Son sourire devint nostalgique, plus réel, tinté de cette tristesse qui ne la quittait pas. Elle se dévoilait comme elle ne l'avait jamais fait. Elle était trop fatiguée, trop désespérée pour en avoir peur.

    « Je dois trouver une raison pour ne pas rentrer ce soir. »

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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   16.07.16 18:27 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




« Alors ne rentre pas. »

C’était aussi simple que cela.
Si Eirlys n’avait pas envie de rentrer chez elle, elle n’avait qu’à ne pas rentrer chez elle. Gil se demandait, par moments, pourquoi les gens se cassaient autant la tête. Avant de faire pareil qu’eux, d’en arriver aux mêmes raisonnements, et de se chercher les mêmes excuses. Sauf que lui, il n’y avait que son chat qui l’attendait dans son appartement trop grand, trop vide. D’autant plus vide qu’une présence familière l’avait quitté à tout jamais, mais il avait arrêté de s’en formaliser. Pourquoi rester bloqué là-dessus ?
Pourquoi ne pas avancer, plus tôt ?

Le bibliothécaire soupire. Il fixe Eirlys, ses yeux gris, cernés, fatigués, ou la démission se lit. Ils avaient eu un éclat vaguement argenté, ces yeux, à une époque, et maintenant, ils avaient simplement l’allure du métal trop terne que l’on a abandonné trop longtemps. Rien d’extraordinaire, au final. La vie a rattrapé Eirlys, d’une manière brutale. Elle a été la première touchée par toute cette histoire aux allures de mauvaise plaisanterie. Est-ce qu’il veut l’aider ? Oui. Est-ce qu’il peut l’aider ? Là est la question. C’est une autre histoire.
Est-ce que Eirlys a vraiment envie de redevenir celle qu’elle était, alors qu’elle ne pourra plus jamais revoir son frère, et qu’il était une partie de leur trio ? Gil n’en sait rien.

« Tant que je ne suis pas le seul à tout faire, je veux bien t’aider. Mais, s’il te plaît, si à un moment, tu ne veux pas continuer, dis-le. Je n’ai pas envie de faire le piquet pour deux personnes éternellement. Ce n’est pas dans mes projets, à moyen comme à long terme. »

Il est dur, mais que peut-il lui dire d’autre ? Il refuse, catégoriquement, de devoir faire tout le travail pour deux. Il tient ça de son père. Un projet à deux, oui, d’accord, mais à parts de travail égales. Un haussement d’épaules lui échappe juste après.

« Tu as vraiment besoin d’une raison ? Autre que la fatigue, je veux dire, parce que c’en est une suffisante. En tout cas, à mes yeux. Il y a un nombre incroyable de gens qui ne viennent pas parce qu’ils sont fatigués, ou simplement parce qu’ils n’ont pas envie de venir. C’est le niveau 1, ici, Eirlys. Si on n’a pas envie, pourquoi se forcer ? Ce n’est pas non plus comme si nos emplois respectifs étaient menacés pour une soirée évitée, ce n’est pas comme si nos vies allaient basculer parce qu’on n’a pas voulu rester au milieu de la fosse aux serpents. Tu n’as pas besoin de te justifier constamment. »

Il continue de la fixer, presque sans ciller.
Lui aussi, à un moment, il en a eu marre de se justifier. Et pourquoi ? Parce que. Point. J’en ai marre. Je ne vais pas passer ma vie à expliquer tout ce que je fais. Pour le moment, ça marche bien, le seul temps des explications avait été avec Alba, quand ils avaient décidé de se séparer. Il avait bien fallu mettre les choses au point, s’expliquer face à l’autre. Question de bon sens, question de principe. Ils n’avaient jamais voulu se détruire mutuellement.

« Vis ta vie, même pour un soir, tu verras, ça ne fait de mal à personne. »



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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   19.07.16 12:25 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    Ce n’était jamais aussi facile. Ce n’était jamais aussi simple. De par sa position déjà, de par son sexe aussi, elle ne pouvait pas, contrairement à Gil, contrairement à Seisyll, disparaitre une nuit sans récolter autre chose que des sourires entendus. Sa réputation serait immédiatement remise en question, son honneur bafoué, ses fiançailles rompues. Les Dames du niveau 1 n’avaient pas la liberté de ces Messieurs et le poids des convenances n’était qu’un lien de plus. Et puis, et surtout, il y avait son père. Elle ne voulait pas le décevoir, elle ne pouvait pas le décevoir. Il avait tellement souffert. Disparaitre une nuit était tentant, oui, mais pour quelques heures de liberté et d’ivresse, elle se préparait des semaines d’angoisse et de torture. Cela ne valait vraiment pas le coup. L’autre option étant de ne jamais revenir. C’était un rêve qu’elle aurait aimé caresser s’il ne ressemblait pas autant à une fuite éperdue. Par chance, il n’insiste pas, se contentant de poser des conditions à son aide. Conditions totalement légitimes qui plus étaient. Elle soupire.

    « Je te promets d’y mettre du mien et de te prévenir si je décide d’abandonner. Je ne suis pas du genre à faire trimer les autres et à les regarder s’échiner pour moi sans participer tu sais… »

    Elle n’a jamais su être la princesse qui se fait servir, riant à voir ses chevaliers servants courber l’échine et se jeter à ses pieds. Cela ne lui a jamais paru juste ou correct. Elle lui rend son regard. Elle non plus ne cille pas, elle ne ferme que rarement les yeux, c’est l’une de ses malédictions. Toujours voir en face, ne pas savoir se protéger, se mentir ou se voiler la face. Jusqu’ici, elle avait la force de caractère pour affronter la vie de plein fouet et sans bouclier. Il semble qu’elle n’est pas capable d’affronter la mort. Elle l’écoute. Il est tellement insouciant, si indifférent aux dictats de leur monde. Et une part d’elle ne peut s’empêcher de se demander s’il n’a pas raison. Après tout, elle gère des arrêts de travail tous les jours. Elle n’a jamais pris de congés autres que ceux décidés par son père ou sa hiérarchie.

    « La fatigue n’est pas un motif recevable. Si j’étais malade à la rigueur. Mais j’ai une santé de fer. Je ne sais pas. Ce serait plus simple si j’étais une pimbêche capable de m’évanouir sur commande.»

    Elle est trop fatiguée pour réfléchir correctement. Sans mentir, elle ne se sent vraiment pas bien mais impossible pour elle de mettre un mot là-dessus. Elle ne tousse pas. Elle n’a mal nulle part si ce n’est partout. Si ce n’est au cœur. Elle quitte un moment les yeux de Gil, tentant de se reprendre, ses iris sombre fixant la nuit, pensive.

    « Et puis, sincèrement, ne pas rentrer pour aller où ? Je vis toujours chez mes parents et, crois-moi, ce n’est pas là-bas que je peux me reposer ou baisser ma garde. Mon fiancé est l’Océan seul sait où et puis je n’ai pas spécialement envie de le voir, sans compter qu’il ne m’hébergera jamais chez lui. »

    Et les amis…elle avait appris avec la mort de Seisyll que l’on n’avait jamais vraiment d’amis au niveau 1. Des connaissances. Des gens avec qui parler, un peu, vaguement, quand les courants étaient favorables. Mais des amis à qui l’on peut confier ses faiblesses et qui peuvent vous guider, non. Enfin il y a Gil, là, à côté d’elle. Gil qui a donc tout pouvoir pour la menacer ou la détruire. Elle aimerait croire qu’il ne le fera pas. Elle aimerait lui faire aveuglément confiance. Ce n’est pas le cas. Trop de non-dits entre eux. Trop d’absences. Elle se dévoile cependant, elle se donne. Parce que même si elle n’est pas sûre qu’il ne la trahira pas, elle veut espérer. Elle sourit soudain, un peu, toujours triste, toujours fatiguée.

    « Et ne me parle pas d’hôtel, je ne saurais même pas comment on fait pour prendre une chambre.

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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   19.07.16 18:14 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil soupire, lève les yeux à la surface et se lève d’un coup sec pour faire quelques pas. Il souffle une deuxième fois, regarde le vide un instant avant de se tourner vers Eirlys. Lassé. Déjà lassé de ce petit jeu. Peut-être est-ce simplement lui, mais il a l’impression que la jeune femme ne fait que se plaindre, chercher des excuses pour s’imposer une soirée de plus au milieu de la fosse aux langues de serpents. Elle a sans doute manqué moins de soirées de ce genre que lui.
Il la fixe, sans ciller, et finit par hausser les épaules, écartant les bras quelques secondes. Ses mains reviennent claquer le long de ses jambes.

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Qu’il y a un début à tout ? Bien ! Il y a un début à tout, et ce n’est pas une nuit d’hôtel qui va te tuer. Ça n’a jamais tué personne, d’ailleurs, à ce que je sache. »

Et puis quoi ?
Pourquoi s’infliger tout ça, au final ? Ça ne rime absolument à rien de vouloir le subir, encore moins de son plein gré, si c’est pour ensuite dire que c’est pénible. D’un côté, ils le font un peu tous. A ceci près que Gil estime se plaindre suffisamment en silence pour qu’on ne lui en fasse pas la réflexion.

« Si tu ne fais que chercher l’approbation de tout le monde dans cette espèce de… de bocal géant, tu n’as pas fini, Eirlys ! Tu vas forcément décevoir des gens sur ta route. Tu vas forcément devoir te séparer de certaines personnes en chemin. Tu ne peux pas garder tout le monde avec toi ! Pourquoi ne pas commencer par déménager de chez tes parents, hm ? Chez ton fiancé, par exemple ? Parce que, honnêtement, qui a décidé que tu ne viendrais pas chez lui ? Toi, parce que tu as trop peur ? Parce que tu es trop fière pour l’admettre ? Parce que si c’est lui qui refuse de t’avoir sous son toit, laisse-moi te dire qu’il fera un bien piètre mari s’il n’est même pas capable de te soutenir quand tu en as besoin. Tu peux déjà le laisser filer ! »

Il reste debout, croise les bras et continue de fixer Eirlys. Peut-être que c’est juste lui qui n’est pas fait pour rester à se plaindre, à pleurer en silence sur l’épaule de quelqu’un d’autre. Enfant, peut-être, mais quel enfant ne pleure pas après s’être écorché le genou en tombant ? Avec le temps, il a compris qu’une carapace était largement préférable pour survivre dans le niveau 1, sauf que son caractère de base était déjà une carapace, forgée à la dure par son cher père.

« Et tes grand-mères ? Tes arrière-grand-mères ? Elles se sont battues pour quoi, sérieusement ? Tu as les mêmes droits que n’importe quelle personne de cette cité, peu importe que tu sois une femme ou non ! Tu parles de pimbêches qui font semblant de s’évanouir ? Et tu crois qu’elles font quoi, elles, quand elles n’ont pas envie de venir ? Elles ne viennent pas ! Point barre. Si tu ne penses qu’à ta réputation, je te ferais dire que les ragots qui courent sur certains hommes ne sont pas mal non plus, pourtant, certains sont venus à chaque soirée. N’importe quel motif est recevable ! Rien ne t’empêche d’aller où tu veux ! »

Il fait les quelques pas qui le séparent d’Eirlys et plante son regard dans le sien. Il ne pensait pas être à court de patience aussi vite, d’autant que c’est lui qui l’a retrouvée. Et que peut-il lui proposer ? Venir chez lui, peut-être ? Là, si elle veut des ragots, elle sera servie ! Sauf que lui n’en a pas plus envie qu’elle, mais qu’importe. Il n’a pas daigné faire acte de présence à ces mondanités un certain nombre de fois sans subir de questions.
Sa mère a fait de même, sans subir de questions.

« Toute la pression que tu vois à chaque fois que tu ouvres les yeux est logée quelque part dans ta tête et tu ne veux pas la laisser partir parce que c’est plus confortable, ça te rassure de savoir qu’elle est là, elle te donne une excuse pour en faire encore plus, Eirlys. Tant que tu ne l’admettras pas, rien ne s’arrangera. »



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MessageSujet: Re: [Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont   19.07.16 22:19 par Eirlys S. HilbilgeCiter Editer Supprimer 

    Là, elle l'a énervé. Elle le sait. Elle devrait lui en vouloir mais elle s'énerve elle-même. La vraie Eirlys n'a rien d'intéressant, celle au masque est meilleure. Elle ne répond pas. Elle ne réagit pas. Elle regarde dans le vague, perdue, pensive, l'écoutant d'une oreille dans une sorte de mélasse qui n'est pas vraiment de la tristesse mais plutôt un grand mélange de rien, épicé de culpabilité et de dégoût d'elle-même.

    Et puis, les mots lui arrivent au cerveau. Ils ont un sens. Une intensité. Et ils sont faux. Et ils font mal. Et ils sont injustes. Ils sous-entendent qu'elle ne fait pas d'efforts. Elle ne fait que ça, des efforts mais qu'en sait-il, lui ? Il n'est pas une fille. Il ne l'a jamais été. Il n'a pas grandit dans l'ombre d'Aeder avec l'ombre d'une mère pour toute parentèle. Il n'a jamais eu de moitié de son âme et il ne l'a pas perdue. Il est là, avec sa vague colère contre son père, sa vague peur de sa mère. Il est héritier, il est dominant, il a toute les cartes. Elle a les mots de son père qui tournent dans sa tête. Ne devient pas inutile Eirlys. Ne devient pas ton frère. Soit une princesse. Sourit. Soit forte. Ta réputation est ton bien le plus précieux. Elle est consciente de la bêtise de ces injonctions. Elles sont là cependant. Voix intérieure et intériorisée. Elle tourne des yeux vides vers lui. Elle a essayé de s'ouvrir à quelqu'un, et elle se fait rejeter. Et bien. Tant pis. Elle se lève avec douceur, essuie les brins d'herbe de sa robe, par habitude, retrouvant les yeux de celui qui avait été son ami et dont elle pensait qu'il pourrait le redevenir un jour. Elle chercha quoi dire. Vraiment. Sincèrement. Profondément. Et tandis que son maintient se transformait un peu et qu'elle devenait plus régale, elle comprit une chose. Il n'y avait plus rien à dire. Il l'avait jugée. Mal. Et cette idée, d'être jugée, mal, par le mortel devant elle, la remplit de rage. Dans ses yeux flamba un feu d'obsidienne aux reflets d'acier. Sa main partit d'un coup. Rapide. Claquant sur la joue du jeune homme.

    Il n'y avait plus rien à dire. Il n'y aurait plus jamais plus rien à dire.

    Tournant le dos à la scène, à cet homme, à la fête, à son niveau, à sa vie, Eirlys s'enfuit dans la nuit sous-marine.

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[Juin 125] Trois ptits tours et puis s'en vont
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