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Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]
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 Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]



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MessageSujet: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   25.06.16 22:27 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 


Fin Avril 125

Une voix « Mais ne serait-ce pas ce cher Teddy ? »

Il se fige, presque instinctivement. Ils étaient rares, les gens qui l'appelaient ainsi. Ses amis préfèraient l'appeler Tad, alors que cet ancien surnom lui rappelait une époque révolue. La voix, il l'a reconnaît d'ailleurs, mielleuse et pourtant si prompte à s'emporter quand monsieur n'est pas content. Et il l'est rarement.

Ses mains se crispaient, comme si elles cherchaient quelque chose. N'importe quoi aurait pu faire l'affaire. Il savait qu'il avait des ennuis avant même que les mains des de deux autres finissent par trouver le chemin sur ses épaules. Avant même de voir le visage de son interlocuteur. Plutôt en bon état, si on considère qu'il y a quelques mois il ressemblait à quelque chose de plus sanguinolent et à vif.


 « ça fait longtemps qu'on te cherches, tu sais? Après notre petit « accrochage »… On était certain que ces blaireaux de la compagnie t'avais tué. Peut-être qu'ils auraient du. Au lieu de ça, on apprend que tu pourrais travailler pour eux ? Alors tu vois, je suis venu vérifier, parce que je te connais et je sais que t'es un gosse bien, dis-moi que t'as pas rejoint ces chiens, Teddy ?

Il voudrait hausser les épaules. À quoi bon répondre, de toute façon, il a l'air au courant de tout. Mais ça plaît pas à Sam.

Celui-ci saisit son col, d'une main ferme. Le visage rouge de colère près de celui plus livide encore qu'un cadavre de Tadeusz. Mais il craque pas. Il dit rien, le blondinet. Il sait que de toute façon Sam sait tout. À sa façon de se retenir de lui exploser au visage, en plein milieu d'une ruelle. Il dit toujours rien non plus quand il dit :

 « Il va falloir qu'on discute du bon vieux temps. Dans nos nouveaux locaux. » Son ton est badin, mais sans appel. Il veut juste pas faire d'esclandre. Les témoins, ça pourrait être gênant, hein.

Alors Tadeusz suit. Tadeusz sait qu'il va être en retard. Qu'il va pas pouvoir rapporter son paquet à Seis. Il vaudrait mieux d'ailleurs que ces trois gus ignorent qu'il transporte quelque chose pour lui. Il sait aussi qu'il pourra pas manger le repas que Nine a concocté. Il sait aussi qu'il y a très peu chance qu'il remette les pieds où que ce soit. Il sait tout ça et il est terrifié. Mais il donne bien le change. Merveilleusement bien. Parce qu'il faudrait pas que ces enfoirés voient sa trouille, ça leur ferait trop plaisir.


Pourtant quand ils l'entraînent un peu plus profondément dans le quartier Ouest, Tadeusz sent tout son courage s'envoler. Quelque part, l'une de ces pierres a écrasé le corps de sa pauvre mère. Et celui de pleins d'autres badauds une certaine journée d'Août. Décidément ils avaient bien choisi leur nouveau trou à rat.

Ils le traînent en dessous d'un entrepôt à moitié éventré. Sam l'installe sur une chaise. En plein milieu. Gordon et Terrence toujours sur les épaules. Un tableau des plus défavorable pour l'adolescent. On lui attache les poignets. Parce qu'on sait jamais, il a peut-être appris deux trois trucs, sur le self-defense depuis le mois de mars.

 « On s'est dit, avec les gars qu'on allait recommencer. Que d'puis le temps ils nous avaient oublié, tes nouveaux patrons. On est plus nombreux. Mieux organisés. Et tu sais ce qui m'retient de pas t'exploser les dents, là, tout de suite, Teddy? »

Il s'arrêta. Comme s'il attendait que Tadeusz réponde pour continuer. D'ailleurs il le relance encore une fois avant de n'obtenir de lui qu'un hochement de tête :

 « Y'a que toi qui connaît le visage des gars qui carburent aux essences. Et ils connaissent que toi, puisque t'étais leur dealer. » Il se craque les phalanges, comme s'il espérait intimider un peu plus le blondinet qui n'a toujours pas desserré les dents :

 « Je te propose une affaire en or. Tu redeviens notre dealos et il t'arrivera peut-être rien de fâcheux. Enfin, rien de plus que ça. Et sans prévenir il arme son poing et cogne. Ça lui ouvre la lèvre, lui fait voir trente-six chandelles. Il geint pas Tadeusz. Il se dit que ça serait pire s'il commençait à couiner, il se pourrait bien que Sam trouve ça amusant et continue de le frapper.

 « On te demande pas même pas de quitter la Compagnie… Tu pourrais, tu sais… Nous donner des infos sur ces enfoirés. Qu'on puisse leur faire payer une fois que le groupe aura gagné un peu en puissance, tu saisies l'idée ? »

Il saisit, oui. Il comprend, oui. Mais tout ce qu'il peut faire maintenant c'est cracher un peu de sang sur le visage de Sam qui s'était approché trop près pour l'intimider. Mais ça le fait rire, alors que ça devrait pas. Même quand Sam le frappe une seconde fois pour lui écorcher l'autre côté de la lèvre et la pommette. Il rit et ça énerve Sam, il sait bien, il comprend très bien sa situation. Sauf qu'aujourd'hui il est plus désespéré. Pas autant qu'il y a six mois.

 « Vous ne comprenez pas à qui vous avez à faire. »

Il frappe de nouveau Sam, cette fois dans l'abdomen, avec plus de force parce qu'il a l'air pas mal énervé. À croire que les adolescents ne savent plus rester à leur place et écouter les adultes. Ça lui coupe le souffle à Tadeusz, lui donne envie de vomir. Il se force à rire encore, parce que théoriquement s'il rit, il ne peut pas pleurer, pas vrai ?

 « J'ai voulu être gentil avec toi, Teddy. Au nom de notre ancien « partenariat ». Mais j'aime pas qu'on se foute de ma gueule. Alors j'ai changé d'avis. Une fois que tu nous auras balancé les noms des clients, on te revendra au bordel du coin. Tu riras moins, là-bas. Tu peux me croire. Dis-moi leur noms !»

 « Je connais pas leur n-

Un nouveau coup.

« Foutaises ! »

Cette fois, cette fois de trop il a l'impression qu'on l'a assommé, qu'il va perdre connaissance. Mais quelqu'un lui tire les cheveux en arrière. Il a peine le temps de poser un œil tuméfié sur une bouteille jaune.

 « De l'enflammée. T'en vendais pas mal de celle-là, hein ? Tu te souviens de ses effets ? C'est pour éviter que tu perdes connaissance. S'il faut que je te brise les os un à un pour que tu me répondes, je le ferai. Tenez lui la tête les gars.»

C'est sûr qu'il va être en retard Tadeusz, maintenant. Peut-être qu'il l'est déjà. Et qu'il l'aura jamais son dîner. Qu'il livrera jamais son paquet. Mais maintenant c'est la dernière chose à laquelle il pense parce qu'il sait. Il en est persuadé. Il va pas s'en sortir cette fois.

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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   25.06.16 22:53 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Le petit nouveau est en retard.
Petit, dans tous les sens du terme pour le mercenaire qui le dépasse d’une bonne dizaine de centimètres en plus de lui faire peur sans le faire exprès – ce qui lui vaut les nombreuses remontrances de Seisyll si ce dernier se trouve dans les parages. Il n’empêche qu’il est en retard, et qu’il est censé apporter quelque chose au patron. Patron qui va bien finir par en avoir marre d’attendre. Light est pourtant le moins patient des deux, mais il ne bougera pas de là où il est avant que Seis ne lui fasse signe d’aller voir ce qu’il se passe. En attendant, il cogite. Où est-ce que la nouvelle recrue a bien pu passer ? Dans sa tête, le jeune homme passe en revue tous les endroits possibles et imaginables où le dernier protégé de son employeur a pu finir.
Les choix ne sont pas les plus joyeux qui puissent être.
Une ruelle du niveau 3.
Une vanne, enfin, l’extérieur d’une vanne. L’océan, quoi. Les grands fonds.
Une planque, quelque part, qu’ils ne trouveront pas parce qu’ils ne la connaissent pas.

Tout doucement, le programme de la journée se retrouve rythmé par ce retard qui grossit. Seisyll est monomaniaque, il a ses habitudes, et Light l’a très vite appris, la ponctualité en fait partie. Il l’a plus ou moins appris à ses dépens, et il aurait tout aussi bien pu le regretter.
Et finalement, le patron lui fait un signe. Sans discuter, l’ex-gamin des rues bouge, quitte leur planque à eux pour aller se perdre dans les rues de Pelagia comme il a l’habitude de le faire, en sachant presque exactement où il va. Ce n’est certainement pas dans les plus hauts niveaux de cette cité sous-marine qu’il va réussir à trouver leur recrue manquante. Alors il s’enfonce, tout doucement, dans le niveau trois, chercher d’éventuelles informations. Ça ne le dépayse pas beaucoup.
C’est son boulot, quand la Compagnie peut le payer, parce qu’il ne le fait certainement pas gratuitement.

Light soupire.

« J’espère que Seis est prêt à me payer des heures supplémentaires, parce que c’était pas dans le contrat de base, ça… »

Il donne un coup de pied rageur dans un caillou qui passait là – c’est sa faute, au caillou, il n’avait qu’à pas passer là à ce moment, de toute façon.
C’est parti pour durer un moment, ces recherches. Ça n’enchante pas le mercenaire, dont la patience est aussi courte que les fonds marins sont profonds aux alentours de Pelagia. Et puis le scénario le plus bête du monde atterri dans sa tête. Le plus bête, et surtout, le plus probable. C’est parce que c’est bête qu’il n’y pensait pas. L’évidence voudrait pourtant que Tad soit retombé sur ses anciens “collègues”, un bien grand mot pour les désigner. Nouveau soupir de la part du mercenaire.
Il n’a plus qu’à les trouver, eux, mais ce sera déjà plus simple. Dans le niveau 3, les gens sont prêts à parler pour pas grand’chose.

Ce n’est qu’au moment de se diriger vers la planque désignée que Light regrette une chose : ne pas avoir pris le Colt avec lui. Il a son Derringer, fidèle petite menace à deux cartouches, mais là est le problème. Aussi discrète et improbable qu’elle soit, l’arme ne tire que deux coups. Si elle peut surprendre par sa taille, non proportionnelle aux dégâts qu’elle peut occasionner, elle ne sera pas d’une grande d’aide s’il y a plus de deux personnes.
Ce qui semble être le cas quand il s’approche en silence de la cachette des anciens membres du Moineau Rouge.
L’avantage, c’est qu’il les a trouvés. Que Tad est avec eux, et que son retard est expliqué.
L’inconvénient, c’est qu’il va falloir négocier avec Seis pour des frais supplémentaires une fois revenu vers lui.

Sa patience déjà mise à rude épreuve ne tient pas plus longtemps, il sort le Derringer de sa poche et s’approche du groupuscule sans essayer de se cacher.

« Alors là, par contre, on a… »

Il fait semblant de compter, regarde celui qui semble être le chef de meute, blasé.

« Trois problèmes. En fait, vous allez avoir trois problèmes. Le premier, c’est que c’est plus votre larbin. Le deuxième c’est que le nouveau patron refuse catégoriquement la consommation d’Essence si on bosse pour lui. Et le troisième c’est ce qui va vous arriver si vous ne le lâchez pas maintenant. »

Il hausse les épaules, le Derringer caché dans sa main. A peine visible.

« En plus, j’aime pas négocier. »



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   25.06.16 23:43 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 


En tant qu'ancien dealer d'essence, il connaissait plus ou moins les effets de ce machin sur les gens qui les lui achetaient. Lui-même ne s'y était jamais risqué, parce qu'il savait ce que ça faisait sur les accrocs. Il savait que ça leur faisait briller les yeux. Ça pouvait les calmer comme les exciter. Mais il savait que ça les tuait. Ça les tuait quand ils n'en prenaient pas. Ça les tuait quand ils en prenaient. Ça était un problème qu'il n'avait jamais eu l'intention de résoudre et il n'avait certainement pas l'intention d'y être confronté. C'est plus facile de feindre l'ignorance et de se dire que ce ne sont pas ses affaires.


Il n'avait jamais eu de remord en vendant ces petits flacons aux autres. Ne s'était jamais posé de question. Ne s'était jamais senti concerné. Mais, maintenant qu'ils s'affairaient à lui en faire boire, il ne pouvait faire autrement que de penser. Que de craindre. Que de refuser. Il s'agitait, refusant de tout son être d'être plongé dans cet abîme-là. Ce qui pouvait bien se passer après ça lui était égal. Les coups il s'en fichait, il avait l'habitude. Mais il ne voulait pas être de ces fantômes qui ne savent même plus comment exister.

Et, alors que le liquide acidulé glissait contre sa langue, il entendit quelque chose. Et même si une seconde il se demande s'il devient fou, il comprend qu'il n'est pas le seul à l'avoir entendu quand on lui relâche la tête. Et les cheveux. Il a juste le temps de toussoter et de cracher en direction du sol, le corps arc-bouté en avant. Il voudrait vomir. Se rincer la bouche. Incertain. Est-ce qu'il a ingéré le produit ? Ou alors c'est l'adrénaline qui fait battre son cœur plus fort, qui fait tressauter ses muscles. Il n'en a pas la moindre idée. Tout est flou autour de lui et il s'en fiche un peu. Très égoïstement d'ailleurs.

Il ne voit pas Sam jauger le nouvel arrivant -Light, le type qui les a dérouillé une première, celui qui le fixe toujours trop méchamment et qui le fait sursauter quand il arrive- , il ne voit rien. Il n'entend pas Sam répondre, sur ses gardes :

 « Voyez-vous ça ! Et qu'est-ce que tu comptes faire, tout seul et désarm- Attends… C'était toi, la dernière fois, non ?  »

Il sent pourtant Terrence et Gordon lui relâcher les épaules. Quelqu'un d'autre -sans doute Sam- lui saisir les cheveux. Des cheveux trop long qu'il aurait du attacher plus soigneusement. Il semble pas vouloir le relâcher, même s'il se rappelle sans doute que c'est bien lui qui leur a refait le portrait. À tous les quatre. C'est bien pour ça que Tadeusz en a un peu peur. Juste un peu, mais il se dit un instant qu'ils devraient eux aussi le craindre parce qu'il ne semblait pas d'humeur à plaisanter.

 « Je suis pas avec eux, juré.» Marmonne-t-il assez fort un peu zozotant, un peu sonné. Mais Sam raffermit sa prise sur ses cheveux :

 « Ta gueule. Laisse les adultes discuter. »

Terrence et Gordon s'avancent vers lui :

 « On a l'avantage du nombre. Et tu nous auras pas par surprise, cette fois.»




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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   26.06.16 11:29 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Au moins, ils le reconnaissent. C’est déjà ça. Ils ont une mémoire, et s’ils ont un tant soit peu de jugeote en bonus, ils se rappelleront que ce n’est pas une bonne idée de venir empiéter sur le territoire marchand de Seis. Quoique. Ils se souviennent peut-être juste de sa tête, pas des éventuelles conséquences que sa première venue dans leur planque de petits faussaires.
Light soupire, s’approche.

« L’avantage du nombre, hein ? Vous l’avez tellement que vous vous êtes mis à trois pour battre un gamin. Vous êtes vraiment les gars les plus courageux que je connaisse. »

Le mercenaire sourit. Un rictus vient agiter le coin supérieur de sa lèvre, la remonte doucement et il ne quitte pas le dénommé Sam des yeux, toujours avec ce même regard mi-blasé mi-amusé. Lui qui s’ennuyait, il va finalement avoir de quoi s’occuper aujourd’hui. Avant de devoir négocier avec son patron.

« Il vous fait peur à ce point ce gosse ? Quoique, vous avez raison, il peut tout à fait devenir dangereux, avec la bonne méthode et les bonnes personnes. A mon avis, si vous n’étiez pas trois, avec tout ce que vous lui avez appris à force de le frapper, il aurait très bien pu se rebeller. Ca m’étonne même qu’il l’ait pas encore fait, après tout, il a déjà dû avoir des occasions, non ? »

Il ricane. C’est trop beau pour être vrai, comme situation. Sam et sa bande ne sont que des petites frappes qui ont essayé de s’approprier un territoire où des professionnels exerçaient déjà. Pas qu’il en soit un – sauf quand il s’agit de faire le sale boulot –, mais Seis sait parfaitement ce qu’il fait et comment le faire, ce qui, aux yeux d’un mauvais élève comme Light, suffit amplement à faire de lui un professionnel en matière de faux papiers. La bande du Moineau Rouge ne sont que des gêneurs.
Des envahisseurs dont il faut se débarrasser.
Des nuisibles.
Light en a marre, des nuisibles. Il a passé sa vie avec les rats et ne compte pas les laisser trop s’incruster dans son entourage proche une fois de plus. Il est suffisamment proche du meneur de cette micro-vendetta pour que le Derringer fasse, sinon un petit effet, au moins des dégâts.
La tête ou les rotules ? C’est la seule question qui se pose dans la tête de Light qui finit par hausser les épaules. Au fond, le sort de Tad l’importe peu. Il le ramènera juste pour Seis, et comme Seis l’a demandé vivant, il le ramènera vivant. En un seul morceau, si possible.

« Alors, oui, vous avez peut-être l’avantage du nombre, mais si vous avez un peu de mémoire, vous vous souviendrez peut-être que c’est pas ça qui vous a sauvé la dernière fois. Pas vraiment. D’ailleurs, merci hein, mes côtes vont bien, c’est sympa de demander ! »

Le Derringer atterrit à quelques centimètres du nez de Sam.

« Sauf que moi j’ai un flingue, et je sais m’en servir. Alors tu vas dire à tes deux copains de détacher le gosse, sinon ils ramasseront ce qu’il restera de ta cervelle éparpillée sur le sol. »

Qui a dit qu’il avait besoin de tirer sur tout le monde ? Le Colt aurait sans doute eu plus d’effet, mais Light n’est plus à un détail près, et de toute façon, il n’attend pas très longtemps avant d’abaisser le chien de l’arme qui émet ce petit déclic qui lui plaît tellement.

« Tu le sais, pourtant, que j’aime pas négocier. »

Il baisse le bras et appuie sur la détente pour tirer juste au-dessus du genou de Sam. La détonation résonne dans l’endroit trop vide.
Le mercenaire se tourne vers les deux autres membres de la bande.

« Vous l’avez entendu, non ? Détachez-le avant que je vienne le faire moi-même. »



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   27.06.16 0:29 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 



Il écoutait, puisqu'il n'avait rien d'autre à faire. Enfin, techniquement, on ne lui laissait rien faire. Et rien dire. Le menton bien haut, alors que son cou ne semblait même plus en état de soutenir quoi que ce soit, surtout pas sa tête. Trop lourde. Trop blessée. Déformée. La poigne de fer que son ancien patron exerçait sur son cuir chevelu ne faiblissait pas. Et, lorsqu'il faisait mine de vouloir bouger elle se raffermissait même.

Du coin de l’œil il observait. Il observait et ne perdait pas une miette de l'échange entre Light et Sam. Et pourtant il avait un mal de chien. Son esprit n'était plus très clair, il se fit la réflexion qu'il aurait du perdre connaissance depuis longtemps. Trop longtemps. Il avait du absorber de l'Enflammée. Et c'est ce qui maintenait sa conscience, mais qui pouvait, l'espace d'un autre battement de cil, lui faire perdre tout bon sens. Alors il se concentra sur Light et Sam pour ne pas trop penser, oublier ce qu'il arrivera quand il ne ressentira plus les effets de l'essence. Lorsque le premier déclara qu'il pouvait devenir dangereux, il dut se retenir de hocher latéralement la tête pour exprimer son désaccord.

 « Non ! » S'offusqua-t-il, les dents serrés. Qu'est-ce qu'il était en train de raconter ? Il n'avait jamais cherché à entuber qui que ce soit et il n'avait pas l'intention de commencer aujourd'hui ! Pourtant l'argument attira la curiosité de Sam. Qui fixa Tadeusz avec colère. Celui-ci voulut se défendre. Déjà, il n'était plus avec eux et, techniquement, même s'il tentait quoi que ce soit  ça ne s'appellerait pas de la trahison. Mais là n'était pas la question.

Pourtant, quand le grand homme aux cheveux argentés se retrouva presque instantanément à quelque millimètres de son ancien patron il comprit. Il comprit au même titre que Sam à cet instant précis, quand l'éclat du revolver de Light brilla dans ses deux iris. Il avait voulu détourner son attention. Il avait réussi.

S'en suivit alors quelques échanges qui se terminèrent par un coup de feu tiré dans la jambe de Sam. Il hurla. Relâcha la tête de Tadeusz dont le cœur battait très vite, en ce moment. Il avait hurlé aussi. De stupeur. Surpris, hébété même.

Ce n'était pas la première fois qu'il entendait un coup de feu. Pourtant le bruit de la détonation avait déchiré l'air, le silence et le monde, d'un coup. Le sien. Tant et si bien qu'il eu l'impression qu'il venait de tirer lui-même sur le silence et qu'il ne l'entendrait plus jamais. Ou du moins, plus comme avant.  Et ça avait si proche de lui, si proche que ça aurait pu terminer sur lui. Ou sur Light. Sam aurait pu avoir une arme à feu. Peut-être qu'il serait mort. Peut-être qu'ils seraient mort. Il ne vit pas Terrence et Gordon se ruer vers Light. Qui les arrêta d'un simple avertissement.

Sam hurlait, sur le sol et ses deux hommes semblaient hésiter. Pas longtemps, parce que l'arme du tireur était toujours une menace et ils le savaient. Alors l'un d'eux détacha le garçon tandis que l'autre ramassait le blessé qui gémissait de douleur et jurait affreusement. Protestait même, semblant préférer que ses hommes passent à l'attaque, mais ceux-ci avaient choisi entre leur vie et ses ordres. Et ils avaient fait le bon choix.

Les poignets pourtant détaché, Tadeusz ne bougea pas d'un millimètre. Encore hébété. Abasourdi. Et puis, il se rappela juste à temps qu'il avait besoin d'inspirer pour vivre. Ce qu'il fit, d'un coup. Et tout se remit en place. Ou presque. Il se frotta les poignets, un peu tremblant, mais tout sauf groggy. Il se leva, hésitant d'abord, chancelant ensuite. La peine de Sam lui arracha une grimace compatissante, malgré-lui. S'ils avaient été dans le même camp il se serait penché pour lui faire un bandage de fortune. Quelque chose dans le genre. Et puis ils se seraient tirés tous les quatre. Comme la dernière fois.

Mais cette fois, cette fois il n'était plus avec eux et au fond il ne l'avait jamais vraiment été. Il se rappela aussi dans le douleur du passage à tabac en règle qu'il avait subit juste avant que Light n'intervienne et toute sa compassion s'envola.

Il contourna rapidement les trois hommes pour se tenir à côté de son « sauveur ».  Il essuya son visage poisseux avec le bout de sa manche, content de ne pouvoir observer l'état de ses cheveux et de son visage. Surtout de son visage.

Il inspira une autre fois. Tout juste. Tout juste encore une fois. Il n'était pas certain que tout allait bien. Ni que tout irait mieux après. Il savait juste qu'il ne voulait pas rester plus longtemps pour entendre Sam gémir de douleur et proférer des menaces. À son encontre ou à l'encontre de Light. Light. Il lui attrapa un pan de vêtement qu'il secoua, toujours incapable de regarder ailleurs que devant lui. Surtout pas sur l'arme.

 « Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on peut y aller ? On devrait y aller. » Disait-il, chaque fois plus pressant.  

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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   27.06.16 12:09 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Light garde le canon de l’arme pointée sur Sam. Il sait, depuis qu’il est venu leur faire regretter une première fois d’avoir essayé de s’approprier le marché de Seisyll, que les deux hommes de main du Moineau Rouge – qui n’a jamais aussi bien mérité son nom qu’en cet instant – veulent garder leur employeur en vie. Ils doivent se douter que le Derringer peut encore tirer, même s’il n’en a pas l’air. Alors le mercenaire les regarde se partager les tâches, un qui tire Sam, pas assez loin pour que la prochaine balle ne l’atteigne pas, et l’autre qui détache Tad et le laisse partir.
Et l’autre blessé qui continue de hurler. Heureusement qu’ils sont dans un coin où personne ne vient, vraiment, il ne manquerait plus que quelqu’un débarque pour demander ce qu’il se passe. Dur, de jouer les innocents avec un flingue dans les mains, et encore plus pour Light à qui l’air de l’innocence ne va pas du tout. Finalement, il soupire, sèchement, et retire la douille vide et encore chaude de la première balle du Derringer, arme une seconde fois celui-ci.

« Oh, la ferme toi ! »

Il jette un regard noir aux trois membres de la bande, insiste sur Sam. Ce qu’il peut l’agacer, celui-là. Il se dit que si jamais il le recroise, il lui tire dans le pied. Il a été sympa, là, il a épargné l’articulation, il n’a pas visé assez haut ni assez dans l’intérieur de la jambe pour déchirer la fémorale et le laisser se vider de son sang en quelques minutes. Sam ne boitera pas. Sa vie n’est pas en danger. Il aura juste besoin d’un garrot, de quelques sutures et éventuellement d’antibiotiques qui termineront de le ruiner quand il devra aller les payer à la pharmacie de Corb.
Tad tire sur ses vêtements. Light l’ignore, concentré sur Sam.

« C’est la première fois qu’on te tire dessus ? Bien ! tu viens de découvrir que ça fait mal, et j’ai une autre mauvaise nouvelle pour toi, c’est que si jamais tu nous retentes un coup pareil, c’est pas la jambe que je viserai. Mais ce sera pas la tête non plus parce que je compte pas te laisser t’en tirer avec une balle que tu ne sentiras pas passer. Je peux viser ton genou, ton coude, je peux viser un endroit de ton abdomen qui ne risque pas de te tuer tout de suite et qui te laisseras agoniser des heures. Et je pourrai te tirer dessus avec autre chose que ce petit pistolet. La prochaine fois, ce sera un six coups. »

Si les gémissements de douleur de Sam ne s’arrêtent pas, il a au moins arrêté de hurler. L’état de choc commence. Son cœur va s’emballer, mais il restera apathique. Totalement à la masse, et il aura besoin de soins, surtout après avoir rampé sur le sol proche des ruines. Il y a des cadavres dans ces ruines, non ? Dans le genre expansion de germes divers et variés, ça se pose là comme scénario.

« Oh et la prochaine fois, j’amènerai une amie. Elle se fera une joie de vous tirer dans les pattes à tous les trois. »

Pensée pour Antonine, qui aime les armes à feu autant, si ce n’est plus, que lui, et qui est tout aussi prête que lui à tout pour protéger Seisyll et son petit marché. Elle est peut-être moins scrupuleuse que lui, qui n’est déjà pas un exemple en la matière. Histoire de bien finir les choses, il vise Sam avec le Derringer, menace de lui tirer dessus, mais finit par faire demi-tour, abaissant le bras.

« Donc je serais vous, j’irais plutôt trouver une excuse valable pour expliquer au médecin qui s’occupera de lui comment c’est arrivé. Parce que “on tabassait un gamin et quelqu’un est venu l’aider” ça risque de pas le faire. Y a plein de types qui savent pas se servir d’armes à feu. Vous avez qu’à être de ceux-là. Ça vous va bien de toute façon. »

Le mercenaire accompagne le tout d’un sourire glacé.
Il ne range pas l’arme de suite.
Pas tant qu’ils ne se seront pas un minimum éloigné de la bande. C’est le genre à attaquer dans le dos, mais ça, Light le sait déjà. S’il doit tirer la deuxième balle du Derringer, il le fera.

Il fait signe à Tad.

« Viens. »

Maintenant, il va devoir trouver la bonne manière de tout expliquer à Seisyll, et éventuellement occuper suffisamment Tad pour que les effets de l’Essence se dissipent d’ici à ce qu’ils retournent à la planque.



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   27.06.16 17:55 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 


Les mains engoncés dans ses vêtements, il espérait qu'il hoche de la tête. Qu'il accepte et qu'ils puissent enfin se tirer de cet endroit. Mais il n'avait pas fini. Light n'avait pas fini, il fallait qu'il les menace encore. Qu'il fasse mine de tirer. Qu'il finisse le travail. Qu'importe le résultat, Tadeusz avait compris qu'il devrait patienter en attendant. Ce qui lui était difficile, dans son état. Ses pieds trépignaient, ses veines pulsaient trop puissamment. Son cœur aussi, l'adrénaline n'aidant pas, tambourinait comme un fou. Il pourrait courir en avant, ne pas se retourner et retrouver la planque de la Compagnie pour livrer le paquet en jurant que rien ne s'était passé. La crédibilité en moins et l'envie de se nourrir remisé quelque part dans son ventre. Elle ne ne ferait son apparition que plus tard, bien plus tard.


Mais comme il était vrai qu'il ne tenait pas en place, la scène qui se déroulait devant ses yeux le figeait et le fascinait, bien qu'elle l'horrifiait également. Surtout lorsqu'il s'imaginait que Light aller achever Sam, malgré tout. Ce n'était pas exclu, surtout si ce dernier faisait le malin. Il se demanda alors si c'était Seis qui avait demandé à son employé de le retrouver et auquel cas, de faire payer les petits malins qui lui avaient fait perdre son précieux temps. Il se demanda aussi, toujours fixé sur le genou de son ancien patron, si ça lui arrivait souvent. D'en venir à de telles extrémités qu'il était vital pour lui de mettre fin à l'existence d'un autre être humain. D'en commander l'assassinat, pour Seis et de les exécuter pour Light. Est-ce que ce dernier arrivait à bien dormir, la nuit ? Peut-être que oui, peut-être que non… Lui-même en avait des cauchemars, parfois. Il allait lui demander quand il se rappela qu'il était occupé. Avec quelqu'un d'autre.


Ce quelqu'un d'autre était toujours sur le sol et n'avait plus rien de menaçant. D'effrayant. Pourtant il y a à peine une dizaine de minutes il avait été là, plus vicieux qu'un requin, le regard aussi indéchiffrable que l'abysse. Les poings en avant et une phrase toute trouvée pour chacune des négations de son ancien employé. Tadeusz avait du mal. Du mal à comprendre comment on pouvait avoir l'air aussi misérable alors qu'il y a peu, un sourire cruel s'étirait sur ces lèvres qui ne faisaient maintenant que geindre et presque supplier, alors que Light continuait de parler, pour que ce dernier ne l'achève pas. La faiblesse de sa condition était un outrage aux mille coups qu'il lui avait asséné. La fierté réduite à néant et la misère accroché sur son visage.

Ce n'était pas très juste. Ce n'était vraiment pas très juste pour l'adolescent. Sa faiblesse, la sienne et par extension sa propre faiblesse l’écœurait plus encore. Pourtant il ne prévoyait aucune vengeance, pire, il préférait que Light ne le tue pas et le laisse-là. Il voulait partir et ne plus penser à cet incident. Jamais. Ses doigts restaient fichés contre son vêtement, alors que, le tireur, toujours stoïque et calme, terminait sa démonstration de force par une petite boutade. Qui devait bien faire grincer des dents Terrence et Gordon, parce qu'ils avaient toujours été hermétique à l'humour.


Puis, finalement, il a décidé qu'il était temps de partir. Et, encore une fois, Tadeusz ne pu qu'obtempérer. Il se retourna, non sans un certain soulagement, pour suivre le chemin du retour. Et si la première fois le chemin avait été long, sa cadence cette fois était élevée, malgré ses petites jambes. C'est qu'il avait toujours un feu ardent dans le gosier et les entrailles. Ses mains s'accrochaient à son sac et il vérifia que le paquet était en bon état. Il ignorait ce qu'il contenait, de toute façon, ce n'était pas son travail de savoir, il devait simplement l'apporter, sans poser de questions et il était en retard. Sacrément en retard. La première fois de sa vie qu'il l'était.

Mais il se figea, tandis que ses doigts sautillaient nerveusement sur la lanière de sac.

 « Est-ce qu'il sera fâché si on y retourne maintenant? » Demanda-t-il, soudain soucieux. Il ne prévoyait sans doute pas de lui faire payer son retard, ou peut-être que si, qui sait ? Mais il ne pouvait pas prétendre que rien ne s'était passé. De toute façon celui que tout le surnommait Light devait bien lui rendre compte de ce qu'il avait vu. Il déclara :
 « On est pas obligé de lui raconter, pour l'essence. » Même s'il n'était pas très difficile d'imaginer que le blond n'était certes pas dans son état habituel, il était encore plus intenable qu'habituellement. Il regarda aux alentours pour être certain que les deux autres ne les suivaient pas. Il avait du mal à imaginer que quiconque puisse se cacher dans cet endroit délabré et désert, mais on ne sait jamais, Sam avait bien dit qu'ils étaient plus nombreux cette fois. De l’esbroufe ? Sans doute. Mais il valait mieux être prudent.

 « Et si on ne rentre pas tout de suite, est-ce qu'il sera fâché? Il n'avait pas la moindre idée de comment dissiper les effets de l'Enflammée. N'avait jamais cru bon de demander, de toute façon.


Puis, tout concerné qu'il était par lui-même il n'avait jamais pris le temps de dire :  « Oh et merci. » et « Désolé. » et aussi  « Est-ce qu'ils t'ont blessé? » Il plissa les yeux, pour l'observer, il semblait que non, mais après-tout, il n'avait pas réellement suivit tout ce qu'il s'était passé.  « Peut-être que tu devrais rentrer sans moi avec mon sac. Ou peut-être pas.» Avança-t-il avant de se dire que de toute façon il n'était pas le mieux placé pour suggérer quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   27.06.16 19:16 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Le problème qui se pose à lui, maintenant, c’est de devoir tout expliquer à Seisyll. Théoriquement, Light a le choix. Il peut ramener Tad directement, essayer d’argumenter avec son patron en colère en plus de lui apprendre qu’il a tiré sur quelqu’un, ou attendre que les effets de l’Essence se soient dissipés chez le gamin, perdre encore plus de temps, et éventuellement mentir à son employeur. Tout en sachant que Tad risque de parler un jour ou l’autre, probablement le plus tôt possible. Un autre jour, le mercenaire se serait fait une joie d’utiliser ce qu’il a appris question menaces sur la nouvelle recrue pour lui faire promettre de se taire.
Mais bizarrement, c’est une énorme vague de fatigue insidieuse qui décide de s’échouer sur les bords de ce qu’il reste de sa conscience. Tad a déjà été assez secoué comme ça. Il était dans une position que lui-même a connu. Il a eu la chance que quelqu’un vienne l’aider, ce que Light demandait en silence à chaque fois que les enfants plus âgés décidaient de s’en prendre à lui.

Non. Décidément, menacer Tad de toutes sortes de supplices s’il venait à parler de la méthode de négociation expéditive dont il a usé aujourd’hui, ce n’est pas une bonne idée.
Ou il peut tout simplement dire à Seisyll qu’il a préféré attendre que les effets de l’Essence se soient envolés pour ramener Tad à la planque. Les responsabilités ne lui vont pas, c’est une charge en trop qu’il n’est pas prêt de vouloir assumer. C’est quelque chose qui fait tache avec le reste de sa personne.
Light soupire.

Que les trois autres suivent ou pas, ça lui est égal. Il a une dernière balle qu’il peut loger où il veut dans le corps d’un des trois autres clampins, et il les finira à l’ancienne, en utilisant ce que les combats illégaux de l’arrière-salle de la boucherie lui ont appris. Ça a bien fonctionné, la dernière fois.
La dernière fois, il avait le Colt, ses six cartouches et deux de secours dans la poche de sa veste. La dernière fois, il était paré pour ce genre d’éventualités. Et la dernière fois, il n’avait pas à surveiller un gamin drogué, encore plus intenable qu’à l’ordinaire, et qui lui parlait presque sans s’arrêter.
Habitué au bruit, Light aurait pourtant aimé qu’il se taise.
Il ne lui jette pas un regard.

« Ils t’ont forcé. Il devrait comprendre, enfin, j’espère. Normalement, oui. »

C’est sans doute sur lui que ça va retomber, de toute façon.
Il a tiré sur quelqu’un. Même si sa mission du jour était de ramener Tad, elle n’incluait pas forcément de loger une balle de 22 dans la jambe de quelqu’un. Même si ce quelqu’un est Sam, concurrent avéré et ennemi plus que potentiel du commerce que Seis a monté.

Finalement, Light attrape Tad par l’épaule et l’attire dans un endroit toujours désert, tranquille. Désespérément vide, mais surtout calme et à l’abri des regards.

« C’est pas grave. Au point où on en est, il peut bien attendre encore un peu. De toute façon, je lui ai pas dit combien de temps ça allait me prendre pour te ramener, donc on va attendre tranquillement que les effets de l’Essence se soient dissipés. Y a plus qu’à prier pour que ça prenne pas non plus trop longtemps, sinon c’est quelqu’un d’autre qui va venir nous chercher, et j’ai pas vraiment envie de devoir lui expliquer à elle. »

Antonine, encore.
Quoique, elle sera peut-être plus compréhensive que Seisyll. Après tout, c’est avec elle que Light fait en sorte de garder leur patron en vie. Même si, pour l’instant, ça n’a pas l’air de vraiment fonctionner. Le mercenaire s’installe dans un coin et vérifie machinalement le Derringer. Impeccable, comme d’habitude. Quitte à avoir des armes, autant qu’elles fonctionnent. Autant en prendre soin.
Il jette un vague regard à la nouvelle recrue.

« Ils voulaient te récupérer pour que tu continues de bosser pour eux ? »



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   27.06.16 23:09 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Lorsqu'il referma la bouche pour finalement retrouver le silence, il se rendit compte qu'il ne laissait jamais le temps à son interlocuteur de répondre. Habituellement il n'était pas si volubile, surtout en présence de cet homme-là, qui avait l'habitude de lui flanquer la frousse. Chaque fois qu'il posait son œil sévère sur lui, ça le mettait mal à l'aise. Peut-être parce que leur première rencontre fut assez douloureuse. Et effrayante. Du moins pour le plus jeune.

Tadeusz n'était jamais resté dans la même pièce que Light plus que de raison et lorsqu'il le croisait, habituellement, il se risquait à peine à dire bonjour avant de se sauver furtivement. Sauf que là, il n'était pas en mesure de lui fausser compagnie. Enfin, il pourrait essayer, mais ça n'était pas dans son intérêt. Et puis c'était dangereux, aussi. Mais surtout particulièrement ingrat. Alors il faisait de son mieux pour ne pas paraître intimidé. Quitte à essayer de repenser à toute cette histoire, tout en essayant de le faire du point de vue de victime qu'il était et de le voir lui comme une sorte de sauveur inopiné.


C'est ce qu'il était de toute façon, c'était certain, s'il n'était pas venu Juve seule sait ce qui lui serait arrivé. Un frisson lui parcouru l'échine et il se promis d'essayer de lui rendre, un jour, la politesse. Bon, il n'était pas très certain de vouloir affronter un groupe de trois malfrat à lui tout seul, mais si au moins il pouvait ne serait-ce que l'aider un peu, sa fierté s'en sentirait gracié et il n'aurait sans doute plus l'impression de lui être redevable.

Lorsque Light desserra enfin les dents, sa remarque, logique, eu pour effet de le rassurer grandement. En effet, ce n'était pas de sa faute et on lui avait forcé la main. Pourtant, il éprouvait un certain malaise à l'idée de devoir avouer à qui que ce soit qu'il ait ingéré ne serait-ce qu'un peu de cette saloperie. Lui-même n'était pas très regardant, ses amis pouvaient très bien y avoir touché, un jour, ou être des consommateurs occasionnels, ça n'était pas si important que ça, à ses yeux. Cependant, en ce qui le concernait, il avait toujours eu tendance à être particulièrement exigeant avec lui-même. Et il se devait d'être irréprochable. Ou presque.

Il soupira donc, de toute façon il ne pensait pas pouvoir cacher quoi que ce soit à la tête pensante de la Compagnie. Enfin, pas vraiment. Tadeusz ne vit pas l'homme au cheveux gris esquisser un geste de la main. Lorsque celle-ci se retrouva sur son épaule, il sursauta et se trouva arraché brutalement du fil complexe de ses pensées. Sans se faire prier il suivit Light. Sans protester non plus. Il hochait la tête tandis qu'il lui expliquait ce qu'ils allaient faire, pour l'instant. Ça ne ressemblait pas réellement à un bon plan, mais ça avait des allures d'excellente alternative. Ou du moins, aux yeux du coursier. Même s'il n'avait aucun moyen de savoir si l'essence allait disparaître, comme ça, d'un coup, ou si ça prendrait plus de temps. Si personne ne l'avait vu sous essence, personne ne pourrait le lui reprocher.

Si l'adolescent savait faire preuve de patience, il semblait que ses muscles, eux, semblaient avoir oublié. Parfois ils tressautaient d'impatiences et se rappelaient constamment à lui comme s'ils étaient persuadés de pouvoir tenir le rythme trois journées d'affilées. Aussi, il doutait qu'il puisse rester assis tranquillement jusqu'à ce que le feu à l'intérieur de ses veines se dissipe sagement. Le blondinet n'en fit cependant pas la remarque, alors que le mercenaire s'installa tranquillement. Il resta sur ses deux jambes, les bras dans le dos, plus libre qu'il y a quelques minutes cela dit. Il observa, faussement intéressé l'endroit et les vieilles pierres en essayant d'imaginer la vie des anciens habitants de ce quartier. Il n'avait pas souvenir d'y avoir déjà vu quelque chose de vivant dans le coin, comme si tout avait été toujours en ruine, alors que l'attentat ne s'était qu'en 223.

Tadeusz chassa cette idée d'un coup de tête et reporta son attention sur Light. Réfléchissant dans un même temps à la question qu'il venait de lui poser. Il s'accroupit, attrapa un morceau de pierre et déclara, désinvolte :

 « Mmh. Ils voulaient surtout récupérer les noms de mes clients. Enfin, les leurs. Il marque une pause, se redressa et épousseta son pantalon, avant de reprendre, faisant sauter la pierre dans sa main.  « Ils voulaient aussi que je donne des informations sur la Compagnie. Mais je ne suis pas assez fou pour vous trahir… Alors je crois qu'ils m'auraient vraiment refilé au bordel du coin après leur interrogatoire terminé. » Rivé sur la pierre qu'il lançait et attrapait tour à tour, pour garder ses mains occupés, il essayait d'éviter de repenser aux coups et, plus généralement à ses anciens boss, mais c'était difficile surtout lorsqu'il déclara :  « Peut-être qu'ils ont pas apprécié que je vienne travailler pour vous. Peut-être que les noms de mes contacts sont importants. Je sais pas trop… C'était bizarre qu'ils soient si remontés. Et désespérés. Quand j'ai connu Sam il était pas comme ça… Je veux dire, il a toujours eu du mal à gérer la contrariété, mais pas à ce point.» Lassé de balancer la pierre en l'air, il s'arrêta finalement pour faire les cent pas à s'en donner lui-même le tournis.  « Puis après tu connais l'histoire. Tu es arrivé et tu m'as sauvé d'un sort pire que la mort. Je crois. » Une nouvelle pause pour un nouveau soupir.  « Honnêtement je ne m'attendais pas à ce qu'ils reviennent dans le coin surtout pas pour reformer leur groupe. Il a dit qu'ils étaient plus nombreux, cette fois, mais personne ne nous a encore agressé… Donc je suppose que c'était du bluff.  »
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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   28.06.16 12:03 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




L’ambiance générale du lieu ne lui rappelle pas grand’chose d’agréable. Au contraire. Il y a dans l’air comme un arrière-goût de souvenirs qu’il avait remisé il y a déjà un moment parce que c’était trop dur de les voir défiler dans sa tête pendant un moment. Même s’il ne l’avait avoué à personne jusqu’ici. Ils ne sont pas loin du temple. Ce temple. Light rattache toujours ce lieu à deux personnes et tout un tas de choses. Swann. Seisyll. La mort du premier. La lente descente aux enfers du deuxième. Sauf que la cité a l’air suffisamment proche du fond des océans pour que les enfers soient accessibles en tournant une clef dans une serrure.
Ou en noyant des dizaines de gens sous un énorme volume d’eau salée, tout en menaçant le reste de la cité par la même occasion. Ce n’est pas vraiment l’endroit idéal pour une halte.

Mais Light préfère ne pas se balader dans des rues passantes avec un Tad intenable à proximité. Le surveiller ne l’enchante déjà pas énormément, mais devoir le faire en essayant de ne pas le perdre une deuxième fois achèvera ce qu’il reste de sa motivation aussi sûrement qu’une balle de 45 dans la tête de quelqu’un.
Machinalement, il ricane. Pas assez fou pour vous trahir. Le pauvre n’a certainement aucune idée de ce qui peut arriver aux traîtres. Même si ce n’est pas lui qui sera contacté pour ça. Lui n’est pas payé pour tuer. Il est payé pour récupérer des informations, faire disparaître quelques preuves gênantes à l’occasion. Jusqu’ici, aucune preuve gênante ne s’est présentée sous la forme d’un être humain. Pourtant, plus il y pense, plus il se dit que ce sera facile d’appuyer sur la gâchette en visant autre chose qu’une jambe ou un bras.

Un soupir lui échappe.

« Ils ont peut-être pas apprécié, mais malheureusement, c’est comme ça que ça fonctionne. Ils ont essayé de s’installer là où il y avait déjà quelqu’un qui exerçait depuis plus longtemps qu’eux, ils faisaient un peu d’ombre, menaçaient de tout faire tomber, ils devaient s’attendre à s’en prendre plein la tronche. Ça sert à rien de négocier avec eux, ils entendent rien. »

Il est bien placé pour le savoir.
Il était arrivé assez rapidement après les débuts de Swann et Seisyll en matière de contrebande. Il avait fini par intégrer la chaîne, sans vraiment le vouloir au début, mais ça faisait une paie en plus qu’il pouvait mettre de côté, planquer comme le reste de ses économies, ça faisait une occupation pour les jours où la Compagnie n’avait pas besoin de lui.
Light continue d’écouter Tad, finissant par ranger le Derringer dans la poche de sa veste. Un rictus apparaît sur son visage, dure un peu plus longtemps que tous les autres. Il ricane une fois de plus, son rictus devient un sourire désabusé.

« Tu veux que je te dise ? Ils étaient que tous les trois. Pourquoi se cacher quand on est plus nombreux ? Pour le coup, ils auraient vraiment eu l’avantage. C’était rien que du bluff. Ils ont essayé de nous faire peur, mais, dommage pour eux, ça a pas pris. Si la rue m’a appris quelque chose, c’est ça : quand on est un groupe nombreux, on ne se scinde pas autant, j’aurais croisé d’autres personnes avant de vous atteindre. Ils t’auraient pas emmené dans cet endroit. »

Son sourire s’élargit.

« Et quand on est plus nombreux, on est mieux organisé, aussi. T’imagines, un groupe d’une dizaine de personnes qui n’ont aucune organisation, aucune hiérarchie ? Ce serait vite le bordel, on les repérerait de loin, et tes anciens patrons ont pas l’air d’être ce qu’on fait de plus organisé. »

En même temps, son exemple est celui d’un monomaniaque aux habitudes réglées comme un minuteur de bombe.

« Et même s’ils essaient quelque chose, je serais pas le seul à les accueillir. »



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   28.06.16 23:13 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Tadeusz écoutait, aussi réceptif qu'il pouvait l'être, à présent. Les yeux fixés sur l'homme aux cheveux argenté il décrypte, interprète. Mots et soupirs, mouvement volontaires, involontaires. C'était comme un jeu. Il n'en perdait pas pour autant le fil. Ça l'aidait à se concentrer. Ce qu'il lui racontait avait du sens, bien sûr. Ils devaient savoir que tôt ou tard tout leur retomberait dessus. Un jour ou l'autre. C'est pourquoi ils avaient essayé d'inventer une excuse. Qu'ils avaient profité de la réputation de la Compagnie. C'est pourquoi ils avaient raconté qu'ils travaillaient pour elle. Comme si cela suffisait à tout excuser. Ça avait bien marché au début. Beaucoup de gens y avaient cru, le blondinet le premier. Et puis ce nom, faisait plus frémir que « Moineau Rouge ».


Aussi il ne pouvait que hocher la tête. C'est comme ça que les choses se passaient, ici. Il avait retenu la leçon, même si ça n'était pas la première fois qu'il l'entendait. Quand Light lui affirma qu'ils ne devaient être que trois, le coursier hocha de nouveau la tête. Plus dubitatif, cette fois. Si Sam avait le chef de quelque chose, ça n'avait certainement pas dû être celui du Moineau Rouge. Déjà parce qu'il ne semblait pas capable de penser aux conséquences de ses propres actes et paroles. Aujourd'hui n'était pas la première action irréfléchie qu'il avait commis. À l'époque où il travaillait encore pour eux, Tadeusz n'avait jamais pensé une seule fois qu'il était la véritable tête pensante. Ce qui donnait plus de crédibilité à son histoire. Déjà parce qu'il n'avait pas l'autorité nécessaire pour n'avoir sous sa botte que trois coursiers et encore. Ensuite, parce qu'il n'avait jamais réellement participé au trafic de faux papiers, ou du moins, pas directement. La chaîne devait être plus longue. Enfin. Avait dû.


S'il avait voulu reformer son petit business, il s'y était très mal pris. De toute façon. Les explications de Light pourtant suffisaient à atténuer ses doutes. Même s'ils revenaient, la prochaine fois ils seraient bien accueillis. Ou peut-être pas, au fond. Ils ne semblaient pas réellement du genre à se préoccuper de petites frappes dans leur genre. Peut-être qu'ils sous traiteraient, encore. Même s'il était plus probable que Sam, Gordon et Terrence se tiennent à carreau le reste de leurs jours… Ils avaient plus de chance d'attendre la surface que d'inquiéter plus sérieusement la Compagnie. Alors la détruire ?


La confiance qui émanait de son vis-à-vis suffit à ragaillardir l'adolescent. Parce qu'il était du genre à ressasser une histoire et à s'inquiéter un peu trop. Déjà pour lui-même. Parce que, tout de même, se faire tabasser n'était pas une chose très agréable. Ensuite, s'il causait trop d'ennui, Seis risquerait de le jeter dehors, pour trouver un coursier plus conciliant et aux relations moins conflictuels. Quoi que, moins pointilleux et ponctuel que Tadeusz, parce qu'il mettait toujours un point d'honneur à faire ce qu'on lui demandait et rien d'autre et tout ça dans les temps. Il esquissa un sourire, enfin, non essaya, mais ses lèvres craquelées picotèrent affreusement et il se contenta d'un demi-sourire pour faire echo à celui de Light.


 « Tu as raison. Ils doivent être en train de courir vers un docteur en priant pour que tu ne les poursuives pas. Un Sam acerbe dans les bras. Je ne les envie pas du tout.» Dit-il même, essayant de ne pas s'effondrer de rire, malgré les soubresauts nerveux de son estomac qui ne l'aidaient pas à contrôler son hilarité.

 « En parlant de courir. Je crois bien que je serai capable d'avaler la distance qui nous sépare de la planque sans m'arrêter une seule fois. Et de ne pas en ressentir de fatigue. C'est assez désagréable comme sensation, d'ailleurs. » Surtout quand certaines parties de son corps avaient été bosselé de coup de poings. Son abdomen, par exemple. Il esquissa une grimace ne passant une main sur son pauvre ventre. Courir n'était certes pas la meilleure des idées, après tout.  « Tu es certain de ne pas vouloir apporter le paquet à Seis ? » Demanda-t-il, en essayant de tenir en place même une minute. Mais peine perdue, ses pieds frémissaient et finissaient toujours par faire des pas de côtés. D'un autre.
Il s'assied sur le sol et porta son regard en l'air, pour fixer la voûte. Les deux mains posées à plat sur le sol.

 « Peu importe où on se trouve. Quand on lève les yeux on voit tous la même chose et ça ne change jamais. Ça a quelque chose de rassurant. »

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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   29.06.16 14:07 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Les effets de l’Essence.
Light les a déjà testés, en moindre mesure. Quand sa vie était rythmée au gré des combats clandestins dans l’arrière-salle de la boucherie, il ne disait pas non à une gorgée ou deux des toxines si gentiment mises en vente pas Corb. Ce n’était pas rare que plusieurs candidats soient sous l’emprise de l’enflammée. Quand on avait déjà mis au tapis deux ou trois adversaires, il fallait un peu d’aide sous bouchon de liège pour réussir à en laminer un quatrième. Rien d’inhabituel.
Pour lui ça n’était jamais allé plus loin que ça. Heureusement. L’Essence ne lui a jamais manqué quand il a arrêté d’en prendre pour éviter de se faire dévisser la tête par Seisyll. Il se définit comme un consommateur occasionnel. Bien sûr, qu’il ne dirait pas non, si l’occasion se présentait et que les circonstances seraient réunies pour qu’il ait un minimum besoin de rester éveillé. Mais en attendant, il tient toujours suffisamment à sa tête pour ne pas retrouver les effets de la boisson acide.
Il n’a pas non plus envie de perdre le seul travail qu’il apprécie vraiment. Avec Le Gall à la tête de la Compagnie, ses devoirs envers le groupe ont plus l’air de corvées qu’autre chose.

Machinalement, Light secoue la tête de droite à gauche pour répondre à la question de Tad, signifier son refus, tout en se mettant à regarder le plafond au-dessus de leurs têtes. De l’autre côté, il y a les hautes sphères de Pelagia, et eux deux, les deux clampins du jour, devront s’enfoncer un peu plus dans les bas-fonds de la cité.

« C’est ton boulot, maintenant. Si tu veux le garder, va falloir le faire jusqu’au bout. On t’a confié une première mission, finis-la. T’as eu des problèmes, et alors ? C’est le genre de choses qui arrivent quand on débute, et on aurait peut-être dû prévoir que tes anciens collègues essaieraient de te remettre la main dessus. C’est quand même à toi d’aller donner le paquet à Seis. »

Si on y repense bien, c’est en partie leur faute si Tad s’est retrouvé dans une situation pareille. Ils auraient pu prévoir un scénario du genre. Antonine, Seis, ils auraient pu y penser. Et lui aussi. Même si, techniquement, il y avait peu de chances que ça arrive. Ils doivent être un peu maudits sur les bords, pour que ce soit arrivé. Ou alors, c’est lui qui n’a pas fait son travail correctement la dernière fois. Ou cette bande de parfaits abrutis qui sont beaucoup plus obstinés qu’il n’y paraît.
Ou peut-être juste un mélange de tout ça et chacun a sa petite part de tort dans la merveilleuse scène qui a été jouée.

Light ricane.

« Tu parles que c’est rassurant. Du gris, du noir, une lumière qui te crève les yeux, toujours le même décor, toujours les mêmes discours. Rien qui ne change, pas un seul détail qui n’ose bouger, et on a toujours l’océan tout autour de nous. »

Claustrophobe qu’il est, il apprécie moyennement de se savoir enfermé dans une espèce de grosse bulle plongée à des dizaines de mètres sous une surface océanique qu’il n’a jamais eu l’occasion de voir. Sa seule certitude qu’elle existe est que la cité n’a pas complètement pu se couper du monde extérieur. Il faut bien importer ce qu’ils ne peuvent pas produire, exporter ce qu’il y a en surplus dans leurs productions.
D’où viendraient les clémentines, autrement ? Elles n’ont pas assez de soleil pour grandir correctement au fond de cette marée humaine entourée de dômes de verre qu’une petite fissure suffirait à faire éclater comme les statues du temple il y a deux ans bientôt.

« Je m’en fous, de ce plafond. J’en ai marre de savoir qu’il est là, juste au-dessus de ma tête. »

Il incline vaguement la tête de côté.

« C’est la surface que je veux voir. »



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   29.06.16 15:51 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 


« Ce n'est pas ma première mission, tu sais j'en ai déjà effectué quelques unes avant celle-ci. Et je ne pense pas que ce soit la faute de qui que ce soit. Ce sont des choses qui arrivent, souvent, quand on vit dans ce quartier. Et dans la pauvreté. On s'habitue. C'est juste que je voulais t'épargner l'attente.  »Précisait-il, une pointe de fierté et d'agacement dans la voix, parce qu'il ne voulait pas qu'il pense qu'il avait peur ou qu'il essayait de se défiler. Ça n'avait jamais été son attention. Et il n'aimait qu'on traduise de ses mots une faiblesse inexistante. D'ailleurs, il s'en sortait très bien jusqu'à présent. D'un revers de main il balaya le sujet et reporta son attention vers le haut.


Toujours assis et le nez en l'air, il essayait d'imaginer ce qui pouvait bien se trouver sur la surface. Peut-être qu'elle n'existait pas ? Ou plus. Que tout ce qu'on raconte sur ce qui se trouve là-haut est une invention, quelque chose qui n'existe que dans l'esprit des rêveurs. Un endroit avec l'air partout et l'eau nulle part. Un endroit où toutes ces fichues normes sociales et cette hiérarchie qui n'en fini pas d'étouffer les plus démunis n'existe pas. Un endroit où Pelagia n'existerait pas. Ou seulement dans l'imaginaire des gens.


Si on lui proposait demain de rejoindre une équipe d'exploration en partance pour la surface il n'irait pas. Déjà parce que personne n'avait réussi à l'atteindre. Ensuite, parce qu'il se complaisait parfaitement dans cet univers entouré de vitres géantes qui les protègent de l'océan. Parce qu'il trouve encore de la fantaisie dans les courants marins et les poissons qu'ils peuvent parfois apercevoir. Il aime aussi observer les gens et dénicher chez eux ou d'autres endroits abandonnés des trésors qui ne trouveront sans doute grâce qu'à ses yeux d'adolescents.

Aussi, lorsque Light balaya sa remarque d'une autre au cynisme palpable il esquissa un soupir et un sourire compatissant, enfin demi-sourire, toujours ce problème de lèvres écorchées. Sans jamais quitter ce fameux plafond des yeux. C'est vrai qu'il ne le foulait du regard que depuis dix-sept années, mais il trouvait du réconfort dans son caractère constant. Même si le monde s'écroulait un peu, lui serait toujours là. Protecteur et secret. Il comprenait à peine ses motivations, la surface n'était qu'un mot. Pas une réalité. Il dit :

 « Peut-être qu'à la surface il y a un plafond aussi terne que celui-là. Et combien même il n'y en aurait pas, ce qu'il y a autour te décevras peut-être. Il y aussi de jolies choses sous l'océan. Et je n'ai pas assez vécu pour m'attarder d'avantage sur les mauvaises choses de Pelagia. »

Il regarda aux alentours. Tout autour de lui n'était que décombres et dévastation, mais après tout cette ruine est le résultat de la volonté de quelques uns qui espéraient désespérément de changer les choses. Leur idéal n'était pas mauvais, c'est le moyen qu'ils avaient utilisé pour l'atteindre qui l'était.

 « Si tu trouves le plafond trop gris tu peux toujours le peindre en une autre couleur… ? Mmmh. Jusqu'à ce que tu t'en lasses. Mais au final ce sera toujours trop « quelque chose ». Réfléchir à comment changer les choses est de toute façon plus efficace que de ressasser les mauvaises choses… Tiens, si tu pouvais changer une chose, une seule, qu'est-ce que ce serait ? » Demanda-t-il alors, reportant son attention sur le mercenaire. Lui-même n'y avait jamais réellement réfléchis, mais la question lui semblait légitime. Et la réponse intéressante.


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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   29.06.16 17:03 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Un ricanement sec lui échappe, qui se transforme rapidement en rire. L’écho se propage, un peu partout autour d’eux, vers qui voudra bien l’entendre, et lui continue de rire. Ça ne dure pas plus de quelques secondes, pourtant, mais ce sont déjà quelques secondes qui ne sont pas données à tout le monde. Le genre d’éclat de rire inopiné, mais avec un fond sincère, qu’il a l’habitude de réprimer pour garder sa façade glaciale et cynique. Light s’arrête presque aussi vite qu’il a commencé, se remet l’échine droite et regarde Tad, un grand sourire fiché sur le visage. Machinalement, il pose son coude sur son genou, cale sa joue contre son poing. Même sa voix paraît moins dure, sur le moment.

« T’es vraiment naïf, toi, en fait. Je sais pas quel est l’imbécile qui t’a dit que la surface n’existait pas, mais il a réussi son coup on dirait ! »

Finalement, c’est un soupir qui franchit la barrière de ses lèvres et il baisse le regard quelques secondes avant de fermer les yeux et de relever la tête.

« Et les fruits qu’on peut acheter, tu crois qu’ils viennent d’où, hein ? »

Le mercenaire reporte son attention sur Tad, le fixe presque sans ciller, se contentant de cligner des yeux de temps à autres. Il se dit, sur le moment, qu’il faut être soit très crédule soit très bête pour douter de l’existence de la surface. Comme si les humains étaient tous apparus au fond des océans, alors qu’ils sont incapables d’y respirer ou de supporter les dizaines de bars de pressions qui s’exercent sur leurs têtes, alors que le manque de lumière les rend lunatiques, déprimés, sinon infirmes.

« Et le peu de soleil que les grands du niveau 1 peuvent capter, il vient du fond de la mer, aussi ? La surface existe, les baleines y vont bien pour respirer. Et comment la cité importerait tout ce qu’elle n’a pas, si la surface n’existait pas ? Tu me diras, on continue de ne manger presque que du poisson, mais quand même. La clémentine que tu voles sur un étal, elle vient pas d’une serre. Y a pas assez de lumière dans cette espèce de prison de verre pour qu’un fruit y pousse correctement. Tout ce qui pousse bien dans cet endroit, ce sont les algues. »

Et encore, même elles doivent avoir besoin de leur dose de soleil pour pouvoir pousser correctement. Mais Light n’est pas un expert sur la question. Light essayait plus d’échapper à la corvée de l’école qu’autre chose, il sait lire, écrire, compter, parce que paraissait-il que ça allait lui servir – ce qui est le cas – mais pour le reste, ce n’était pas ce qu’on pouvait appeler un élève assidu, balloté entre l’orphelinat qui ne voulait probablement pas de lui et des instituteurs qui ne voulaient sans doute pas de lui non plus.
Trop capable de créer des problèmes, et même pas encore adulte à l’époque.

« De toute façon, rien ne peut être pire qu’ici. »

Son avis sur la question est très arrêté.
Il n’aime pas cette cité, et elle le lui a suffisamment bien rendu pour qu’il considère le sentiment comme réciproque. Il ne compte pas s’éterniser ici jusqu’à la fin de sa vie. S’il a une occasion d’abandonner les dômes de verre derrière lui, il ne se privera pas.
Mais plutôt vif que mort.

« En tout cas, t’as suffisamment vécu pour voir qu’il n’y a pas que des bons côtés dans cet endroit. Si je pouvais changer une chose, ce serait de rouvrir la cité au monde extérieur, de ne pas forcer les gens à rester dans cette ville nocive, je laisserais partir ceux qui veulent aller vivre à la surface. On est en vase clos, Tad. Les vases clos, c’est pas fait pour durer. Un jour ou l’autre, y a tout qui se casse la gueule, et là, ce sera pour nos têtes. »

Il continue de fixer le blond, cherche un changement dans son attitude qui lui indiquerait que les effets de l’Essence se sont suffisamment dissipés pour qu’ils puissent rentrer à la planque sans trop de risques.



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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   29.06.16 19:48 par Tadeusz NeuerCiter Editer Supprimer 

Son rire le désarma, tant il fut soudain et inhabituel. Ce n'est pas qu'il pensait qu'il n'était pas capable de rire. Non, c'est juste qu'il ne l'avait jamais vu assez longtemps pour le voir esquisser un peu plus qu'un sourire. Aussi, il attendit, patiemment (enfin plus ou moins), pour comprendre d'où lui venait son hilarité. Puis finalement, en entendant sa réflexion il s'empourpra. Gêné. Non, Tadeusz n'écoutait pas tout ce qu'on raconte et cette croyance venait de lui et strictement de lui.

 « Je n'en mange pas souvent, des fruits. » Fit-il remarquer, une pointe d'amertume sur la langue. Enfin, il n'en mangeait pas souvent, maintenant à l'Opale du chat ça lui arrivait régulièrement. Et c'était délicieux. Quant à savoir comment ils poussaient ? Il s'était dit qu'ils avaient du trouver un moyen d'en faire pousser. Sous l'eau. Peut-être dans des serres ? Ou peut-être pas. De toute façon ça ne lui importait pas réellement. Les arguments ne venaient pas et il n'était pas  très certain de vouloir débattre de l'existence ou non de la surface. Parce qu'il devait bien avoir une bonne raison pour qu'ils n'y soient pas encore remontés. De toute façon.

Alors il attendit. Encaissant d'autres arguments qui tendaient à l'existence de celle-ci, bien qu'il n'ait jamais exprimé – tout haut du moins – de doute quant à son existence. Il semblerait que Light avait décidé de lui montrer qu'il se trompait. Ou de pointer du doigt les limites de sa propre connaissance. Un soupir passa les lèvres du cadet, cette démonstration était certes  parlante et il n'avait aucune raison d'essayer de contredire ce qu'il disait. De toute façon, il était persuadé de ne pas avoir assez du quart des connaissances nécessaires et d'éloquence pour prétendre le contraire.

La gêne était pourtant toujours là mêlée d'une pointe de colère grandissante. Chaque phrase lui donnait envie de prendre une expression pincée, sa fierté malmenée palpitant furieusement contre ses tempse. Son vis-à-vis n'avait-il pas assez prouvé qu'il manquait d'éducation et d'expérience ? N'avait-il pas assez insinué sa bêtise ? Alors oui, il prenait pour acquis ce qu'il voyait et percevait et n'avait pas l'esprit assez curieux pour se demander de quel endroit cela provenait, surtout quand il a faim. Mais Light faisait-il aussi preuve d'une aussi grande vivacité d'esprit, à son âge ? Bénit soit les adultes et leur grande compréhension du monde voulut-il bougonner, les bras croisés. Trahissant d'un même coup sa jeunesse et son manque de recule.

Teddy garda pourtant le silence, même quand le mercenaire affirmait que rien ne pouvait être plus terrible qu'ici. Et cet instant, cet instant précis il oublia quelque peu son ressentiment et ressentit justement pour lui une pointe de compassion et d'empathie. Le garçon espérait surtout qu'il ne finirait pas par devenir aussi résolument pessimiste et hermétique à l'insouciance à son âge car à ses yeux c'était la pire chose qu'il pouvait arriver. Avec la solitude. Et les deux n'étaient jamais éloignées l'une de l'autre.

Il n'empêche que ce qu'il racontait n'était pas erroné. Que sa réflexion appelait la sienne, afin qu'elle finisse par s'accorder à la sienne. Même son désir de changement avait du sens. Il ignorait pourquoi les dirigeants pensaient posséder assez de sagesse pour pouvoir décider pour eux du lieu où ils pouvaient et voudraient vivre. Peut-être parce que c'est « comme ça » ? Il haussa les épaules et se redressa vivement.

«  Il ne te reste plus qu'à réunir maintenant assez de gens qui pensent comme toi pour essayer de te faire entendre intelligemment, je suppose. »

Quant à lui, il préférait penser à ce que la ville avait à lui offrir. Pour le pire et pour le meilleur. Même si les choses risquaient de ne pas aller en s'arrangeant. Un jour ou l'autre, cet endroit va cesser tout simplement d'être. Ils seront sans doute mort d'ici là. Ou peut-être pas. C'était plus simple de vivre avec des œillères. La vision réduite à la seule horizon.

 « Peut-être que je ne sais pas grand-chose sur tout. Et que je suis trop naif. Et que je ne comprends rien à rien. Mais je sais que j'ai assez vécu de jour sombre pour essayer de ne m'arrêter uniquement sur eux. Sinon il y a bien longtemps que je me serais jeté dans l'océan, au lieu d'essayer de vivre décement. » L'adolescent ajusta son sac, se détourna de l'endroit pour dire, vexé :

 « Je ne veux plus attendre, finalement. Peut-être qu'en courant jusqu'à notre destination je me sentirai suffisamment fatigué pour donner le change le temps de livrer mon paquet. Toi tu fais comme tu veux. »

Et sans attendre il se lança, en faisant de grandes enjambées, à allure plutôt vive et soutenue. La colère et l'amertume n'aidait pas à se calmer et il craignait de recevoir des réparties plus cinglantes encore. Ce qui n'améliorerait pas son humeur, ni ne réparerait son amour-propre. L'immaturité a quelque chose de reposant et de rassurant. Elle aussi.

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MessageSujet: Re: Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]   29.06.16 20:22 par Cal GrayCiter Editer Supprimer 




Light soupire et le laisse prendre de l’avance. Pas trop quand même, il ne s’agirait pas de le perdre et de devoir expliquer à Seisyll que la majeure partie du temps qu’ils avaient mis à venir lui avait servi à retrouver une nouvelle recrue vexée et en fuite.
Le mercenaire se lève et repère son collègue et successeur au poste de coursier pour le suivre en marchant vite. A un moment, il aurait réagi de la même manière. Il l’a déjà fait. Il s’est déjà refermé comme une huître plusieurs fois à la moindre remarque de quelqu’un, il continue de le faire, spécialement avec Le Gall. Il l’avait déjà fait avec Swann, il le fait encore parfois avec Seisyll, et Antonine n’y a pas échappé. Il fait partie de ceux qui se vexent facilement mais qui ont fini par apprendre à le cacher. Comment les autres peuvent-ils te faire du mal s’ils ne voient pas ce que tu ressens gravé sur ton visage ? Light part de ce principe et se cache la plupart du temps derrière son masque de cynisme.

Tad est comme un reflet de ce qu’il a été.
Et il déteste ça.
Il n’a pas forcé le changement pour avoir l’impression de se regarder dans un miroir qui remonte le temps. A ceci près que Tad est sûrement plus innocent qu’il n’avait la chance de l’être quand il avait le même âge. Pourtant, s’il se fie à ce que le gamin lui a dit, ils en ont tous les deux vu de belles. A onze ans d’écart, quelque chose comme ça si sa mémoire est bonne.
Il accélère un peu l’allure pour ne pas perdre Tad. Il n’a aucune envie de courir, il cale ses mains dans ses poches, sent le contact rassurant du Derringer sur la pulpe de ses doigts. Lui aussi en a bavé pour en arriver là maintenant, arriver à prendre la position avantageuse, à ne plus être obligé de crier pour se faire entendre de personnes totalement sourdes à sa présence ou à devoir s’occuper de lui-même alors qu’il aurait dû avoir des parents pour protéger les miettes qu’il reste de son enfance.

Nouveau soupir.

« Tu parles d’une balade… »

Il continue de marcher, à une allure assez vive. Mais derrière ses genoux s’est logée cette gêne agaçante qui n’en finit pas de lui donner l’impression d’asticoter ses nerfs. Il a envie de bouger. De se défouler. De mettre une ou deux personnes, volontaires, par terre et de frapper sur un sac de sable jusqu’à s’écorcher les mains. Il a envie de remettre ses deux pieds sur le sol poussiéreux de l’arrière-salle de la boucherie pour en prendre plein la tête et en mettre plein la tête de son adversaire. Il a envie de courir, de rattraper Tad, de lui voler le sac et de prendre un peu d’avance juste pour le regarder essayer de récupérer son bien.
Ils arriveront rapidement à la planque, de toute façon. Il aura l’occasion de rentrer chez lui. De ressortir ce sac de frappe de son cagibi et de lui faire subir les résultats d’années d’entraînement et de longues minutes à sentir chacun de ses tendons tirer d’être malmenés jusqu’à ce qu’ils se taisent.

Il lève la tête et jette un nouveau regard morne au plafond au-dessus de lui.

« Et toi, tu peux pas disparaître, hein… T’es trop bien là pour me faire ce plaisir. »

Foutu plafond.
Foutue cité.
Il se remet à regarder devant lui, accélère un peu l’allure quand il croit avoir perdu Tad, puis le repère à nouveau et décide de ne plus le quitter des yeux. C’est mieux comme ça.




« »



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Il est trop tard pour prier, maintenant [Pv Cal] [Juin 125]
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