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Something you might like. — Clio / 05.125
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 Something you might like. — Clio / 05.125



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MessageSujet: Something you might like. — Clio / 05.125   21.05.16 19:53 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Lâcheur ne proteste pas quand il l’attrape en passant ses mains sous ses pattes avant et arrière. Il se contente de rester là, boule de poils aux allures de chiffon qui regarde autour de lui en jouant à la guimauve. A la limite, il ronronne, comme tout chat, un brin collant, qui se respecte. Gil attire l’animal contre lui, le cale contre son épaule et lui frotte doucement les épaules et le cou du bout des doigts. Le chat ronronne de plus belle, émet un léger bruit qui semble résonner dans l’appartement.
Qui, lui, a l’air monstrueusement vide. Ça fait bizarre. Surtout que l’appartement n’a, somme toute, pas changé. Il est toujours pareil. Toujours aussi grand. Et depuis quelques jours, il a juste l’air vide.

« Bon… Le chat, qu’est-ce que tu as fait, aujourd’hui ? A part rien du tout ? »

Lâcheur ne répond pas. Il se contente de fermer les yeux, réclame d’autres grattouilles en se calant paresseusement contre son maître. Gil sourit un peu, continue de passer ses doigts dans la fourrure de l’animal.

« Bon… Rien, comme d’habitude. »

Lâcheur ne proteste pas plus quand Gil le repose au sol. Il s’étire, content d’être un chat, et fait, comme de coutume, le tour de l’appartement, en cherchant le meuble sur lequel s’installer aujourd’hui. Gil se débarrasse de sa veste, de ses chaussures, les laisse dans l’entrée, sans rien changer à ses habitudes. La veste sur le porte-manteau, les chaussures sur le rack.
En passant dans le salon, son regard accroche le téléphone. Appeler Clio ? Eirlys ? Pour quoi faire ? Là est la question. De toute façon, il fait le mort depuis plusieurs jours. Et pourquoi pas appeler sa mère ? Non. La seule personne, jusqu’ici, à savoir qu’il est vraiment vivant, c’est son père. Et disons que son père n’en a pas grand’chose à faire, du moment qu’il bosse.

Finalement, il s’affale sur le divan du salon et tapote le coussin à côté de lui pour faire signe à Lâcheur de venir. Le chat le regarde, sa queue balaie le tapis, et il se lèche les babines en regardant son propriétaire.

« … C’est ma main que tu veux manger ? Eh ben, t’as pas peur, toi… »

Et comme tout chat snob, Týr finit par faire demi-tour et aller s’installer sur une étagère, à jouer le presse-livres qui laisse des poils partout. Lâcheur. Ce chat mérite bien son surnom, décidément. Gil soupire, s’affale encore un peu plus dans le canapé en regardant le plafond du salon. Est-ce normal d’avoir l’impression que l’appartement est vide alors qu’il a toujours été le seul à l’occuper à temps plein, en plus du chat ? Probablement. Et d’autres questions lui tournent dans la tête, dont la réponse est toujours : probablement.
Lâcheur continue d’assurer son rôle de presse-livres.

Un vague regard sur la pendule accrochée au mur. Un peu plus de vingt heures. Il a traîné plus longtemps que d’habitude à la bibliothèque, n’a pas eu besoin d’insister pour s’occuper de la fermeture ; une première.
Et quelqu’un sonne à la porte. Bouger ? Pas bouger ? Au final, Gil ne bouge pas. Le canapé, c’est bien.

« C’est ouvert ! »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   24.06.16 16:44 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio avait appris la nouvelle sur le tas, au cours d’une conversation de routine, entre deux banalités. Entre la dernière drague foireuse d’un client et la nouvelle aventure de Týr. Il avait lâché la bête comme ça, comme si c’était normal. Comme si ça ne l’affectait pas. Parce que les hommes, ça ne pleure pas. Elle s’était sentie remuée, abasourdie. Littéralement sur le cul. Au moins, ça s’était brisé avant que ça n’aille trop loin. Avant que la douleur soit insoutenable. Et pour ce qu’elle avait chiné sur cette femme, il ne devait pas y avoir eu infidélité. Et ça, c’était honorable. Vénérable, même.

Si elle n’avait pas trop insisté à l’autre bout du fil, il était temps de changer la donne. Elle avait pris sa soirée au bar. Pour une fois qu’elle s’accordait un jour de répit. Elle avait supplié Light très fort pour qu’il accepte de la remplacer – probablement excédé par ses gémissements agaçants. Puis, elle avait fait des courses. Alcool. Alcool, alcool, alcool. Quelques trucs à grignoter et encore de l’alcool. Du vin, pour l’essentiel. Clio partait du principe que si on ne peut pas acheter du bonheur au supermarché, on peut y acheter du vin. Et c’était quasiment la même chose. Pour son ami, elle avait consenti à sacrifier un peu de sa fortune laborieusement gagnée. Vivian se passerait d’Essences pour quelques semaines. Ça ne pouvait pas lui faire du tort.

Elle s’était donc rendue au Niveau Un, les bras encombrés d’une caisse en carton dans laquelle s’agitaient les quatre bouteilles miracles de vin rouge. Le vin rouge, c’était comme une valeur sûre. Elle était sûre qu’elle aimait ça et presque certaine que Gil en buvait également. Autant ne pas gaspiller d’argent dans des alcools commerciaux aux couleurs rigolotes. Coincée dans une jupe crayon couleur rouille et dans un chemisier fluide de couleur crème, sa veste jetée sur les épaules, Clio n’aurait eu aucun mal à se faire aider. Sauf qu’elle était femme, certes – et plus que mignonne aux yeux de certains, apparemment – mais ce n’était pas une raison. Elle aussi avait de la force dans les bras. Ce n’était pas la première fois qu’elle soulevait des caisses.

Elle avait gravi les étages, manqué d’éborgner quelqu’un avec le coin de la caisse mais elle était arrivée à bon port. Elle avait sonné grâce à son coude. Personne ne s’était déplacé. Apparemment, c’était ouvert. Elle joua du coude pour entrer. Un véritable calvaire.

« La paresse à l’état pur, dis donc ! Et vas-y que la porte est ouverte, fais comme chez toi, débrouille-toi avec ta caisse en carton et tes rations de survie, Clio ! Au moins, je constate que tu respires toujours. La prochaine fois, pense à envoyer une carte postale, ça évitera à mon imagination de partir trop loin. Tu fermeras bien la porte ou c’est encore trop te demander ? »

Pas la peine de se déplacer, Clio claque la porte derrière d’un bon coup de hanche. La première table sous la main lui servit à déposer les cartons. Clio étire ses bras engourdis.

« J’ai fait mon sport de la soirée. Maintenant… Oh, viens faire un câlin à copine Clio ! »

Quelques petits pas, martèlement de talons sur le sol. Clio tend les bras en se dandinant, un énorme sourire sur les lèvres.



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   28.06.16 11:36 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




C’est plus fort que lui, Gil sourit. Vaguement, rapidement, surtout nerveusement, mais la présence de Clio aura au moins réussi à lui arracher ça. Pendant quelques secondes, il hésite. Il est vraiment bien, là, sur son canapé, il pourrait tout aussi bien attraper Lâcheur et le mettre dans les mains de la rousse. A ceci près qu’elle est capable de le lui faire regretter un autre jour. Finalement, il se lève, s’approche de Clio, et la prend dans ses bras quelques secondes.
Une bonne quinzaine de secondes, tout de même, avant de la lâcher et de s’écarter.

« Voilà. Maintenant je retourne fusionner avec mes meubles. »

Manqué. Lâcheur vient de récupérer la place abandonnée sur le canapé pour l’annexer à son territoire et s’y installe paresseusement. Gil soupire, jette un regard blasé au chat.

« Je te déteste pour les cinq prochaines heures, toi. »

C’est le strict minimum quand il s’agit de faire la tête au félin. Parce que le félin s’en fout, jusqu’à ce que ce soit lui qui ait décidé de bouder. C’est un chat, après tout. C’est plus ou moins lui, le maître des lieux. En blindant un peu la porte, l’appartement pourrait se faire appeler « Fort Boule de Poils » ou, plus affectueusement, « Fort Sale Bête » pour rester poli.
Gil reporte rapidement son attention sur Clio, hausse vaguement les épaules.

« J’espère que tu ne comptais pas t’installer sur le canapé, maintenant c’est une annexe du territoire de l’autre bestiole. »

Enfin. C’en était déjà une depuis longtemps. A partir du moment où le chat a vu le canapé, le meuble était déjà une de ses annexes territoriales. Seulement, pour l’instant, la queue de Lâcheur fouette l’air, ses pupilles sont dilatées et ses oreilles couchées. Il guette, attendant de sauter sur un rongeur imaginaire ou simplement d’aller jouer avec les lacets d’une paire de chaussures laissée à traîner dans un coin.
Ou encore mieux, les doigts de la prochaine personne à s’approcher un peu trop près. Le seul chat qui ne se précipite pas sur les choses nouvelles qui arrivent dans son environnement.

« Je suppose que tu as déjà prévu quelque chose, aussi. Sinon tu ne serais pas là. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   28.06.16 22:36 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Elle reste debout, immobile, droite, les bras tendus dans la direction du canapé sur lequel son ami fraîchement célibataire s’est avachi pour pleurer sa peine. Pleurer sa peine sans larmes. Clio savait que les larmes étaient intérieures, après avoir été extérieures. Après, elle ne pouvait pas affirmer avec certitude qu’il ait pleuré. Mais ça lui semblait tellement logique comme réaction. Tellement humain. Elle avait besoin de partager sa compassion avec lui. Toute son empathie. Les histoires de cœur, ça la connait. Enfin, il se lève, se dirige vers elle et la prend dans ses bras. Elle lui rend son étreinte. Il décide de retourner fusionner avec ses meubles, Clio n’en a pas fini avec lui. Ni Clio, ni le chat, apparemment.

Elle se dirige en trottinant vers le canapé sur lequel le chat s’est avachi. Elle voit souvent des chats dans les rues, dans les ruelles macabres du Niveau Trois. Des chats affamés, maigres, en chasse d’une souris ou d’un rat pour se nourrir. Elle n’a pas vraiment l’habitude des chats de salon, pour n’avoir jamais eu que de petits animaux. Que des rongeurs. Elle se demande une seconde quelle sera la réaction de Captain quand il sentira les odeurs du chat. Parce que Clio a bien l’intention de boire, de rigoler, de bitcher mais aussi de cajoler cet animal.

« Ai-je quelque chose de prévu ? Tu veux dire, quelque chose dans ma tête ? Oh, la routine, beau brun. Boire, bitcher, boire, bitcher, m’endormir sur ton canapé, boire. J’ai déjà dit bitcher ? Ah oui et… Caresser ton chat. »

Sur ses mots, elle se penche par-dessus le dossier du fauteuil. Elle pose sa main sur le crâne du chat, attend un moment pour qu’il s’y habitue puis, elle le gratouille.

« Au lieu de rester planté là à regarder ton chat annexer tes meubles à son empire… Et si tu allais récupérer une bouteille dans la caisse, deux verres et un tire-bouchon ? T’as déjà mangé ? J’ai acheté des biscuits parce que moi, j’ai rien mangé. »

Elle se pose sur un accoudoir, continue de caresser l’animal qui a l’air de se calmer tout doucement.

« Je vais te passer les formalités, les blabla qui ne servent qu’à amorcer la chose. On ne va pas tourner autour du pot durant vingt ans, c’est inutile. Tu sais pourquoi je suis là. Alors… Comment tu vas ? »




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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   29.06.16 11:59 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil lève les mains à hauteur des épaules en signe de reddition, attrape la caisse et fait doucement demi-tour pour l’amener dans la cuisine. Ce sera plus simple de tout préparer là-bas, et moins risqué, aussi.

« Bien, maître. A vos ordres, maître. »

Juste après avoir sorti deux verres du placard et les avoir posés sur le plan de travail, il retourne vers le salon pour regarder Clio avec un vague sourire sur les lèvres. Le maître, d’habitude, c’est Lâcheur. C’est plutôt lui, le propriétaire des lieux. Ce soir, ce sera Clio. Juste pour l’embêter. Et elle est capable de se prendre au jeu, d’ailleurs, c’est bien ce qu’il attend d’elle.

« Que puis-je pour vous, maître ? »

Même s’il en a une vague idée. Après tout, elle lui a donné le programme de la soirée, mais c’est juste pour la charrier. La vie au niveau 1 serait bien ennuyeuse sans un peu de sarcasme pour colorer tout ça. L’exigence des responsabilités et de tout ce qui va avec. Gil retourne dans la cuisine et sort le tire-bouchon du tiroir avant de prendre une des bouteilles de la caisse de Clio pour l’ouvrir, puis sert les deux verres et amène le sien à la rousse, profitant de l’occasion pour attraper Lâcheur, qui s’est miraculeusement calmé au contact de Clio, et le pousser sur l’autre coussin du canapé et se réinstaller là où il était si confortablement affalé quelques minutes plus tôt.
D’ailleurs, Clio pose la question, qu’il évite machinalement.

« Tu permets, boule de poils, mais pour le moment, c’est ma place. »

Ce n’est pas non plus comme si le chat avait le reste de l’appartement pour lui tout seul, un lavabo dans lequel aller se lover, un lit sur lequel s’étaler prendre un maximum de places et des vêtements à courir de fourrure noire. Rien que ça, la vie d’un chat de salon.
Et s’il répondait à la question de Clio ? Il l’a suffisamment évitée comme ça, maintenant. Et ce n’est absolument pas la fin du monde dans sa tête. C’est peut-être ça, le plus bizarre. Il penche la tête et regarde son amie.

« Est-ce que c’est inhumain de n’avoir ni pleuré, ni crié, ni supplié, ni quoi que ce soit d’autres que les gens font d’habitude, apparemment ? Parce que si ça ne l’est pas encore, ça me rassurerait quand même, que je n’aie pas l’impression de me transformer en balane. »

Quoique. La balane restant accrochée désespérément à son rocher, la comparaison n’est pas la mieux choisie du monde. Mais le monde de Pelagia est petit. Et apparemment tous les animaux qui gravitent autour de la cité sous-marine ont un tant soit peu de compassion pour leurs congénères. Voire plus.
Sauf peut-être les méduses.

« Ca va. Disons que ça fait juste bizarre de mettre fin à une relation à laquelle tu t’habituais tout doucement. Et l’avantage c’est qu’aucune de nos deux familles n’était au courant, donc ça nous épargne les négociations et autres joyeusetés. Donc, oui, ça va, ce n’est pas la fin du monde et au point où j’en suis, je peux bien décevoir un peu plus mon cher père. »

Et après, lui offrir un chaton, éventuellement.



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   07.07.16 12:09 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

De toute manière, il aurait vraiment fallu être stupide pour ne pas comprendre la raison de sa venue. Comme si Clio prenait des jours de congé pour le plaisir de paresser. Elle avait besoin d’argent, elle devait gagner de l’argent or, ce n’est pas en prenant congé qu’elle gagnait de l’argent. Mais elle s’était dit que Gil avait forcément besoin de courage liquide, d’alcool dans les veines et pourquoi ne pas avoir besoin de la compagnie d’une rouquine montée sur Duracell, tant qu’on y pense ? Puis, ce n’était pas parce qu’elle prenait une fois congé dans sa vie professionnelle qu’elle allait mourir de faim pour les prochains siècles à venir. Elle survivrait. Ses armoires étaient encore pleines. Alors, elle était venue. Et ce n’était pas compliqué à comprendre. C’était à la limite du prévisible, d’ailleurs. Clio hausse les épaules, lovée sur l’accoudoir.

« Chacun réagit différemment face à une rupture. Moi j’ai pleuré. J’ai hurlé, je me suis fait mal avant de me reprendre en mains. J’avais besoin d’être pitoyable pour comprendre que ça ne pouvait pas se passer comme ça – et j’y ai survécu. J’ai trié mes vêtements, j’ai bougé des meubles. J’ai réorganisé l’espace et je suis allée faire du shopping après avoir revendu certains de ses cadeaux. D’autres personnes ont besoin de réfléchir. D’autres encore préfèrent se noyer dans l’alcool. Il y en a qui extériorise. D’autres préfèrent intérioriser – et je ne sais pas quelle méthode est la meilleure. Franchement, il n’y a rien d’inhumain. Chacun réagit d’une manière qui lui est propre. »

Il parle de la déception qu’il provoquera une fois de plus chez son père. Clio lève les yeux au ciel en soupirant bruyamment, une moue agacée sur le visage.

« Comme s’il y avait encore quelque chose à négocier. Vous, les gens du Niveau Un, vous avez l’art de trouver des négociations là où il n’y en a pas. Qu’est-ce que tu voulais négocier ? Lui offrir un bouquet de vingt-cinq roses rouges tous les jours jusqu’à la fin des temps à condition qu’elle revienne ? Moi, je te l’aurais fait manger ton bouquet de roses. Puis, les parents… Les parents, on s’en moque. C’est ta vie, bon sang. On n’en a rien à foutre de ce que ton père peut dire ou penser. Genre, ton père, il ne s’est jamais pris un râteau dans la gueule ? Il n’a jamais essuyé de ruptures, même à l’adolescence ? Quand il entre dans un magasin, il prend une paire au hasard et son pied rentre parfaitement dedans ? Ton père ferait un bon personnage de contes de fées mais je ne suis pas sûre qu’il soit très adapté à la vie humaine. Tout le monde fait des erreurs et tout le monde essuie des échecs. Vivre sans échec, ce n’est pas vivre. C’est de l’acharnement. »

Elle reprend son souffle, passe une main dans ses cheveux.

« Puis, les échecs, c’est nécessaire dans la vie. Vous êtes des adultes et vous avez compris qu’une relation ne mènerait nulle part. C’est mieux de s’en rendre compte au début que de s’en rendre compte à la fin, quand on a déjà essuyé quarante anniversaires de mariage et qu’on comprend que notre partenaire ne nous correspond pas et qu’on ne peut plus voir sa tête en peinture. Autant voir les choses du bon côté. »

Clio lève son verre, sourit en regardant Gil.

« Tu es désormais un nouveau célibataire sur le marché du cœur. Avec un peu de chances, je ferai chavirer ton cœur, tu m’épouseras et je pourrais vivre riche tout le reste de ma vie. A la tienne, beau brun ! »

Et elle avale une longue gorgée de son vin.




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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   15.07.16 13:23 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil soupire, lève les yeux au ciel – bien lointain malgré les hauteurs des plus hauts niveaux de la ville – et pose son verre sur la table basse, avant de regarder Clio.

« C’est le niveau 1, ici, tout le monde se mêle de pratiquement tout dans ta vie ! A partir du moment où quelqu’un sait que tu fréquentes une personne, tu peux littéralement dire adieu à toute intimité. Les gens n’ont pratiquement aucune notion de la vie privée dans cet endroit, et si quelqu’un avait appris que Alba et moi étions ensemble, apprendre par la suite que nous nous sommes séparés aurait donné lieu à tout un cirque concernant le pourquoi du comment, et je ne sais quoi d’autre ! Sans parler des interminables discussions avec nos familles respectives parce que untel ne comprendra pas, untel trouvera ça dommage, et après ce seront les voisins qui s’y mettront… Quant à mon père, c’est mon père, et je sais que les trois quarts du temps je ne corresponds pas à l’idéal qu’il s’est forgé pour sa seule et unique progéniture, à savoir : moi. »

A côté, sur le coussin du canapé, Lâcheur s’étire paresseusement, insensible au sujet de la vie privée dans le niveau 1. C’est un chat. Un chat n’en a rien à foutre de ce qu’il se passe autour de lui. Il n’a même pas d’oiseaux à essayer de chasser. La seule chose qui pourrait le faire bouger, c’est le passage d’un rat dans le salon. Gil récupère son verre et en prend une gorgée.

« Et ça fait trente-cinq ans qu’il est marié avec ma mère, tu veux que je te dise quoi ? Je ne me suis jamais intéressé à ses amoures d’écolier, et tout bien réfléchi, je ne veux pas m’y intéresser. »

Un vague sourire passe sur son visage et il jette un coup d’œil dubitatif à Clio. Elle ? Se caser ? Bah bien sûr. Et la petite méduse échange les dents de lait contre une pièce, aussi, tant qu’ils y sont. Finalement, il ricane. Pas méchamment, c’est comme un réflexe.

« Toi ? Te marier ? Toi, la grande indépendante qui vire une pauvre gosse en larmes d’un bar, tu comptes te caser ? Avec un rat de bibliothèque, en plus ? Je pensais que tu avais des projets beaucoup plus grands dans la vie… »

Il hausse les épaules, n’attend pas spécialement de réponse. Clio sait qu’il se moque d’elle gentiment. D’ailleurs, en parlant de grands projets, il en a peut-être un qui lui plaira. Un qui lui traîne en tête depuis un moment, parce qu’il se dit qu’en plus d’être drôle, ça pourra toujours plaire à Clio de participer à une entreprise de ce genre. Ça lui donnera une occasion de mettre son sarcasme en pratique, et aussi d’avoir un aperçu des choses de l’intérieur. Après tout.

« Des projets plus grands, comme… Venir directement dans le niveau 1 pour casser du sucre sur le dos des gens ? Dans une de nos magnifiques soirées mondaines, tu sais, avec le gratin, les décorations, et tout le reste. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   15.07.16 22:08 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

« Hé bah… Vous devez sacrément vous faire chier pour n’avoir rien de mieux à faire. »

Clio n’avait jamais eu à faire face à l’avis des autres pour la seule et unique raison qu’elle n’en avait absolument rien à foutre. Ceux qui avaient tenté de se moquer d’elle n’étaient rien d’autre que les petites frappes du Niveau Un comme on en rencontre partout dans les cours de récréation, accompagnées de leurs fidèles larbins des Niveaux Un et Deux, rendus cruels par un souci de reconnaissance, pour faire les intéressants ou tout simplement pour qu’on ne les remarque pas. Ces gamins s’étaient heurtés à un mur d’indifférence et c’était à peine si Clio avait arqué un sourcil. Le Niveau Trois était trop souvent occupé après la vie que pour se soucier de la vie des autres. Gil évoque, dubitatif, le fait que Clio puisse éventuellement vouloir se caser, un jour ou l’autre. Elle l’entend aussi s’étonner sur sa non-déclaration d’amour, lui dire qu’elle ne se risquerait pas à épouser un pauvre rat de bibliothèque comme lui.

« On peut être indépendante et fonder une vie de couple, à condition que cette même vie ne vous bouffe pas votre liberté. Je pense que le couple est un contrat tacite entre deux personnes, un contrat dans lequel chacun a le devoir d’énoncer ses limites. Si tu as besoin de liberté pour vivre et pour pouvoir t’épanouir pleinement dans ce couple, tu as le devoir de le dire. L’autre ne pourra pas le deviner pour toi. Tout est affaire de communication au sein d’un couple car c’est sur cette communication que se construisent la confiance, la fidélité et la complicité. »

Si elle l’avait compris plus tôt, peut-être serait-elle mariée à Adam à l’heure qu’il est. Ou peut-être pas. Ce n’était pas tant la communication qui avait posé problème – ce problème était venu bien après. Avant la communication, il y avait la personnalité d’Adam. Adam qui l’avait courtisée jusqu’à ce qu’elle se perde dans ses étreintes. Adam avait toujours été un playboy, un don Juan et c’était en partie pour cela qu’elle l’avait repoussé au début. Elle avait cru qu’elle allait le changer mais elle s’était fourrée ses dix doigts dans les yeux. Clio avale une gorgée de vin, s’affale davantage sur le canapé et observe le plafond un moment avant de reprendre.

« Je ne suis pas contre l’amour tout comme je ne suis pas contre le mariage. C’est juste que pour l’instant… Pour l’instant, ce n’est pas ça. Alors oui, peut-être qu’un jour, je rencontrerai quelqu’un qui acceptera de passer le restant de ses jours à mes côtés. Mais si je ne rencontre personne, je n’en mourrai pas – enfin, si, je vais mourir mais de ça, quoi. Ça ne se passera pas demain, ni après-demain et peut-être pas dans un mois non plus mais quand j’aurais rencontré ce que l’on nomme la « bonne personne » pour moi, alors oui, tu aurais peut-être le suprême honneur de me voir remonter une allée dans une robe virginale – puisque tu ne veux visiblement pas de moi. » Elle reprend une gorgée dans son verre, pouffe quelques instants. « Tu es peut-être un rat de bibliothèque mais tu es le rat héritier de cette bibliothèque, ce qui fait et fera de toi un rat riche. Puis, vénale comme je suis… Je m’en moque que tu sois un rat – j’ai déjà un hamster en plus – je ne m’intéresse qu’à ton portefeuille. Après, si tu es mauvais au lit, je pourrais toujours prendre des amants. »

Il évoque les soi-disant grands projets de vie de Clio et cette dernière arque un sourcil, soucieuse de savoir ce qu’il va encore inventer. Elle ne se souvenait pas avoir de grands projets – en soi, continuer à travailler pour gagner de l’argent et vivre, ça lui suffisait amplement. Il parle des soirées mondaines du Niveau Un et une grimace de dégoût repeint les traits de la rouquine.

« Tu oserais me traîner une fois de plus dans l’une de ces soirées mondaines ? Hin, hin. N’y pense même pas. Même pas en rêve que j’y retourne. Devoir me repayer une robe de soirée – parce que j’imagine que je ne pourrais pas remettre celle de la dernière fois – que je ne pourrais mettre qu’une seule et unique fois dans ma vie, l’assortir à mes chaussures qui seront inconfortables au possible et passer ma soirée à faire baisser les yeux des vieux pervers qui reluquent un décolleté qui, rappelle-toi, n’existait même pas la dernière fois ? Il y a franchement plus glorieux comme soirée… Après, ne me prends pas en pitié parce que ce n’est nullement un problème d’argent. J’ai des économies. Mais je ne comprends l’intérêt qu’ont ces femmes à acheter des robes alors que leurs penderies en débordent. Je ne comprends pas… C’est comme si elles chiaient de l’or et qu’elles aimaient brûler des billets. C’est répugnant. »




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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   16.07.16 22:27 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




« Oh que si ! J’oserai. Et plutôt deux fois qu’une. N’oublie pas, après tout, c’est moi le fourbe du duo. Tu ne peux pas me faire confiance pour tout, depuis le temps qu’on se connaît, je pensais que tu en étais parfaitement avertie. Quoique, j’ai peut-être de meilleurs souvenirs de cette soirée que toi, j’aimais beaucoup les têtes de tous ces membres du gratin quand tu es entrée. Admets-le, ça t’a fait plaisir aussi, de les voir tirer des têtes de trois pieds de long. Avoue. Avoue, tu en ricanes encore à l’occasion. Même si je comprends tout à fait que tu aies trouvé tout le reste ennuyeux à mourir, sans aucun intérêt, tu ne peux pas nier que l’entrée était quand même le moment le plus amusant. Et, toi, au moins, tu as échappé aux discussions des jours qui ont suivi. »

Un vague sourire passe sur ses lèvres. Nouveau haussement d’épaules, nouvelle gorgée de vin. Lui non plus n’a jamais vraiment compris cette sale habitude de jeter tout l’argent qu’on a par des fenêtres qui ne donnent même pas sur un semblant d’extérieur. Pelagia n’est qu’une suite d’intérieurs imbriqués les uns dans les autres. Quel intérêt de balancer tout ce qu’on possède, si ça ne se disperse même pas aux quatre vents ? Sans compter que s’il est parfaitement au courant de ce que son père est capable de lui faire subir pour un peu de gâchis, il n’a jamais vraiment eu envie d’écoper de ce que sa mère est capable de lui faire subir pour le même affront.
C’est une mère.
Une femme aux très bons talents de gestionnaire.
Elle a sans doute mille et un supplices à lui présenter s’il ose déroger à la règle maîtresse de la maison : on fait avec ce qu’on a jusqu’à ce que même les morceaux rapiécés soient usés jusqu’à la trame. A quoi ça sert, de se payer un tailleur, s’il n’est même pas fichu de réparer un accroc ?

« Et c’est pour ça que je me trimbale avec le même costume depuis… six ans, très exactement. Même veste, même pantalon, la seule chose qui change c’est la chemise, mais j’en ai suffisamment en stock pour ne pas avoir besoin d’aller en chercher de nouvelles. Et je ne parle même pas de ce que ma mère me ferait subir si elle apprenait que je me mets à jeter de l’argent par des fenêtres, même imaginaires. »

Agneta n’est sûrement pas la femme de Stieg Dylman pour rien. Elle a toujours eu son mot à dire, dans la maison. Et personne n’avait vraiment envie de la contredire, que sa voix soit douce ou pas.
Gil termine son verre, un sourire léger sur les lèvres. Lâcheur continue de dormir sur son coussin de canapé, paresseuse boule de poils insouciante de tous les soucis des humains du niveau 1. Les humains, c’est connu pour se casser la tête à très haut niveau. Ça a élevé le casse-tête au rang d’art, et ce n’est peut-être pas une bonne chose.

« Ceci dit, si tu as d’autres projets à mettre à exécution, je suis toute ouïe. Tant que ça n’inclut pas de me trimbaler fringué en pingouin dans le niveau 3. Je tiens un minimum à ma vie, quand même. Et t’as pas envie de ramasser les morceaux. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   17.07.16 20:28 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Il oserait et elle le sait, qu’il oserait la traîner une fois de plus dans l’une de ces soirées horribles où certes le décor est superbe, inondé d’or et de jouissances artistiques, où certes les tenues sont raffinées et cousues avec un soin tout particulier et où certes, le champagne et le vin ont un meilleur goût que ceux vendus dans les épiceries des Niveaux Deux et Trois. Un rêve que rangeaient les petites filles dans des boîtes, quand elles découpaient des images dans les magazines piqués à la sauvette sur le bord d’un trottoir, en attendant que les nettoyeurs des rue fassent leur travail. Elle faisait ça quand elle était jeune. Elle retournait les bacs à papiers où les riches jetaient magazines et catalogues qu’elles n’avaient sans doute feuilletés qu’une fois avant de s’en défaire et elle découpait des images ou des mots, des phrases, des paragraphes. Les autres filles avaient des rêves. Clio n’en avait aucun et la différence résidait en cet abandon de la rêverie. Elle était sans doute devenue adulte trop tôt. Sauf qu’après ça, il y avait le reste. Et le reste, c’était le brouhaha. La musique qui ne permettait que valses et autres niaiseries. Les petits fours aux œufs de poisson. Puis les regards, les regards…

« Oh, Gil. Trésor… Les gens me regardent naturellement comme ça. »

Elle réfléchit un instant, ses lèvres se déforment en une moue un rien boudeuse et elle finit son verre.

« D’accord. Tu pourras m’y traîner et peut-être que je m’offrirai une nouvelle robe longue – si j’alterne les couleurs, les prochaines fois, quelle sera la probabilité que les personnes du Niveau Un se souviennent que je les ai déjà portées ? Les chaussures, je m’en fous. La robe sera teeeeeellement longue qu’on ne les verra pas. Je mettrai celle de la prochaine fois. Le sac… Oh, qui se soucie d’un sac, sérieusement ? Est-ce que quelqu’un retient ce genre de détails ? Et les bijoux… ? Il y a vraiment des gens qui font attention à ce genre de choses ? Mais toi, de ton côté… »

Elle se lève et se dirige vers la cuisine pour récupérer la bouteille de vin abandonnée ainsi qu’un paquet de biscuits afin de grignoter tranquillement en parlant. Puis elle revient, se repose dans un fauteuil et remplit son verre afin de s’affaler à nouveau.  

« Toi, tu ne vas pas t’en tirer comme ça, mon coco. Toi aussi tu vas souffrir. Tu vas souffrir et tes pieds vont souffrir – et peut-être même que tu auras la gueule de bois la plus sale de ta vie. Mais… Mais moi aussi je vais peut-être bien te tirer en soirée. Le mois prochain. Le mois prochain, je te traîne dehors. Le premier jeudi du mois, c’est la fête pour les Trab. Et toi et moi… Toi et moi, on va descendre dans les rues et on va aller danser. Pour les Trab. Ça fait tellement longtemps que je n’y suis pas allée en plus ! »




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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   18.07.16 12:16 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil profite un rien de ce que la bouteille de vin soit à portée de main pour se resservir, en écoutant Clio. Le temps qu’il repose la bouteille sur la table, l’expression de son visage oscille entre désespoir et consternation, avec une vague d’étonnement. Il soupire, adresse un regard bien appuyé à la rouquine et se contente de prendre une gorgée de vin en affichant un air soudain blasé.
Le verre finit par rejoindre la bouteille sur la table.

« Clio, je travaille, moi, le vendredi. Et je commence ma journée le matin, à l’ouverture de la bibliothèque. Même avant, puisque je suis censé faire l’ouverture. Ça veut dire qu’à huit heures quinze dernier délai je dois être dans la bibliothèque à faire du rangement, à remettre les derniers livres rendus sur leurs étagères, à regarder qui doit rendre quel livre et quand, à passer le balai et la serpillière dans les allées, ouvrir la bibliothèque… Et tout un tas d’autres choses qui peuvent inclure une participation paternelle, comme regarder les comptes parce que ça va devenir ma corvée quand lui va décider de lâcher l’affaire. Et surtout, je ne suis pas censé partir avant la fermeture de la bibliothèque qui se fait facilement vers sept heures du soir. Parce que même quand plus personne ne vient, on a encore des choses à faire. »

Il hausse les épaules, récupère son verre et le sirote tranquillement en s’affalant dans le canapé, commençant à grattouiller Lâcheur qui, lui, s’étale un peu plus en roulant sur le dos. Une vie de chat, ça a l’air pas mal. Il sourit tranquillement, incline légèrement la tête de côté en regardant Clio.

« En plus je ne suis absolument pas religieux. C’est le genre de choses dans lesquelles je ne me suis jamais retrouvé, et, je te rappelle, que mon père est mon patron et que si jamais j’ai le malheur de venir pointer au boulot avec la gueule de bois, tu seras la première invitée pour mes funérailles. »

Petit haussement d’épaules. La religion, ce n’est pas son truc, Trab n’est pas non plus son duo de prédilection dans toute cette histoire. Son père, peut-être, mais son père ne lâcherait sa bibliothèque pour rien au monde, même pas une fête en l’honneur de divinités qui lui tiennent à cœur. Clio peut toujours essayer de négocier directement avec le grand patron, mais il n’y a aucune garantie que ça fonctionne.
Lâcheur en a finalement marre qu’on s’occupe de lui et s’échappe du canapé pour aller se percher sur une étagère, jouer le presse-livres.
Gil pioche un biscuit dans le paquet ramené par Clio, termine son verre.

« Honnêtement, ce genre de rassemblements, ça ne me fait pas envie, de base. Mais si en plus je dois vendre mon âme et le reste de ma vie pour que mon père m’autorise, ce qu’il ne fera jamais, à ne pas venir travailler une journée. Clio, cette bibliothèque est immense. Même à deux, on n’est pas assez pour en gérer tous les coins, alors tu imagines mon père m’autoriser à faire acte d’absence pour une journée ? Il va vouloir m’enchaîner aux piliers des étagères, oui ! Même si c’est toi qui lui demande, parce que je peux t’assurer que tu lui plais. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   22.07.16 23:08 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio s’affale davantage dans le fauteuil, son verre de vin dans une main, sa main libre s’agitant en l’air au fur et à mesure que coule ses paroles.

« Mais oui, c’est vrai, Gil. Tu travailles. Et moi, je ne serai censée travailler le soir où tu décideras de me traîner dans l’une de tes soirées. Tout comme j’étais censée travailler la dernière fois. Pire encore. Je travaillerai le lendemain et ta soirée tombera pile pendant mes heures de boulot. Ce qui signifie que je devrai prendre une soirée de congé. Ce qui signifie que je ne serai pas payée. Alors, sérieusement, qui a le plus à perdre ? D’autant que je ne me retrouve pas plus en tant que « membre honoris causa du Niveau Un » que toi tu te retrouves au sein de la Religion. Si tu ne fais pas ça pour la Religion – ce que je respecte, chacun ses croyances ou ses non croyances – fais-le au moins pour t’amuser. Car pour avoir testé une soirée du Niveau Un… Je peux te jurer que l’on s’amuse bien plus dans le Niveau Trois. La musique est bien plus réjouissante et là au moins, personne ne se choque pour une robe rapiécée ou déjà portée. La vie est simple, mais elle est belle. Après, d’accord… Se bourrer la gueule, c’est un peu excessif. »

Sur cette bonne parole, Clio avale une gorgée avant de reprendre. « On peut peut-être oublier ce passage. Le rayer de la liste en se disant que ce n’est que partie remise, puisque monsieur travaille le vendredi. Mais par pitié… Pourquoi devrais-je te céder une soirée alors que toi, tu refuses de m’en céder une ? Elle est belle l’amitié ! Elle est belle l’égalité ! Tout ça parce que Monsieur travaille et que Monsieur n’est pas croyant… Mais c’est le même tarif pour tout le monde, Monsieur ! Moi aussi je travaille et moi non plus, je ne suis pas du Niveau Un. Alors, pour l’amour de Jo’Trab… Accepte. S’il te plait. Pour ta bonne copine Clio. T’es même pas obligé de faire des efforts vestimentaires ! Un vieux pantalon, une chemise, ne mets pas tes plus belles chaussures mais des chaussures confortables… S’il te plait ? »

Elle achève son verre, le repose sur la table, observe le chat avant de repose ses yeux sur Gil. « Puis, sans déconner… Vous ne payez personne pour passer le balai et la serpillère dans les rayons ? Pour prendre les poussières ? Pour nettoyer les vitres ? Vous allez me dire que vous êtes trop pauvres que pour vous le permettre alors qu’il y a des familles de Niveau Deux qui parviennent à se payer une bonne ? Avec l’étendue de votre bibliothèque, vous vous rendez compte des deux ou trois emplois de techniciens de surface que vous pourriez offrir à des hommes ou à des femmes – ou même à des gamins – du Niveau Trois qui ne demandent qu’à se mettre un peu d’argent régulier en poche afin d’avoir de quoi manger ? Vous devriez y penser, toi et ton père. Et si tu as peur de le lui dire, j’irai taper du poing sur son bureau. Ce cher Stieg Dylman ne me fait pas peur. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   23.07.16 18:50 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Pas vraiment la peine d’essayer d’en caser une avec Clio. Pas quand elle est lancée comme ça. Alors Gil ne dit rien, il la laisse finir de parler en sirotant tranquillement son verre. Le seul qui a l’air d’en avoir marre, c’est Lâcheur, qui cesse de faire le presse-livres et va s’installer ailleurs. Dans une autre pièce. Hors de portée des humains et de leurs drôles de manies. Il a quand même attendu un peu, avant de bouger, le chat. Il a attendu, disons, que Clio commence la dernière partie de ce qui pourrait être un très bon texte à réciter.
Quelque chose dans le genre.
Finalement, Gil soupire.

« Je vais le faire dans l’ordre, sinon, c’est moi qui vais m’y perdre. D’abord, désolé. Excuse-moi, j’oublie tout le temps que tu travailles de nuit. J’ai tellement l’habitude de commencer ma journée de boulot tôt le matin, depuis tellement longtemps que j’oublie tout le temps que la tienne ne commence qu’en soirée. Ce n’est pas faute de venir te voir régulièrement, je sais. Maintenant imagine ce que c’est pour mon père, parce que traîner dans les bars, ce n’est absolument pas lui. Par contre, si tu veux lui parler, je peux lui donner l’adresse de l’Opale. »

Maintenant, on peut revenir sur Trab.
Trab, et les affres du niveau 1, puisqu’ils ont décidé de s’échanger les supplices juste pour une soirée.

« Ensuite. D’accord. Je veux bien essayer de venir pour la fête des Trab. Je dis essayer parce que si je peux te garantir de venir, je peux aussi te promettre que je ne resterais pas jusqu’au bout, déjà parce que je vais devoir dormir si je veux pouvoir bosser le lendemain. D’ailleurs, excuse-moi d’avoir oublié que tu es une acharnée du travail et que les jours de congé sont pour toi quasi-inexistants. »

Petit sourire. Là-dessus, Clio et son père se valent. Aucune notion de temps libre, ou alors, elle est exceptionnellement restreinte. Que Clio se venge pour la pique, ça lui est bien égal. De toute manière, il s’y attend, et il ne l’a pas taquinée hors connaissance de cause. Il se doute très bien que quelque chose va lui tomber sur un coin de la tête en guise de remerciement.

« Et pour finir… »

Cette fois-ci, c’est un regard appuyé qu’il adresse à la rouquine.

« Sérieusement ? Tu crois vraiment qu’on n’embauche personne à la bibliothèque ? Mais on en rêve, bon sang ! On rêve d’avoir des personnes en plus parce que cet endroit est foutrement trop grand pour être juste géré par deux personnes. Et si t’en connais, des gens qui veulent bien passer leur temps à trier des livres ou à passer la serpillière, tu peux toujours leur donner l’adresse ! Parce que c’est pas faute d’avoir cherché des gens, mais n’oublie pas non plus que cette foutue bibliothèque est nichée dans le niveau 1 et que c’est plus ou moins un art de vivre d’avoir un diplôme pour bosser là-bas. Même moi j’y ai pas échappé, pourtant je vais avoir la chance d’hériter de cet endroit quand mon père consentira enfin à en partir ! »

Gil soupire, termine son verre et l’abandonne sur la table.

« Peut-être qu’on a pas assez cherché, je veux bien le reconnaître ! C’est même plus que probable, mais déjà dans le niveau 2, personne n’était intéressé par un emploi de bibliothécaire. Pourtant c’est bien rémunéré. Le niveau trois ? Admettons, mais si on a déjà du mal à gérer notre propre affaire de famille à deux, je ne vois pas comment on pourrait trouver le temps d’aller dans la rue demander aux gens s’ils veulent travailler dans un temple de la lecture ! Et me demande pas d’y aller de nuit, c’est hors de question. Balance-moi que j’ai des a priori, dis-moi que je suis un connard avec des œillères si ça t’amuse, mais je n’irai pas dans le niveau trois le soir, je ne suis pas cinglé à ce point. »

La bibliothèque est trop grande. Bien trop grande, et surtout, gérée par son unique famille depuis le début. Ce n’est pas Stieg Dylman qui dira le contraire étant donné qu’il s’y accroche encore alors qu’il pourrait très bien donner la suite à son fils. Peut-être qu’il a peur de s’ennuyer, peut-être que la retraite ce n’est tout simplement pas pour lui, et là-dessus, Gil ne peut pas lui en vouloir.
Il s’en veut un peu de s’être énervé.
Mais il en veut aussi à Clio d’avoir simplement supposé qu’ils n’en avaient rien à cirer d’offrir des emplois alors qu’ils en ont besoin. Les recherches n’ont pas abouti, pour le moment. C’est dommage, mais c’est comme ça. Il va falloir creuser plus loin, sans doute creuser mieux.

« Déjà dans le niveau 1 quand on sait que tu es bibliothécaire, tout ce qui intéresse, c’est de savoir que tu vas finir gérant parce que c’est une affaire de famille et que tu es donc un potentiel parti pour la fille d’en face que ses parents veulent absolument caser. Tu crois que c’est facile de trouver un travail juste en tant que technicien de surface tout en sachant que tout le monde va te regarder ? Je te parie que c’est la raison la plus invoquée pour refuser l’offre. Et tu peux toujours aller taper du poing sur le bureau de mon père, c’est lui qui se charge de ça. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   24.07.16 21:05 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

« Tu le diabolises, ce cher Stieg. Il m’a paru fort sympathique, le jour où tu me l’as présenté, contre ton gré, certes. Enfin, sympathique… Cordial, ce serait plutôt le terme approprié. Cordial, ouais. Absolument poli, pas l’air de vouloir me foutre à la porte. Je l’ai fait rire aussi, non ? Quand je critique la grosse palourde dans sa robe irisée moulante… »

Clio pouffe en se remémorant la scène. La pauvre se trémoussait de groupe de mâles en groupe de mâles, coincée dans cette robe trop petite qui ne la mettait pas du tout en valeur – que du contraire. Elle faisait alors de petits pas et à chaque petit pas, les coutures de sa robe menaçaient de céder. Une véritable horreur. Et de ce que Clio avait entendu de sa voix dans les toilettes… Nul doute qu’elle finirait vieille fille. Ou avec un homme en chien suffisamment désespéré que pour se tourner vers la baleine. Et encore… C’était méchant pour les cétacés.

« Tu sais… Les fêtes pour Trab ne se finissent jamais réellement. On trouve souvent des balourds endormis dans les rues quand le matin pointe le bout de son nez – si tant est qu’il y ait un matin et un soir dans le Niveau Trois. Les personnes censées restent rarement jusqu’à la fin. Car même sans musique, les bougres parviennent à danser. Alors non, on ne restera pas jusqu’à la fin – en plus, à la fin, ça dégénère. Je ne voudrais pas avoir à te protéger de mon petit corps… » Elle pouffe une nouvelle fois. « Je suis peut-être un bourreau du travail mais parfois, les pauvres n’ont pas le luxe de prendre des jours de repos. Si je ne travaille pas, je ne suis pas payée. Si je ne suis pas payée, je ne paie pas mes impôts. Et si je ne paie pas mes impôts, je retourne dans le Niveau Trois. Et crois-moi que si je me suis saignée aux quatre veines, ce n’est pas pour retourner faire coucou là-bas. D’autant que cela voudrait dire me rapprocher de ma mère… Tu sais ce que c’est, non ? De vouloir se tenir éloigné d’un parent… En plus, j’ai toujours vécu comme ça. Être un bourreau du travail, c’est une chose que je connais. C’est une habitude. »

Elle passe une main dans ses cheveux trop courts pour qu’elle puisse se permettre de les attacher. Elle avait déjà pensé à les coiffer avec un bijou pour cheveux mais elle n’avait jamais pris le temps d’aller acheter un bijou.

« Est-ce que je connais des gens qui seraient prêts à être payés pour passer un coup de torchon dans les allées ? Bon sang… Tu te moques de moi ? J’aurais rêvé de le faire, moi. Avoir un emploi stable dans une bibliothèque et non dans une maison où le fils de famille s’invente des escapades sexuelles avec ta gueule pour les rapporter à sa grognasse de mère parce que tu as eu l’audace de dire « Je ne coucherai pas avec toi, Collins. » ? Je peux te trouver des filles pour passer la serpillère. Dis-moi combien tu en veux. Une ? Deux ? Cinq ? Des filles qui cherchent des emplois, ce n’est pas ce qui manque. Certaines vont jusqu’à se prostituer parce qu’elles n’ont rien trouvé de mieux. Il y en a qui vendent leurs cheveux, Gil. Leurs cheveux pour créer des perruques pour le Niveau Un ou pour le Théâtre – ou que sais-je encore de sordide, il existe peut-être des fétichistes des cheveux… »

Nouveau verre. Elle remplit celui de Gil par la même occasion et pioche un biscuit, en passant. « Te balancer que tu as des a priori parce que tu ne veux pas aller dans le Niveau Trois de nuit ? Non, tu es sain d’esprit, c’est tout. Même moi, quand je dois y aller passé cinq heures du matin, ça me fait froid dans le dos. Mais moi, j’y suis habituée. Je connais les pièges, les rues par lesquelles tu ne passes pas la nuit. Le mieux, c’est de prendre les grandes artères, même si c’est long. Mais ça va, je peux t’envoyer des filles. Les filles sont plus faciles à approcher que les garçons. Puis les garçons… Je dis ça, je ne dis rien mais ils peuvent toujours tenter Aronde. »

Elle hausse les épaules, avale une gorgée. « Offrez-leur une formation. Expliquez-leur comment ranger, classer, trier les livres. Comment tenir les livres des emprunts. Comment accueillir les clients. Beaucoup ne trouvent pas d’emplois car de nombreux emplois nécessites un diplôme. Or, c’est ce qu’il manque généralement aux personnes qui cherchent un travail chez nous. Pourtant, il suffirait d’une toute petite chance… Et de confiance, aussi. Mais je peux en trouver. Des bonnes, dociles. Qui apprendront vite. Je dois sûrement pouvoir trouver ça. »

Elle souffle, repose son verre sur la table et reprend un biscuit qu’elle grignote en évitant de faire trop de miettes. « Puis, sérieusement… Les personnes du Niveau Un se font autant chier que ça que pour juger les techniciens de surface d’une bibliothèque ? C’est tellement… Pitoyable. Ceux qui jugent ces personnes sont pitoyables. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   24.07.16 21:34 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil pioche un biscuit, laisse Clio le resservir en vin et s’affale juste un peu plus dans le canapé. Il ne récupérera pas ce verre. Pas maintenant. S’il commence déjà à s’énerver pour rien, ce n’est pas vraiment la peine de rajouter le facteur alcool à l’équation. Les questions concernant la bibliothèque et la famille touchent toujours une corde sensible. Les regards dans le niveau 1, il a appris à faire avec, mais il ne peut pas non plus nier qu’ils sont dérangeants, agaçants, et profondément lassants. Et il n’y a pas moyen qu’il s’en détache.
Il soupire, grignote son biscuit en restant silencieux pendant un petit moment. Qu’est-ce qu’il pourrait bien dire, maintenant ? A chaque mot qu’il prononce, Clio a un argument de plus à lui donner. Elle n’a pas tort, dans un sens, mais lui, il n’a pas vraiment des masses d’options en étant dans le niveau 1. D’une certaine manière, les habitants des niveaux inférieurs sont plus libres. Ils ont certaines possibilités qu’il n’aura jamais. La possibilité de faire un petit boulot considéré comme ingrat juste par passion sans avoir à subir les moqueries de toute la population d’un niveau.

« Parce que tu crois vraiment que j’ai le choix, moi aussi ? Tu crois que je peux prendre des congés, comme ça, parce que j’ai envie ? Je paie des impôts aussi, je te signale. La seule différence, c’est peut-être le nombre qui illustre le salaire sur nos chèques respectifs. Mais à part ça, je n’ai pas vraiment de fonds qui pourraient me servir à payer tout ce que j’ai à payer si jamais j’avais envie d’arrêter de gérer la bibliothèque. On a des fonds, pour la bibliothèque et la bibliothèque seulement. Et mon père a les clefs de ce compte-là. Je les aurai aussi, mais je sais que si jamais j’ai un jour le malheur de me reposer là-dessus et de piquer dans la caisse, il viendra me tuer de ses propres mains. Donc au final, on est dans le même panier. Ce n’est pas parce que je viens du niveau 1 que je suis mieux loti que toi concernant les jours de congés. Et quand j’hériterai de cette affaire, ce sera pire. Mon père n’a pas pris de congés depuis vingt ans. Et c’est ce qui m’attend quand je prendrai sa place. »

Il s’est déjà fait à l’idée. Il n’a juste pas aimé l’allusion à la facilité de la vie dans le niveau 1. La vie dans le niveau 1 est tout sauf facile. Sauf qu’elle ne marque pas forcément physiquement. Elle est plus sournoise, quand il s’agit de laisser sa trace chez quelqu’un. Des petits sursauts, des petites inquiétudes qui s’accrochent et refusent de partir. Son père en a sûrement, qu’il cache, fermées à clef dans son esprit, puisque jamais Gil ne l’avait vu craquer.
A moins qu’il soit vraiment aussi insensible qu’il y paraît, mais bizarrement, le fils Dylman en doute. Son père est dur, ça, il n’en doute pas. Mais pas insensible.

Un sourire passe sur ses lèvres, désabusé.

« Alors je rejoins les rangs des pitoyables ! Ca te va, de traîner avec moi de temps en temps, tu t’en remettras ? »

Nouveau soupir. Peut-être qu’en fait, il va récupérer ce verre qui est seul avec les biscuits, sur le bois vernis de la table.

« Je ne peux malheureusement pas changer la société, Clio. Pas tout seul, en tout cas. Oui. Je sais, cette ville a beau se vanter que tout le monde est sur un pied d’égalité alors qu’on voit très bien que ce n’est pas le cas, oui, je sais, c’est injuste. Mais qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Je ne peux pas éduquer mes pairs ! Je peux embaucher des gens, ça oui, mais je ne pourrai en aucun cas leur épargner toutes les horreurs qui iront avec quand les gens du niveau 1 les jugeront ! Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Distribuer des gifles ? Bah bien, je viendrai frapper à ta porte parce que mon père m’aura déshérité, après. Et je lui dirai que c’était ton idée, tant qu’à faire… »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   25.07.16 20:18 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Si Clio devait tirer une leçon de cette conversation, cette leçon serait la suivante. Elle ne serait jamais en mesure de comprendre les personnes du Niveau Un, dans la mesure où ces personnes étaient encore constituées de chair et d’os. Peut-être étaient-ils en réalité des robots mis au point par quelque société – tiens, qui construisait des robots ? Aronde, peut-être. Elle pensera à demander à Automne la prochaine fois qu’elle la verra. Elle observe Gil. Oui, peut-être avait-il des impôts – c’était une chose certaine, d’ailleurs – mais elle estimait qu’il avait davantage de moyens qu’elle. Elle avait aussi des moyens – des moyens acquis grâce à un dur labeur – sauf qu’elle économisait pour tout autre chose. Elle ne reviendrait cependant pas sur ce sujet. Elle n’était pas venue pour ça. Elle était venue pour lui changer les idées et non plus lui balancer un plateau de merde de baleine dans la face.

« Tu es libre de prendre des congés. Ton père est comme moi, il se sent vivant quand il travaille parce qu’il estime ne pas pouvoir s’en passer. Il ne tient qu’à toi de changer la règle. Ce n’est pas comme si la bibliothèque allait s’effondrer parce que tu prends deux petites semaines de vacances. Ce n’est pas non plus comme si tu allais pouvoir partir bien loin en vacances. Quant à moi… Je ne prends pas de congés parce que j’ai peur de perdre mon emploi. Voilà. Des emplois stables et bien payés, ça ne court pas les rues quand on n’a pas fait d’études. Tu crois qu’ils m’engageront dans un autre endroit du Niveau Un ? Il est hors de question que je retourne dans les niveaux inférieurs… »

Elle ne répond pas au sourire de Gil. Qu’il juge les techniciens de surface, les éboueurs ou les autres métiers un peu trop dégradants aux yeux des Niveaux Un et Deux. Qu’il continue si ça lui chante. Elle passe sur la remarque aussi. Clio marmonne entre ses dents, la joue négligemment appuyée contre la paume de sa main.

« Un pied d’égalité… Elle est belle, l’égalité. Si c’est ça « être égaux », il serait grand temps de faire manger une bonne balance à ces abrutis de dirigeants… » Elle offre un sourire moqueur à Gil. « Ton père ne pourra pas me déshériter, moi. De toute manière, je n’aurai pas d’héritage. Ah ! Si, j’oubliais… Des bouteilles d’Essences, sûrement. A moins qu’elle ne les vide dans son dernier souffle. » Clio soupire bruyamment. Cette conversation l’énerve. Tout ce merdier l’énerve. « Vous êtes les pires emmerdeurs de la terre. Vous avez besoin de nous pour faire vos poussières, pour passer le balai ou faire la cuisine, pour garder vos bambins quand vous sortez jusqu’à tard dans la nuit – même pour s’occuper de vos gosses, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit ! Mais vous persistez à nous critiquer pour un travail que nous effectuons sur votre demande… Décidément, je ne comprendrai jamais le Niveau Un. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   25.07.16 21:40 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Gil respire à fond, soupire, et attrape finalement son verre sur la table, laisse le verre racler légèrement la surface vernie du bois en émettant ce petit son si caractéristique, avant de se lever et de s’écarter du salon, des meubles, et accessoirement, des sujets de discussions qu’il aurait préféré éviter toute la soirée, pour ne pas dire toute une vie. Au moins, il est prévenu, maintenant. Il sait que ce n’est pas la peine d’essayer de parler de ça à Clio.
Qu’au fond, ils sont aussi fermés l’un que l’autre sur la question. Même s’il a très moyennement apprécié de voir son essai pour faire comprendre à la rousse qu’il essayait de comprendre, et qu’elle n’en a visiblement rien eu à faire s’il repasse les dernières réponses dans sa tête.
Un peu dur, avec les deux précédents verres.

« Si tu me cherches, je suis dans la bibliothèque. »

Il se retient de répliquer « et je fais mon ménage moi-même, merci » et change de pièce, ne serait-ce que le temps de se calmer. De trouver un sujet de conversation qui ne fasse s’énerver personne dans cet appartement, même pas le chat. Ce serait bien s’il en trouvait un.
Sauf qu’il a à peu près autant d’idées de conversations que les gens de la cité en savent sur la surface. Gil s’affale dans un des deux fauteuils de la pièce bibliothèque en soupirant. Le verre termine sur la table d’appoint, et lui s’occupe de fixer le plafond.
A moins d’un miracle, Clio ne viendra pas le chercher.
Elle s’excusera encore moins pour certaines choses qu’elle a dites, mais au final, même lui risque de ne pas s’en souvenir, alors pourquoi s’en préoccuper ? Il ne comprend pas les classes inférieures. Et elle ne comprend pas à quel point la pression des regards peut être étouffante. Ce n’est pas comme si la cité était immense, comme si c’était simple de se faire oublier dans cette espèce de bocal pour humains.
Et même si Clio ne veut pas retourner dans le niveau 3, il y a peu de chances que lui ait envie d’y aller, même pour disparaître.

Lâcheur finit par apparaître. Toujours là au bon moment, finalement, ce chat. Il n’attend même pas la permission, il grimpe sur les jambes de son maître pour s’y lover confortablement, en ronronnant. Gil passe ses doigts dans la fourrure noire du félidé, le prend à rebrousse-poil au niveau des épaules en guettant une réaction. Rien. Lâcheur est vraiment dans de bonnes grâces, sans doute passagères, pour se laisser caresser dans le mauvais sens sans rien dire.

« Bon, il y en a au moins un de content dans cette baraque… C’est déjà ça. Même si ça va pas durer, te connaissant. Hm, boule de poils ? Tu aurais dû t’appeler Râleur, en fait. Monsieur Râleur. Pour ne pas dire Monsieur Rienàfaire ou Grosflemmard… »

Et là, pour le coup, même s’il veut rejoindre Clio, il ne peut pas. Pas tant que le chat n’a pas décidé qu’il en avait marre d’immobiliser son humain dans un fauteuil. De toute façon, pour le moment, il ne veut pas. Il profite juste de la présence réconfortante de Lâcheur et du bruit de son ronronnement.
Oh, et puis, il a toujours ce verre de vin à finir, en plus.



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   27.07.16 22:31 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio fulmine, assise droite dans le fauteuil. Elle ne regrettait pas tout ce qu’elle avait pu dire. Peut-être regrettait-elle la manière dont elle avait exposé sa vision mais elle ne regrettait en rien ses idées. Elle s’était contentée d’exposer, avec une véhémence certaine, des faits qu’elle avait rencontrés en vingt-sept ans d’existence. Gil ne pouvait pas nier que la majeure partie – d’accord, en y repensant, elle y était allée un peu fort en clamant à la deuxième personne du pluriel – mais il ne pouvait nier que certaines personnes comptaient plus que de raison sur la présence de la « racaille » dans leur vie. Pour faire le ménage. La cuisine. Pour faire la vaisselle ou encore la lessive, le repassage. Aller faire les courses. Recoudre un bouton. Ou mieux encore. Passer la nuit entière au chevet d’un nouveau-né pour lui donner le biberon pendant que les parents dormiront, sagement, à l’autre bout du manoir.

Clio ne comprenait tout simplement pas la manie que les classes supérieures avaient de juger les moins fortunés pour continuer à les exploiter de la sorte. Est-ce qu’elle était aussi inférieure à ces gens qu’ils avaient l’air de le penser ? Est-ce que, parce qu’elle était née pauvre et parce que sa mère était une pute, elle valait moins que les connards du Niveau Un ? Elle ne le pensait pas. Et Gil ne devait pas le penser non plus. L’argent ne lavait donc pas tous les cerveaux. Clio fait craquer ses phalanges. La moue sur son visage s’adoucit. Et puis merde. Pourquoi en étaient-ils arrivés à ce stade-là ? Il lui avait seulement demandé de retourner dans une soirée du Niveau Un et elle, elle lui avait demandé de l’accompagner à la fête des Trab. Où était apparue la mégarde ? Elle n’en savait foutrement rien.

Le ventre de Clio grogne. C’est vrai qu’il devait bien être vingt-et-une heure passée et qu’elle n’avait rien mangé depuis quatorze heures. Si encore elle se rappelait avoir mangé à quatorze heures. Elle était allée faire des courses, oui, mais elle ne se souvenait pas avoir grignoté quoique ce soit. Aussi Clio se lève de son fauteuil. Elle respire un grand coup et décide de ne plus parler de ce sujet à Gil. Et ça l’emmerde. Mais si c’est ce qu’il y avait de mieux à faire, soit. Clio n’avait pas pris un jour de congé pour abréger sa soirée à vingt-et-une heure. Clio avait vingt-sept ans, elle n’avait pas l’âge d’aller se coucher à vingt-deux heures. Quand bien même ça lui ferait du bien de dormir. Elle inspire. Expire. Puis, elle se dirige vers la porte de la bibliothèque – peut-être qu’un jour, elle construirait une bibliothèque dans son salon. Oh, pas une pièce entière. Seulement un meuble. Pour ranger les quelques livres qu’elle avait achetés d’occasion et qu’elle avait empilé à côté de son fauteuil. Elle frappe à la porte de la bibliothèque.

« Gil. Si tu me laisses toute seule avec les trois bouteilles de vin restantes, je ne suis pas sûre de pouvoir rester dans un état décent. » A condition qu’elle ait un jour été dans un état décent. « Tu risquerais de retrouver ma culotte dans un vase. » Ça, c’était dit. « Et je ne suis pas sûre que tu veuilles retrouver ma culotte dans un vase. » Et s’il le voulait, grand bien lui fasse. « Non, allez, Gil. Sors de là. Je te promets de ne pas te jeter de verres à la figure – en plus, t’as embarqué le tien, alors je n’aurais eu qu’un seul verre à te lancer. » Clio gratte l’arrière de sa tête. « Et en plus, j’ai faim. Nourris-moi, humain. » Est-ce qu’elle le fait… ? « … Miaou ? »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   28.07.16 21:34 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




Le temps que quelque chose se passe, Gil termine son verre. Et ce n’est que maintenant qu’il se rend compte que la dernière fois qu’il a mangé remonte à un certain temps. Il soupire. De toute façon, au point où il en est, il ne peut probablement que faire pire. Et Lâcheur, qui ne bouge pas, qui continue de ronronner, tranquillement installé sur son humain, et pas prêt de bouger pour un sou.
Et puis, au bout d’un moment, Clio frappe à la porte. Gil tourne à peine la tête sur l’instant, trop occupé à inspecter les oreilles, ou plutôt à les triturer, de Lâcheur pendant que le mini-fauve a trop la flemme de réagir. Il en plie une, légèrement, puis la laisse tranquille, guette une réaction. Rien. L’ombre sur pattes n’en a strictement, royalement, rien à cirer de ce qu’on lui fait du moment qu’il a la possibilité de planter ses griffes dans quelque chose, en l’occurrence, les jambes de son humain.

Il écoute Clio. Toujours occupé à embêter son chat, sa boule de flemme montée sur pattes. Clio lui parle d’un verre, qu’elle aurait éventuellement pu lui balancer à la figure. Regard vers le sien qui est vide, et ça lui arrache un vague sourire. Ah, là, c’est sûr qu’elle n’aura plus que le verre à lui lancer. A moins qu’elle ne préfère lancer le chat. Ça c’est une idée, tiens. Lancer le chat. Oui, mais le lancer où ? Peut-être pas une si bonne idée que ça au final.
Le pire, c’est quand Clio fait mine de miauler. Gil tourne la tête, la regarde, à moitié consterné, puis soulève Lâcheur en le prenant sous les pattes avant, faisant mine d’inspecter le chat.

« T’as vachement changé, dis donc. C’est une nouvelle teinture ? Puis ça te va bien de te poser sur mes genoux, comme ça, t’aurais au moins pu demander la permission. »

Lâcheur se tortille, joue les savonnettes et finit par échapper à son humain pour aller se poser, vexé, sur le fauteuil d’à côté et commencer une toilette assidue. Gil reprend son verre, esquisse vaguement une moue et se lève pour rejoindre Clio, la gratifiant d’une pichenette sur le nez.

« Laisse-moi te dire que tu as un très mauvais accent chat, par contre. Ça ne m’étonne même pas que tu l’aies vexé. »

Haussement d’épaules. Qu’est-ce qu’il y a à manger, dans l’appartement ? Probablement quelque chose. Dans les placards, dans le réfrigérateur. Autre chose que les biscuits qui traînent sur la table du salon. Il va en chercher un ou deux, en profite pour déposer son verre, toujours vide, sur la table. Il va ensuite vers la cuisine en grignotant un des biscuits, tend l’autre à Clio.

« Sinon, si tu as la patience d’attendre un peu, on a l’option cuisine. Je n’ai malheureusement pas de restes à utiliser donc il va falloir supporter le temps de la préparation et de la cuisson. Quelque chose qui te fait envie en particulier ou que tu ne veux absolument pas voir sur la table ? »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   29.07.16 23:01 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

Clio tire la langue à Gil dans une grimace qui déforme son visage. Elle observe le chat qui se tortille, qui frétille dans les mains de son maître, soulevé dans les airs. Il n’a pas l’air d’aimer d’être ainsi tenu et observé. Clio le comprend, elle n’aimerait pas non plus. Le chat finit par s’évader de la prison que représentaient les mains de Gil et la rouquine suit la fugue du chat vers l’autre fauteuil.

« Tu vois, avec tes conneries. Tu l’as sali. »

Elle reçoit une pichenette sur le nez, à laquelle elle répond par une petite tape dans le dos. Elle le suit dans la cuisine en répondant aux bêtises qu’il énonce par des grimaces ou encore des « gna gna gna » silencieux. Depuis quand avait-elle un mauvais accent chat ? Puis… Depuis quand un humain pouvait-il avoir un bon accent chat ? Des foutaises, tout ça. De véritables conneries. Parce que lui, il parlait véritable le chat ? Ah bah tiens. De toute manière, Clio n’avait jamais eu de chat. Ou de moins, de chat bien à elle. Il y en avait bien un, au Bordel, à l’époque où elle était plus jeune. En échange de nourriture, le chat avait la charge de chasser les parasites. Parce que « Nous sommes peut-être un Bordel, mesdemoiselles, et peut-être accueillons-nous toute la vermine des beaux quartiers. Mais ce n’est pas une raison pour faire crédit à ces rongeurs ! ». C’était ce que la Matrone répétait sans cesse, dès que le chat laissait un cadavre dans l’un des couloirs du Bordel, avant d’éclater d’un large rire gras qui résonnait dans le Bordel. Gil parle de l’option cuisine.

« Va pour l’option cuisine, alors ! Rien de trop lourd, rien de trop gras. C’est pas pour ma ligne, c’est plutôt pour éviter d’être malade avec les trois bouteilles restantes. » Sa ligne, elle s’en foutait mais les bouteilles… Achetées, consommées. Avant de passer complètement dans la cuisine, Clio fait un crochet par la table du salon afin de récupérer son verre, la bouteille étant vide et les autres abandonnées dans la cuisine. « On n’a qu’à dire… Surprends-moi ! »

Et Clio se hisse sur la table de la cuisine, délaissant les chaises. Elle regarde Gil tourner en rond en réfléchissant tandis qu’elle débouche une nouvelle bouteille et se sert un verre.

« J’ai toujours dit que la place d’une femme était dans la cuisine. » Clio porte son verre à ses lèvres. « Assise sur une chaise confortable, un verre de vin à la main, en train de regarder son chéri cuisiner pour elle. » Elle prend une gorgée, avale. « Pour le chéri on repassera et pour une chaise… Les chaises, c’est tellement cliché. Mais il ne reste que le meilleur ! Être assise dans la cuisine à regarder un homme se démener pendant que la femme sirote son verre ! »





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Dernière édition par Clio Chatterton le 03.08.16 22:31, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   31.07.16 17:06 par Gil DylmanCiter Editer Supprimer 




« Bah tiens, pendant que tu es dans ton élément… »

Il n’en dit pas plus, fait doucement glisser le verre sur le bois de la table puisque Clio a ouvert la deuxième bouteille. Clio a envie d’être surprise. Mais à Pelagia, il n’y a jamais grand’chose qui sorte de l’ordinaire, et c’est même à se demander comment la population n’en a pas déjà eu marre des fruits de mer et du poisson. Même lui, par moments, il n’a pas envie de devoir manger de produits de la mer un jour de plus dans sa vie. Au pire, ce n’est pas ce soir, et il lui reste des crevettes décortiquées à utiliser.
Ce sera ça, ou les donner à Lâcheur.
Ah mais, de toute façon, le chat aussi aura droit à une crevette. Il ne devrait pas tarder à se ramener, d’ailleurs. Dès qu’il entend quelque chose en train de cuire, ce chat rapplique aussi vite que s’il se téléportait. Chacun ses priorités.

Gil ose un vague sourire cynique et se tourne vers Clio après avoir versé les crevettes dans une poêle, avec un vague fond d’eau pour éviter qu’elles ne brûlent, n’accrochent, ou même décide de fusionner avec le fond.

« Bien sûr, et c’est bien connu que si les femmes vivent plus longtemps, c’est parce qu’elles passent leurs journées dans la cuisine. Parce que tout le monde range ses couteaux dans la cuisine. Tu me feras voir comment tu en aiguises un ? »

Sauf si elle a peur de perdre ses doigts. Les crevettes cuisent, tranquillement, et maintenant il va falloir trouver quelque chose à faire avec. Les crevettes toute seules, c’est triste. Il lui reste du riz, de la salade. Autant les utiliser.

« Et puis, puisque tu es dans ma cuisine, il n’y a aucune raison pour que je ne te mette pas à contribution. Dans les placards à côté, tu trouveras de quoi faire de la vinaigrette pour aller avec la salade. Sauf si tu la préfères nature, moi ça m’est égal. »

Et puisque les crevettes sont en train de cuire et que Lâcheur dispose encore d’un flair, il se ramène, tranquillement, les oreilles et les moustaches en avant, l’air profondément intéressé. Il se plante là, à côté de la jambe de son maître, se lèche les babines en ronronnant. Il tourne en rond, se frotte contre la toile du pantalon en courbant le dos, fait le tour, épaississant son poil sans pour autant le hérisser complètement. Il aurait presque l’air mignon, innocent.
Gil le regarde en arquant vaguement un sourcil.

« Bah oui. Evidemment. C’est toujours dans ces moment-là que tu décides que tu vas aimer le monde entier, c’est bien ton genre, ça. Jamais ça t’est arrivé d’aimer quelqu’un pour autre chose que sa capacité à te nourrir ? Tu sais qu’en tant que chat, tu sais chasser ? Et essaie pas de me dire le contraire, je t’ai déjà vu le faire, boule de poils. »

Il récupère son verre et le pose sur le plan de travail avant de vérifier les crevettes, les mélangeant avec une cuiller en bois. Lâcheur en profite pour monter sur la table, s’étaler paresseusement en travers des jambes de Clio, continuant de ronronner allègrement.

« … Tu es méprisable, comme chat. J’espère que tu en as conscience. »



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MessageSujet: Re: Something you might like. — Clio / 05.125   03.08.16 22:33 par Clio ChattertonCiter Editer Supprimer 

« Je te montrerai ça avec plaisir. J’ai tout un arsenal dans ma cuisine : couteaux à beurre, couteaux à poisson, couteaux à pain, gros couteaux terrifiants… »

En réalité, Clio n’avait que le strict nécessaire dans son tiroir à couverts. Les fourchettes à quatre dents allant tout aussi bien pour manger du poisson, elle ne s’était pas embarrassée dans le magasin devant les différents sets de couverts mis à sa disposition. Qu’est-ce qu’elle en avait à foutre de disposer cinq sortes différentes de couverts sur la table quand elle recevait des gens ? Ce n’est pas comme si elle recevait beaucoup de monde à dîner chez elle. Ils préféraient se pointer à l’improviste, ils mangeaient sur le pouce dans le canapé. Gil lui désigne un meuble dans lequel sont apparemment rangés les ingrédients nécessaires à la réalisation d’une vinaigrette mais Clio est distraite de sa mission par l’entrée majestueuse du chat poilu. Queue frétillante, moustaches alarmées, oreilles aux aguets.

« Je ne rencontre ce problème avec mon hamster que lorsque je sors une boîte de céréales. Après, je peux faire cuire n’importe quoi, il n’en a rien à cirer. » Clio ricane, le nez dans son verre de vin. « A croire que tu ne nourris pas ce pauvre animal ! »

Gil retourne à ses crevettes, Clio accueille le félin sur ses genoux. Elle caresse l’animal qui pétrit ses cuisses de ses quatre pattes, parfois ses griffes à moitié sorties avant de se coucher sans aucune honte sur les cuisses de la rouquine.

« Eh bah salut mon tout beau, on se couche là, sans gêne ? Tu sais que tu vas faire des jaloux ? Tu as de la chance. Ce soir, j’ai décidé d’aimer les poilus, en particulier quand ils sont beaux et doux comme toi. Pourquoi tu es là ? Pour me raconter tes malheurs ? C’est ton maître qui te cherche misère avec ses crevettes ? Tu as raison, il me donne faim à moi aussi. » Clio lance un coup d’œil à Gil. Un coup d’œil à l’armoire. Un coup d’œil au chat. « Par contre, tu n’es pas ce qu’il y a de plus pratique quand il s’agit de faire à manger, tu le sais ça ? »

Clio regarde Gil, de grands yeux de merlan frit sur le visage. Pour appuyer ses dires, Clio papouille davantage l’animal qui se met à ronronner bruyamment.

« Gil… Je ne peux pas faire la vinaigrette. J’ai un chat. »





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